‹ Hygiène de la première enfanceChapitre 41 sur 67 · KK · texte numérisé non relu

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ARTIFICIEL 4?i

Influence du sexe et du poids des enfants sur la quantité de lait qu'ils absorbent. — Le Snitkin s'est livré pendant trois ans à une longue série de recherches pour déterminer l'influence du sexe et du poids de l'enfant, sur la quantité de lait qu'il absorbe. Elles comprennent 225 enfants à poids variant entre 1 200 et 4 500 grammes, âgés de un jour à un mois, et pour lesquels il a été pratiqué 1 1 709 pesées. L'auteur est arrivé à poser les deux conclusions suivantes : 1° Le sexe n'a aucune influence sur la quantité de l^it absorbé. 2° La quantité de lait prise à chaque tétée augmente avec l'âge et le poids de l'enfant.

La quantité absorbée avec des nourrices difl'érentes, était généralement avec des enfants qui pesaient :

2000 à 2500 grammes. 20 grammes ;

2500 à 3000 » 20 à 30 gr. ;

3000 à 3500 » 30 gr.;

3500 à 4000 » 50 gr. ;

Règle générale, les enfants sains consomment à chaque tétée dans le premier tiers du i*"'' mois i/io® de livre ; dans le dernier tiers ijf de livre. Les enfants de 4 ooo à 4 500 grammes prennent dans le premier tiers 1/8® de livre, dans le second et le troisième tiers i/6® de livre.

Un enfant dans le premier jour prend à chaque tétée 1/100® de son poids et dans le-s jours qui suivent un gramme en plus.

J'ai vérifié moi-même l'exactitude de ces conclusions de Snitkin.

Choix du lait. — Le choix d'un lait est affaire sérieuse dans l'allaitement artificiel, car il existe des écarts assez accusés dans la proportion des principes

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solides contenus dans les laits des différents mammifères.

Tarnier, après expérience faite depuis le 2 3 avril 1 88 1 , administre le lait d'ânesse pur exclusivement jusqu'à six semaines à deux mois, puis du lait de vache coupé avec au moins moitié d'eau jusqu'à six mois, époque à laquelle il tolère le lait de vache pur. Le lait d'ânesse est aussi employé par Forster en Hollande, et par Denne à Berne. Il se rapproche chimiquement le plus du lait de femme, mais a l'inconvénient de coûter fort cher (de 4 à 6 francs le litre).

Tarnier reproche au lait de chèvre d'être très indigeste, de sentir mauvais, et de manquer quatre mois de l'année. La commission nommée le 5 février 1874, par la société d'obstétrique de Philadelphie, pour rechercher les causes de la mortalité des enfants pendant l'été et les moyens de la prévenir, préfère cependant le lait de chèvre au lait de vache.

'Le lait de vache est néanmoins le plus usité, parce qu'il revient à meilleur compte. Reste à déterminer dans quelles conditions il doit être recueilli.

Tarnier pense que la vache n'est bonne que pendant un an, car souvent elle devient phthisique au bout de ce temps. Gueniot conseille le lait d'une vache en bon^ ne santé, qui n'a pas vêlé depuis longtemps. Mascarel, donne la préférence à une vache bretonne d'âge moyen, qui aurait mis bas depuis deux ou trois mois.

Hervieux croit qu'avec le lait d'une vache élevée dans les pâturages et les soins d'une mère on peut faire de beaux nourrissons. Voilà pourquoi il considère la Bretagne et la Normandie comme éminemment propices à l'allaitement artificiel, parce que dans ces contrées, les pâturages sont abondants.

ARTIFICIEL

Dans le Calvados, où l'àllaitement artificiel a donné de si beaux. résultats depuis l'application de la loi Roussel, les instructions officielles sur le lait sont les suivantes, d'après Stapfer. Le lait doit être fourni, autant que possible, par une seule vache, toujours la même , récemment vêlée au début de l'allaitement , aussi frais que possible. Il né peut être employé, si la traite remonte à plus de 12 heures. Il est conservé au frais, . dans des vases en grès non vernissés, nettoyés chaque jour avec de l'eau chaude et des orties.

Coupage du lait de vache. — Joannès Grangé repousse le coupage du lait de vache. Non seulement il condamne comme pernicieuse l'addition de toutes les eaux modifiées, eau panée, eau d'orge, eau de graines de lin, etc., mais il pense que l'addition d^eau pure est mauvaise aussi. Suivant cet auteur, la différence entre le lait de vache et le lait de femme est peu considérable, elle porte surtout sur les matières albuminoïdes beaucoup moins abondantes, et le sucre un peu plus abondant chez la femme. Somme toute, l'enfant prend à peu près la même quantité de nourriture de part et d'autre. Aussi l'addition de l'eau, changeant la proportion des éléments, le lait en réalité diffère davantage de celui de femme et se trouve plus difficile à digérer. L'addition de sucre est inutile, puisque les sécrétions de l'enfant sont incapables de transformer le sucre de canne en glycose. Pour être logique, il faudrait sucrer le lait avec le sucre de lait, comme le font faire du reste quelques médecins.

