‹ Hygiène de la première enfance (volume 2)Chapitre 57 sur 143 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

MODIFIGATIORS DtJ LAIT PAR LES SUBâTAIfGES M^IdIGAMEN- TEUSES ET PAR LES MALADIES DE LA HODRRIGB.

Diverses circonstances morales et pathologiques peuvent agir sur la sécrétion du lait, comme elles agissent sur toutes les autres sécrétions. Le lait peut être rapidement modifié dans sa quantité absolue et dans la proportion de chacun de ses principes constitutifs. Il en résulte divers degrés d'abondance générale, de richesse et de pauvreté de cette sécrétion, qui exercent une influence très fâcheuse sur les enfants, et quelquefois des maladies, que je ferai connaître plus loin, dans le livre XX de ce Traite d'hygiène de la première enfance^ lorsque je traiterai de l'influence des maladies des nourrices sur la santé des petits enfants.

Trois sortes d'influences exercent une action bien réelle sur la quantité et sur la quotité des éléments du lait. Ce sont : 1** celle des substances introduites accidentellement ou avec les aliments dans Téconomie; 2° celle des aflectîons morales; 3° celle des diathèses et des maladies proprement dites.

MODttiGÂtlOKS DU LâIT DÈS KÔtUAIGES. 175

V AltértUoDi da lait par les lubslances médicamenteuses ou autres.

Certaines matières colorantes, telles que celle de la gafance, passent dans le lait. Une autre paraît s'y développer chez quelques ruminants : je veux parler de la matière bleue, analogue à l'indigo par ses qualités physiques et chimiques, qui recouvre parfois le lait des vaches ou des brebis dont la constitution se trouve favorable, el qui sont soumises à Fusage du sainfoin.

Le principe amer de l'absinthe, les principes odorants de l'ail, du thym, le principe purgatif de la gratiole, passent dans le lait. Le Pimpinella anisurrij donné aux nourrices, dit GuUen, produit un effet sensible sur leurs nourrissons, et remédie aux coliques dont ils sont affectés.

Mais ce qui nous importe surtout, c'est dé i&âvoir que les substances médicamenteuses passent dans le lait, et peuvent ainsi parvenir de la mère à l'enfant.

On a retrouvé dans le lait de femme le fer donné à la nourrice, le sulfate de quinine, le chlorate de potasse, médicaments faciles à retrouver au moyen des réactifs, etc.

Pour découvrir la présence du chlorate de po-

lasse, on teint le lait en bleu clair avec du sulfate d'indigo, et en y faisant tomber quelques gouttes d'acide sulfureux dissous dans l'eau, la coloration bleue disparaît ; l'acide sulfureux a enlevé à l'acide chlorique son oxygène, et dégagé du chlore qui anéantit la couleur bleue de l'indigo.

Le sulfate de quinine s'y révèle à l'aide de l'iodure] de potassium ioduré, et l'on remarque en outre que le lait a perdu une partie de sa saveur sucrée. On traite 60 grammes de lait par de l'alcool à 40 degrés pour enlever les matières grasses caséum, et, dans le résidu filtré, on ajoute l'iodure de potassium ioduré qui forme un léger précipité jaunâtre (1).

L'iode de l'iodoforme n'y a été rencontré que dans l'urine des petits nourrissons, par M. Maitre. Voici l'expérience. Une chienne de moyenne taille, allaitant deux petits, a été soumise à l'action de l'iodoforme, deux fois par jour, pendant une semaine. Chaque jour elle prenait matin et soir 10 centigrammes d'iodoforme dissous dans 10 grammes d'huile d'amandes douces. L'animal n a éprouvé aucun trouble fonctionnel. Une heure après l'ingestion du médicament, l'iode a été re-

(1) Ce réactif n'est pas spécial au sulfate de quinine, et sert également pour tous les autres alcaloïdes végélaui.

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