‹ Hygiène de la première enfance (volume 2)Chapitre 112 sur 143 · INFLUENCE IMMÉDIATE DES MÂL4DIES DE LA NOURRICE · texte numérisé non relu

INFLUENCE IMMÉDIATE DES MÂL4DIES DE LA NOURRICE

des indigestions fréquentes qui ne tardent pas à produire la phleginasie des voies digestives.

2^ La plupart des affections des nourrices ont ordinairement sur le lait une influence toute contraire à celle dont nous venons de parler. Elles déterminent ce qu'on appelle l'appauvrissement de ce liquide, son état séreux, la diminution de sa quantité, la mauvaise élaboration de ses éléments, surtout des globules, qui sont très sensiblement diminués, et elles le rendent insuffisant pour les besoins de la nutrition. Chose remarquable dans ces cas, les parties solides du lait sont encore en excès, mais elles rendent ce liquide lourd et indigeste, comme dans le cas précédent. La mauvaise qualité du lait dépend donc autant de sa mauvaise élaboration que de la diminution des globules et de l'accroissement du chiffre de ses parties solides. C'est une sorte de concentration du lait dont la fièvre parait être la cause.

Les nourrices dont la constitution est délicate, sans être altérée par la maladie ; celles qui sont dans cet état de souffrance mal caractérisé qui accompagne la misère et la mauvaise ahmentation ; celles qui sont maladives et en proie à la diarrhée ou à une affection organique commençante , la tuberculisation pulmonaire par exemple ; celles

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enfin qui sont atteintes par une affection aiguë inflammatoire, comme la pneumonie septique, comme la fièvre puerpérale ou virulente, comme li syphilis; celles-là, dis-je, présentent très souvent cette altération du lait. Une sensation pénible produit quelquefois le même résultat : ainsi, E. Siebold a observé une dame chez laquelle l'odeur exagérée du camphre troublait et même suspendait la sécrétion laiteuse.

Dans ces cas, on trouve le lait clair, séreux, peu abondant, renfermant un petit nombre de globules de beurre, tous très petits et comme réduits en poussière, Ge liquide est relativement plus chargé de parties solides, de caséum et de sucre, ce qui le rend burd et dangereux pour les enfants. C'est ce que l'on appelle un lait pauvre et insuifisant.

Les maladies de la nourrice qui déterminent cet appauvrissement du lait, cette diminution des globules de beurre et cette mauvaise élaboration du lait, sont, comme on le voit, très variées et fort dissemblables. Elles ont ordinairement pour résultat d'amener ches l'enfant l'irritation des voies digestives, la diarrhée, les coliques, les vomissements, le muguet, etc. La pauvreté du lait qui résulte de la maladie et de la fièvre, comme sa trop grande richesse, c'est-à-dire la surabondance

ll^FLUENCE IMMEDIATS P£S MAI^ADIËâ DE LA NQCRRICE. S99

de ses globules à l'état normal, semble donc être la cause des mêmes accidents chez U% nour-' rissons.

Un fait de pathologie comparée extrémamMit curiwx confirme ce que JQ viens de dire, Hdchoa purgeait tous les deux jours, pendant un moii, uue vache nourrice, et il vit le lait diminuer, à$m venir séreux et le veau avoir la diarrhée. Il re* commenta de la même manière un peu plus tard> mais cette fois le veau mourut , puis enfin. It vache,

8* Les affections dont je viens de parler, et quelques maladies locales, telles que la galaoto*» phorite, les engorgements et les phlegmons du sein, la grossesse même, qui déterminent l'appau^ vrissement du lait de la nourrice, deviennent la cause d'une altération de c^ liquide et de son retour à Tétat de colostrun). On trouve encore ici une altération unique correspondant à des maladies très différentes dans leur nature.

Dans ces circonstances si diverses, dans le cours de la grossesse, au milieu de la fièvre qui accompagne le phlegmon de la mamelle, et dans la fièvre de la pneumonie, de Tentérite, etc., le lait, diminué de quantité, appauvri dans ses globules, concentré dans ses parties solides, présente a\\ «vvexc^^wy^^

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des globules laiteux, petits, mal circonscrits, confus et comme réduits en poussière, au milieu desquels se trouvent un bon nombre de ces corps granuleux propres au colostrura.

■ L'influence de ce lait sur les enfants se traduit encore par l'irritation des voies digeslives, par dei coliques, par des vomissements, par la diarrhée, etc. Néanmoins ce phénomène n'est pas constant, et il arrive que des enfants qui tettent «ne nourrice malade, dont le lait renferme des éléments ducolostrum, ne présentent aucun accident de cette nature.

Ainsi, je rappellerai l'exemple d'une femme que j'ai vue à l'hôpital Necker : elle avait une fièvre puerpérale légère et des abcès multiples dans le tfssu cellulaire sous-cutané des membres; son lait était pauvre et rempli de corps granuleux. L'enfant, qui ne prenait pas d'autre aliment, resta en assez bon état, sans diarrhée jusqu'au moment où survint, par suite de circonstances épidémiques, une aflection catarrhale des bronches.

Une autre fois j'ai vu dans le même hôpital une femme de vingt-huit ans, douée d'une bonne santé, blanche, lymphatique, qui eut un premier enfant qu'elle allaita, et qui vint fort mal ; le père était parfaitement sain. Cet enfant eut de la diar-

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