Joannès Grangé est à peu près le seul à proscrire le coupage du lait de vache. On se base précisément sur le coupage pratiqué méthodiquement pour arriver à

ALLAITEMENT

reproduire artificiellement le lait de femme.

Fabrication du lait de femme. — Partant des recherches de Bouchaud , Jacquemier admet qu'en étendant le lait de vache de 1/3 d'eau et en ayant soin d'ajouter 1/25 de son poids de sucre, on arrive à imiter approximativement le lait de femme.

D'après ces estimations, Parrot donne les quantités suivantes de lait de vache nécessaires à l'alimentation

depuis la naissance jusqu'à 9 mois :

Premier jour 20

Deuxième jour 100

Troisième jour 200

Quatrième jour 434

Après le premier mois 460

Après le troisième mois 460

Après le quatrième mois 566

De 6 à 9 mois 634

Coulier donne la formule suivante :

gr.

Lait de vache non écrémé 600

Crème 1 3

Sucre de lait 15

Phosphate de chaux porphyrisé ou précipité 1,5

Eau 339,5

Si on se sert pour cette préparation, non de lait pur, mais de lait de Paris, qui, en moyenne, est à moitié écrémé et contient 0,2 d'eau, la formule doit être ainsi modifiée.

Lait vendu à Paris Crème Sucre de lait

Phosphate de chaux porphyrisé ou précipité Eau

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Biedert recommande une autre formule beaucoup plus simple : 1/4 litre de bon lait non écrémé, 3/4 litre eau, et 1 5 gr. de sucre de lait représentant i 0/0 de caséine, 2,6 de beurre et 3,8 de sucre de lait. Ch. Marchand propose le mélange do o litre 750 de lait de vache normal, non bouilli, chargé de toute la ma- 'tière grasse contenue habituellement dans le volume d'un litre, avec o litre 250 d'eau fraîche non bouillie, tenant en dissolution 3 5 gr. de sucre. Pour les très jeunes enfants, l'eau et le lait seront mis en parties égales, et la quantité de sucre portée à 50 gr.

Le procédé de Camming diffère des précédents : on laisse reposer le lait de vache pendant 4 ou 5 h®^, et on retire Je tiers supérieur. Les deux autres tiers contiennent sur 1000 parties : 66 parties de beurre 38 de caséine, 53 de sucre, 855 d'eau. Par l'addition de 142 parties de sucre et 1458 d'eau on obtient le lait artificiel recherché.

Ce procédé paraît inférieur aux autres, car le lait administré immédiatement après la traite est préférable a un lait plus ancien. La meilleure formule est celle de Coulier.

Lorsqu'on a des doutes sur la provenance du lait, il faut toujours le faire bouillir: hormis ce cas, il vaut mieux ne point le soumettre à l'aption du feu. Le lait absorbé dans le biberon doit être porté par le bain marie à la température de 3 2'' centigrades au moins de 38° au plus.

En été, il faut ajouter par biberon une cuillère à soupe d'eau de chaux.

Lait condensé ou concentré. — Le lait concentré ou condensé a été découvert il y aune trentaine d'années

ALLAITEMENT

en Amérique. La préparation spéciale de cette substance consiste dans la soustraction de l'eau du lait de vache et dans l'addition d'une forte dose de sucre, 75 grammes par litre. La concentration d'après Grandeau et Kramer s'effectue dans des chaudières à vide, à la température de 52^, sous une pression de 10 centimètres de mercure environ. Dans ces conditions , le lait bout sans que ses éléments constitutifs, beurre, caséine etc., subissent la moindre altération. La volume à la fin de l'opération se trouve réduit dans la proportion de 5 à I. La consistance est celle du miel. • Le; lait condensé est un lait transportable à de grandes distances sans avoir à redouter aucune altération. Aussi peut-il rendre de grands services, puisque pour l'utiliser, il suffit de le diluer dans de l'eau.

Reste à savoir, si le lait ainsi produit au fur et à mesure de la consommation peut être comparé au lait provenant directement de la traite.

Hofmann et Kehrer lui trouvent les défauts suivants. La proportion d'albumine et de graisse est toujours inférieure à celle du lait de vache, et il y a excès de substances hydro-carbonées. La viscosité de la masse en rend la dilution irrégulière, et l'enfant reçoit ainsi un aliment de densité très variable. De plus la grande quantité de sucre contenue dans le lait condensé occasionne facilement des troubles digestifs chroniques ou aigus.

Toutes ces critiques ne sont pas justifiées. En pratiquant l'analyse d'un lait préparé avec le lait condensé de Milan et celle du lait naturel vendu à Marseille mon confrère et ami le D'' Dussaud est arrivé à peu près aux mêmes résultats.

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Composition

Lait de Milan

Lait de Marseille

Densité

Caséine et phosphate de

chaux

Beurre

OUL/iC lie iCllv ^^u uwlO

Gl^'cerine

Eau

Total

L'analyse a démontré une augmentation des matériaux solides en faveur de lait de Milan. Au microscope, les globules ont été trouvés dans ce dernier, plus gros et plus uniformes.

