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peau si prompte à s'irriter et à s'excorier. Depaul, rend les bains plus stimulants pour les enfants chétifs, par l'addition d'un peu de vin et d'eau-de-vie, et plus calmants pour les enfants nerveux, par l'addition d'une forte infusion de tilleul.
Soins de la tête. — Les soins généraux de propreté s'adressent à la tête aussi bien qu'aux autres parties du corps. Le temps a fait justice du préjugé populaire, obligeant à respecter les croûtes du cuir chevelu, constituées par les débris épidermiques , la sécrétion sébacée et la poussière. Loin de nuire, de fréquents lavages au savon, préservent la tête de ces affections herpétiques, impétigo surtout, qui se propagent si aisément au visage et aux glandes cervicales.
SommeiL — L'enfant à la mamelle consacre à dormir la majeure partie de la journée. Les heures de sommeil sont les plus nombreuses pour lui, tout en variant en raison inverse de l'âge. La période d'allaitement est le complément et la continuation de la vie intra-utérine. La nature n'a pas refusé sans motif au nouveau-né dans l'espèce humaine, la faculté de marcher et de courir, accordée dès la naissance à certaines espèces animales, et celle surtout d'user de son intelligence. Tous ces actes eussent exigé la dépense de forces mises en réserve , pour perfectionner cette statue vivante, seulement ébauchée dans le sein de sa mère. L'économie de forces consécutive à cette vie singulière, est accrue par les longues heures de repos. Le sommeil diminue les dépenses organiques. Ainsi, la presque totalité des acquisitions fournies par l'alimentation, concourt à favoriser le développement si rapide du corps pendant la première année de l'existence.
PREMIÈRE ANNÉE
Dormir et manger, sont donc les deux actes principaux de la vie infantile. La fonctionnement régulier de l'organisme demande qu'ils s'effectuent dans certaines conditions, suivant un ordre déterminé, sans quoi toute harmonie est rompue, le désordre pathologique apparaît.
Le nouveau-né dort presque continuellement, la faim seule est capable de l'arracher à son sommeil. En se réveillant, il commence à s'agiter, puis pousse quelques petits cris d'appel, et, si l'on n'y répond aussitôt, s'abandonne à une véritable scène de rage indescriptible, que seul l'allaitement peut calmer. Après avoir pris son repas, il se rendort rapidement. Souvent les périodes de sommeil sont plus longues dans le jour que dans la nuit, principalement en hiver. La cause de cette anomalie est dans l'abaissement de la température, sensible même dans les appartements où l'on entretient du feu dans les cheminées. L'enfant étant très impressionnable au froid, il suffit de placer dans son berceau quelques cruchons d'eau bouillante, pour le voir se rendormir aussitôt. Les nourrices le savent bien, mais pour s'éviter un peu de peine, elles préfèrent mettre l'enfant à côté d'elles, dans leur lit, imprudence qui a coûté la vie à bien des nourrissons étouffés dans le premier sommeil.
Quelques mères s'alarment à tort de la longueur du repos de leur enfant, et sont portées à l'interrompre pour donner le sein. Cette pratique est défectueuse. Rien ne témoigne mieux en faveur de la santé de l'enfant qu'un sommeil paisible et prolongé.
Plus tard , à partir de la f semaine , le besoin de dormir diminue, et le temps consacré à la veille
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augmente graduellement avec l'âge. Au bout de quelques mois, l'enfant ne dort plus que la nuit, et deux ou trois heures au milieu de la journée.
Sommeil du jour. — Ce sommeil du jour est indispensable jusqu'à l'âge de trois ans. Donné conseille de l'interrompre vers l'âge de i8 à 20 mois, sous prétexte qu'ayant ordinairement lieu de une heure à trois heures après midi, il prive l'enfant de sa promenade pendant la mauvaise saison. L'exercice au grand air et le sommeil du jour pourront s'effectuer régulièrement, si l'on a soin d'endormir l'enfant un peu avant midi, vers 11 h. 1/2 par exemple.
