CHOIX DE LA NOURRICE
nécessaire pour élever les enfants, surtout s'il n'y a personne d'éclairé auprès d'elle pour la diriger. Il vaut mieux avoir pour nourrice une femme qui ait allaité d'autres enfants, et surtout qui ait fait une nourriture dans une famille où Ton puisse aller prendre des renseignements sur elle.
IL Age du lait. — On doit d'abord s'informer de l'époque de Taccouchement de la nourrice, c'està-dire de l'âge du lait. En effet, ce liquide change, de caractère à mesure que Ton s'éloigne du moment des couches, et, quand il est vieux, il n'est plus convenable pour le jeune enfant qui vient de naître. Il n'a pas les propriétés laxatives du premier lait sécrété après la naissance, il ne renferme pas de colostrum ; c'est presque toujours mi aliment indigeste et peu abondant, dont il ne fautpas conseiller l'usage. On dit, il est vrai, qu'un jeune enfant renouvelle le lait, parce que les mamelles se distendent de nouveau, et qu'on observe à peu près tous les phénomènes de la fièvre laiteuse. Cela est faux, ou du moins n'est pas démontré par l'analyse chimique et microscopique. L'engorgement de la glande mammaire n'a lieu, dans cette circonstance, que parce que le nouveau nourrisson ne consomme pas autant de lait que le premier.
Il faut toujours choisir, parmi les nourrices, celles qui sont accouchées depuis deux à six mois
environ, et dont Tâge se trouve entre vingt et trente-cinq ans. Elles ont rarement les qualités désirables lorsque leur lait est plus vieux et leur âge plus avancé. Un tableau placé plus loin fera connaître d'une manière précise l'influence de l'âge sur la composition de leur lait.
m. Aspect extérieur de la nourrice^ ses cheveux^ ses dents^ ses gencives, — Les nourrices doivent avoir des formes assez arrondies, potelées, le sein bien fait, assez fort, non ridé, un peu dur, marbré de veines bleuâtres, le mamelon bien saillant, les gencives bien colorées et les dents assez belles. Toutefois le caractère tiré de l'intégrité des dents n'a pas autant d'importance qu'on lui en accordait jadis. Il y a des femmes dont les dents sont mauvaises, et qui cependant sont d'excellentes nourrices. Il en est d'autres, au contraire, qui, avec de très-belles dents, ont une constitution affaiblie qui les empêche d'entreprendre l'allaitement.
La coloration rouge et la fermeté des gencives ont beaucoup plus d'importance aux yeux des médecins que l'intégrité de la denture. On juge d'après l'état de ces parties la force des sujets, leur état de santé, et jusqu'à un certain point les qualités de leur sang. Il est évident que des gencives décolorées appartiennent à une femme dont le sangest aqueux et appauvri, qui peut être d'ailleurs "
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d'une assez bonne santé, mais qui sera loajouis une mauvaise nourrice.
EHes dcMVOit avoir les cheveux bnms et noirs plutôt que Monds et rouges ; ces deroièrçs ont or* dinairement beaucoup de laii, mais il est séreux. et occasionne fadlemem de h diarrbée.
IV. Caraeière des nourrices. — II est nécessaire de chœar ime finnme dont le caract»ie soif doux, et dont l'intdligence soit assez développée pour surveiller l'enfant qu'on lui ccnfie. La gaieté de rhumeur est ime chose qu'on ne saurait trop rediercber dai» les nourrices ; elle sert à égayer les enfants ou à lesdistraire dans leurs souffrances. Ds finissent alors par prendre dcsbabitudesde légèreté et d'enjouement qui ont toujours une heureuse influence sur le développement de leur cœur et de leur esprit.
V. Santé des nourrices. — Les nourrices doivent être examinées avec soin âous le rapport de leur constitution et de leur santé, car elles ne doivent pas avoir la moindre maladie, leur nourrisson pouvant en hériter (1^. Elle doivent même être visitées, autant que la décence le permet, pour s'assurer qu'il n'existe à l'intérieur du corps aucune cicatrice ou empreinte qui indique l'existence actuelle ou antérieure d'une maladie rachitique^
(1) Oribase, CEuvrei^ Irai), de Daremberç, t. UI, p. 119.
scrofuleuse, dartreuse ou syphilitique. Il faut examiner Tanus, les organes génitaux et Tintérieur de la bouche, parties qui sont plus spécialement le siège de l'affection syphilitique.
Il est évident qu il faut, pour les nourrices mercenaires que l'on examine, tenir compte des mêmes circonstances que Ton admet à l'égard des mères pour autoriser ou interdire Tallaitement, et qu'il faut rechercher, chose difficile, dans leur famille et d'après leurs réponses, les renseignements qui peuvent éclairer sur l'existence latente des différentes diathèses et de quelques maladies héréditaij'es. Cette recherche est souvent inutile : les femmes ignorent ce dont on leur parle, ou feignent de ne pas le comprendre. On arrive trèsdifficilement à un résultat positif. C'est un motif de plus pour être très-sévère dans l'examen local de la nourrice qui se pi'ésente.