DES QUALITÉS DO LAIT CHEZ LES NOURRICES
11 y a deux manières d'apprécier les qualités du lait chez une nourrice : 1° l'analyse optique; 2° l'analyse chimique, qui permet de fixer la proportion des éléments de ce liquide.
Au moyen de l'analyse optique , on peut constater la richesse et la bonne élaboration du lait, c'est-à-dire la quantité de globules ou de crème qu'il contient, ensuite la forme plus ou moins volumineuse sous laquelle se présente la matière grasse.
Le microscope facilite beaucoup l'étude des globules. Leur nombre est en rapport avec la richesse et les qualités nutritives du lait. Plus il ren-
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ferme de gk)bules, plus ce liquide est substantiel, le caséum et le sucre étant assez souvent en proportion de la qualité des globules laiteux, qui représentent, la partie grasse ou butyreuse. Trop ou trop peu de globules sont chose également fâcheuse.
Le volume des globules est de la plus haute importance.
Quand le microscope nous fait voir de très petits globules, de la poussière de globules, il est présumable que- le lait est mal élaboré; quand il nous montre des globules trop volumineux, le lait est indigeste.
La richesse du lait peut encore s'apprécier de diverses façons. On en a une idée grossière par l'aspect seul : ainsi le lait est d'autant plus convenable qu'il est plus opaque, plus mat.
Le microscope donnerait une idée un peu plus précise du volume et de la quantité des globules.
Enfin, différents procédés ont été imaginés pour mesurer avec plus ou moins d'exactitude la richesse du lait, en n'entendant par ce mot que la proportion dé beurre qu'il renferme, proportion qui d'ailleurs ne suit pas toujours invariablement celle de la caséine.
L'un de ces procédés a été récemment dé-
lOUCHOT. — HT6. PBEM. EMF. li«
190 HYGIÈNE DE U PKËMtÈTlE ENFANCE,
couvert par M* Leconte, agrégé à la Faculté de médecine, et il me paraît excellent. Je l'ai employé plusieun fois avec avantage. H consiste à faire bouillir dans un tube spécial, large de 2 centimètres, dans une long^ueur de 90 cenlimiHres, et large d'un demi- centimètre dans une longueur de 10 centimètres, le lait à expérimenter. Ce tuhe, ouvert par le bout le plus large, est fermé par le petit bout qui est gradué [fig. 4). On verse du lait, parla partie large, jusqu'à une certaine liauteur, et on achève de remplir le tube avec de Tacide acétique très concentré. On chauffe légèrement : le caséum se précipite; le beurre monte à la surface du liquide.
On ferme le tube avec un bouchon qui doit arriver au niveau du liquide Il et on le renverse : le beurre monte alors dans la partie rétréciej graduée d'avance, et il n'y a plus qu*à compter les divisions qu'il occupe.
Cette analyse facile, et qu'on peut faire en moins de cinq minutes, donne La^^Lm^ire. des résullats d'uue grande précision: Un autre procédé bulyromélrique a été imaginé
QUALITÉS DU UIT CHEZ LES NOURRICES, t9l
par M. Marchaad (1), pharmacien à Fécamp,
Le fait sur lequel repose ce nouveau procédé
est celui-ci : Si Tou agite le lait avec parties égales
d'éther en yolume* on dissout, comme onle savait
déjà, le beurre que renferme le lait. Mais si Ton
n* ajoute au mélange un volume d'alcool égal à celui
P^ld^ réther^ le beurre primitivement dissous se
' ^lépare et vient surnager le liquide sous forme
d'une couche huileuse, de telle façon que si Ton
opère dans un tube gradué, on pourra lire direc-
ftament sur le tube la quantité de matière Imileusequi s'est séparée, et qui se trouve dans un certain rapport avec la quantité de beurre eUemême contenue dans le lait essayé.
.Pour éviter la coagulation partielle du caséum, qui aurait lieu par le mélange du lait avec Téther et Talcool, et qui s'opposerait à la séparation complète et facile du beurre, M. Marchand a eu Theur reuse idée d'ajouter au lait essayé une petite quan* tité de soude caustique quij sans altérer la ma^p tière grasse dans les conditions dans lesquelles on agit, présente cet avantage de maintenir le caséum dans un état de dissolution indispensable
E;site de l'essai.
i se fait dans un tube divisé en trois capa- «tin daVAotidémiédt médeoine, L 3tl%,p, 4tDi.
cités égales coiTespondant aux quantités de lait, d'éther et d'alcool qu'on doit employer.
Toute la manipulation consiste en ceci. Introduire dans le tube d'essai une quantité déterminée de lait ; ajouter une goutte de dissolution de soude caustique à 86* de densité. Agiter le mélange, sur lequel on verse ensuite un volume d'éther égal à celui du lait ; agiter de nouveau. Enfin ajouter l'alcool de 86" à 90* centésimaux ; agiter encore pendant quelques instants, et jusqu'à ce que les caillots de caséum qui auraient pu se former par le mélange soient entièrement divisés. Laisser dé* poser à une température de ai" environ. On voit alors la matière huileuse surnager. Âa bout d'un certain temps, cette couche huileuse, plus ou moins colorée en jaune, est devenue transparente ; elle cesse d'augmenter de volume. Le liquide inférieur devientlui-méme d'une transparence presque complète. On lit alors sur le tube le nombre de centièmes occupés parla couche supérieure, et l'on cherche dans le tableau dressé par M. Marchand à quelle quantité de beurre correspond la proportion de matière grasse indiquée par l'instrument. L'expérience ne dure pas en tout plus de douze à quinze minutes.
Ce butyromètre de M. Marchand est un moyen