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Ce procédé d'analyse du lait par le butyromètre de M. Marchand est un moyen commode mis à la disposition des chimistes et même des personnes étrangères à cette science pour déterminer
QUAUTfiS nu LAIT DS FiaiME. 247
la proportion de beurre renfermée dans le lait et pourappréder approximativement sa valeur vénale.
Le procédé est simple, d'une exécution très-fa* dlOt et avec le tableau d-joint (p. 246) , le résultat peut être obtenu en quelques minutes, avec une exactitude suffisante pour la pratique. Toutefois, de même que tous les procédés qui ne tiennent compte que d'un seul élément, il ne donne pas une idée abso* lue de la richesse du lait, mais seulement sa richesse relativement au beurre.
4° Crémomètre, — Un quatrième procédé consiste dans remploi d'un autre lactomètre (fig. 16) 9 il a été inventé pour mesurer l'épaisseur de la couche de la crème du lait de femme. Il repose sur ce fait que lorsque le lait est abandonné à lui-même, il se sépare en deux couches, dont la supérieure, due à la réunion des globules laiteux, constitue la crème; or, la quantité de crème donne la richesse du lait, tout ^"- *^- * ^'^««'"^^• au moins quant à ses matières grasses. Ce lactomètre consiste en une éprouvette divisée en
100 parties ; après Tavoir remplie de lait et laissé reposer vingt-quatre heures, pour que la séparation soit complète, on note le. nombre de 40 à 15 degrés occupés par la crème. Un lait de bonne nature doit renfermer environ 8 parties de crème pour 100.
5° Lactoscope. — Il est -encore un lactomètre qui appartient à M. Donné et qui porte le nom de /«c/05co;?e; il permet de mesurer l'opacité du lait, laquelle est proportionnelle, comme on sait, à la quantité de beurre ou de crème.
Le lactoscope (fig. 16) consiste en un tuyau
FiG. 16. — Lactoscope de M. Donné.
oculaire, composé de tubes concentriques, montant l'un sur l'autre, à vis. Chaque tube porte une glace plane; les deux glaces peuvent être, au moyen d'un pas de vis, amenées à un contact parfait. Le rapport des tubes entre eux est indiqué h, cet instant par la coïncidence d'un zéro placé sur l'un d'eux, vis-à-vis d'une petite flèche
QUALITÉS DU UlT DE FEMME. 249
gravée sur l'autre ; l'espace généré entre les glaces, à mesure que l'on dévisse les tubes, est indiqué par une division tracée sur la circonférence du tube intérieur.
Goumie l'inclinaison du pas de vis est fort petite, on comprend que la division inscrite sur la circonférence permettra d'apprécier avec facilité des quantités même minimes ; puisque, par exemple, cette circonférence, divisée en 50 parties, donnera le moyen de fractionner par 1/50 l'espace engendré à chaque tour par un pas de vis d'un (lemi-ndllimètre d'écartement.
C'est dans l'espace compris entre les deux glaces, et variable à volonté, que Ton verse le lait que l'on veut comparer. Il en faut une quantité suffisante pour ne plus permettre de voir la flamme d'une bougie placée à 1 mètre de distance. L'instrument, ainsi chargé, s'intercale entre l'œil de l'observateur et la lumière. En diminuant alors progressivement la couche du lait, en vissant lentement un tube sur Tautre, et repoussant ainsi les glaces, on arrive à une épaisseur, au travers de laquelle l'image de la flamme commence à poindre; c'est le moment de s'arrêter! La lecture du rapport de la division avec la flèche indicatrice donnera l'épaisseur de la couche à cet instant. En dévissant plusieurs fois de suite ces tubes, pour rendre à la couche de lait son opacité, et les ra-
menant au point où Timage commence à paraître, si Ton retrouve chaque fois le même rapport entre la division et la flèche indicatrice, on sera certain de l'exactitude d'un tel moyen d'observation.
Cet instrument est, en effet, fort ingénieux, et permet de constater facilement la richesse en crème du lait d'une nourrice. Quoique insuffisant, c'est un bon moyen à employer dans cette circonstance ; car il est impossible d'arriver à aucun résultat positif en faisant bouillir le lait dans une cuiller» en regardant par transparence, au travers d'une goutte de ce liquide déposée sur l'ongle, etc. , comme on le faisait autrefois.
n suffit de mettre dans l'instrument une petite quantité du lait qu'on veut examiner. Une couche mince de ce liquide suffit pour éclipser la lumière de la bougie lorsque la quantité de crème est considérable. Il en faut, au contraire, une couche plus épaisse lorsque le lait est aqueux, appauvri, et ne renferme qu'une petite quantité de crème.
