SES CAUSES
Mortalité de la première enfance. — Depuis les travaux de Brochard et de Monnot ( de Montsauche ), Tattention générale des savants a été attirée sur la mortalité excessive du premier âge. De 1866 à 1870, l'Académie de médecine ^ consacré trente-quatre séances à son étude et aux remèdes utiles à la prévenir. De nombreuses publications parmi lesquelles il faut citer celles de Bertillon, Broca, Devîlliers, Husson, Marmisse, Rodet, J. Bergeron, Vacher, Marjolin etc., ont fini par préocupper l'opinion publique, et c'est sous leur influence que la loi de protection du premier âge, dite loi Roussel, a été votée à l'unanimité, le 23 décembre 1874, par la chambre des députés.
Cette étude de la mortalité des nourrissons était indispensable. Depuis un siècle, dit Rodet, plus de 17 millions d'enfants ont péri en France avant d'avoir atteint la fin de leur première année, et sur ces 17
MORTALITÉ INFANTILE
millions, la moitié, auraient vécu, si la mortalité avait été réduite à ses proportions inévitables.
Sur looo nouveau-nés, i6o succombent au bout d'un an, soit i6 o/o, tandis que la mortalité de un à deux ans est 6 o/o, celle des hommes de 40 ans est 1,10 0/0. La mortalité des enfants dans leur première année répond exactement à celle de vieillards de 80 à 85 ans (Bertillon).
Le chiffre de la mortalité des nourrissons en France est estimé à 100 000 par Brochard à 120 656 par Boudet chaque année.
L'étude des causes de cette mortalité excessive, conduit à celle des remèdes propres à l'atténuer.
Mortalité suivant les peuples. — Les moyennes actuelles ( 0/0 ) sont difficiles à donner. Les chiffres publiés répondent à des documents déjà anciens et varient suivant les auteurs.
Norwège
Ecosse ( Starke )
Danemark
Suède D"" Berg )
Angleterre ( D^" Farr )
— ( Letheby )
Suisse
Belgique
Prusse ( D"" Engel )
France
Massachussetts (Arnould)
Italie
Autriche
Saxe ( Lombard )
Grand duché de Bade
Hollande ( Lagneau )
Bavière
Russie
Il faudrait probablement modifier plusieurs de ces
CAUSES
( moyennes, si l'on juge des autres pays par ce qui s'est ; .passé en France. La mortalité, d'abord i8 o/o en 1840- : 1 849, après être montée à 20 0/0 en 1 8 5 o-i 8 5 9, est enfin arrivée à 20,5 0/0 en 1857-1864. La moyenne de l'Angleterre est en particulier trop faible suivant I Bertillon.
La mortalité plus grande en Russie tient à ce I que le chiffre des naissances est de 1,2 par 1000 I habitants plus considérable que dans le pays le plus favorisé.
France. — D'après Broca, la mortalité des enfants de un jour à un an serait en voie de décroissance, contrai-
< rement aux affirmations portées à la tribune de l'Académie de médecine en 1867. Le savant professeur
j donne les chiffi-es suivants { 0/0 ) :
Départements. -
- Les documents les plus
à ce sujet sont fournis par Bertillon pour la période 185 7-1 866. Ils sont donc malheureusement un peu anciens.
Nombre de décès, pour 1000 enfants dont l'âge est compris entre un jour et un an, dans les départements par ordre de fréquence.
MORTALITÉ INFANTILE
ord.
Départements
Creuse
Hautes-Pyrénées
Ariège
Manche
Deux-Sèvi'es
Indre
Basses-Pyrénées
Vienne
Vendée
Haute-Garonne Loire-Inférieure Pyrénées-Orientales Allier
Haute-Vienne
Mame-et- Loire
Indre-et-Loire
Charente
Morbihan
Gers
Aude
Gironde
Mayenne
Pas-cle-Calaia
Landes
Ardennes
Cher
Doubs
Tam
Dordogne
Jura
Moselle
Corse
Finistère
Haute-Saône
Calvados
Lot
Lozère
Haute-Savoie
Aveyron
Puy-de-Dôme
Côtes-du-Nord
Lot-et-Garonne
Charente-Inférieure
Corrèze
Ile-et-Vilaine
Hérault
Nord
Cantal
Vosges
Alpes-Maritimes
Meurthe
Orne
Décès
ord.
Départements
Ain
Nièvre
oaone-et-Loire
Var
Loire
Meuse
naute-Loire
Tarn-et-Garonne
Haute-Marne
Bouches-du-Rhône
et , 1
Sarthe
Savoie
Isère
Drome
Haut-Rhm
Côte-d'or
oomme
Vaucluse
Bas-Rhin
Aisne
Gard
Loir-et-Cher
Tl X Al
Hautes-Alpes
Aube
Seine-et-Oise
Basses-Alpes
Loiret
Marne
Ardèche
Oise
Seine-et-Marne
Eure
Yonne
Seine-Inférieure
Eure-et-Loir
France
Paris
Seine
Rhône