‹ Hygiène de la première enfance (volume 2)Chapitre 14 sur 143 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DURÉE DE l'hérédité.

Ici nous laisserons parler Lucas, dont l'analyse philosophique restera sur ce point comme le plus .remarquable monument de pathologie générak de notre époque.

La durée de l'hérédité a aussi ses règles, etfon ne peut la déterminer qu'en la comparant à celle de Yinnéité.

Vinnéité n'a pas de succession possible, puisque c'est la force qui crée la diversité des caractères et des maladies dans l'individu. Elle commence et iînit avec chaque génération, et c'est ensuite Thôrédité qui en perpétue les effets.

' V hérédité j au contraire, n'a pas de limites en elle-même. C'est la force de transmission séminale, et ses règles de durée sont celles des caractères qu'elle propage.

Transmet-elle un caractère spécifigtie, perma» nent, immuable, alors sa durée £St indéfinie comme celle des espèces.

Transmet-elle un caractère vidividwlf transitoire, variable comme l'individu, alors elle a une durée variable.

DDRËE DE L*H£RËDIT& tl

L'hérédité de tout caractère spécifique des espèces et des variétés primordiales est donc per^ manente. Ainsi en est-il de l'hérédité des races humaines et de leur couleur blanche, noire, brune, rouge et jaune ; de l'hérédité des races du bœuf, du chien, et de l'hérédité de la bosse du bison, du chameau, du dromadaire, etc.

L'hérédité de tout caractère du type individuel tend au contraire toujours, à s'éteindre et a une durée limitée. Elle tend à s'éteindre d'abord par l'action de Vinnéité, puis par la dualité d'action des procréateurs^ par la force qui résulte des influences d'âge^ de lieu^ de climat ^ de temps, S état physique et moral des parents; enfin, par Y action du grand nombre sur le petit nombre. Ici, comme partout, se manifeste la toute-puissance cachée des masses, et il n'y a pas de carac* tére individuel qui, soumis à l'action séminale, ne soit condamné à s'éteindre par la loi du plus fort à laquelle ne résiste aucun de ces caractères, sanscesse divisé par des générations successives. n lutte par le croisement avec des fractions de lui-même de plus en plus minimes, contre des unités de plus en plus grand nombre de types différents, et il est absorbé.

C'est Taffaire d'un certain nombre de généra*

lions, et rexpérience prouve que la durée des ramilles nobles n'a jamais été au delà de six à douze générations, bien que jadis on ne reculât devant aucun moyen légal (substitution, divorce, mariages multiples, légitimation d'enfants naturels) pour assurer la perpétuité des noms. En supprimant les mariages entre consanguins, les familles se croisent avec d'autres, et dans leur lutte contre Yinvincible effort de l'action du grand nombre, elles ne tardent pas à disparaître. Ainsi disparaissent par une génération méthodique les nègres alliés à la race blanche, et les blancs perdus au milieu d'une race nègre.

La durée de l'hérédité est encore limitée par la nature même de chaque caractère transmissible; et, à cet égard, il y a d'énormes différences dans la durée de leur propagation. Ainsi, les caractères du type individuel innés et formés par la génération tendent à se maintenir longtemps, et ne disparaissent que par la seule puissance du croisement : exemple, l'héméralopie, la surdi-mutité, la polydactyUe, etc., etc. Au contraire, les caractères du type individuel acquis ont infiniment moins de persistance. Nés d'un accident, de l'alimentation, de l'exercice des organes, de l'éducation, du climat, des temps, des lieux, ils disparaissent & la

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