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INFLUENCE IMMÉDIATK DES MALADIES DE LA NOURRICE

morbides, celles qui sont immédiatement.préjudiciables aux enfants.

Les affections morales et Fagacement nerveux des nourrices ont quelquefois la plus grande influence sur la nutrition des enfants; mais cette influence est loin d'être constante, et doit être considérée, je crois, comme étant tout exceptionnelle.

La mère et la noumce qui ne s'attachent pas à leur nourrisson sont de mauvaises nourrices; leur lait ne monte pas avec abondance comme chez les mères dévouées à leur enfant; elles n'éprouvent pas le tressaillement intérieur, connu sous le nom de montée de lait y et qui s'opère à la vue ou à la seule pensée qu'elles pourront bientôt donner à teter. L'enfant souffre et son développement est retardé ; heureux encore s'il ne tombe pas malade. Voilà les résultats de l'indifférence et de l'ennui qu'on apporte à remplir les devoirs de nourrice.

Les émotions de toutes sortes, les contrariétés violentes, les profonds chagrins, et en général toutes les passions, modifient rapidement la composition du lait, et peuvent le rendre immédiatement nuisible aux enfants. Ainsi une nourrice encore émue du danger que venait de courir son

àlÔ tttGIÈNÊ hÈ LÀ PllËMtÈRÉ ËHFâNCÈ.

mari dans une querelle avec un soldat qui avait tiré le sabre contre lui, et auquel elle avait arraché cette arme, présente le sein à son enAint âgé de ons^e mois et bien portant; Tenfent le prend, puis lé quitte bientôt avec agitation, et meurt ett queU ques instants (1). Tout le monde connaît l'histoii-e racontée par Deyeux et Parmentîer, relative à Une dame sujette aux attaques de nerfs, et qul Voyait à ce moment son lait altéré et visqUeuît comme du blanc d'œuf. On ne dit pas ce qu*il est résulté dé cette nourriture pour Tertfantj mais on petit supposer que l^allaitement a été interrompu ^ car un lait de cette composition ne pouvait être que dangereux.

Ces altérations subites du lait^ souvent inappré-^ tiables, dont ott ignore la nature^ déterminent parfois des convulsions.

Ainsi j*ai VU une dame fort impressionnable, très agitée dans la saison chaude par Tétatélec* trique de ralraosphère, et surtout par l'orage, qui ne pouvait donner à teter à mn enfant sans lui communiquer presque aussitôt une agitation in*ci^oyable, qui alla plusieurs fois JiUqu'au tpàsme convulsif. Elle se trouva bien de suspendra f allai'^

(1) Ann. de liU. médic. brilann,, et Guéranl, Diûîionnaire ie médecine^ art. Lait.

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tèttient loirsqu'ellè se trouvait en pareille dispositîdtt, 61 les accidents ne se montrèrent plus chez renraiit.

Barbierl raconte qu'une femme de trerite-deti)c ans, très robuste, fût prise, à Son premier allaitértiettt, de tiraillements muscutaires passagers dans les jambes et dans les pieds, et son enfant nloUrut de pettiphigus à dix mois. A la seconde couche, itiêtties phénomènes qui durèrent sept jours, juste la durée de la vie de l'enfant et de l'allaitement. A une irioisièttle couche, les spasmes conimericèrent dès ié début de la sécrétioh laiteuse, et âû bout dé dix jours ils se convertirent en accès qui revinrent pértodiqUémetlt de dix jours en dix jours. Après uûe demî-heui^é de tiraillements musculaires dans toutes leà parties dii ôorps, uiie convulsion tonique envahissait toute Une ï'égion, les muscles de la mâchoire ou ceUx du CoU, d*une main, d'une jattibe, ou tous ces muscles à la fois» Le spasme tèlanî(|ue abandonnait une partie au bout de cinq minutes et se présentait ailleurs. Le pouls et la respiration s* élevaient; Une sueur abondante coulait, mais sans fièvre consécutive. Pendant doukè à Vingt-quatre heures^ là douleur était des plus violentes, et éette ^oUffrahcc, exprimée par des cris, empêchait rerifàht de dormir et lui interdisait

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presque le sein. Cet enfanl mourut à dix mois d*un flux dysentérique. Deux autres couches furent suivies du même phénomène pendant rallaiteraenl. Les deux enfants périrent de la même maladie que le précédent, l'un à six mois, l'autre à neuf. L'interruption de l'allaitement a pu seule apporter un remède à ce tétanos, et le résultat a toujours été rapide et complet. Tous les agents de la matière médicale avaient été employés sans succès contre ces accidents.

