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ordinaire de chaque travailleur pour chaque jour, et paraissent être la quantité nécessaire pour maintenir l’équilibre; ceux qui, par des raisons d’économie ou de voisinage, usent de vin rouge, consomment de trois à six bouteilles. Aucun signe d’ivresse cependant, chez ces débardeurs!
Les sujets adonnés à ce genre de vie, tous ceux que des pertes considérables, résultatd’un travail pénible et soutenu, obligent à recourir à des moyens de stimulation exceptionnels, restent bien portans et vigoureux tant que la stimulation et l’action débilitante du travail se font équilibre. — Mais que quelqu’un de ces hommes parvienne, grâce à des circonstances heureuses, à l’aisance, au repos qui la suit; qu’il soit enlevé par un accident , par une infirmité aux habitudes de labeur, pourra-t-il continuer la stimulation, l’action débilitante ayantcessé? — Impossible. — Le goût des liqueurs spiritueuses persistera le plus souvent : mais qu’il soit satisfait sans réserve comme aupara* vant, et l’homme sera détruit en peu de temps.
Médecin d’une grande administration, j’ai vu bien des fois déjà des hommes robustes passer de la vie active du cocher, du soldat, à la vie sédentaire du garçon de bureau, de l’employé subalterne, mais aucun, à ma connaissance, n’a conservé impunément dans la seconde, les habitudes de stimulation de la première. Ces hommes même sont pleins de naïveté dans leur surprise; ils s’étonnent de ne plus supporter le vin.
Les rapports sympathiques entre la digestion et la respiration, nombreux et sai Hans déjà, dans l’état de
santé, se dessinent mieux encore dans la maladie : une simple indisposition révèle une foule de liens cachés entre les deux fonctions. — Quelle est la nature de ces liens, de ces rapports cachés? — La science ne peut le dire; mais elle les montre et s’en sert pour rappeler l’homme à la santé. JN’est-ce pas en vertu d’un rapport sympathique, que le vomissement, provoqué par l’ipécacuanha ou un autre émétique, suspend les efforts de la toux, change sa nature en quelques heures ; que l’alimentation douce et réduite triomphe des catarrhes les plus rebelles? Suivez, chez les malades atteints de névrose des entrailles, les mille sensations douloureuses de la respiration , les spasmes, les suffocations, les aphonies passagères. Que sont tous ces troubles; sont-ils suscités par des lésions matérielles de la fonction ?— Pas le moins du monde : ce sont simplement des irradiations douloureuses, parties de la fonction voisine.
La peau rejette au-dehors les matériaux usés; mais les exhalans qui exécutent cette fonction commune ne sont pas toute la peau , comme l’exhalation n’est pas sa seule fonction. À côté des exhalans, qui portent du dedans au-dehors, sont les absorbans qui portent du dehors au-dedans : les gaz et les liquides passent à travers la peau par la voie de l’absorption pour se répandre dans l’économie.
Tout le monde sait que, pendant et après un bain, l’urine est abondante et décolorée; il y a addition d’eau à nos fluides par l’absorption , expulsion par
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la sécrétion urinaire. La friction sur différentes régions de la peau, sous les aisselles surtout, avec une liqueur ou un corps gras, contenant un médicament de nature fébrifuge, guérit la fièvre intermittente, les névralgies de même nature aussi sûrement que le médicament introduit dans l’estomac. Les exemples d’absorption cutanée sont sans nombre.
11 faut donc, à l’exhalation, ajouter l’absorption comme second mode d’activité de la peau, et l’on peut dire que par ces deux fonctions elle répond à tous les organes, et participe en quelque sorte à toutes les autres fonctions du corps humain.