Bercement. — L'enfant doit toujours s'endormir dans sa couchette sans qu'il soit nécessaire de le bercer, ni de le tenir sur les bras ou les genoux. Ces mauvaises habitudes souvent contractées à la suite de maladies, et données par des gardes inintelligentes, constitueraient ultérieurement une servitude insupportable, surtout pendant la nuit. Si elles sont déjà prises, il importe de les faire cesser au plus tôt. On y réussit en ayant le courage et la fermeté de supporter les cris de l'enfant, jusqu'à ce qu'il s'endorme de lui-même dans son berceau. De soir en soir, la scène de cris et de larmes diminue; elle finit par ne plus se reproduire.
Silence. — On se croit obligé de s'astreindre au silence absolu dans la crainte de réveiller les enfants. Ces précautions minutieuses sont inutiles, et sans tomber dans l'excès opposé, il est bon de ne pas se gêner pour aller et venir dans les appartements, ouvrir ou fermer les portes, et tenir à voix haute les conversations nécessaires. L'enfant ainsi habitué au bruit ne
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s'éveille ni ne s'effraie, si quelque tapage se produit accidentellement auprès de lui pendant son sommeil.
Narcotiques. — L'enfant, pour s'endormir, ne doit avoir besoin d'absorber ni sirop calmant, ni gouttes soporitives. Des milliers de victimes succombent chaque année à l'administration de ces remèdes dangereux. Le retard du sommeil indique la faim, le froid, ou la maladie. Mieux vaut, dans ce dernier cas, appeler un médecin, que prodiguer au petit récalcitrant des sucreries et des gâteaux, cause inévitable de diarrhée et d'inflammations gastro-intestinales.
Impressions vives. — S'il est nécessaire de donner aux enfants de bonnes habitudes et de les accoutumer au bruit, il faut éviter de troubler brusquement leur système nerveux qui est très impressionnable. Rien n'est plus fâcheux surtout, que de les éveiller sous n'importe quel prétexte, quand ils sont plongés dans le sommeil.
Berceau. — Le nom de berceau est un de ceux qui exercent une influence magique sur la femme ; car il parle à la fois à son intelligence et à son cœur. Quelles belles pages n'a-t-il pas inspirées à la poésie et à la littérature? Il est devenu un des symboles du premier âge; en lui semble se personnifier le nouveau-né.
Tout l'intérêt qui se concentre autour du berceau, se relie, non point à sa conformation matérielle, mais à la présence du charmant petit être qui, à l'aurore de la vie, en fait son séjour habituel.
L'enfant dort dans le berceau; là, il passe de longues heures pendant la journée et pendant la nuit; là, il goûte paisiblement le repos, qui lui est nécessaire pour réparer ses forces.
Le berceau a une importance hygiénique incontes-
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table : les détails de sa structure méritent par suite d'être étudiés.
Inutile ici de suivre le berceau dans ses transformations à travers les siècles et les peuples. Leur description intéresserait un érudit, mais à coup sûr, ni le praticien, ni la mère de famille n'y trouveraient leur compte.
La matière employée pour la contruction du berceau varie à l'infini : le goût et la fortune sont les guides le plus souvent consultés par les mères, pour diriger leur choix. Le bois blanc et l'osier se rencontrent dans la classe laborieuse à la ville ou à la campagne; les bois de luxe et le fer plus ou moins ouvragé dans les classes plus élevées. La mode est intervenue, et, sous sa pression souveraine, le bois a été généralement délaissé pour le fer. Cette capricieuse maîtresse a réussi en cela à concilier ses fantaisies du moment avec les règles de l'hygiène. Les berceaux en fer ou en- fonte ont de grands avantages. Ils laissent l'air pénétrer aisément dans les pièces de literie, empêchent Taccumulation des principes miasmatiques dans les recoins, enfin facilitent les soins de propreté.
Les formes des berceaux varient peu. Ils sont le plus souvent constitués par deux ellipses. La plus grande la supérieure n'a point d'aire, de façon à circonscrire une ouverture; l'inférieure rappelant la précédente légèrement réduite, a son aire occupée par la matière, bois, filet ou linge, immédiatement en rapport avec la paillasse. Les deux ellipses sont reliées entre elles par les corps variables composant les parois. Lorsque ces parois sont percées à jour, on les tapisse d'une étoffe ouatée, aussi bien pour tamiser l'air que pour prévenir
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les traumatismes dans les brusques mouvements du nourrisson.