D'après les réclames de la compagnie anglo-suisse, son lait concentré présenterait la composition suivante:

Eau 24,0 à 25,0

Sucre de canne 39,0 — 40,0

Sucre de lait 11,0 — 12,0

Beurre 9,5 — 10,5

Albumine, caséine 11,5 — 12,5

Sels 2,0 - 2,2

Mais leur composition moyenne serait d'après Gerber :

Eau 46,0 à 55,0

Sucre de lait 12,5 — 18,5

Matière grasse 13,0 28 0

Albumine et caséme 13,5 27 5

Sels 2,0 - 3',0

Quelle est la valeur du lait condensé dans l'allaitement artificiel? Les sentiments sont très partagés. Vogel, Peters le recommandent; Hofmann , Jacobi, Fleischmann, Kehrer en font peu de cas. Son usage est cependant très répandu en Angleterre. Tarnier

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avoue l'avoir vu employer avec succès dans les familles anglaises. Daly prétend que la prospérité des enfants nourris par ce système n'est qu'apparente. Le D'' Flamain de Chalons n'est pas de cet avis. Il s'en est toujours bien trouvé dans les cas de diarrhée et attribue sa digestibilité, à l'excellente qualité du lait employé pour sa fabrication.

Flamain conseille de diluer le lait condensé au douzième. Tarnier varie la proportion d'eau suivant l'âge de l'enfant. Pour une cuillerée de lait concentré, il en ajoute 1 6 d'eau dans le premier mois, douze dans le troisième, puis graduellement on tombe à 4 ou 5 , ce qui donne à peu près la composition du lait primitif, sauf un excès de sucre.

Le lait concentré ne doit pas être employé habituellement, mais dans certaines circonstances telles que, voyages en bateau à vapeur, séjour dans des localités oij le lait est de qualité inférieure ou même fait défaut, ce produit rendra de réels services.

Crème de Biedert. — Biedert a cherché à transformer le lait de vache, en diminuant la proportion de la caséine pour le rendre plus assimilable, sans rien retrancher des autres principes solides. Il a composé une série de 6 mélanges, de façon à constituer des aliments de plus en plus substantiels, aboutissant à l'usage du lait de vache coupé d'un tiers d'eau. Tarnier a essayé les mélanges de Biedert à la Maternité. Quoique inférieurs aux laits de femme ou d'ânesse, ils sont mieux supportés que les autres laits purs ou coupés. C'est donc une ressource précieuse à utiliser plus spécialement en certains cas, comme les changements de nourrices.

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Proportion des éléments

Substances à mélanger

contenus dans 1000 p.

du mélang

Mélanges

Lait vache

Eau bouillie

Crème naturelle

Sucre de lait

Caséine

Graisse

Sucre

litre

litre

litre

Gram.

Moyens pour faire absorber le lait. Biberons. —

Diverses méthodes sont adoptées dans la pratique, pour l'allaitement artificiel dont elles sont devenues les synonymes. Elles se divisent en deux catégories principales. Les unes emploient, les autres proscrivent les appareils spéciaux, destinés à Tabsorption du lait par l'enfant.

L'industrie moderne n'est jamais en retard pour créer sans cesse de nouvelles inventions qui doivent répondre atout autant de besoins. Malheureusement le succès ne couronne pas toujours ses efforts. Dans l'allaitement artificiel à en juger par les nombreuses critiques adressées aux biberons, le progrès ne semble pas encore avoir dit son dernier mot.

On comprend qu'en pareil cas, les méthodes les plus simples où l'on repousse tout appareil spécial, aient toujours eu des défenseurs. Ils se servent alors d'une cuillère, d'un verre ou de cette sorte de burette, appelée dans les campagnes , petit pot. Tarnier préfère la cuillère.

Les biberons sont néanmoins très répandus. Sont

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ainsi appelés, des flacons en verre terminés par un embout particulier , qui portent un mamelon artificiel pour l'allaitement des nourrissons. On les a inventés, dans le but d'obliger l'enfant à pratiquer la succion. Dans le cas d'allaitement mixte, fourni par le sein ou le biberon, le lait pénètre toujours dans les voies digestives de la même manière.

Il paraît donc illogique d'employer les biberons trop perfectionnés du type Montchauvaut et Char ton, qui suppriment la succion. Le mécanisme compliqué de ces biberons, véritables pompes à soupapes multiples., est un obstacle à tout nettoyage facile.

Husson leur reconnaît de nombreux inconvénients :

1° La succion est remplacée par la pression qui n'est pas naturelle à l'enfant. Par suite il désapprend à téter dans l'allaitement mixte et refuse de prendre le sein , lorsque l'allaitement artificiel devient dangereux pour sa santé.

2° La : tétine au lieu d'être percée à son extrémité, l'est sur les côtés, sous forme de piqûres de sangsues. La pression des lèvres ferme souvent ces orifices, l'enfant fait de vaines tentatives pour avoir du lait.