Ce n’est pas tout, la peau, en même temps qu’elle exhale et absorbe, sécrète des fluides d’une nature particulière et qui varient selon ses différentes régions; des groupes de petits organes placés dans son épaisseur sont chargés de cette troisième fonction. — Une quatrième, commune à la peau et à tous les autres systèmes, résulte du travail intime qui, pour le maintien et le développement de l’organe luimême, attire du dedans des élémens nouveaux et rejette les élémens anciens ; cette quatrième fonction , la nutrition, est la cause évidente du mouvement qui conserve chaque partie vivante. — La peau enfin, par une multitude de monticules formés d’expansions vasculaires et nerveuses, en rapport avec le cerveau, forme un sens étendu, le toucher. Eh bien! cette vaste enveloppe est dans un échange constant de sympathies avec les organes de la digestion : elle exhale, elle absorbe, elle sécrète, elle produit de la
chaleur, elle exerce le toucher dans des modes, variés à l’infini, et dont chacun réfléchit vers les organes de la digestion une nuance d’action particulière ; tandis que, de son côté, la digestion envoie vers la peau des influences aussi constantes. Tels sont la nature et le nombre des liens qui rattachent l’enveloppe extérieure au canal digestif. Mais que pouvons-nous recueillir dans l’étude de ces rapports qui soit profitable au sujet de notre travail, l’Hygiène de la digestion?
Il est facile de le voir : — Nous pouvons accélérer, ou ralentir chacune des actions de la peau; les modifier et les pervertir même à notre gré, par les doses et les qualités différentes de leurs excitans naturels, de la lumière, de l’air, du chaud et du froid, du sec et de l’humide; par les doses et les qualités différentes de mille agens particuliers , de l’eau chaude ou froide, pure ou chargée de principes variés : et comme aucune de ces actions ne reste étrangère à la digestion, la peau nous offre un des points d’appui les plus solides pour gouverner cette dernière fonction. Comptez les milliers de personnes qui rétablissent ou maintiennent les fonctions digestives par le bain tiède ; les milliers qui la rendent active et énergique de la même manière ou par le bain froid de quelques minutes. J’aurais honte d’insister davantage sur les preuves qui sont à la connaissance de tous. Et ce n’est là qu’une des mille manières d’agir sur la digestion par la peau. Je voudrais donner à chacun les moyens de les coin-
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biner, de les susciter en lui-même pour la conservation et la plénitude de la vie , opérer cette révolution pour tous, comme je l’ai fait pour moi-même et pour quelques autres! — Nous ne sommes pas machine à prendre pilules, drogues d’aucune sorte, mais machine à vivre, à jouir de la vie et par l’exercice même de la vie. "V oilà ce qu’il faut se dire sans cesse, ce dont il faut rechercher l’entente et les conditions. J’insiste ici sur ce point, parce que dans un moment de révolte contre la douleur, contre des souffrances de dix années, j’en suis parti avec la résolution ferme de ne pas retourner en arrière, de ne pas m’arrêter en chemin; parce que grâces à cette conviction, à cette résolution , j’ai retrouvé la santé du corps et l’activité de l’esprit, parce qu’enfm je suis convaincu que chacun peut faire ce que j’ai fait moi-mêrne. Dans cette voie où j’ai dû apprécier et coordonner tant de forces diverses, j’ai reconnu que le gouvernement sage des choses de la digestion est une base d’opération puissante, et que l’étude des phénomènes sympathiques de la peau en donne presque toujours la clef. Tant que la digestion est active et sans entraves, la peau présente une coloration et une élasticité qui révèlent le jeu complet de la vie jusqu’aux limites les plus extrêmes de l’organisation ; la chaleur s’y produit avec facilité, s’y répartit également et dans une mesure convenable, elle exerce sur elle -même, un toucher agréable. Souvent lorsque le travail de l’estomac commence ,
des forces vitales. A toutes les époques du jour et de la nuit, l’activité desexhalans et des sécréteurs y est modérée, et fournit un produit dont les qualités physiques et chimiques ont l’odeur de la santé 5 ceci est sans métaphore : mais que la digestion languisse, se trouble, se pervertisse dans son ensemble ou sur quelque point, les fonctions de la peau s’altèrent en même temps : elle se flétrit et perd ses couleurs vives, elle laisse détacher, en une poudre fine, son enduit protecteur; elle produit la chaleur en moins ou en plus, d’une manière irrégulière : les extrémités sont ou froides ou brûlantes; sa température à la région du ventre est exagérée, partout ou sur quelque point seulement; sa fonction sensoriale est exagérée, diminuée ou suspendue : certains sujets atteints de gastrite chronique, d’entérite chronique ou de gastralgie, d’entéralgie ont la peau douloureuse; certains autres l’ont insensible et morte : telle est leur expression. D’autres enfin y ressentent, renfermés dans les appartemens, couchés même dans leur lit , toutes les variations de la température. Les sensations ou pénibles ou agréables qu’ils y perçoivent sont à tel point constanteset sûres, qu’ils devinent par elles d’une manière certaine, la direction des vents, la chaleur de l’air extérieur, son état hygrométrique. Je n’exagère rien ; ici comme partout ailleurs, je copie l’expression de la souffrance, sans y mettre du mien.