Les berceaux en bois ou en osier reposent sur deux pieds peu élevés en forme d'arc de cercle. Les berceaux en fonte sont suspendus à une certaine hauteur du sol, à des tiges dont l'une se prolonge en forme de flèche au dessus de la tête de l'enfant : elle permet d'adapter des rideaux.
L'un et l'autre système procure à volonté le balancement latéral.
Dans la saison rigoureuse, on rapproche communément le berceau de la cheminée. Le berceau trop bas, expose alors précisément le nouveau-né aux accidents que l'on voulait éviter. Le tirage de la cheminée établit presque au ras du sol, par dessous les portes et les fenêtres un courant d'air assez vif, cause de refroidissement inévitable pour le baby. On s'étonne ensuite de pareils résultats, /?2a/^r£? les précautions prises; et l'on incrimine toute espèce de causes, sauf la seule vraie.
Les dimensions exiguës des berceaux restreignent leur usage à un laps de temps assez court, un an au plus : ils sont donc peu économiques. Pour ce motif, beaucoup de familles les ont abandonnés et remplacés par de petits lits en fer, utiles à l'enfant pendant les trois ou quatre premières années de l'existence.
Pièces de Literie. — Dans la couchette du nourrisson, est une paillasse, simple sac de toile, bourré de varech, de feuilles de fougères, de balle d'avoine ou de feuilles de maïs. Sa hauteur ne dépasse pas la moitié de celle des parois du berceau, pour ne pas exposer le baby a des chutes pendant les mouvements.
Quelquefois on met deux paillasses moins épaisses.
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Les matières employées pour les remplir ne diffèrent pas; elles sont aussi choisies pour l'oreiller. La plume, le duvet, la laine sont rejetés. Ces substances développent une chaleur trop intense, et s'imprègnent trop facilement de l'odeur de l'urine. Pour entretenir la propreté, il faudrait les renouveler à de très courts intervalles, ce qui deviendrait finalement une dépense sérieuse.
Sur la paillasse, pour absorber l'urine qui filtre à travers les couches et les langes, on place soit des pièces piquées, soit des carrés de feutre qui sèchent rapidement. L'emploi de la toile cirée pourrait être aussi nuisible que celui des couches imperméables en caoutchouc.
Lumière. — Le berceau est posé dans un coin, de manière à éviter les courants d'air qui s'établissent entre les portes et fenêtres, dont la fermeture laisse souvent à désirer. Peu importe la manière dont il recevra la lumière. La recommandation faite par quelques auteurs, j mettre l'enfant bien en face de la fenêtre pour le préserver du strabisme est absolument inutile. Jamais en la négligeant, on n'aura à déplorer une pareille conséquence.
Habitation et chambre à coucher. — Une mère consent difficilement à se séparer de son enfant. Le jour, elle le porte dans ses bras ; la nuit, elle le garde auprès de son lit. Cette satisfaction toute naturelle est demandée par beaucoup d'accouchées ; et l'on est bien obligé d'y condescendre. Pour prévenir la contamination puerpérale, on interdit alors de placer le berceau dans la même alcôve, ou sous les mêmes rideaux que le lit maternel. Si l'enfant doit coucher dans une chambre
distincte de celle de sa mère, sous la surveillance d'une nourrice, on choisit une pièce fraîche et bien aérée en été, chaude et dénuée de courant d'air dans la saison froide. A la campagne, éloignée de la cuisine et de la buanderie, aussi bien que des éviers et des latrines, cette chambre ne doit point avoir de fenêtres sur les étangs d'eau stagnante, sur les monceaux de fumier, ou enfin sur les étables, toutes causes puissantes d'insalubrhé.
Aération. — Il faut à l'enfant de Tair pur en abondance. Aussi prendra-t-on l'habitude, dans la bonne saison, d'ouvrir continuellement les fenêtres, aussitôt après le départ du baby et jusqu'à son retour, pendant la durée des promenades. Cette aération hygiénique est également nécessaire par les temps pluvieux ou froids. Si les rigueurs de la température extérieure s'opposent à toute sortie de l'enfant, on le fera passer momentanément dans une pièce voisine, pour que le renouvellement de l'air dans sa chambre, ne l'expose point à se refroidir.