Avec les autres biberons, l'enfant est obligé de lever le lait par. succion à une certaine hauteur. Mais, lorsqu'il sont bien conditionnés, iln'est pas besoin d'un effort considérable. En général, au lieu d'une ouverture la tétine porte à son centre, plusieurs petits trous permettant au lait, d'arriver sous la forme d'une pluie fine, venant se mêler à la sécrétion salivaire.

f Lorsque les orifices s'ouvrent, le lait arrive avec trop d'abondance et peut produire les accidents

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^ signalés à propos de l'allaitement à l'aide du verre et

■ du petit pot.

■ Les biberons les plus simples sont également ceux I dont la propreté est la plus facile à entretenir. La sta- ' gnation du lait, surtout dans les replis du caoutchouc,

i favorise la décomposition de ce liquide et le transforme

■ en un produit dangereux.

Il faut donc proscrire à ce titre, le groupe des seins artificiels. Ce sont des inventions originales, mais per- ' nicieuses au suprême degré. Le sein artificiel de Ga- ; lante est peu volumineux à l'état de vacuité. Il prend i un développement considérable lorsqu'on le remplit de ' lait. Sa cavité, dont les parois sont constituées par du caoutchouc vulcanisé, peut contenir de 600 à 800 . grammes de liquide.

Restent à examiner les deux seuls groupes de biberons qui paraissent répondre aux indications de l'allaitement artificiel.

Le biberon de nos campagnes, le plus économique 'de tous, est à la portée de toutes les fortunes. On peut l'improviser en quelques instants. La simplicité de son organisation ne présente aucune difficulté pour le maintenir dans un état de propreté irréprochable. On ferme le goulot d'une bouteille en verre, soit par une éponge fine, taillée en cône, soit par un cylindre de toile repliée plusieurs fois sur elle-même. On recouvre le tout d'une pièce de toile plus fine, fixée par un lien autour du goulot et l'appareil est prêt à fonctionner. Ce biberon, malgré ses avantages, est peu usité dans les villes. On lui préfère l'un des modèles suivants,dont l'ensemble par une confection plus soignée et plus élégante, séduit davantage la coquetterie féminine.

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Le biberon de madame Breton est muni d'un bouchon en cristal auquel s'adapte le mamelon en tétine de vache. Un canal central permet le passage du lait. La communication avec l'air extérieur est établie au moyen d'un orifice percé à la naissance du goulot.

Le biberon d'ivoire ramolli, proposé par Charrière, est à la fois doux, souple et résistant. Peut-être l' emporterait-il sur les autres, s'il n'était d'un prix trop élevé et d'une grande fragilité. Il se fendille aisément quand on a pas soin de le mouiller fréquemment, surtout au moment de s'en servir.

Le biberon Darbot et le biberon Mathieu ont une disposition particulière dans le but de modérer la sortie considérable du lait par le mamelon. Une aiguille en ivoire traverse le canal du premier, divise le liquide et l'empêche d'arriver trop vite. Le second possède un tube plongeant très court et entou'"é d'un pas de vis. A diverses hauteurs sont percés trois trous qui peuvent être bouchés à volonté par une sorte de dé à coudre^ de manière à limiter ou à augmenter l'accès du lait

dans le canal.

Tous les biberons du dernier groupe sont dépourvus de tubes plongeurs. Cette disposition a été adoptée pour les biberons Leplanquais, Thiers, Galante, Robert, Mather's, etc.

Quel est le meilleur de tous les biberons?

Joannès Grangé les trouve tous défectueux. Tarnier est de cet avis. Dans le Calvados, depuis l'application de la loi Roussel, l'administration a rendu obligatoire un seul modèle, le biberon garni d'un pis de caoutchouc, sorte de doigt de gant qu'on retourne et lave aisément. Je suis de l'avis de Gueniot, le meilleur bi-

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• beron est celui dont la propreté est le plus facile à entretenir. Il est important pour se guider dans son choix de n'adopter que les modèles où le caoutchouc toujours souple et désulfuré n'intervient qu'en petite quan-

j tité. Danis de Château-Thiéry a écrit un éloquent réquisitoire contre le biberon anglais, dont il se vend des

, quantités fabuleuses en France. Ce biberon favorise à la fois et la paresse de l'éleveuse (de là son succès) , et les troubles digestifs de l'enfant (de là son danger). On le place en effet dans le lit du nourrisson, le tube à

) demeure dans sa bouche. L'enfant absorbe, ainsi con-

j tinuellement du lait froid ou fermenté, nécessairement

1 nuisible. On peut appliquer ces critiques aux biberons de tout le dernier groupe.

Les biberons Breton, Charrière, Darbot, Mathieu et tous les biberons similaires, obligent à une surveillance plus, exacte et ont par le fait même moins d'inconvénients. La propreté y est cependant plus difficile à entretenir que dans le modèle populaire des campagnes et dans le simple pis en caoutchouc.