En voici la preuve. * — Je prends au hasard parmi plusieurs mémoires à consulter , écrits par les
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malades eux-mêmes sur des gastralgies et entér algie s de nuance chaude, avec prédisposition tenace à l'injection sanguine . C’est l’une de ces notes rédigée par le malade lui-même, homme éclairé et intelligent.
« 4 avril 1844. Cher docteur, chaque nuit, vers « deux, trois, quatre heures, je suis réveillé par « desborborygmes qui me fatiguent le ventre et l’en- « dolorissent. Quand les gaz se trouvent dans l’esto- « mac, ma respiration est embarrassée; je fais des « bàillemens à me briser la mâchoire; je ne puis me « coucher sur l’un ou l’autre côté, et par fois, pour « respirer, je suis forcé de m’asseoir sur mon lit.
« C’est une chaleur, une combustion qui se produit « dans les entrailles, me remonte au cerveau et adieu « la volonté de dormir : les pensées viennent en foule,
« les pensées noires! Si par haut ou par bas, les gaz « s’en vont, un soulagement se produit et ma respi- « ration devient plus facile. Je suis constamment « constipé; les remèdes à l’eau de son ou de guimauve « me sont indispensables : quand je ne vais pas à la « garde-robe pendant deux jours , mon estomac et « mes intestins sont comme tendus. Depuis environ « une semaine que la température s’adoucit, ma « constipation est moins tenace. Le matin, je ne puis « prendre que des feuilles d’oranger ou de violettes, « le salep , le gruau , l’orge, le lichen ne me réussis- « sent pas. J’ai commencé à reprendre un peu de lait; « s’il passe bien, il m’adoucit beaucoup. Arrive « l’heure de mon déjeuner, entre dix et onze heures.
« Toujoursdes gaz dans l’estomac on dans les entrail- « les jusqu’à ce que de nouveaux alirnens semblentles « chasser. A déjeuner, je prends deux œufs, ou un « œuf avec quelques pommes de terre cuites simple- « ment, si mon estomac le permet , ou une tasse de « chocolat. Je ne tarde pas à ressentir le travail de « ma digestion. Vers deux, trois heures, l’embarras « revient, toujours à droite de l’estomac; vers le py- « lore, je crois; quelque chose qui arrête, qui ne « veut pas passer, et encore après les gaz, les nausées. « Je dîne entre cinq et six heures. Malgré les difficul- « tés que j’éprouve pour digérer, mon appétit existe, « je mange avec plaisir ; il faut me tenir pour ne pas « manger trop. Si je cède , si je dépasse ma dose, je « souffre plus, je m’en repens. Suivant vos prescrip- « tions , je ne dîne que d’une viande, d’un légume , « en légère quantité. Vers huit, neuf heures, mêmes " accidens que le matin. Ils ne se produisent pas tou- « jours avec la même intensité, mais chaque jour, « chaque nuit, il y a embarras, il y a souffrance, « surtout dans un demi-cercle, partant de l’estomac « et aboutissant à l’aine du côté droit. Jamais je n’ai « subi , comme depuis un an , V influence des va - « Hâtions atmosphériques . Le froid , l’humide , la « neige , la pluie , les giboulées , la chaleur qui re- « vient , me modifient suivant leurs influences . Une « gelée sans bise , un temps doux sans chaleur d’o- « rage me vaut mieux. Le matin , couché dans mon « lit ^ par les douleurs plus ou moins vives que j’é- « prouve dans les organes de la digestion , dans les
