‹ Hygiène de la première enfance (volume 2)Chapitre 49 sur 143 · VARIATIONS DE LA COMPOSITION DU LAIT · texte numérisé non relu

VARIATIONS DE LA COMPOSITION DU LAIT

Ce que nous venons de dire suffit pour faire connaître d'une manière générale la composition du lait chez tous les mammifères, mais elle subit de grandes modifications suivant les espèces, sui-

BOUCnUT.— HYG. PREH. ENF. 9

vantles individus, et suivant certaines oirconstances particulières chez le même individu.

Bien plus, des expériences récentes permettent de croire, avec plus de fondement que jamais, à l'existence de certains traits communs cpii caractériseraient le lait de tous les animaux appartenant à un même groupe naturel.

Ainsi, la matière sucrée, qui d'ailleurs n'est que du luxe, pour ainsi dire, n'existerait que chez les animaux se nourrissant exclusivement, ou au moins en partie, d'aliments végétaux; chez les carnivores, elle est sans doute suppléée par une matière grasse plus abondante.

La composition du lait varie surtout par rapport à la proportion de ses principes constituants. Dans telle espèce domine le caséum, dans telle autre le beurre ou le sucre de lait. Comme exemple, je donnerai d'un côté le lait de vache, et de l'autre celui de femme : le premier est plus riche en caséum ; le second l'emporte par la proportion de beurre et de sucre de lait»

Le jeune veau qui doit marcher en naissant, tette un lait bien propre à lui faire des muscles^ puisqu'il est très chargé de matière azotée ; l'enfant , au contraire , qui n'a pas besoin d'essayer ses forces de si bonne heure, et qui, par suite de

YàKIATIOMS bE COMfOSITIOK DU UIT. i47

cette inaction mêmey est privé d'une source de chaleur, l'enfant, dis-je, reçoit un lait plus pauvre en caséum, mais plus riche en substances comimstibleSy beurre et sucre.

Ce rapprochement est trop hardi peut-être ; ce n'est encore qu'une vue de Tesprit qui a besoin d'être justifiée par l'observation et l'expérience.

Les modifications dans les caractères spéciaux des principes immédiats du lait font aussi varier sa composition.

n est certain qu'on doit reconnaître différentes espèces de beurres d'après la nature de l'acide gras volatil qui s'y trouve en partie libre, en partie combiné, et auquel ils doivent chacun leur odeur propre. Chez la vache, c'est l'acide butyrique ; chez la chèvre, ce sont les acides caproïque et caprique. On peut également admettre diverses sortes de caséines : la caséine du lait de femme ne se comporte pas comme celle du lait de vache.

C'est en raison de cette composition différente que, dans quelques cas , le docteur Cumming a recherché les moyens de faire artificiellement avec du laitue vache un lait analogue à celui de la femme « Voici le procédé indiqué par M* le docteur Cumming pour obtenir ce résultat :

On laisse reposer le lait de vache pendant quatre

OU cinq heures, on en retire le tiers supérieur ; les deux autres tiers contiennent sur 1000 parties : 5â parties de beurre, 38 de caséine, 53 de sucre, 855 d'eau ; par l'addition de 142 parties de sucre, 1458 d'eau, on obtient un lait artificiel comparable au lait naturel de la femme.

Ce lait doit être pris dans un biberon dont le bout se nettoie facilement.

Un enfant de dix jours doit en prendre 1000 grammes environ en huit fractions de 125 grammes chacune ; à l'âge de trois mois, l'enfant fera sept repas de 250 grammes chacun.

La température de la boisson -doit être de 4- 37^ ou + 38* centigrammes, et celle-ci devra être administrée lentement.

Il convient de faire varier la composition du lait selon l'âge, d'après les données suivantes (i) :

Eau. Sucre.

De 8 à 10 jours, 1000 grammes de lait avec 2,643 243

10 à 30 jours — 2 500 225

à 1 muis — 2,250 204

(I) Presse médicale Mge,

Page 1