DE LA QUANTITÉ DU LAIT CHEZ LA FEMME
La quantité du lait chez les nourrices est une chose fort difficile à apprécier d'une façon rigoureuse par l'analyse chimique. — On ne peut savoir ce qu'elles en sécrètent en vingt-quatre heures, et l'inspection des seins, faite à divers moments du jour, à des époques plus ou moins rapprochées de l'allaitement, n'apprend rien à cet égard. On peut croire que sa quantité est suffisante par la sensation de la mère ou de la nourrice au moment de l'allaitement. Cette sensation est connue sous le nom de montée du lait. En effet, les femmes
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dont le lait -est fort abondant le sentent monter à mesure que Tenfant tette ; les seins se remplissent, et il s'écoule en abondance par le sein inoccupé.
On y arrive encore approximativement par l'observation de l'enfant qui tette. S'il fait des efforts considérables, s'il demande souvent lé sein, c'est que le lait est peu abondant. S'il termine rapidement ses repas, et qu'il se contente d'en faire un petit nombre par jour, si surtout le lait ruisselle sur ses lèvres, alors il est abondant. Un autre moyen d'arriver d'une manière plus sûre à cette approximation, c'est le procédé de M. Natalis Guillot, qui fait peser l'enfant avant et après la mise au sein. On met l'enfant tout habillé dans une balance avant de lui donner à teter, et on le pèse quand il a fini. La différence du poids indique la quantité de lait avalée. Chaque tetée doit retirer de 80 à 1 50 et 200 grammes de lait ; mais au-dessous de 80 grammes, la quantité de lait est insuffisante pour les besoins de la nutrition, et si le fait se reproduit plusieurs fois de suite, il faut changer la nourrice. Un enfant peut teter ainsi, par jour, jusqu'à 1000 ou 1200 grammes de lait.
Si la quantité diminue, on peut l'augmenter par l'électrisation des mamelles, et des femmes qui, depuis longtemps ayant cessé de donner à teter, n'avaient plus de lait, ont pu par ce moyen le faire venir en plus grande abondance (voy. p. 132).
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