Rideaux. — L'obligation de fournir à l'enfant de l'air pur, n'est point une contre-indication formelle à l'usage si répandu de placer des rideaux autour de sa couchette. Ces rideaux ne sont nuisibles que dans les cas oià l'épaisseur de leur tissu est un obstacle permanent au passage de l'air. Ils transforment alors l'espace qu'ils circonscrivent et où se trouve l'enfant, en une sorte de chambrette minuscule, d'un cube beaucoup trop limité. Les rideaux d'étolfe très légère, percée à jour, n'ont au contraire aucuninconvénient, et possèdent l'avantage de maintenir autour de l'enfant pendant son sommeil, une température un peu supérieure à celle de sa chambre.
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Odeurs. — Règle générale, dans la pièce où se tient habituellement un nourrisson, il ne doit exister aucune espèce d'odeur, ni bonne, ni mauvaise.
Les couches souillées par les déjections seront donc transportées au dehors immédiatement après chaque nettoyage. On surveillera si la nourrice prend les soins de propreté indispensables pour le corps et les vêtements. On évitera enfin l'entretien de plantes, de fleurs, de fruits dont les émanations pourraient offrir du danger.
Une mauvaise habitude, plus fréquente dans les campagnes que dans les villes, est de fumer sans répit, en France la pipe, le cigare ou la cigarette, et en Orient le narghilé, dans la pièce oii Ton surveille l'enfant. La fumée de tabac renferme un produit toxique d'autant plus redoutable qu'on s'en méfie moins.
Il faut signaler enfin les effets de la vapeur du charbon. L'oxyde de carbone s'exhale en plus ou moins grande quantité dans certains travaux, comme celui du repassage. La conclusion pratique est de ne point garder le berceau auprès de soi, en pareil cas.
Température ambiante. — J'ai déjà fait ressortir l'influence néfaste du froid sur l'organisme infantile; il convient donc de ne point l'y exposer. Par les temps froids et les brusques variations atmosphériques, on entretient dans la chambre une douce chaleur de 1 8° à 20° centigrades. Si l'on doit procéder vers le milieu du jour à l'aération, on a soin de transporter le baby dans une autre pièce, présentant à peu près les mêmes conditions de température.
A l'état de veille, entre les bras de sa nourrice, l'enfant ne risque pas de se refroidir comme dans sa couchette. La chaleur corporelle joue ici un rôle impor-
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tant et se communique de l'une à l'autre. Pendant la nuit, le petit être est privé de cette ressource précieuse. Pour combattre le refroidissement, il faut couvrir le baby avec de chaudes couvertures, un petit édredon et au besoin placer à ses côtés quelques bouillottes dans les saisons plus rigoureuses.
Position dans le lit. — Il est très "important, pour prévenir les déformations du crâne, de coucher alternativement le baby sur le côté droit et sur le côté gauche. Dans ses mouvements, il tend à se placer de lui même dans le décubitus dorsal. Faute de cette précaution, dans le Liban, la plupart des individus ont la tête très aplatie en arrière.
Parrot a montré le danger de coucher les petits enfants sur le dos, sitôt après qu'ils viennent de boire ou de manger.
Un enfant avait été vu assez bien portant à onze heures du soir; deux heures après, il agonisait; quelques instants plus tard il était mort. L'enfant avait eu pendant son sommeil un vomissement, et les liquides vomis avaient pénétré en partie dans les voies aériennes. Pareil fait a été assez souvent observé aux enfantsassistés. Un état maladif quelle qu'en soit la cause y prédispose.
Première sortie et exercice. Nécessité — L'enfant a besoin du grand air. C'est à l'air plus pur qu'il respire, que l'enfant de la campagne est redevable de sa robuste santé. L'enfant de la grande ville se trouve, à ce point de vue, dans une condition d^infériorité manifeste. Le séul moyen pour lui d'obtenir une compensation, est de vivre presque toujours dehors. Ce devrait être pour nous, dit Hufeland, une loi sacrée et
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inviolable de ne pas laisser passer un seul jour, sans procurer à l'enfant cette jouissance si importante et si vivifiante.
