LA GROSSESSE
2* mois
Fin du 2" mois 3« mois. .....
3« mois
3« mois 1/2. . .
4* mois
5e mois
6® mois 1/2...
7e mois
70 mois
7» mois '.
7» mois 1/2.. .
7«.mois 1/2...
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8* mois
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8« mois 1/2. . .
9*^ mois ,
9* mois
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9® mois
9' mois
9* mois
9® mois
Si;
789,80 791,32 797,20 792,60 800,70 790,57 795,52 818,09 799,25 8il,24 799,54 818,82 805,48 820,82 805,62 820,78 815,74 822,16 809,5t) 827,49 804,71 831,26 823,36 814,46 819,90
Les modifications du sang de la femme enceinte sont donc, pour les six premiers mois, augmenta-
tion de la masse du sang avec conservation, accroissement ou diminution du chiffre des globules, . et maintien de la proportion normale de fibrine ; pour les trois derniers , au contraire , augmentation de la masse du sang, conservation, accroissement ou diminution des globules et augmentation du chiffre de la fibrine.
Quand il y a vraie pléthore^ ce que Ton reconnaît aux signes extérieurs fournis par la constitution, et aux accidents de congestion sanguine de la tête ou des différents organes, la saignée est absolument nécessaire, mais il ne faut pas la pratiquer à la légère, et Ton doit attendre que des malaises bien caractérisés aient rendu l'opération indispensable.
S'il y a fausse pléthore ou pléthore séreuse^ il faut éloigner Vidée de la saignée et détruire les accidents de gastralgie, d'étom'dissements, de tintements d'oreille par les préparations de fer et de quinquina, par le séjour à la campagne, etc. Si les phénomènes de congestion vers la tête ou sur les viscères sont trop considérables, on est quelquefois obligé de recourir à la saignée qui produit un soulagement momentané, mais il faut, peu après, revenir immédiatement aux préparations ferrugineuses et au quinquina.
IL Accidents de la grossesse pouvant agir sur t enfant. — Les accidents qui, dans le cours de la
grossesse, peuvent altérer la santé de Tenfant et même occasionner sa mort sont : les coups -sur le ventre eties chutes sur le siège ^ la, pléthore^ les. diverses maladies dont la mère est affectée et enfin les fnaladies du fœtus.
Coups sur le ventre et chutes sur le siège» — La mort de l'enfant est souvent le résultat de coups sur le ventre^ ou des chutes sur le siège que peuvent faire les femmes. C'est un fait généralement admis et sur lequel il est inutile d'insister davantage. Si la grossesse est avancée et que l'enfant ait manifesté sa présence par des mouvements intérieurs actifs, ces mouvements cessent, et au bout de quelques jours Tavortement a lieu.
Ailleurs ces coups sont l'origine de vices de conformation plus ou moins caractérisés et de fractures des membres que les enfants apportent en naissant. J'ai cité plusieurs faits de ce genre (1) .
Pléthore, — Les médecins reconnaissent volontiers les accidents de pléthore qui surviennent chez la mère dans le cours de la grossesse. Cette disposition est d'ailleurs caractérisée par des symptômes de lourdeur de tête , de somnolence, d'étourdissements, etc., tellement évidents, qu'il est souvent impossible de la méconnaître ; mais ce qui est moins connu, c'est l'influence de cette
(1) Bouchul, Traité pratique des maladies des nouvea%Hiés, à* édition^ Paris, 1862.