Altération du lait dans les biberons. — Henri Fauvel aide-chimiste au laboratoire municipal de la préfecture de police a communiqué en 1881 à l'Acadé-

! mie de médecine, une note sur les altérations du lait dans les biberons. Il fut chargé de cette étude à la suite d'une consultation adressée par le Dumesnil au laboratoire municipal, au sujet de l'odeur fétide qui se dégage des biberons employés pour l'allaitement artificiel et des altérations que pouvait avoir subies le lait dans ces biberons. Plusieurs biberons en service dans une crèche remis au laboratoire par le D"" Dumesnil donnèrent lieu à l'examen, aux constatations suivantes :

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Dans tous les biberons, le lait avait contracté une odeur nauséabonde, sans qu'on ait pu y déceler la présence de l'hydrogène sulfuré. Le lait était acide, à demi coagulé; à l'examen microscopique les globules graisseux étaient déformés ; ils avaient une apparence pyriforme, de nombreuses bactéries très vivaces et quelques rares vibrions se montraient dans le liquide.

La quantité de lait restant dans chaque biberon était insuffisante pour une analyse chimique complète.

Le tube en caoutchouc, qui sert à l'inspiration, incisé dans toute sa longueur, renfermait du lait coagulé et les mêmes microbes que ceux rencontrés dans le lait du biberon, mais en outre (et c'est le fait important de cette communication), l'examen révéla dans l'ampoule qui constitue la tétine du biberon et termine le tube en caoutchouc, la présence d'amas plus ou moins abondants d'une végétation cryptogamique dont l'aspect est nettement représenté dans les photographies qu'on en a prises.

Ces végétations ensemencées dans du petit-lait ont donné en quelques jours, dans des proportions considérables , des cellules ovoïdes, se développant en mycélium, dont Fauvel ne put observer les fructifications.

En présence de ces faits, le sécrétaire général de la préfecture de police a réuni les médecins inspecteurs du service des enfants du premier âge et a prescrit une visite de toutes les crèches, faite concurremment avec les chimistes, du laboratoire municipal.

Le résultat de ces visites a été le suivant : Sur 3 1 biberons examinés dans lo crèches, 28 contenaient dans la tétine, dans le tube en caoutchouc, et

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même pour quelques-uns, dans le récipient en verre des végétations analogues à celles qui viennent d'être indiquées et des microbes de l'espèce de ceux mentionnés plus haut. Plusieurs de ces appareils, lavés avec soin, et par conséquent prêts à être mis en service, contenaient une grande quantité de ces cryptogames.

Fauvel fait remarquer que dans deux cas, on a retrouvé dans les tubes de biberons en très mauvais état, du pus et des globules sanguins; et que les médecins ont constaté que les enfants, auxquels appartenaient ces biberons présentaient des érosions dans la cavité buccale. On peut donc en conclure que la salive pénètre dans les biberons et vient ajouter ses propres ferments à ceux du lait. Il est vraisemblable que l'acidité constatée dans le lait est déterminée par les bactéries qui s'y trouvent, et dont les germes existent dans les biberons, même lavés. C'est à la faveur de cette acidité que les mycélium se développent.

Quelle influence la présence de ces végétations cryptogamiques et de ces microbes, qui coïncide avec une altération profonde du lait contenu dans les biberons , exerce-t-elle sur le développement des affections intestinales qui font de si nombreuses victimes parmi les enfants du premier âge soumis à l'allaitement artificiel? C'est ce qu'il est encore impossible de dire et que des expériences permettront probablement de déterminer.

Soins de propreté dans l'emploi des biberons. —

Pour prévenir tout accident provenant de l'emploi des biberons, Desgout conseille d'avoir, surtout à cause du repos de nuit, deux biberons au moins ; d'immerger pendant quelques instants, matin et soir, chacun de

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ces biberons dans l'eau bouillante, de les rincer ensuite soigneusement à la brosse et à grande eau dans toutes leurs parties, de les laver à l'eau froide et à la brosse après chaque repas du jour, et de les placer en attendant leur emploi, dans un vase plein d'eau fréquemment renouvelée, de n'introduire le lait dans les biberons qu'au moment du besoin, et en quantité telle que l'enfant ne puisse laisser des restes, de considérer comme perdu et de jeter immédiatement le lait restant; car ce lait serait complètement altéré au moment du prochain repas.

Suivant le conseil de Lucas Championnière il est bon dans les lavages de ne se servir que d'eau additionnée d'acide salicylique.

Les soupapes se détériorant plus rapidement que les autres parties, on les inspectera avec un soin particulier et on les changera souvent.

