‹ Hygiène de la première enfanceChapitre 79 sur 171 · PAYS QUI FOURNISSENT LES NOURRICES · texte numérisé non relu

PAYS QUI FOURNISSENT LES NOURRICES

tend pas. On prendra de préférence des femmes qui habitent des pays secs et non marécageux.. Ainsi les nourrices normandes, picardes et bourguignonnes sont les meilleures ; les nourrices de rOrléanais, du Berry, de la Sologne, sont trèsmauvaises, à cause des localités où elles emmènent les enfants. -Ces pays sont infectés par une maladie endémique grave, la fièvre intermittente, et les enfants y sont, en général, pâles, étiolés et fiévreux ; leur ventre est gros, leur rate gonflée, leurs jambes œdématiées; ils ont souvent la fièvre qu'on ne sait pas reconnaître, et qui finit par les faire périr. Ces pays sont ceux de tous où la mortalité des enfants est le plus considérable.

Parmi les nourrices de la campagne qui viennent à Paris chercher des enfants, il en est qui sont filles ; d'autres sont mariées à des ouvriers, et d'autres à des cultivateurs ; il faut autant que possible choisir parmi ces dernières. En voici la raison. Elles ont leur ménage, une vache; et si, par hasard, elle n'en ont pas, il s'en trouve toujours dans le voisinage. Alors on est sûr que, dans le cas d'indisposition de la nourrice, ou de diminution dans la quantité de son lait, l'enfant ne peut souffrir, puisqu'on peut lui donner du lait de vache, très-facile à se procurer.

Au contraire, les femmes d'ouvriers qui se proposent pour être nourrices n'ont pas de ferme et

pas de vache de labour ; elles habitent quelquefois dans des lieux où il est difficile de se procurer du lait. Lorsque Touvrage manque, la misère entre au logis ; la femme souffre, son lait s'altère, et l'enfant en subit la conséquence, car on lui donne des bouillies, des soupes, du pain sec, et d'autres aliments qui ne conviennent pas à -ses organes encore trop peu développés.

Dans le premier cas, les nourrices peuvent, sans se déranger, donner de bon lait aux enfants ; il ne leur en coûte rien; dans le second, il faut aller un peu loin pour s'en procurer ; là paresse, les intempéries des saisons, l'argent qui manque, et une multitude d'autres circonstances, font que les nourrices restent chez elles, et prennent d'autres moyens pour alimenter les enfants, au détriment de leur santé.

Les nourrices sur lieu sont celles qui entrent dans une maison pour y nourrir un enfant, sous la surveillance de sa famille. On les trouve dans les différents bureaux de location de Paris. C'est surtout à celles-là que s'appliquent les préceptes que je vais donner et qui pourront être également utiles aux mères qui se sont fait les nourrices de leur enfant et aux nourrices de campagne.

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