INFLUENCE IMMÉDIATE DES MALADIKS DE LA NOUKRIGE
rhce au deuxième mois de sa vie, puis des vomissements et du muguet confluent. Le lait était clair» séreux et peu abondant, ce qui obligea de «evrer. Au vingtième mois» l'enfant n'avait que six dents, il était malingre , ne pouvait se tenir sur ses jambes ; son ventre était énorme , et à chaque instant il avait de la diarrhée.
Quinze mois après, cette femme eut un deuxième enfant. Elle commençait à le nourrir, lorsqu'un mois après sa délivrance elle eut un abcès au sein. L'enfant continua de teter, et il eut des vomissements et de la diarrhée, qui continuèrent après la guérison de la mamelle. Pendant deux mois alors j'examinai le lait : il était très clair, peu abondant, pauvre en globules, en crème, et rempli de globules granuleux, légèrement acide. La mère eut ensuite un ictère, et le lait devint un peu jaune; il ne tachait pas le linge, et se recouvrait d'une légère couche de matière colorante bleue, par l'action de l'acide nitrique. Ses autres caractères étaient d'ailleurs les mêmes.
J'ai vu aussi des nourrices, devenues enceintes, qui continuèrent Tallaitement malgré l'altération de leur lait et son retour à l'état de colostrum. Leurs nourrissons ne parurent pas en soufifrir. Néanmoins, dans la majorité des cas, le lait
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sécrété dans le cours de la grossesse est de mauvaise qualité, et il provoque chez les enfants une irritation plus ou moins violente des voies digestives , caractérisée par la diarrïiée séreuse.
Ailleurs on retrouve la même maladie chez la mère et chez l'enfant. Une fois j'ai vu à l'hôpital Sainte-Eugénie une nourrice atteinte depuis quinze jours d'embarras gastrique avec anorexie, état saburral de la langue, céphalée, ictère des conjonctives. L'enfant âgé de quinze mois, tomba malade, ne voulait plus teter, et depuis trois jours était atteint d'ictère intense, avec urines brunes et selles régulières jaunâtres.
A^ La galactophorite , les engorgements et les phlegmons du sein sont quelquefois la cause dhme altération du lait qui diffère de la précédente, et peut être préjudiciable à l'enfant. Je veux parler du mélange de ce liquide avec le pus.
Les abcès du sein formés dans le tissu même de la glande mammaire détruisent souvent quelques lobules glanduleux , et déchirent les conduits galactophores. Ces conduits restent ainsi Touverture béante dans les parties du foyer, absorbant sans cesse le pus renfermé dans son intérieur, et le portant au dehors par les orifices du mamelon, oii
INFLUENCE illllÊDUTK DES MÀUDIES DE U NOURRICE. 30a
il se mêle avec le lait venu des autres parties de la glande.
Le microscope permet de découvrir très facilement cette altération du lait, qui est très évidente et très facile à reconnaître, et il est impossible de ne pas l'accepter comme un fait incontestable.
Il est presque inutile de dire qu'une telle maladie de la nourrice doit avoir TinQuence la plus fâcheuse sur la santé de l'enfant. Les accidents qui on résultent paraissent concentrés sur la muqueuse des voies digestives. Ainsi les digestions se troublent; l'enfant vomit et il a de la diarrhée. Cependant d'autres phénomènes morbides peuvent se produire, et c'est dans les mêmes circonstances qu'on a vu survenir chez l'enfant des érysipèles et des abcès gangreneux, particulièrement au scrotum, qui amènent rapidement la mort. Il est infiniment probable que chez ces femmes le lait devait contenir une certaine quantité de pus. On peut donc considérer comme un fait avéré que le lait provenant d'un sein malade , soit qu'il contienne du pus, soit qu'il n'en contienne pas, est excessivement préjudiciable aux enfants.
S"" Nous devons enfin parler d'un état particulier de quelques femelles, dans lequel le lait sort
tout mélangé à une certaine quantité de sang. Ce phénomène, fort extraordinaire, s'il n'y a pas eu erreur dans son appréciation, ce qu'il est impossible de croire, n'a pas encore été rencontré chez la femme. M. Donné l'a quelquefois observé chez les animaux. Ce médecin a découvert dans le lait rougeâlre de deux ànesses un certain nombre de globules sanguins, reconnaissables à leur forme et à leur couleur, solubles dans l'ammoniaque, placés au milieu des globules laiteux.
Cette altération ne se rencontre pas chez la femme ; et dans les cas où l'on a cru l'observer, ce sang n'était pas formé simultanément avec le lait dans l'intérieur de la mamelle, il provenait de son extérieur par une fissure du mamelon.
Or, il ne faut pas confondre le mélange accidentel de sang et de lait, aussi fréquent que la fissure du sein, avec le mélange naturel qui serait le résultat de l'altération de sécrétion do liquide. L'un de ces phénomènes est purement local et sans effet sur la santé de l'enfant; l'autre, au contraire, se rattache à une disposition générale de la nourrice qui est assurément fort sérieuse, mais dont nous ne pouvons préciser le caractère, puisqu'elle n'a pas été observée dans l'espèce humaine.