Heure. — En été, la première sortie du nouveau-né, n'aura jamais lieu avant la cicatrisation de la plaie ombilicale, de crainte de provoquer en ce point quelque inflammation. En hiver, elle sera remise après le i®"" mois, par un temps sec et un jour de soleil. L'heure convenable pour la promenade varie avec la saison. En hiver, on choisit un moment de dix heures et demi du matin à trois heures de l'après-midi; en été, de huit heures et demi à dix heures du matin, et de quatre heures et demi à sept dans l'après-midi, pour éviter la trop grande chaleur.
Durée. — Les premières sorties ne dépasseront pas une à deux heures; les suivantes pourront se prolonger davantage, sauf par les froids rigoureux, et les jours de vent violent, car l'enfant serait exposé à se refroidir. En rentrant de la promenade, si la température extérieure était très basse, on déshabille l'enfant auprès d'un bon feu; il ne serait pas prudent de le coucher sans le réchauffer. Une promenade le matin et une autre le soir suffisent en hiver.
Lieux de promenade. — En été, l'enfant passera presque toute sa journée dehors, dans les voies larges et ombragées, les squares publics, et les parcs, en ville; sur les bords des rivières, et dans les grandes forêts à la campagne. La promenade du matin en toute saison, est excellente, pour ouvrir l'appétit et donner de la "gaieté, spécialement chez les enfants qui dorment pendant le jour.
Mode de transport. — Dans les premiers temps, l'en-
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fant sommeille presque constamment durant la promenade. Plus tard, il prend plus d'intérêt aux objets qui l'entourent, et suit des yeux leurs mouvements. A cette époque, l'enfant est porté assis sur le bras de sa nourrice. Il convient de le changer de côté pour ne point risquer de voir sa colonne vertébrale s'incurver latéralement et conserver une direction vicieuse. Il est difficile d'habituer les nourrices et bonnes d'enfants à ce changement de côté. Elles portent habituellement le nourrisson sur le bras gauche, pour se réserver la liberté des mouvements de l'autre main. Brochard fait remarquer que, dans cette attitude, elles sont obligées pour maintenir l'enfant, de ramener sa jambe gauche un peu sur la jambe droite; c^est là la cause de cette courbure de la jambe gauche qu'on observe chez presque tous les enfants.
Précautions. — Dans les sorties, l'enfant aura toujours la tête bien protégée contre les rayons du soleil, par un chapeau et une ombrelle. On défendra à la nourrice, de se rendre à certains jardins publics, où se réunissent à heure fixe de nombreux enfants. C'est dans de pareils milieux que se contractent la plupart des fièvres éruptives, rougeole, variole ou scarlatine.
On n'hésitera pas à transporter avec soi les enfants pour effectuer de courts trajets en voiture ou en chemin-de-fer. Atténuées par les bras de la nourrice, les secousses ne nuiront point au nourrisson.
Petites voitures. — Tarnier s'est élevé avec raison contre Tusage des petites voitures, en grande vogue aujourd'hui, aussi commodes pour la paresse des nourrices, que malsaines pour l'enfant moins surveillé et moins égayé, mais plus exposé aux cahots du pavé et
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aux refroidissements, malgré les couvertures et les boules d'eau chaude. Ces voitures ne peuvent être utiles, que pour transporter à des distances assez considérables, des enfants plus avancés en âge, à condition que parvenus au lieu fixé, on les en retire pour les distraire sur les genoux.
Suryot et Brouardel ont fait remarquer une source jusqu'ici méconnue, de danger pour les enfants, dans la construction de ces véhicules. La toile moleskine qui leur sert souvent de doublure est enduite d'un vernis contenant du plomb en quantité considérable. D'où danger d'intoxication saturnine lorsqu'elle se détériore par l'usage. L'enduit coloré de cette moleskine est pulvérisé et absorbé par l'organisme de l'enfant.
Charriots. — On recommande dans des ouvrages d'hygiène, l'usage de lisières et de charriots à roulettes pour habituer les enfants à marcher. De semblables appareils ont beaucoup plus d'inconvénients que d'avantages. Plein de confiance dans leur utilité, on se hâte de faire marcher trop tôt les enfants, surtout s'ils sont bien portants. Les jambes encore trop faibles pour soutenir le poids du corps fléchissent, et s'incurvent plus ou moins. Il vaut mieux laisser l'enfant se traîner à terre ou s'ébattre tout seul en liberté sur une natte ou un tapis.