Accidents dûs à la présence de certains métaux dans la constitution des biberons. — Le caoutchouc vulcanisé qui entre dans la composition des biberons est souvent impur. Il renferme parfois des substances métalliques qui provoquent des accidents plus ou moins graves d'intoxication. La présence du zinc et du plomb a été notamment signalée en Allemagne par Eulenberg (de Cologne), Patruban et Ragski ( de Vienne ) et en France par Beaugrand. Ces métaux sont généralement mélangés avec de la craie. Leur proportion a atteint jusqu'à 500/0 pour le zinc, et 18 0/0 pour le plomb, d'après les analyses de Lubbecky pharmacien à Duisbourg. Ces analyses ayant eu du retentissement, dit Beaugrand, et causé une certame émotion dans le public, l'autorité dut intervenir. Des

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visites furent prescrites dans les boutiques où l'on I vend ces appareils et une pénalité fut édictée contre ' ceux qui vendaient des biberons en caoutchouc ainsi altéré. Dans ces mêmes ordonnances se trouvent indij qués les caractères physiques auxquels on peut reconnaître les biberons en caoutchouc pur, et les distinguer de ( ceux qui contiennent des oxydes métalliques. Les premiers présentent une ou deux sutures bien visibles, leur I coupe est nette, brune, luisante ; ils sont minces, élastii ques, extensibles, mis entre l'œil et la lumière ils paraissent demi-transparents, avec une coloration brunâj tre. Les seconds n'ont pas de sutures, leur coupe offre une surface mate, grise ou gris blanc, sur laquelle on aperçoit une ponctuation blanchâtre, ils sont plus épais, moins extensibles, à peine élastiques, tout à fait opaques. Le poids spécifique n'est pas le même, tandis que les premiers flottent sur l'eau, les autres se précipitent au fond (Casper's Vierljahrschr. t. XX. 1861 323).

Une preuve du danger du plomb dans le biberon, nous est donnée par le fait suivant. Un enfant de six mois, nourri au biberon, commença à dépérir, sans cause appréciable, en offrant les phénomènes de l'intoxication saturnine : coliques très vives , constipation, . émaciation progressive, pâleur, dilatation des pupilles, : paralysie presque complète des extrémités supérieures et affaiblissement des extrémités inférieures Pas de convulsions. Cet état durait depuis deux mois, sans qu on eut soupçonné la cause, quand l'attention s'étant par hasard portée sur le biberon, on s'aperçut que la monture formée d'un alliage plombifère était en partie corrodée. La cause étant reconnue, le biberon fut

ALLAITEMENT

mis de côté, et l'enfant guérit rapidement ( Brit. méd. Journ. 1865T. L/?. 30).

Mauvais résultats de l'allaitement au biberon. —

Leis résultats de l'allaitement au biberon sont incontestablement inférieurs aux autres modes d'allaitement, comme on peut s'en convaincre par les faits rapportés dans tous les auteurs.

Routh, donne les chiffres suivants, comme représentant le développement physique de l'enfance en Angleterre.

Enfants

Belle croissance

Croissance moyenne

Mauvaise croissance

Elevés au sein

Elevés au sein et

au biberon

Elevés au biberon

ou soumis à un se-

vrage prématuré

Dans l'hospice de X... dit l'abbé Gaillard aumônier de l'hôpital général de Tours, on ne fait allaiter aucun enfant, tous ceux qui sont reçus, sont nourris au biberon. C'est à ce défaut seul d'allaitement qu'on doit attribuer la mortalité effrayante qu'on y observe. Dans cet hôpital, un relevé très exact de la dernière année a montré que, sur 244 nouveau-nés, 197 meurent dans le cours de la première année, soit 80 0/0, et 116 avant la fin du premier mois, soit 48 0/0. Sur 1 27 nouveau-nés en 1834, il n'en restait que 29 vivants à la fin de l'année. Dans un autre hôpital, au i'^ janvier 183 5, 129 restaient seuls sur 362 admis en 1834.

A l'hôpital de Poitiers, où la proportion habituelle

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des morts dans le premier mois de la vie, était de 1 2 o/o, dès que les tours d'arrondissement ont été fermés, la mortalité s'est considérablement accrue. 164 nouveau-nés ont été apportés dans cet hospice dans le mois de janvier 1834, sur ce nombre 43 sont morts dans les 1 5 premiers jours de la vie et 1 6 dans les 15 jours suivants, soit en tout 59 décès (55 0/0 ) pour le premier mois de la vie. Sur 1 1 enfants déposés en 1834 à la porte de l'hospice de Loudun, et 9 autres dans les 6 premiers mois de 1835, subsistait à

cette époque que 2 des premiers et 4 des derniers. Tous ces enfants avaient été élevés au biberon. A Moulins, dans les premiers mois de 1835, ^® nombre de nouveau-nés admis a été de 1 28, et le nombre total de morts imputable à l'allaitement artificiel de 1 00.

Avant l'annexion, dit le D'^ Josat, le 14® et le 15^ arrondissement, comprenant Montrouge, Plaisance, Vaugirard, Grenelle, considérés comme la campagne, recevaient pour y être allaités un très grand nombre de nouveau-nés. Depuis l'annexion, les choses n'ont pas sensiblement changé, et l'industrie nourricière se pratique sur une large échelle dans ces localités. Il en résulte que la mortalité infantile y compte pour la moitié à peu près dans la mortalité totale. Au mois de septembre 1864, la mortalité totale étant 240, les enfants de 12 jours à 18 mois, y figuraient pour iio décès. Or dans^ce nombre continue Josat, j'arrivai à établir que l'allaitement artificiel figurait pour 82, et l'allaitement naturel pour 28 seulement. En octobre de la même année, sur 82 enfants décédés, 58 étaient nourris artificiellement et 24 naturellement. En janvier 1865, mortalité infantile 97 dont 70 nourris artificiellement'

ALLAITEMENT

J'ajoute que j'ai vu de vieilles femmes infirmes allaiter jusqu'à 5 enfants dans une seule pièce humide, obscure et malpropre.