On raconte qu'une jeune femme fort lascive, voyait l'enfant qu'elle allaitait tomber dans de violents mouvements convulsifs chaque fois qu'elle s'était livrée au coït. Ce fait semble justifier l'aphorisme de Galien : « A Venere omnino abstinere jubeo omnes mulieres quœ pueros lactant. » Mais de nombreux exemples pourraient, au besoin, démontrer que l'influence des plaisirs vénériens n'est pas toujours aussi filcheuse. « Numerosissimas vidi mulieres^ quœ singulis fere annis féliciter pariebant^ licet tibera prœberent infantibus. * (Van Swieten.) Il est aussi des médecins qui vont plus loin, et qui conseillent même, dans l'intérêt delà nourrice, de lui accorder la satisfaction de voir son mari . « Certum est occulta desideriapejora et magis noxia esse quam plena honestarum feminarun\

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gaudia^ etrarum moderatumque Veneris usum. »

(Platner.) On ne peut irrévocablement juger cette question d'après quelques faits particuliers, sans s'exposer à tomber dans l'erreur. Les rapports sexuels ne peuvent être immédiatement dangereux que chez quelques nourrices dont l'ardeur est extrême et dont les sens sont excessivement impressionnables. Mais ce qui doit les faire absolument interdire, a Venere omninoabstinerejubeOj c'est que la grossesse, dont on ne s'aperçoit que plus tard, en est souvent le résultat, et que, comme nous l'avons vu, l'élat du lait qui accompagne ordinairement cette position étant fréquemment préjudiciable aux nourrissons, on est obligé de les confier à une autre nourrice.

Le retour prématuré des règles est un phénomène qui inquiète beaucoup les mères. On lui attribuait jadis une très grande influence sur la santé des enfants, mais il n'en est généralement pas ainsi. C'est une question que l'on ne peut juger à priori pour toutes les femmes, et qui doit se décider par l'observation de chacune d'elles.

Ainsi j'ai interrogé beaucoup de nourrices à cet égard, pour savoir si elles avaient eu leurs époques dans les allaitements antérieurs et si leur enfant avait paru en soufl*rir. J'ai, d'une autre

ICULIT.— HYG. PREM. ENF. iS

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part, observé un grand nombre de nourrices qui avaient le retour prématuré des époques, et je suis arrivé à ces conclusions : 1* Que les règles reparaissent chez le tiers des femmes entre le cin* quiéme et le septième mois deTallaitement. S"" Que Souvent les femmes n*ont leurs règles qu^une fois, ce qui tndlque ^aptitude à la conception ; puis elles deviennent enceintes, et les règles ne pa* missent phîs. 8* Que la généralité des enfants ne panitt pas souffrir de la menstruation des nour^ rices. 4* Qu1l en est quelques-uns qui ont à cô moment des coliques, un peu d*agitalion, et quel* quefoift une diarrhée légère. 5* Que d'autres, cl ceux-là sont rares, sont très malades quelquei jours avant, pendant et peu après les règles de là nourrice qu^l faut nécessairement remplacer \ les accidents ont pour siège le tube digestif, et Ton Volt chaque mois paraître des coliques, des vomissements, de la diarrhée, et quelquefois une fièvre assez vive. 6° Que le lait, dans ces circon» stances, ne présente pas de changements appréciables à nos moyens d'investigation.

Sœmmering rapporte un exemple bien curieux qui, s'il était plus fréquent, semblerait démontrer l'impossibilité de contrarier le vœu de la nature à regard de rallaitement par la mèl^. Le lait d*une

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femme qui nourrissait sans inoonvénient ses propres enfants, donnait des convulsions aux autres.

Assurément ce fait ne pourra pas détruire Tha» bitude qu'on éprise si généralement de confier ses enfants h des nourrices étrangères, mais il pourra du moins faire comprendre quMl n'est pas indifférent de les confier à la première femme venue. En effet, les nourrices ont, avec leur individualité de race, de constitution et de tempérament, une individualité du lait dont les qualités sont plus ou moins avantageuses à la santé des enfonts, suivant les femmes qui le fournissent.

Les nourrices sont quelquefois affectées de maladies inflammatoires ou septiques, qui ne sont pas accompagnées des altérations du lait mentionnées dans le chapitre précédent. Ces maladies n'ont alors aucune influence sur la santé des enfants, qui n'est qu'accidentellement troublée. Ainsi j*ai vu la pneumonie surprendre un enfant qui n'avait pas cessé de teter sa mère atteinte d'un violent érysipèle de la face avec délire, et dont le lait n'était pas altéré. J'ai vu pareille chose chez un autre enfant dont la mère avait une fièvre puerpérale légère ; mais par opposition je citerai un troisième cas, beaucoup plus singulier, dans

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lequel une femme atteinte d'arthrite puerpérale au genou, assez bien portante d'ailleurs et sans réaction fébrile très intense, continuait à donner le sein à un enfant qui eut une arthrite suppurée de l'épaule droite, ce qui fut constaté par l'autopsie. A cette époque, je n'avais pas songé à étudier les altérations du lait, et je n'étudiais pas cel\ii de cette nourrice, mais il est bien probable que l'examen du lait n'aurait pas rendu compte de la formation d'une arthrite simultanée chez la mère et l'enfant. Ce sont des cas qu'explique mieux l'influence puerpérale épidémique.

Certaines maladies de la peau chez la mère ou chez la nourrice se transmettent k l'enfant par contact direct; cela ne fait aucun doute, mais il est difficile de savoir si la transmission peut s'opérer au moyen du lait. Cela n'est pas probable, car j'ai vu beaucoup de femmes qui avaient des affections cutanées non spécifiques, et qui ne transmirent aucune maladie à leur enfant. Je n'ai observé qu'une fois le phénomène contraire qu'il faut expliquer par une coïncidence en attendant que d'autres faits semblables permettent d'en tirer des conclusions différentes. La nourrice dont il s'agit avait depuis plusieurs années, au sein, un eczéma qu'elle n'avait pu faire disparaître et qui se déve-

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