Le hochet. — A partir du 5® mois, un peu avant l'apparition des premières dents, l'enfant porte à la bouche tout ce qu'on lui met entre les mains. Il y est excité par le prurit qui existe à ses gencives. C'est pour satisfàire son goût qu'ont été inventés par le luxe des grandes villes, ces hochets en ivoire ou en nacre, plus ou moins agrémentés d'ornements en argent. On pense
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que le hochet exerce une influence salutaire sur l'éruption des dents; c'est une erreur. Il n'a d'autre avantage que celui de satisfaire une tendance inoffensive. A défaut de hochet, un simple anneau en ivoire ou en os, une racine de guimauve rempliront exactement le même but, quoique avec moins de frais.
Accidents toxiques. — La tendance du nourrisson, pendant plusieurs mois à mâchonner, l'expose à des accidents parfois très graves d'empoisonnement dans les jardins et les campagnes. Les yeux sont attirés par tout ce qui brille ; ce qu'il voit, il le veut ; ce qu'il veut, on le lui donne pour le distraire ; ce qu'on lui donne, il le porte aussitôt à la bouche. Les fleurs et les plantes à vives couleurs, sont ici un piège tendu sans cesse à ses innocents désirs, piège auquel bien des nourrices et des mères se sont laissé prendre ; car, après tout, pourquoi ne pas l'avouer, elles ne sont' point obligées de connaître la botanique.
Les plantes susceptibles de tenter les enfants, appartiennent à diverses catégories suivant qu'elles excitent ses convoitises, par leurs fleurs, par leurs fruits ou par leurs feuilles dont ils s'amusent.
Dans la première catégorie il faut citer l'aconit (^tconitum napellus L), les clématites (clematis flammula L. et cl. vitalba L.j, les daturas f ia/^ra stramonium L.), la digitale ( digitalis purpurea L.), le gouet (arum maculatum L.), les jusquiames (hyoscyamus aureus Gouan; h.nigerL.), la pulsatille (anémone pulsatilla L.), les renoncules (ranunculus acris L., r. sceleratus L.), les tabacs (nicotiana tabacam L.), les troilles (troillius europœus L.j, etc.
Dans la seconde catégorie se rangent l'actée ou
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herbe de St Christophe (adœa spicata L.), le baguenaudier (colutœa arborescens L.), la belladone (atropa belladona U), la bryone (bryonia dioica JqJ, la cerisette ( solarium pseudo-cap s icwn L.), la parisette à quatre feuilles (paris quadrifolia L.), la coriaire (coriaria myrtifolia L.), le faux ébénier (cytisus labuniuni L.;, le ^^usQ^m (evony mus europœusL.), le houx (ilex aquifolium L.), l'if (taxas baccata L.), la lauréole (daphne laureola L.), le laurier-cerise (prunus laurocerasus L.), la morelle (solanum iiigrum L.), la mandragore (mandragora ofûcinaUs MiHj, la staphisaigre (delphinium staphysagria L.), etc.
Dans la troisième enfin entrent la chélidoine (chelidoniwn majus L.), la ciguë (cicata major Lam.j, les euphorbes (euphorbia amygdaloïdes L., e. cyparissias L., e. helioscopia L., etc.;, l'ortie (urtica urens L.), le ricin (ricinus commuais L. J etc.
On pourrait joindre à ces plantes une foule d'autres dont l'énumération serait fastidieuse. Il suffit d'appeler l'attention des parents sur ce point trop oublié d'hygiène infantile.
Masturbation et onanisme, — Ces habitudes vicieuses se contractent dès l'âge le plus tendre. Ludwig Fleischmann en a rapporté deux cas, chez des nourrissons, dont l'un, une petite fille âgée de 9 mois, et l'autre un petit garçon de 1 3 mois. Elles ne se développent jamais spontanément, mais succèdent toujours aux pratiques condamnables des nourrices. Par des attouchements répétés des organes génitaux, ces dernières réussissent à calmer et à apaiser les cris de l'enfant. Le meilleur remède pour corriger ces habitudes, est d'abord l'éloignement de la nourrice, et la création d'obs-
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tacles aux positions dans lesquelles la masturbation est possible, principalement au croisement des cuisses.
Bibliographie.
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