Rue de Grenelle i à Grenelle, sur 9 enfants tous bien venus, 5 succombent dans les 6 premiers mois ; 4 vivent et sont aujourd'hui beaux et bien portants. Les premiers avaient été nourris artificiellement, les autres naturellement.

Place Dupleix, la femme L. a eu 7 enfants tous allaités artificiellement; 5 ont succombé de quatre semaines à quatre mois.

D'après le Docteur Créquy, dans l'espace d'un an sur 300 enfants nés dans cette période à La chapelle St Denis, et suivis pendant trois mois, 23 5 nourris au sein ont donné 26 morts, (soit 10,63 °/°)î ®^ ^4 vés au biberon, 33 ont succombé (soit 5 1 0/0).

Comparant les trois allaitements Lemenant des Chesnais a obtenu sur 141 enfants les résultats suivants .

Allaitements

Enfants observés

Sains

Malades

Guéris

Morts

prop.

fi

Prop.

Prop.

ti X>

Prop.

Prop.

Naturel Mixte Artificiel inconnu,

Total

En 1881, d'après Bertillon, sur 60856 naissances, 14 571 sont envoyés en nourrice hors Paris, 46285

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restent à Paris. Dans cette dernière catégorie, il y a eu 10 180 décès (soit 22 0/0), dont 5 202 d'athrepsie par mauvaise alimentation, 3 077 avaient été nourris au biberon.

Denis Dumont de Caen en 1867 a trouvé pour le Calvados que sur 961 1 enfants élevés dans ce département, 3 204 étaient soumis à Tallaitement artificiel et sur ce nombre 986 sont morts (soit 30,77 0/0). La mortalité de 6407 enfants soumis à l'allaitement naturel était de 698 (soit 10,89 ^/^)'

Les chiffres de mortalité pour le biberon obtenus à Dieppe par Vacher sont aussi 3 o 0/0.

Bourdon a constaté, dans les arrondissements de Paris où il vérifiait les décès, une mortalité de 25,80 0/0 chez les enfants nourris par leur mère, et une mortalité de 68,80 0/0 pour ceux élevés au biberon.

Beaugrand a trouvé sur 1279 enfants morts d'entérite dans la capitale, de 1860 à 1872, 498 enfants (soit 38,96 0/0) nourris au sein, 699 (soit 54,65 0/0) nourris au biberon, et 82 (soit 6,4 0/0) soumis à un sevrage prématuré.

En Bavière où l'allaitement artificiel est presque exclusivement pratiqué, la mortalité des enfants dans la première année de l'existence dépasse 30 0/0.

Tous ces résultats prouvent l'infériorité manifeste de l'allaitement artificiel comparé à l'allaitement mixte, mais il ne faut pas l'en rendre uniquement responsable.

A côté des mauvaises séries, il y a aussi les bonnes. Elles prouvent que, dans l'allaitement artificiel, la manière dont il est dirigé peut modifier très sensiblement les résuhats.

Causes des insuccès. — Je partage à ce sujet le

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sentiment de Decaisne. L'allaitement artificiel échoue souvent dans des conditions en apparence excellentes, par le fait de cette alimentation mixte et prématurée qu'on a le tort de regarder comme le corollaire obligé de ce mode d'allaitement.

En outre l'analyse des nombreuses statistiques, mises en avant pour combattre l'allaitement artificiel, montre que l'immense majorité des insuccès appartient à l'une des trois catégories suivantes: Nourrissons des établissements hospitaliers où le personnel est toujours insuffisant ; 2^ Nourrissons élevés loin de toute surveillance par des nourrices à la campagne; 3° Nourrissons confiés à des familles très pauvres ; 4° Enfants illégitimes. Toutes catégories oili le manque de soins et l'alimentation prématurée favorisent puissamment l'éclosion de maladies mortelles, mises ensuite sur le compte exclusif du biberon.

Dans de telles conditions , au dehors, chez une mercenaire, le danger est bien plus grand que dans le cas 011 le biberon est employé sous la direction maternelle. Les mères apportent des soins éclairés par leur amour à l'entretien de la propreté, à l'emploi du lait non aigri etc. Les femmes, dont c'est le métier, ne s'inquiètent pas de toutes ces minuties. L'enfant a son affaire, il ne crie plus, il boit sans cesse, qu'est ce qui lui manque? La bonne femme, mal payée, va gagner sa vie dans les travaux de la campagne. Telle est la cause principale de la mort des enfants. On observe que dans les pays où les éleveuses restent plus à la maison, surveillent mieux les nourrissons par conséquent, en Normandie par exemple, 1 mortalité du premier âge est beaucoup moindre qu

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dans les endroits où elles travaillent àla culture (Danis).

