‹ Hygiène de la première enfanceChapitre 147 sur 171 · MORTALITÉ · texte numérisé non relu

MORTALITÉ

p. 400 pendant

les dix premiers jours.

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existants à l'âge de 1 an.

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àbU LES MÀUDt£S ET LA MORTALITÉ DU NOUVEAU-MÉ.

Voici donc deux tableaux comprenant, pour une période de vingt ans, 1889-1859, la mortalité des enfants assistés portés à Thospice, et la mortalité des enfants de la classe moyenne envoyés en nourrice à la campagne. Ils donnent, avec toute l'exactitude possible, les résultats Cherchés, mais, dans l'un comme dans l'autre, ces chiilres laissent encore un peu à désirer.

En effet, sur le nombre d'enfants assistés, déposés à rhospice, il y en a quelques-uns, vers la fin de la première année, qui, étant reconnus par les parents, rentrent dans leurs familles, et sont perdus pour la statistique ; de même que parmi les enfants placés en nourrice par l'administration, il y en a quelques-uns, en petit nombre, qui sont ramenés avant l'expiration du douzième mois.

Il en résulte :

1° Que la colonne de mortalité de un à dix jours peut être considérée comme exacte, aucun enfant n'étant repris avant cette époque ;

2° Que la mortalité de 0 jour à un an est pentr» être un peu moins forte qu elle ne devrait être» si tous les enfants» étant restés à la campagne au lieu d'être repris par leurs parents,- eussent été soumis aux chances d'une mortalité considâréd désormais comme un peu plus forte chei les' enfants de cette classe que chez les autres. ;

A part ces observations critiques, les tableaux

MORTALITÉ DES ENTAXtS ABAT^DONWtS. 456

que je viens de publier peuvent ôlrc consitléréd comme ayant une précision plus grande que ceux qui ont été produits jusqu'à ce jour. Us démontrent :

1° Que la mortalité des enfants assistés ou abandonnés (ceux qu'on appelait jadis les enfants trouvés) est beaucoup moindre qu'elle n'était autrefois, mais qu elle ne diffère pas énormément de la mortalité constatée dans les années J820, 1821, 1822,182aetl8'2i; elle est de 11 centièmes dans les dix premiers jours de la vie, de 56 centièmes dans la première année, et de 63 centièmes jusqu'à Tâge de deux ans.

2' Que cette mortalité est plus considérable sur les enfants assistés que sur les enfants de la classe moyenne envoyés en nourrice à la campagne, sous la suiTeillance désintéressée de l'administration, puisqu'elle est seulement de 2 centièmes dans les dix premiers jours (J), et de 29 centièmes dans la première année de la vie.

Maintenant, quelle est la cause de cette mortalité considérable persistante des enfants trouvés pendant la première année d*âge ? Elle est presque le double de celle des enfants de la classe moyenne

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envoyés en nourrice par l'administration, et elle est triple de celle des enfants considérés en général pour toute la France. Sans rien affirmer d'une manière positive, je crois qu'il faut l'attribuer au défaut de soins après la naissance, à l'influence de la température extérieure, au mode d'allsdtement par des nourrices insuffisantes, ce qui oblige à recourir au biberon ; enfin aux maladies syphilitiques héréditaires, plus communes chez les enfants trouvés que chez les enfants légitimes. . J'ai montré précédemment quelle était l'influence de la température basse sur la mortalité des enfants. C'est un point acquis à la science. Il en est de même du défaut de soins après la naissance chez les petits êtres que leurs parents ont d'avance condamnés aux gémonies du hasard, mal vêtus, privés d'aliments, ils sontconfiés àdes mercenaires qui les promènent à Fair en guettant la nuit un instant favorable pour les déposer sans surprise aux environs d'un tour surveillé par la police, et où l'on peut les prendre.

Quant au mode d'allaitement artificiel, son influence sur la mortalité est incontestable. C'est un fait reconnu de tous les médecins, et sur lequel on a d'ailleurs de Ta^bbé Gaillard (1)

(1) Gaillard, Recherches sur les enfants trouvés, les enfanii naturels et les orphelins en France et dans plusieurs autres pays de VEurope, Paris, 1837, p. 165.

et de Villermé (1) des relevés statistiques importants.

Ces deux savants ont insisté avec grande raison sur l'influence fâcheuse de la suppression des tours et de l'allaitement artificiel sur la mortalité des nouveau-nés qu'on abandonne aux hasards de la charité publique. L'un et l'autre ont démontré par des chiffres péremptoires que là où l'allaitement au biberon et au petit pot était en usage, il y avait une mortalité plus considérable.

Ainsi, d'après l'abbé Gaillard, dans un hospice qui n'est pas autrement désigné que par la lettre X..., et où l'allaitement au biberon est la règle générale, la mortalité est de 8 pour 100 dans la première année.

De son côté, Villenné rapporte qu'à Reims, lorsque les enfants étaient nourris au biberon ou au petit pot, dans la période décennale comprise entre 1826 et 1836, les décès ont été dans la proportion de 639 sur 1000 au bout de l'année, c'està-dire en moyenne, de 63,90 pour 100. Aujourd'hui c'est le maximum du chiffre qu'on observe exceptionnellement à Paris, car la moyenne est de 8 pour 100 plus inférieure.

QuantàFinfluence de la syphilis contractée dans

(i) Villermé, De la mortalité des enfants trouvés considérée dam se» rapports av9c le mode d*aUaitement (Annales d'hygiène, 1888, 1. IIX, p. 47).

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la débauche et apportée par les enfants qu'on jette ensuite à tous les hasards de l'exposition dans un hospice, elle ne saurait être contestée que sous le rapport de sa forme et de sa fréquence. Pour beaucoup d'enfants, c'est la mort pendant la vie intra-utérine ou au moment de la naissance ; et pour d'auti*es, ce qui est plus malheureux, c'est une dialhèse congénitale innée, ou ne se manifestant qu au bout de dix, vingt ou quarante jours. Le fait est malheureusement .si certain, que les enfants atteints de syphilis héréditaire constitutionnelle peuvent la transmettre à leur nourrice, ainsi que je crois Favoh* démontré (1) contrairement aux doctrines régnantes de l'époque sur la syphilis. C'est même cette crainte exagérée de la syphilis chez tous les enfants trouvés, qui a fait adopter dans quelques hospices la coutume absolue si funeste de l'allaitement artifidel au biberon et au petit pot. On voulait ainsi préserver de la syphilis les nourrices que l'indigence pousse à l'hospice pour y tiafiquer de leur lait, ou prendre la chaige des enfants qu'on leur confie. Quelque louable que soit cette mesure appliquée isolément à des enfants syphilitiques, il est clair

(1) Bouchut, Mémoire sur la transmission de la syphilis des nouveau-nés à leurs nourrices {Gasettc médicale, 1850, p. 293). — Traité pratique des maladies des nouveau-nés, des enfants à la mameUe et de la seconde enfance, A* édition, Paris, 1862, p. 979.

qu'elle ne saurait être acceptée comme règle générale, et qu'on ne peut faire souffrir les enfants sains du simple soupçon de la syphilis qu'ils pourront peut-être avoir. La syphilophobie poussée à un tel degré devient évidemment blâmable.

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