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4 mois froids
«Oc^ï-^aci^tOSoi CO. CO ^ ■'1'
Pays et locautes
Hollande . . ^ . .
Itali^Prov. de Turin .
Qrossetto . . , . .
Cagliari (Sardaigne) .
Palerme (Sicile) . . .
La crainte du froid, tel est aussi le motif sur lequel s'appuyait le 19 avril 1870, en clôturant la discussion sur les crèches, l'Académie de médecine. Elle les trouvait nuisibles pour les enfants âgés de moins de deux
CAUSES
mois; car elle redoutait le refroidissement inévitable auquel les exposait la distance à parcourir matin et soir de leur maison à ces établissements.
Il est curieux de constater avec Lombard que le froid tue moins d'enfants, dans les pays septentrionaux que dans les contrées centrales ou méridionales de l'Europe.
Au delà d'un mois, l'influence du froid sur les enfants, diminue au fur et à mesure qu'ils avancent en âge. Ce fait ressort du tableau précédent de Lombard, concernant la mortalité des nourrissons âgés de un mois à deux ans.
Age et sexe. — La mortalité est plus accentuée au début de la vie. Sur 12 786 naissances à Marseille, de novembre 1880 à janvier 1882 inclusivement, je compte 2 429 décès de un jour à un an ainsi répartis :
Age total des morts
proportion dans la mortalité
infantile annuelle O/O
De 3 à 8 jours
De 8 jours à un mois
Dans tout le l*»" moiâ
Dans le 2* mois
— 1 trimestre
— 4* mois
2* trimestre
— 7° mois
3° trimestJre
— 10*^ mois
— 4' trimestre
En somme la
mortalité est surtout élevée le premier
MORTALITÉ INFANTILE
mois, où elle atteint le chiffre des quatre dixièmes de la mortalité, elle diminue des 3/4 le deuxième mois, et des 7/8 du troisième au onzième mois où elle est à peu près stationnaire pour remonter légèrement le 12® mois.
La mortalité est aussi plus grande chez les garçons que chez les filles. En 1873, dans l'Hérault, sur 11 521 naissances, le Bringuier a trouvé 2 207 décès dont 1238 garçons et 969 filles. D'après Bertillon, sur 1000 naissances masculines, il y a au bout d'un an 172 décès, tandis que 1000 naissances féminines donnent 142 décès, soit un cinquième des garçons et un sixième des filles qui succombent dans leur première année. Bertillon a vérifié cette loi dans la plupart des pays d'Europe.
Condition sociale. Légitimité et illégitimité. — Suivant l'abbé Gaillard, les lois restrictives du mariage multiplient prodigieusement les naissances illégitimes. En Bavière, depuis que ces lois ont été abrogées, le nombre des naissances illégitimes diminue, d'après Jacques Bertillon, mais lentement, comme toutes les mauvaises habitudes. Dans quelques cantons suisses oij, par une philanthropie mal éclairée, on a voulu interdire le mariage aux individus trop pauvres pour pouvoir élever une famille, le résultat a été aussi fâcheux qu'en Bavière.
Les enfants illégitimes fournissent une mortalité bien supérieure à celle des enfants légitimes. Husson donne les proportions suivantes : mortalité pour l'ensemble des naissances annuelles 17,51 0/0; légitimes 15,360/0; illégitimes 3 5 ,42 0/0.
mble
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i26 MORTALITÉ INFANTILE
En France, comme le démontre le tableau de Bertillon publié ci-dessus, la mortalité des illégitimes est le double de celle des légitimes. On remarquera qu'elle est surtout accusée dans les campagnes.
LeS moyenfies sont en effet les suivantes :
Villes M. L. 21,3
Cathpagnes M. L. 20,61 F. L. 17,10
Dans le département de l'Hérault, le D'* Bringuier donne les proportions : 17 0/0 pour les légitimes et 50 0/0 pour les illégitimes. A la maternité de Marseille, les moyennes seraient 8,1 5 0/0 et 16,66 0/0.
Dans quelques départements, la mortalité 0/0 des enfants naturels est beaucoup plus considérable. Husson (1866) cite les chiffres suivants :
Loh*e-Inférieure
Seine-Inférieure
Eure
Calvâdos
Âubê
Seine-et-Oisë Côte d'or Indre'^t-Loire Manche
Dans i' Eure-et-Loir, la mortalité des enfants iégiti-^ mes était à la même époque 25 0/0 ; celle des illégitimes 90 0/0. Dans l'Yonne, les moyennes sont un peii plus basses 22 0/0 et 85 0/0.