Pour Paris et les grandes villes, où le lait est transporté d'établissements situés à de grandes distances, Bouchardat a fait remarquer que les mauvais résultats du biberon sont souvent imputables non point à la méthode, mais à la qualité du lait employé. Ce lait est administré après développement notable de la fermentation lactique, devient alors un produit des plus indigestes et une cause d^'entérite. C'est ainsi que s'explique l'élévation du chiffre de la mortalité, par suite d'athrepsie et de diarrhée, chez les enfants nourris au biberon pendant les mois les plus chauds de l'année. La chaleur n'est pas directement nuisible à l'organisme infantile. On sait qu'elle est favorable aux individuahtés affaiblies et à la vieillesse. Mais une température élevée favorise la fermentation lactique, et c'est cette cause seule qui provoque les accidents.

Bons résultats. — Le nombre des enfants que j'ai vu prospérer par 1" allaitement artificiel, dit Hervieux, est assez considérable. Les enfants de ma mère ont été élevés ainsi, et ils sont tous vivants, et cependant je demeure l'ennemi de ce mode d'allaitement parce que le chiffre de ses revers l'emporte sur celui de ses succès.

Péron ( de Besançon ) après avoir combattu l'allaitement artificiel, dans un travail adressé à l'Académie de médecine, finit en déclarant, que par des circonstances particulières, il avait du élever tous ses enfants, au nombre de 7 au biberon, et qu'ils sont aujourd'hui tous vigoureux et d'une santé parfaite.

Ce même praticien a fait connaître une femme qui avait heureusement élevé près de cent enfants au

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biberon. L'inscription de sa pierre tumulaire dans le cimetière de Besançon rappelle ses succès : cit-gît . . . qui fut nourrice de quatre-vingt-seize enfants.

Sur 19 nourrissons confiés à la même éleveuse, Nonat n'a compté que deux décès, et Decaisne sur 26 autres n'a vu que trois décès en deux ans.

Le D'^ Aubert a cité , dans son excellente monographie du sevrage, 21 nourrices ayant élevé chacune, de 18 à 75 nourrissons par l'allaitement artificiel, en tout 743 enfants : soit en moyenne 3 5 ,4 par nourrice, sur ce nombre, 42 seulement sont décédés chez les nourrices ( soit 5,65 0/0 ), tous les autres ont été remis aux parents en bonne santé.

L'allaitement artificiel, bien compris et intelligemment pratiqué avec du lait exclusivement, paraît constituer, dit J. Guérin, dans beaucoup de cas où l'allaitement artificiel maternel est impossible ou défectueux, une ressource des plus précieuses. Dans beaucoup de cas il est bien supérieur à l'allaitement maternel,

Dans les conclusions de son rapport annuel de 1880 à TAcadémie de médecine, Devilliers exprime à peu près les mêmes idées. L'allaitement artificiel pratiqué dans de bonnes conditions, chez des enfants robustes, issus de parents sains, donne chez soi et surtout à la campagne, des résultats excellents et certainement supérieurs à l'allaitement au sein par des nourrices habitant leur pays, vivant avec leurs maris et médiocrement rétribuées. Loin de la surveillance de la famille, il donne des résultats inférieurs à l'allaitement au sein pratiqué dans les mêmes conditions. Dans une grande agglomération d'enfants, l'allaitement artificiel leur fait certainement courir les plus grands dangers, et entrai-

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ne plus souvent la mort, quelles que soient les précautions prises et les mesures hygiéniques adoptées,

Conclusions. — En résumé pour conclure ce débat , l'allaitement artificiel, quoique inférieur en général aux autres allaitements, n'est pas aussi mauvais qu'on le représente. Faute de mieux ^ il peut être employé, et donner des succès, s^il est convenablement dirigé. La meilleure preuve est dans les résultats que vient de nous faire connaître Valette, de l'application de la loi Roussel dans le Calvados, oià les dix-neuf vingtièmes des enfants sont nourris au biberon. La mortalité infantile, de un jour à 24 mois, qui était de 20,8^ 0/0 en 1869, est tombée successivement à 7,20 0/0 sur i 985 nourrissons en 1880 (la même année elle était de ^5,75 0/0 dans l'Eure-et-Loir ); à 5 ,84 0/0 sur 2 669 enfants en 188 1; et à 5,49 0/0 en 1882 sur 3 367 nourrissons placés. En ne prenant pour plus de commodité que le chiffre de la mortalité de un jour à un an, la proportion augmente un peu 1 1 , 5 5 0/0 en 1880, 10,22 0/0 en 1881, 10, 72 0/0 en 1882, 1 1,56 0/0 en 1883. Stapfer fait observer que ces moyennes sont égales ou même inférieures à celles du département de la Creuse, où les enfants sont élevés au sein. Quelle éloquente réponse aux détracteurs systématiques de l'allaitement artificiel !

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