‹ Hygiène de la première enfanceChapitre 7 sur 171 · LOIS DE LA PKOGRÉÂTION · texte numérisé non relu

LOIS DE LA PKOGRÉÂTION

phthisique », a dit Hîppocrate (1) , et Texpérience de tous les bons observateurs a consacré la justesse de cet aphorisme du génie grec.

De l'hérédité dépend en grande partie la constitution physique et morale de l'enfance. C'est là qu'il faut chercher la cause des difformités et de la faiblesse native; des altérations du sang et des humeurs; du lymphatisme et des dartres; des maladies nerveuses^ de la tuberculose^ de toutes les diathèses^ enfin d*une mortalité excep^ tionnelle dans certaines familles qui ne peuvent élever aucun de leurs enfants.

Qu'est-ce donc que l'hérédité, et quelles en sont les lois ?

L'hérédité est la force naturelle du maintien des espèces et de la variété des individus par l'acte générateur.

Née de l'impression communiquée au germe par la fécondation de la mère, c'est une impression générative ou séminale (2) ; de sa nature dépend en partie le degré de force et de santé du nouvel être pour Favenir. Dans l'œuf, avant d'arriver au jour et par le seul fait de la fécondation qui lui imprime la vie, l'homme est prédestiné à une or-

(1) Hippocrate, OEuvres complètes, trad. Littré. Paris, 1849, t. VI, p. 365.

(2) Voy. E. Bouchut, Nouveaux éléments de pathologie générale. Pari?, 1857, p. 60.

ganisation spéciale, à des formes extérieures et intérieures déterminées par la résultante des forces paternelles et maternelles un instant réunies. En recevant la vie, Tovule, cet atome imperceptible de matière amorphe^ sans aucune apparence de tissu et par conséquent sans propriétés organiques, commence à se transformer suivant les lois de la protnorphose (1) , et se bâtit selon ses forces naturelles et d'après Tinfluence du régime et du cli-. mat, les organes qui doivent lui servir d'instrument dans sa courte existence. Tant mieux si la force d'impulsion est solide, car ce qu elle engendre vient solide comme elle, avec tous ses défauts et toutes ses qualités. Les forces et les. aptitudes des races, des constitutions, des tempéraments, des idiosyncrasies, etc. , se croisent dans la génération et forment des résultats variés qui entraînent la matière, l'asservissent à des lois déterminées susceptibles d'en faire l'enveloppe d'êtres vivaces ou débiles , nerveux, sanguins ou lymphatiques, d'hommes intelligents, moraux, ou d'êtres idiots et dégradés.

Mais si Thérédité est la loi des espèces éternelles et immuables, elle n'est heureusement pas la loi de l'individu qui, s'il peut être semblable à

(1) Force qui dirige et maintienl la forme des êlres vivants, malgré la rénovation continuelle de leur substance. (E. Bouchut, La vie et ses attributs^ Paris, 1862, p. 145.)

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