‹ Hygiène de la première enfanceChapitre 82 sur 171 · BUREAUX D£ LOCATION BKS NOURRICES · texte numérisé non relu

BUREAUX D£ LOCATION BKS NOURRICES

Les personnes riches qui vont prendre leurs nourrices dans les bureaux bien tenus, là où je prends moi-même celles dont j'ai besoin, les font examiner par leur médecin, et elles ont raison. Mais dans les classes moyennes, qui donnent leur enfant à emporter et qui cherchent à épargner la dépense, les parents choisissent eux-mêmes leur nourrice sans contrôle de médecin, et il en résulte quelquefois les plus graves inconvénients.

Des nourrices sur lieu^ prises dans les bureaux pariicuiiers, — Ici, l'individu fait pour son enfant ce que beaucoup de personnes réclament de l'administration supérieure. Il se protège luimême, mais il n'a pas toujours les moyens de le faire. 11 ne peut savoir, par exemple, si l'enfant qu'on lui présente avec une nourrice est bien celui de cette nourrice. Or, très-souvent l'enfant qu'on montre a été loué pour la circonstance au prix de trente francs par mois, et après avoir servi d'enseigne & l'une il sert d'enseigne k l'autre. D'une autre part, l'intérêt de ces femmes mérite aussi d'être sauvegardé, et personne ne les protège contre l'exploitation dont elles peuvent être l'objet de la part de ceux qui leur servent d'intermédiaire.

Quoi qu'il en soit, on a besoin d'une nourrice sur lieu, et on va en cliercher une au bureau de location. Le médecin envoyé par la famille con-

State qu'elle n'a pas de maladie contagieuse, et que son lait est bon. On l'arrête en faisant avec elle condition d'un prix qui varie de 50 à 60 ou 80 francs par mois. Ce prix est payé d'avance et le premier mois reste tout entier entre les mains de l'intermédiaire qui a servi au placement, de sorte que la nourrice ne touche rien. De plus, la famille paye un prix variable de 20 à 25 francs pour le voyage de l'enfant de la nourrice qui est renvoyé à ses parents pour être sevré prématurément et soumis à un régime qui sera peut-être la cause de sa mort. Cela fait, la nourrice appartient a la famille qui l'emmène dans son intérieur.

Des nourrices de campagne^ prises aux bureaux particuliers. — Les familles assez peu fortunées pour ne pas prendre de nourrices sur lieu, envoient leurs enfants à la campagne et s'adressent également aux bureaux particuliers de location ou elles trouvent des nourrices à 20 et 30 fr. Ici les inconvénients sont encore plus grands, car le nourrisson doit être emmené à la campagne, et là il n'y a plus aucune sécurité pour les parents ni pour les enfants. Une réforme sur ce point est absolument nécessaire, et il faut absolument que l'administration ou une société privée fasse quelque cjiose tant en faveur des ujères qui sont obligées d'envoyer leurs enfants en nourrice, que pour sauvegarder les intérêts des femmes que la misère ou

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Fintértt oUigent à trafiquer de leur lait. Ici, lu protection et la sarraUance sont absolument necessaires, et elles sont relatires.

1* A la fiunille qui, cherchant une nounice, dmt hn remettre un enfamt exempt de mala^ eontaipeuse susceptible d'altérer sa santé ou celle de son enfant

2* A la nourrice mercenaire qui doit être de bonne santé et incapable de communiquer au nourrisson une maladie contagieuse qu'elle aurait disshnulée.

3* A l'enfant qu on emporte loin de la famille. En effet, quand ces nourrices d'un bureau particulier emportent avec elles l'enfant à la campagne, quelle garantie reste-t-il à la mère pour les soins qu'on donne à son enfant? Aucune. Existe-t-il, loin d'elle, une surveillance désintéressée qui puisse l'avertir que son enfant souffre? Non. Enfin, y a-t-il dans le pays un médecin dont le devoir soit d'écrire aux parents que leur enfant est malade? Non. Toutes ces garanties ne se trouvent' que dans l'établissement municipal et gratuit de la ville de Paris situé rue Sainte- Apolline. Ici, au contraire, livrée à elle-même, sans surveillance, la nourrice écrit ce qu'elle veut.

Son intérêt exige qu'elle n'inquiète pas la fa^ mille; elle dissimule les maladies, elle compte des

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visites de médecin qui n'ont pas eu lieu ; et ce n'est que lorsque l'enfant est épuisé qu'on commence à le dire malade. 11 est trop tard. Les parents qui le reprennent ne retrouvent plus qu'un être cachectique voué à une mort prochaine, ou, ce qui est bien pis, à une existence maladive insupportable.

En résumé, l'installation actuelle des bureaux de nourrice est tout a fait insuffisante et compromet sérieusement la santé de l'enfance.

Il faudrait que l'administration ou une société maternelle autorisée exerçât sur les bureaux de location, dirigés par des particuliers, une surveillance spéciale sous le contrôle de plusieurs médecins.

La surveillance des bureaux de nourrices a un double but ; V l'intérêt de l'enfance, et 2* celui des femmes que leur position oblige à trafiquer de lem* lait.

11 faut qu'une inspection médicale officielle, en éloignant une nourrice malsaine et atteinte de maladies contagieuses, puisse préserver les enfants de cette maladie.

Réciproquement on ne devrait pouvoir donner aux nourrices que des enfants sains non susceptibles de leur transmettre des maladies contagieuses.

Quant à la surveillance des bébés chez leur

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nourrice, c'est comme je l'ai dit plus haut (page 27i) iu rAle dont il faut charger une société de bienûûsaoce oi^anisée à cet effet.

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