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« bras , les jambes, la tête, je devine le brouillard « ou le temps clair ; cet hiver , la neige fondue ou la u gelée. Ma langue est rouge comme auparavant, les « mêmes fentes existent sur les côtés, les mêmes « bandes ou taches blanc-jaune. Pendant tout le « froid , j'ai souffert d’ engelures aux doigts des « mains ; mes pieds sont blancs , secs et froids. En- « faut , avais des engelures, mais elles ne présenta t aient pas le même caractère d1 engorgement et « cVâcreté. Les crevasses ont été si profondes qu el- « les ont fait croûte et me laissent de petites cica- « trices. Mes ongles sont encore marbrés de sang. « La peau des doigts s’est presque renouvelée en- « fièrement , elle est si fine que je suis obligé de con - « server des gants pour ne pas 7n’ écorcher. Système « de la peau , système de la muqueuse , tous ces tis- « sus , chez moi , sont dans un tel état de faiblesse « et d' irritabilité que je puis me passer de baromè- « tre et ^hygromètre. P ai toujours froid aux pieds , « aux mains j le long des jambes et des bras. Il faut « m’envelopper de laine depuis les pieds jusqu’à « la gorge , même dans mon lit. Je porte , comme en « hiver, deux gilets, caleçon, bas, chaussons, cein- « ture en laine. Oter quelque chose me rend mal à « l’aise. Jamais de moiteur , la peau sèche , souvent « la langue à l’intérieur chaude. Fourme réchauffer , « il ne faut pas de feit mais le gra?id air et la mûrit che en sabots. Encore , si le vent était trop vif, « j’étais obligé cet hiver de me calfeutrer. Je ne puis « lire ou écrire plus d’une heure, je sens aussitôt de
« la chaleur à la tête, de la fatigue à l’estomac eide « la glace aux pieds. J’attends vos nouveaux conseils, « et je vous prie de recevoir l’assurance de mes senli- « mens les plus distingués. »
On ne me reprochera point, je l’espère, cette longue citation , les faits qu’elle contient sont d’un intérêt trop élevé. Elle ne présente, il est vrai, qu’un des types de maladies des intestins, mais elle offre toutes les influences sympathiques qui s’y rattachent; la peau s’y trouve dans un rapport étroit avec le canal digestif. Le malade, avant de partir pour les eaux, est venu passer un mois à Paris. Je l’ai vu souvent et l’ai trouvé mieux portant déjà ; des compresses d’eau froide, appliquées chaque matin pendant quelques heures sur le ventre, ont rétabli les garde robes; la peau rend un compte moins exact des impressions de l’air, et la sensation de froid aux pieds se trouve diminuée. Eh bien! cette amélioration dans les impressions et dans la chaleur de la peau est, à mes yeux, la preuve la plus certaine de la diminution de la maladie dans les organes de la digestion (1).
Cette observation, comme nous l’avons dit, ne présente qu’un des types des maladies chroniques de la digestion, elle ne donne aussi qu’une des nombreuses séries ue rapports sympathiques de la diges* tion avec les fonctions de la peau. Chez d’autres, en effet, la chaleur est partout et toujours en excès; les
(I) M. le professeur Chomel et moi , nous avons conseillé à ce malade un séjour de quelques mois dans le midi. Aujourd’hui, 1er décembre 1844. il est rentré dans la plénitude de ses fonctions.
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exhalations et les sécrétions sont augmentées et viciées par fois; les absorptions s’opèrent avec plus d’activité ou se ralentissent. Rien donc de constant, si ce n’est le rapport sympathique d’un système d’organes à l’autre.
Dans ces questions, il est impossible de tout dire, on le sent ; c’est beaucoup de mettre en relief les principaux aspects, d’y fixer l’attention et d’en donner l’intelligence. Je le vois avec bonheur auprès des mères de famille éclairées : l’habitude que j’ai prise d’aller visiter mes amis et mes cliens en état de santé, toutes les fois que mes occupations le permettent; de les voir au lever, à l’heure des repas et dans la soirée, me donne de nombreuses occasions d’appeler leur attention sur l’arrangement harmonique des fonctions, de leur en faire comprendre le mécanisme et la direction.
Les maladies deviennent de plus en plus rares dans les familles où tombe cette instruction; la sollicitude de la femme, de la mère de famille, saisit à merveille et devance par fois mes conseils.