pléthore sur le produit de la conception. Dans cet état, 4'utéAis est fortement contracté et presse davantage sur le fœtus, dont les mead)res sont quelquefois, en raison de cette contraction, maintenu«jians une position vicieuse, U en résulte un grand nombre de difformités congénitales qu il est facile de prévenir par la saignée. En effet, les femmes accusent presque toujours, après cette petite opération, un 'bien-être particulier; et la plupart assurent que, sous son influence, les mouvements de l'enfant sont devenus plus fréquents, plus vifs, et en quelque sorte plus faciles. S'il en est ainsi, il faut convenir que la pléthore a, nonseulement des inconvénients pour les mères, mais encore pour l'enfant qui est renfermé dans leur sein»
Maladies de la grossesse. — Les maladies de la femme développées pendant sa grossesse ont une influence variable sur la santé de l'enfant développé dans son sein. Les unes diathésiques^ virulentes, comme la variole, le choléra, la syphilis, la fièvre puerpérale, etc., etc., se transmettent au fœtus et le font périr ou empoisonnent le sang maternel; les autres, telles que les maladies aiguës (pneumonie, rhumatisme aigu, pleurésie, fièvre typhoïde , etc.) , ne provoquent qu'un amoindrissement de volume de l'enfant, ou ne font rien, ou amènent la mort et l'avorteraent;
enfin les dernières, qui sont les impressions morales^ ont une influence nulle ou grave, en déterminant des névroses et des vices de conformation chez les enfants. Il était très-intéressant d'en connaître les effets et M. L. X. Bourgeois ayant pris la peine de rassembler ce qui était épars dans les travaux de Cazeaux, de MM. Serres, Grisolle, Bouillaud, Stokes, Lucas, Bouchut, Lorain, et en y réunissant les observations personnelles, nous lui emprunterons quelques-unes do SCS conclusions.
À. — Maladies diathésiques on vlmleBtes.
th\9tAêse tuberculeuse. — Sur 115 cas de phthiîMo luIvtMvulouse, antérieure à la grossesse, ou ^Ï^>\>Io|^|kVi> dans son cours, l'autre conjoint étant
*â lV»um^ tMwont atteintes des premiers sym- |Mv\^«^^ \\\\ |vi>Mis{)0$ées par hérédité, 7 ont eu *^w^^«^l4t^ 18 fi^usses couches, et ensemble elles \A\X <>^\tm\^ W individus, dont 36 bien portants. U ) t^M » OU tU> plus ou moins tuberculeux, sur l^>îH|Mï^l?i ^5 sont uiwts avant sept ans d'affection
Ma do otK^ fonunes étaient tuberculeuses au ^lOMXièmo ou au troisième degré. Or, 2â ont eu 2^7 f^uïk^os couches et 6 accouchements prématu-
rés. Ensemble elles ont mis au monde 69 enfants, dont un quart (19) en bonne santé, et 50 plus ou moins scrofuleux, dont 21 morts de tubercules (1).
Diathèse scrofnlense. — Sur 52 femmes atteintes de scrofule plus ou moins caractérisée, le mari étant sain, 12 ont avorté et ont fourni 37 avortements. Ensemble, elles ont donné naissance à 92 enfants, dont 78 exempts de scrofule, 7 enlevés de convulsions avant un an, et le reste scrofuleux.
Diathèse syphilitique. — L'influence de la syphilis sur le fœtus est parfaitement connue ; et comme elle fera l'objet d'un article spécial placé un peu plus loin, je n'en parlerai pas ici.
On a dit, mais à tort, que le traitement mercuriel était une cause d'avortement, c'est une grave erreur; il en est, au contraire i le meilleur préservatif, du moment où il guérit la syphilis, sa cause occasionnelle la plus fréquente.
Maladies neigeuses. — V asthme, les palpitations, la syncope, Y angine de poitrine, la gastralgie, les névralgies, les convulsions, l'hystérie, Yépilepsie, la folie, peuvent passer de la mère aux enfants, soit que la névrose existât chez elle avant la grossesse, soit au contraire qu'elle ne se soit déclarée que pendant la gestation ; alors la
(1) L. X. Bourgeois, De Vinfluence des maladies de la femme pendant la grossesse sur la santé et la constitution de Venfant, Paris, 1862 {Mém, de VAcad, de médec. Paris, 1862, t. XXV).
névrose se produit sous la même {forme que chez la mère, ou sous une forme différente.
Maladies de la peau, ou dartres. — De 45 femmes atteintes de diathèse dartreuse, le mari paraissant sain, ily a eu 221 enfants, dont 87 ont été exempts de la diathèse dartreuse ; les autres 134 ont été plus ou moins profondément atteints.
Diathèse cancéreuse. — La diathèse cancéreuse est fort souvent héréditaire comme prédisposition à la maladie ; mais jamais une femme grosse , atteinte de cancer, n*a donné naissance à un enfant cancéreux.
