PAR DES GERMES DE MALADIES
changer l'approvisionnement du lait, pour mettre fin à l'épidémie.
Une autre épidémie a sévi à Dublin, en décembre 1878 et janvier 1879, et a été étudiée par Cameron. Elle paraît avoir été causée par l'usage du lait, provenant d'une métairie oii trois personnes, une jeune fille, son père et un garçon, avaient été successivement atteints de fièvre. La fièvre typhoïde se déclara dans 30 des 42 maisons qui recevaient leur lait de cette ferme; elle fi-appa 67 personnes. En se bornant à deux rues et à un square où la maladie régna surtout et où l'enquête fiit très exacte, on trouve que, sur 125 maisons, 25 recevaient leur lait de cette métairie. De ces 25 maisons, i4fiirent infectées : 31 personnes y tombèrent malades dans l'espace de 10 jours. Dans les autres maisons à qui le lait était fourni par 25 nourrisseurs différents, on ne signala aucun cas de maladie à la même époque.
De semblables observations ont été rapportées àParkhea près Glasgow en 1873, à Islingtonen 1870. C. I. Gœdeken a signalé une épidémie du même genre, â l'établissement pénitentiaire de Horsea, dont il a cru trouver la cause dans le lait de la ferme de Bygholm, qui alimentait la prison. Murchison a eu six de ses enfants atteints de dothienenterie, après avoir fait usage de lait provenant d'une ferme où sévissait la maladie. Taylor, Ballard ont aussi fait connaître des exemples analogues. ^ Scarlatine. — D'après Airy, à Fallowfield, village situé au sud de Manchester, au mois d'août 1879, 3 5 personnes appartenant à 18 familles furent prises de scarlatine; 24 d'entr'elles tombèrent coup sur coup malades, le 3 et le 4, dans le court espace de 36 heures.
L'enquête montra que toutes les familles atteintes
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tiraient leur lait d'une même ferme. Les familles voisines s'approvisionnant ailleurs furent complètement respectées par l'épidémie. La ferme, qui contenait 20 vaches saines, était réputée pour sa propreté et la bonne qualité de son lait. Des trois personnes qui trayaient les vaches, aucune n'avait la scarlatine; deux d^entr'elles A etB logeaient dans la ferme; la troisième C un homme âgé, habitait chez son fils marié. L'un des enfants de celui-ci se trouvait au moment oij l'épidémie apparut , en pleine desquamation de scarlatine. La traite s'effectuait sans ordre fixe, c'est-à-dire que chaque vacher trayait tantôt une bête, tantôt une autre, mais tous trois versaient leur lait dans un récipient commun. Deux fois par jour, des voitures menées par B et par le neveu de A transportaient par des routes différentes, le lait destiné aux clients éloignés, formant deux groupes, l'un au nord, l'autre au sud de la ferme. C portait le lait aux clients du voisinage.
Pour admettre que la scarlatine eût été communiquée directement par le contact personnel, il eût fallu que l'épidémie n'atteignît que le groupe de clients desservis par C, le grand père de Tenfant malade. Or il n'en était pas ainsi : les 18 familles contaminées étaient réparties dans les trois groupes, ce qui rend plausible la conclusion que la propagation morbide s'est opérée par l'intermédiaire du lait.
C habitait , au sein de la famille de son fils , une maisonnette où l'encombrement était très grand; il est vraisemblable que ses mains ou ses vêtements ont été le véhicule des germes scarlatineux qui sont tombés dans le lait qu'il trayait.
Pneumonie infectieuse. — Dupré et Lécuyer
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ont publié en 1885 , deux observations de pneumonie infectieuse chez des enfants de4 et 3 ans, frère et sœur, qui ont succombé à une semaine de distance. Ils attribuent cette maladie à l'usage que les enfants auraient fait I de lait provenant de trois vaches atteintes de la même affection. La seule enfant qui ait échappé à la contagion, avait toujours refusé de boire le lait des vaches malades.
L'explication donnée par nos confrères est-elle réellement admissible ? Je suis porté à le croire, quoique , Dujardin-Beaumetz ait mis le fait en doute. En effet les recherches de Friedlander, Talamon, Afanassiew, Gram, Nauwerk, Salvioli etZaslein, Emmerich, Robert Maguire, Petit, Darier, Fraenkel, Massalongo, Foa et Rattone, Pipping, Helme, Weichselbaum, Pane, Senger, etc.ont démontré la nature infectieuse de la pneumonie dans Tespèce humaine. Les microbes ont parfaitement pu être isolés, cultivés, et ont reproduit après une série de générations, les lésions caractéristiques de la pneumonie.
Restent deux points à élucider : 1° La pneumonie des vaches est-elle contagieuse pour l'homme? ! 2° La contagion peut-elle se faire par le lait }
Costello, médecin de l'armée anglaise des Indes, rapporte qu'en 1875, le premier régiment d'infanterie du Pendjab, en allant d'Abbotabab à Dera-Ghazi-Khan I eut à traverser plusieurs districts infestés par la peste bovine. Dès son arrivée à destination, éclata dans son sein une épidémie de pneumonie qui, en deux semaines, emporta une quarantaine d'hommes; l'épidémie sévis- I sait presque exclusivement sur deux compagnies. ' Lorsqu'elle atteignait des hommes mariés , logeant avec leur famille, tous les membres de celle-ci étaient
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successivement ses victimes. A l'hôpital, elle se propagea à divers malades des mêmes salles, à des infirmiers et à un médecin.
Le 5® régiment du Pendjab, qui avait permuté avec le précédent, et traversé les mêmes régions, fut atteint d'une épidémie semblable qui lui fit éprouver des pertes très sérieuses. L'épidémie fut enrayée par l'isolement des malades et le campement en plein air.
De quelle nature était cette peste bovine sur laquelle Costello ne s'explique pas davantage? On peut supposer, non sans raison, que c'était la pleuropneumonie contagieuse des bêtes à cornes. On comprendrait alors parfaitement l'épidémie des soldats du i®^ et du 5® régiment, puisque Poels et Nolen ont montré que le microcoque de cette affection était identique à celui de la pneumonie de l'homme. Il est vrai que Cornil conteste les affirmations des savants hollandais.
2° Je n'ai aucune répugnance à admettre que l'infection, dans le cas de pneumonie, puisse se faire par le lait. L'agent infectieux se comporterait ici exactement comme, dans une foule d'autres affections, fièvres éruptives, diathèses etc. Mais en admettant cette voie, on ne peut faute de renseignements précis, savoir si les microorganismes de la pneumonie existent dans le lait encore renfermé dans les glandes mammaires, ou s'ils s'y déposent après la traite, dans les récipients destinés à le contenir. L'une et l'autre hypothèse paraît des plus vraisemblables, car d'un côté on assimilerait le microbe en clou de la pneumonie, au microbe de la tuberculose, et de Tautre, on s'appuyerait sur les expériences de Pawlowsky ( 1885 ) qui a constaté dans l'atmosphère l'existence des microcoques de lapneumonie.