Les maladies aiguës de l’un des deux systèmes se réfléchissent à coup sûr dans l’autre : les éruptions aiguës amènent la perte de l’appétit, l’augmentation et la perversion des sécrétions du canal digestif, tout comme l’irritation de quelque point du canal digestif, suspend , augmente ou vicie l’ensemble des fonctions de la peau. Les états chroniques de ce dernier organe sont en communication sympathique avec les
fonctions digestives, quoique d’une manière moins
apparente. Pour s’en convaincre, il suffit de remarquer que le plus souvent , le médecin ne peut les guérir, sans faire passer par l’intestin, Faction des médicamens : ainsi, point de moyen local qui puisse seul ramener à la santé les parties de la peau où règne quelque dartre tenace, quelque éruption d’un caractère plus grave encore. Souvent même , chose notable dans la question qui nous occupe, le traitement local est insignifiant ou nuisible , tandis que le régime alimentaire approprié, et les médicamens introduits'par la bouche amènent la guérison : c’est le cas des dartres humides et rongeantes, ainsi que de la plupart des syphilides.
§ 3. Rapports fonctionnels et sympathiques de la digestion avec la nutrition et la calorification générales.
Les centres nerveux et circulatoires distribuent a toutes les parties du corps les nerfs et le sang, agens de toute vie, de tout mouvement, de toute sensibilité et de toute contractilité; la nutrition retient de ces matériaux de la vie, la part qui convient à chaque organe, à chaque tissu, à chaque partie de tissu; et ce choix, exercé par chaque atome solide, s’opère avec un discernement merveilleux : le sel calcaire est retenu dans Fos; la fibrine et la matière colorante du sang, dans le muscle; les fluides blancs, dans les tissus de même nature; la graisse va s’accumuler dans les réservoirs que lui offre le tissu cellulaire.
Voilà, certes, dans le phénomène de la vie des actions intimes fort au-dessus de notre intelligence
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et clignes cîe toute notre admiration : Telle est la loi physiologique , loi sans exception tant que la santé dure. Mais la nutrition n’a point seulement pour objet de retirer du sang et de fixer dans les organes les matériaux propres à les maintenir et à les développer; on le conçoit facilement, puisque leur accroissement n’est pas indéfini, et que chaque être , chaque partie d’être vivant possède en lui-même le type préétabli d’une forme et d’une étendue qu’il ne dépasse jamais.
A mesure donc que les élémens nouveaux sont fixés sur chaque points des élémens anciens en sont éliminés, rejetés au-dehors ou rendus à la circulation veineuse : de ce travail intime, dont les conditions nous échappent, résulte un phénomène inexplicable aussi, mais très appréciable, la production de chaleur, la calorification. Ainsi chaque espace indivisible du temps, chaque point indivisible du corps voient se reproduire par le fait de la nutrition, la chaleur qui nous est propre : nutrition et calorification sont donc deux faits connexes, inséparables.
Dans l’état de santé, leur répartition harmonique et régulière à toutes les parties du corps, se fait sous l’influence des centres de la circulation et de l’innervation. Mais qu’une cause faible ou puissante, inappréciable ou perçue vienne rompre cet équilibre en agissant sur quelque point éloigné de la machine ou sur ses centres de vie, on verra l’exagération, la diminution ou la perversion des deux fonctions s’ensuivre comme résultat inévitable» Pourtant elles res-
teront entre elles dans un rapport constant : avec l’accélération des mouvemens réparateurs et éliminateurs, la température s’accroîtra inévitablement; avec l’affaiblissement des mêmes mouvemens, elle s’abaissera. Mais quels sont les rapports de la digestion avec ces deux fonctions? La peau entant qu’organe vivant, doué par conséquent de la faculté de se nourrir et de produire de la chaleur nous a montré quelques-unes des relations les plus étroites entre la digestion, la nutrition et la calorification. Nous avons même cru devoir les signaler tout particulièrement, car elles sont la manifestation extérieure de changemens identiques accomplis loin du centre de la vie, dans la profondeur des organes.
La nutrition est le but de toutes les fonctions qui ont pour objet la conservation du corps : ainsi le sang circule du cœur à toutes les parties, il revient de toutes les parties vers le cœur; le sang est vivifié dans les poumons; les nerfs se propagent de leurs centres à toutes les parties de l’organisme; la digestion introduit dans la circulation des élémens nouveaux pour que la nutrition se fasse. Rien donc de plus naturel, de plus nécessaire que les rapports de la digestion à la nutrition. — Parmi ceux même qui ignorent le mécanisme des fonctions, personne n’est surpris de voir les tissus s’épanouir, les organes acquérir du ton et de la vigueur, lorsque la digestion est facile; personne non plus n’est surpris d’observer les troubles de la nutrition à l’occasion des troubles de la digestion. Mais (pie l’embonpoint persiste ou