CHAPITRE I
ALLAITEMENT PAR UNE FEMELLE d'aNIMAL
Indications de l'allaitement par une femelle d'animal. — L'allaitement des nourrissons par une femelle d'animal est pratiqué depuis longtemps, mais seulement à titre d'exception. A défaut de l'allaitement naturel par la mère ou par la nourrice, ce mode de ; lactation peut rendre de grands services. Je connais un I certain nombre de sujets aujourd'hui parvenus à l'âge
I adulte pour lesquels on y a eu recours. Depuis quelques années, on l'a conseillé exclusivement pour les nouveau-nés atteints de syphilis héréditaire. Parrot l'a notamment dirigé avec succès à la nourricerie des Enfants-Assistés.
Inutile d'insister sur les avantages que présente l'al- ■ laitement direct au pis d'un animal sur le biberon. Le i lait est toujours pris à une température égale ; à l'abri de l'action de l'air, il reste exempt de toute impurel té, de toute altération etc.
Choix de l'animal. — Il n'est pas indifférent, pour
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pratiquer l'allaitement par une femelle d'animal de prendre au hasard n'importe qu'elle espèce domestique. Suivant les cas, certaines donneront des résultats bien supérieurs à toutes les autres. On se guide pour faire un choix convenable sur Tâge de l'enfant, sur la situation particulière de la maison où il doit être élevé, et sur les conditions de fortune.
D'après l'âge de l'enfant, on peut classer les femelles nourrices dans l'ordre suivant : l'ânesse, la jument, la vache et la chèvre. En pratique, pour plus de commodité, on n'emploie que l'ânesse et la chèvre. Le lait d'ânesse convient mieux dans les six premiers mois de l'existence, celui de chèvre plus tard.
Quelques circonstances peuvent obliger à pratiquer tout l'allaitement avec l'une ou l'autre de ces femelles, sans tenir compte de l'âge de l'enfant.
L'ânesse, par sa sobriété, par la manière dont elle supporte la stabulation prolongée, est plus commode dans les villes. Malheureusement elle occasionne plus de frais qu'une nourrice. Dans les campagnes, surtout dans les pays de montagnes, ou elle peut vivre en pleine liberté et trouver ses aliments ordinaires, la chèvre est généralement préférée. La grosseur et la forme de ses trayons, dit Désormeaux, que la bouche de l'enfant peut saisir facilement, l'abondance et les qualités de son lait, la facilité avec laquelle on la dresse à présenter sa mamelle à l'enfant, l'attachement qu'elle est susceptible de contracter pour lui, sont les motifs de la préférence qu'on lui donne. Il faut autant que possible, choisir une chèvre jeune, d'un naturel doux et facile à diriger, qui ait nouvellement mis bas, qui ne soit pas à sa première portée. Celle qui aurait