Si l'instrument est bien gradué, comme on a sous les yeux la marque de l'écartement des glaces pour un bon lait ordinaire, ce chiffre sert de comparaison pour les diverses espèces de lait que l'on pourrait avoir à juger.
6' Procédés de A. Becquerel et de Regnault et Doyère. — Si l'on veut, au contrake, employer l'analyse chimique pour déterminer la proportion
exacte des divers éléments du lait, il faut mettre en usage le procédé de A. Becquerel, ou le procédé de MM. Regnault et Doyère, qui est plus exact, puisqu'il donne de plus que le précédent le chiffre de l'albumine. Voici le procédé de Becquerel :
On prend de iO à 50 grammes de lait qu'il faut partager en trois portions, l'une de 8 à 10 grammes et les deux autres de 15 à 20 grammes.
La première portion, celle de 8 à 10 grammes, est mise dans un flacon à densité de même capacité, et à l'aide des procédés connus on a très-facilement la densité du lait, comparée |t celle de l'eau distillée à une température déterminée. Lorsqu'on n'a qu'une faible quantité de lait à sa disposition, la recherche de la densité ayant moins d*importance que les autres résultats, peut être négligée. La deuxième partie du lait (de 15 à 20 grammes à peu près) est destinée à fournir la quantité de sucre, le poids des matières extractives et des sels. Pour obtenir le poids du sucre, on traite ces 16 ou 20 grammes de lait par 5 ou 6 gouttes de présure ou à à 5 gouttes d'acide acétique. On agite avec une spatule, on porte le tout dans une capsule de platine à une température de 50 à 60 degrés et Ton jette sur un filtre. Dans cette opération, qu'il faut effectuer rapidement, le caséum se coagule, entraînant la matière grasse, et le filtrage Isûsse passer le sérum parfaitement clair et lim-
pide. Quelquefois il faut une seconde filtration ou un repos de deux à trois heures pour que cette limpidité soit parfaite. Ce sérum est placé dans un polarzmètre gradué de Soleil. On constate la déviation à droite, et, à Taide d'une table dressée d'avance, on a d'une manière extrêmement exacte la quantité de sucre de lait contenue, par exemple, dans i 000 parties de lait. Pour avoir le poids des matières extractives et des sels solubles, on dessèche le sérum, on pèse le résidu sec, et la différence entre le poids du sucre et le poids total du sérum desséché donne la quantité de matières extractives cherchée. Cette dernière évaluation n'est toutefois pas aussi exacte que celle du sucre, mais elle est suffisante.
La troisième partie du lait qui a été mise à part et qui est de 16 à 20 grammes, est pesée à Tétat liquide, puis desséchée à une température de 70 à 80 degrés centigrades longtemps prolongée ; on prend le poids du produit desséché ; ce produit est traité par Téther qui enlève toute la matière grasse; on filtre, on dessèche de nouveau et Ton pèse. Le produit est la somme du caséum, du sucre et des matières extractives. La différence avec le premier poids exprime la quantité de beurre. On rapporte le tout à 1000. On a donc, à part la quantité : 1° du sucre ; 2° des matières extractives; 3° du caséum. Si Ton additionne ces
trois poids et que l'on retranche du i)roduit obtenu le poids fourni par le produit du lait desséché, on a une différence qui donne la quantité du caséum. L'analyse du lait est donc complète, et, ainsi que nous l'avons dit, en rapportant tous les* résultats à 1000 grammes de lait, on a : 1" la densité du lait; 2" l'eau; S'' le beurre; 4° le sucre; 5* les matières extractives solubles; 6° le caséum. L'incinération donnerait le poids absolu des sels.
T Procédé de M. BloL — Enfin, si Ton en croit les recherches de M. Hipp. Blot, on aurait un moyen indirect de juger les qualités du lait par l'examen delà quantité de glycose renfermée dans les urines des nourrices.
Il paraîtrait, d'après cet auteur, que chez toutes les femmes en couches et chez les nourrices, l'urine renfermerait une notable proportion de sucre qui varie de 1 à 12 millièmes. La proportion du suci'e augmenterait avec la quantité de lait et elle cesserait avec la lactation ; formant ainsi un état puerpéral physiologique et transitoire. Si le résultat de ces recherches est confirmé, ce dont je doute un peu, parce qu'il me semble que M. Biot a pris pour du glycose une matière organique de l'urine capable de réduire les sels de cuivre parla chaleur, on pourra dire qu'il y a dans les urines un caractère capable de faire apprécier les bonnes qualités ou l'insuffisance des nourrices.
BOUCHUT. — HYG. PREM. ENF. i5