Sur il femmes ayant accouché dans Tétat cachectique de la diathèse cancéreuse, par cancer de matrice, du sein ou d'autres organes, A ont accouché avant terme d'enfants mort-nés. Une est accouchée à terme, ayant \m cancer de matrice, et les manœuvres de l'accouchement ont amené la mort de l'enfant. Trois ont langui et sont morts de oomiilsions; deux seulement ont grandi, et Yim a offert des signes de scrofule.
Diathèse goutteuse et calculeuse. — Lb, goutte de la mère se transmet à Tétat de prédisposition, df fa<y>n A n'éclata que plus tard sous la forme VJe ^itte. m^iï^ j>onvant se manifester sous une nntiv f^i^nV^. )v^v o\o«\plo la migraine, l'asthme et
i!}mft\ A V'iHJfcH^^^^ c^culeuse, très-commune
chez les enfants, elle n'a * rien d'héréditaire, et elle résulte de graviers formés dans la fièvre, déposés dans la vessie, et servant de noyau & une pierre.
Fièvre typhoïde. — Dans les premiers mois de la grossesse, la fièvre typhoïde détermine souvent l'avortement au premier et au deuxième septénaire de la maladie.
Sur 22 femmes, au début de la grossesse, 6 ont eu une maladie légère et n'ont pas avorté, 16 ont été gravement malades, 12 ont avorté, et 4 ont conservé leur fruit.
Sur 15 femmes, au septième et au huitième mois de la grossesse et atteintes de fièvre typhoïde, il y a eu neuf fois accouchement prématuré.
Variole. — La variole est la maladie qui fait le plus souvent avorter les femmes. Ainsi, sur 27 femmes atteintes au milieu de la gestation, 23 ont avorté, et quelquefois le fœtus, comme j'en ai vu des exemples, porte de3 traces de variole. Cependant on voit naître des enfants sains de mères variolées, M, Serres en a observé vingtdeux exemples.
Rougeole et scarlatine. — Sur 15 cas de rougeole dans la grossesse, 8 femmes ont avorté ou accouché avant terme ; et, dans la scarlatine grave, toutes les femmes accouchent presque toujours avant terme, et meurent peu après.
Fièvre puerpérale. — La fièvre puerpérale entraine souvent des accidents analogues chez le DOuveau-né (Lorain) , et elle détermine des érysipèles ou des péritonites mortelles sur le quart des enfants.
Choléra. — Le choléra chez une femme enceinte a pour effet ordinaire Tavortement et la naissance d'un enfant qui peut vivre ou qui peut mourir aussitôt avec des phénomènes de choléra. — Dans certains cas cependant le choléra peut se passer et la grossesse suivre son cours (1 ) .
Fièvre intermittente. — Les femmes atteintes de fièvre intermittente dans la grossesse donnent souvent naissance à des enfants atteints de la même fièvre (Stokes, Pitre-Aubanais, Schuriz, etc.). J'en ai rapporté quelques exemples (2).
B. — IlaladlcM algiiëM.
Pneumonie, — D'après M. Grisolle (3) , la pneumonie dans la grossesse provoque Tavortement ou Taccouchement prématuré dans la moitié des cas, et expose à de graves dangers. Sur 1 2 cas
(1) E. Bouclmt, Du choléra dans la grossesse {Gazelle méilicoia, i850).
12^1 Boodiut, Trailé des maladies des nouveau-nés, des enfants |1«iM«elle eidela seconde enfance, d« édition. Paris, 1862,
;^1$) Oràott^» Troilê de iapfieur))ot}t>,2<' édition. Paris,1864,
cités par M. Bourgeois, il y a eu 8 avortements ou accouchements prématurés.
Pleurésie, — La pleurésie grave peut faire avorter.
Rhumatisme articulaire aigu, — Sur 2 cas, il y a eu un avortement.
Hémorrhagies utérines. — Les hémorrhagies utérines, qui se reproduisent très-souvent, quelle que soit leur cause, mais surtout s'il y a décollement du placenta, ou insertion du placenta sur le col, sont la cause de Tavortement.
Hydropisie, — - L*hydropisie des femmes enceintes, qui s'accompagne d'albuminurie, amène souvent la mort prématurée du fœtus, l'avortement et l'éclampsie (Cazeaux).
Éclampsie. — L'éclampsie de la grossesse amène quelquefois l' avortement ou l'accouchement prématuré , et si l'enfant arrive à terme, il peut offrir des attaques d' éclampsie.