A Berlin, dès le commencement de notre XIX® siècle, Sussmilch et Baumann avaient signalé la mortalité excessive des enfants naturels. D'après ces auteurs, il mourait 10 0/0 d'enfants légitimes et 24 0/0 de naturels, dans le premier mois après la naissance. Dans le 2'' et le 3® mois, il périt deux fois plus d'enfants naturels que de légitimes. Cette proportion atteint les 2/j
, CAUSES 527
I dans le deuxième trimestre, puis redevient double du
sixième au douzième mois, i En Angleterre , la mortalité des illégitimes sef rait de 70 à 90 0/0, chiffre certainement exagéré.
Une statistique de Charles Ancell l'estime à 30 ou
Pour Fenton, la cause principale de cette haute mortalité doit être cherchée dans le travail des mères qui entraîne un grand nombre de conséquences fâcheuçes pour les nourrissons : soins mercenaires, allaitement artificiel, sevrage prématuré, alimentation défectueuse etc.
Quand les femmes sont obligées de gagner leur vie au dehors, les conditions deviennent pires. Les mères placent leurs enfants dans des garderies où on leur donne des narcotiques pour les empêcher de crier et où ils sont exposés à contracter toutes les affections épidémiques. Dans le district de Fenton, il existe quarante établissements de ce genre, qui reçoivent un millier d'enfants au dessous de trois ans, des nourrissons en majeure partie. Les maîtres de ces garderies ne présentent aucune garantie ; leurs locaux, rarement appropriés à leur but, sont si encombrés, que l'enfant n'y dispose que de trente pieds cubes d'air. La scarlatine, la rougeole, la coqueluche, peuvent régner dans ces établissements , sans qu'on s'inquiète le moins du monde d'isoler les malades, ainsi que l'a constaté Fenton»
Conditions de fortune. — Au sujet des classes riches et des classes pauvres, on possède peu de renseignements.
Delore rapporte la statistique anglaise suivante :
MORTALITÉ INFANTILE
, aisés 1 1 à 14 o/o
Légitimes ) l paysans. . . 15 à 30 0/0
( pauvres /citadins. . . 25 à 35 0/0
Illégitimes 60 à 90 0/0
Le Lecadre a communiqué à Devilliers les renseignements suivants. Pendant les trois années 1863, 1864 et 1865, le chiffre des naissances ayant été au Havre de 8071, celui des décès des enfants au dessous de quinze mois a été de i 43 3. Or, cette mortalité qui représente à peu près le cinquième des naissances, atteint fort peu la classe élevée, un peu plus la classe moyenne, et retombe presque tout entière sur la classe nécessiteuse. Ce n'est pas seulement la nourriture artificielle, mais le manque de soins, de propreté, le séjour dans des habitations insalubres, etc. qui ajoutent aux causes de mortalité.
Professions diverses des parents. Tabac. — L'influence du travail dans les manufactures de tabacs sur la santé des nouveau-nés a été récemment étudiée. D'intéressantes recherches ont été faites à ce sujet au Havre par Piasecki.
Les ouvrières mariées, au nombre de 188, ont eu pendant leur séjour à la manufacture 376 enfants, soit une moyenne de 2,9 enfants par femme mariée féconde, car il faut déduire du chiffre total, celui de 48 ouvrières mariées sans enfants. De ces 376 enfants, 153 sont vivants, 223 sont morts. Les morts se subdivisen au point de vue de l'allaitement, de l'âge du décès et des maladies en plusieurs catégories.
. Piasecki croit qu'il faut voir la cause de cette mor talité considérable en dehors de toute influence du ' bac, mais plutôt dans les logements insalubres, 1
CAUSES
Total
os
de 1 an
à 8 ans
os
De 1 jour
iX L OU
Oi i->
os
CO
os ■a
AOSftSSSAS
De 1 jour à 3 mois
En bas
âge
04«ft«ai—
Maladies
Choléra infantile
Gastro-entérite ou diarrhée
Bronchite, broncho-pneumonie
Coqueluche
Méningite, convulsions
Rougeole
Variole
Croup
o Eh
combrement, les précautions hygiéniques nulles ou in- I suffisantes, l'alimentation vicieuse, etc.
(Voir encore le tableau suivant).
530 MORTALITÉ INFANTILE
Nombre
Enfants nourria
total des
cas
Oïl cpîn
v-/uwici a, iiiicuitiio
v^a.ollU-tîUlcrJlo UU illa.rru.cQ
Bronchitô, bronchopnôumoniô '
Coqueluche
i.rj.^^Illli^ltOy vu V UiSlUllB
DO
Rougeole
Variole
Faiblesse congénitale
Croup
Morts-nés
Accidents
Total
Kostial a constaté aussi en 1 868 cette mortalité considérable chez les enfants des ouvrières des manufactures d'Yglau. Sur 506 enfants nés dans l'espace de trois ans, Kostial en a suivi 453, parmi lesquels il a noté 1 1 morts-nés et 206 décès, dont 181 pendant la première année.
