‹ Hygiène de la première enfance (volume 2)Chapitre 114 sur 143 · INFLUENCE IMMÉDIATE DES MALADIES DE LA NOURRICE · texte numérisé non relu

INFLUENCE IMMÉDIATE DES MALADIES DE LA NOURRICE

Des considérations qui précèdent, il résulte que les maladies de la nourrice, accompagnées d'une altération du lait appréciable à nos moyens d'investigation, n'ont pas sur la santé des enfants une action immédiate , particulière et spéciale à chacune d^ elles. Toutes ces affections ont pour résultat commun, chez l'enfant, l'insuffisance de la nutrition, et ensuite l'irritation des voies digestives, caractérisée par des coliques, des vomissements et de la diarrhée. Qu'elles soient accompagnées de l'altération de lait désignée sous les noms de richesse ou A* appauvrissement ^ de son altération, par les éléments du coloslrum, quelquefois par du pus, leur effet n'en est pas moins le même. Tou^ jours les accidents qui se développent ont pour siège le tube digestifs et toujours aussi leur nature est semblable.

Ainsi donc, la vigueur de constitution et la bonne santé habituelle, qui sont en rapport avec la riche et abondante sécrétion d'un lait trop chargé de principes solides, se trouvent sur la même ligne que la faiblesse et l'état des maladies chroniques qui déterminent l'appauvrissement de ce liquide, eu égard à l'influence de ces dispositions générales sur la santé des enfants. Il en est de même de l'action des maladies inflammatoires,

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de la pleurésie, de la pneumonie, etc. lieur influence immédiate est semblable à celle de> mala* dies septiques, comme la fièvre puerpérale et la ûôvre typhoïde,

Au reste» si les maladies dont je viens de parler exei'cent une influence fâcheuse sur la sécrétion du lait, il ne faut pas croire qu'elles doivent irré-* vocablement déterminer des troubles dans la santé des enfants ; asses souvent encore le nour^ risson n'éprouve aucun dommage en tétant sa nourrice qui est malade. Ainsi, j'ai vu des femmes atteintes de rhumatisme articulaire aigu, incapables de tenir elles-mêmes leur enfant, qu'on présentait à leur sein ; d'autres qui étaient afli80*> tées de pneumonie, de phthisie, de fièvre puer-t pérale^ de fièvre typhoïde, etc, avec ou sans altération du lait, qui ne cessèrent pas d'allaiter leur enfant, lequel parut ne pas en souffrir.

Il y a, à cet égard, des différences individuelles très grandes. Un enfant ressent à sa manière l'influence du lait de sa nourrice, et probablement d'une manière toute difiTérente d'un autre qui serait à sa place. Une femme que j'ai vue, réglée pendant l'allaitement, nourrissait à la fois son enfant et un enfant étranger; celui-ci était malade à chaque époque menstruelle, avait des coliques

JNFLDENGE IHMËDUTf^ l^^ IIÀUPIK3 W U NOURRICE. 307

et de ta diarrhée; l'autre n'éprouvait rieu de sembtabl^t

fin préaence de ce» faitSi si louyeut çoutradic* toires, qui sont de nature à ébranler la conviction qu'il faut acquérir au si^et de l'influence de» nourrices &ur leurs enfants, que faire et à quoi se résoudre? Il fout agir avec prudence, et quand une nourrice est malade, il convient d'attendre et d'observer ce qui se passe cbes le nourrisson, Si des accidents sérieux, du côté des voies diges** tives, 1^6 manifestent, l'allaitement doit être suspendu jusqu'à nouvel ordre, et confié à une nou-^ velle nourrice, si l'état de la première ne devient pas rapidement plus prospère.

Dboxièmb clabsb, — Ipflaence immédiate des maladies de I4 nourrice, sans altéraUon de ion WU

Cette dénégation cache notre impuissance, Il est évident que si une nourrice dont le lait n'ofifre aucune modification appréciable se trouve dans une disposition capable de produire des accidents chez le nourrisson, c'est que son lait est altéré d'une manière que nous ne pouvons pas saisir.

En effet, le lait est l'intermédiaire obligé de cette influence morbide.

Et il est impossible de nier l'existence des alléi^ations insaisissables de ce fluide, quand nousmêmes pouvons les déterminer à volonté, par l'introduction de substances médicamenteuses dans réconomie. La dose de 2 ou 3 centigrammes de protoiodure de mercure, administrée chaque jour h la nourrice, suffit pour guérir la syphilis de Tenfant, et cependant on n'a jamais pu, par les analyses les plus exactes, réussir à trouver dans le lait des traces de cette substance.

Par conséquent, si nous arrivons à modifier les qualités du lait, sans nous en apercevoir autrement que par les résultats physiologiques et thérapeutiques, nous devons croire à l'existence de& altérations inconnues et inappréciables de ce liquide, lorsqu'elles nous sont démontrées par un phénomène aussi certain que la maladie de l'enfant, au moment d'un trouble survenu dans la santé de sa nounîce.

Quoi qu'il en soit de ces altérations insaisissables du lait, qui existent chez des nourrices en proie aux affections morales ou nerveuses, chez des femmes dont la constitution est dominée par . une diathèse ou une cachexie quelconque, sci'ofuleuse ou syphilitique, ce qu'il nous importe, c'est de préciser quelles sont, parmi ces dispositions

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