Cet auteur admet que le lait sécrété par les mères est particulièrement nuisible au nourrisson à cause de la nicotine qu'il contient.
Mise à l'ordre du jour en 1879 1880, parla société de mé4ecine publique et d'hygiène professionnelle, la question n'est guère plus avancée faute de recherches statistiques suffisantes.
Delaunay a cependant fait connaître, à la suite d'une enquête entreprise dans les environs de la manufacture de la rue Jean Nicot àParis, que les ouvrières employées seraient de mauvaises nourrices. Leurs enfants chétifs succomberaient en grand nombre. Sarré, médecin de bienfaisance de ce quartier du Gros-Caillou,
CAUSES
Quinquaud, médecin d'une société d'ouvriers de la , manufacture précédente, partagent le sentiment de Delaunay.
Les nouveau-nés, dit Goyard, présentent tous sans 1 exception, mais à des degrés divers, des signes qui les j différencient de la majorité des enfants. Ils sont débiles, I d'une pâleur blême, irritables, difficiles à élever. Ils I supportent très mal les épreuves de la dentition ; ils I sont sujets plus que les autres à contracter les maladies ] de leur âge, et, une fois atteints, ils n'offrent aucune réj sistance, ils meurent en grand nombre. * Thévenot, quoique moins pessimiste, a reconnu, à la ' suite d'une enquête faite auprès des sages-femmes des quartiers entourant la manufacture de Bercy, que les enfants des ouvrières en tabac sont très difficiles à élever et meurent plus que les autres.
Plomb. — Dans ses recherches sur l'intoxication saturnine, Constantin Paul a trouvé sur 123 grossesses, 73 morts avant l'accouchement, vingt enfants morts dans la première année, huit dans la deuxième année, sept dans la troisième, un après la troisièm.e et seulement quatorze enfants vivants dont dix âgés de plus de trois ans.
Hospices. — Routh attribue au défaut d'exercice et à l'abus de l'attitude couchée, beaucoup plus qu'à l'allaitement artificiel, la grande mortalité qui décime les enfants des hospices. Ce milieu est d'ailleurs essentiellement malsain, l'atmosphère est corrompue, et les maladies contagieuses viennent s'ajouter aux autres causes de mortalité.
Les causes morbides, disent Blache et Odier, semblent être imprégnées dans les murs des hospices, et
MORTALITÉ INFANTILE
si l'on a pu dire autrefois à tort que le mercure suintait des murs de l'hôpital du Midi, on peut dire aujourd'hui sans risque d'être démenti, que les causes miasmatitiques des maladies de l'enfance s'échappent de toutes les parois des salles où ils sont renfermés en grand nombre.
Causes morbides. — Depuis quelques années, on a recherché avec plus de soin la nature des affections qui emportent les nourrissons, dans la première année de leur naissance.
Sur 7050 décès survenus du premier janvier au 26 août 1880 à Paris, chez des enfants de cette catégorie, Bouchardat relève les maladies suivantes :
Diarrhée infantile et athrepsie Causes non classées Affections génitales non spécifiées Bronchite aiguë Tuberculoses non pulmonaires Maladies locales aiguës Pneumonie Variole Rougeole
Maladies locales chroniques Coqueluche Diphthérie, croup Maladies locales à forme douteuse Érysipèle
Phthisie pulmonaire Scarlatine Morts violentes Dysenterie Fièvre typhoïde
Les 9 640 décès de un jour à un an de 1883, sont ainsi distribués par ordre de fréquence par Léon Colin dans son article sur Paris.
CAUSES
o mois
3 m. à|;^l an.
Maladies
Totaux
Athrepsie ( au biberon
des enfants | au sein
nourris / ?
Malformations et débilités
Affections du syst. nerveux
Bronchite aiguë
Méningite
Pneumonie
Coqueluche
Diverses affec. génér.
Rougeole
Diphthérie, croup
Anect. de l'app. respir.
id. id. digestif
Erysipèle '
Variole
Tuberculoses non pulm.
Morts violentes
Phthisie pulm.
Affect. de l'app. circulatoire
Aff. des os des articulations
Affec. de la peau
Scarlatine
Aff. app. génito-urinaire
Dysenterie
Fièvre typhoïde
Causes non classées
Total 1
Ley estime que, chez les nourrissons de Paris et de la banlieue, le nombre des maladies des voies digestives est 4,87 0/0, celui des maladies des voies respiratoires 2,3 40/0, celui des maladies du système nerveux i ,830/0, celui des maladies épidémiques i ,48 0/0 chez les enfants surveillés. Sur 100 décès, il en attribue aux maladies :
Des organes digestifs 50
Des voies respiratoires 24
Du système nerveux 19
Epidémiques 5
Autres causes 5
MORTALITE INFANTILE
Pour Lyon, Delore nous fournit quelques documents intéressants. Dans le IP arrondissement, en 1869, il y a eu 2838 naissances et seulement 126 décès, soit 4,40/0. Mais cette proportion est complètement fausse; car Lyon est une ville ouvrière, et à ce titre, elle est peu capable de nourrir ses enfants, et les envoie dans les campagnes où leur mortalité est inconnue.
Voici le diagnostic médical porté sur les certificats de décès :
Débilité congénitale Entérite
Bronchite, pneumonie Convulsions, ménii]gite Affections diverses
A la Charité dans la même année,
Enfants illégitimes Enfants légitimes
Débilité congénitale 63 16
Entérite 59 37
Bronchite, pneumonie 7 8
Affections diverses 32 4
Méningite » 8
Pour Marseille, mon regretté collègue E. Gibert donne les chiffres suivants concernant les décès par entérite, du i®^ janvier 1874 au 3 1 décembre 1879 :
Années
De 0 j. à 8 j-
De 8 j. à 1 m.
De 1 à 2 m.
De 3 à 12 m.
CAUSES
En les rapportant au chiffre total 2 282 de morts par entérite dans la même période, constatées chez les enfants depuis la naissance jusqu'à 10 ans, on trouve les proportions suivantes par âge : i ,34 0/0 de o à 8 jours; 1 1,39 0/0 de 8 jours à un mois ; 6 0/0 de i à 2 mois ; 35 0/0 de 2 à 12 mois, soit i 249 décès ( 54,73 0/0 ) pendant la première année de l'existence.
Pour les enfants naturels, à l'hôpital de la Conception, la scène change.
Années
de 0 i. à 8j.
de 8 j.
de 1 à 2 m.
de 2 à 12 m.
de 1 an à 10 ans
Total
Admis nés à la maternité
1®"" trimestre
Totaux
Toutes ces statistiques montrent la quantité considérable d'enfants emportés par l'entérite ou l'athrepsie. Devilliers classant par ordre de fréquence les grandes causes de la mortalité infantile donne aussi le premier rang aux affections intestinales, il place ensuite 1° La débilité congénitale ; 2^ Les affections des voies respiratoires ; 3° les maladies du système nerveux.
En Angleterre, dit Fenton, la diarrhée, à elle seule, fait succomber chaque année 20 000 enfants; son action ne s'accuse nulle part comme dans les villes manufacturières. Coventry, à cet égard, offre un exemple
MORTALITÉ INFANTILE
remarquable. De 1850 à 1859, l'industrie rubanière y était si florissante, que le travail des femmes était très recherché : dans cette période décennale la diarrhée occasionnait 3 décès 1/2 sur 100 naissances annuelles. A la suite du traité de commerce avec la France, les rubaniers de Coventry ne purent pas soutenir la concurrence; aussi de 1860 à 1869, n'y eut-il plus, parmi les enfants, que un décès dû à la diarrhée sur 100 naissances. Survient la guerre de 1870, qui ranime l'industrie de Coventry et oblige de nouveau les manufacturiers à faire appel aux ouvrières. Aussitôt, dans l'automne 1870, la mortalité de la diarrhée s'élève à 5 0/0. Mais bientôt les rubaniers français reprennent possession du marché, et Coventry ne compte plus de 1871 à 1879, que 0,95 décès par diarrhée sur 100 naissances.
En Norwège, sur 100 décès, de cause spécifiée, chez les nourrissons, les affections zymotiques ( scarlatine, rougeole, coqueluche, diphthérie et croup), figurent pour une proportion de 24,9, soit à peu près un quart; les affections aiguës des voies respiratoires (bronchite, pneumonie, pleurésie) pour une proportion de 25,9; les affections cérébrales et du système nerveux ( méningite, hydrocéphalie, convulsions), pour une proportion de 27, 7. L'entérite aiguë fournit 14 décès pour 100. L'appoint centésimal est formé par la scrofule, la phthisie, l'entérite tuberculeuse et la syphilis, qui à elle seule donne 3,4 0/0 décès classés (Vacher).
La faible mortalité par l'entérite, dans la première année en Norwège, s'explique par la rareté de l'allaitement artificiel et la généralité de l'allaitement maternel.
CAUSES
Conclusions. — En somme, il faut conclure avec Fauvel que les nombreuses causes de mortalité des nourrissons peuvent se ramener à trois : i° La faiblesse native plus commune chez les enfants naturels ; 2° Le défaut de soins ; 3° L'influence ou la mauvaise qualité de la nourriture.
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