TOTAL
Non-sourds
Sourds-muets
Idiots
Total
Maladies mentales.— D'après A. Mittchell, sur 627 cas d'aliénation, fournis par une population de 716 210
LA CONSANGUINITÉ
individus, il y en a 98, soit 15,6 pour 100 unions consanguines, ainsi répartis pour les mariages :
entre cousins germains 42 cas;
— — issus de germains. . . . 35 cas;
— — au troisième degré. . .21 cas. A l'asile de Lancastre, Shuttleworth (1886) a pu
avoir des renseignements précis sur 900 de ses malades. Parmi eux, il y en avait 5 2 qui étaient nés de mariages consanguins, mais dans six cas, il avait deux enfants issus des mêmes parents. Il restait donc 46 mariages consanguins. Proportionnellement, pour 100 imbéciles, il y en aurait 5,1 issus des mariages consanguins, et sur ce nombre 2,9 issus de cousins germains. Les mariages consanguins ne produisaient pas moins de cinq enfants. Enfin, sur les 26 cas de mariage entre cousins germains, il y eut 16 fois d'autres causes capables de produire l'idiotie. Somme toute, les mariages entre cousins germains produiraient plus d'idiots que les autres mariages. Nott rapporte que, dans la Caroline du sud oij les mariages consanguins sont habituels parmi les Irlandais, le nombre des idiots a atteint des proportions inconnues jusqu'alors.
Intelligence limitée. — Quand les enfants issus d'unions consanguines ne sont point atteints des graves infirmités signalées plus haut, ils sont en général d'une intelligence au-dessous de la moyenne.
Consanguinistes. — Les nombreux exemples rapportés ci-dessus semblent démontrer que l'union de deux sujets parfaitement sains peut, lorsqu'ils sont du même sang, avoir de très mauvais résultats pour leurs enfants. Les consanguinistes repoussent une semblable conclusion, et regardent en pareil cas, les alliances
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consanguines comme dépourvues d'inconvénients. Tel est le sentiment de Périer, de Daily, de Gilbert, de N. Child, de Gallard, de Saint-Lager et d'autres auteurs. Les consanguinistes s'appuient sur deux ordres d'arguments. i°Ils accusent les statistiques des anticonsanguinistes d'être entachées d'erreur. C'est possible pour un certain nombre. Il n'en existe pas moins une quantité considérable d'observations très bien prises par des savants estimés, et par le fait indiscutables. 2° Pour combattre les allégations de l'opinion adverse, les consanguinistes ont accumulé un certain nombre de faits. Mais en pareille matière, les faits positifs ont bien plus de valeur que les faits négatifs.
Voici quelques-uns des exemples les plus connus : la famille de Bourgeois composée de 416 membres, oij, dans 160 ans, il y a eu 16 unions consanguines superposées; celle de Seguin, où ont eu lieu 16 alliances avec la famille de Montgolfier, n'ont présenté aucune infirmité dans leur descendance. Dans trois unions consanguines de la famille de Dévie, sur 24 enfants engendrés, aucun infirme non plus.
Les consanguinistes s'appuient encore, pour soutenir leur thèse, sur ce qui se passe dans les petites localités isolées, -dans les petits ports de pêcheurs de France oij la population vit dans le voisinage de familles agricoles sans jamais s'allier à elles. Voisin a signalé en 1865 , dans la commune de Batz ( Loire-Inférieure ), 46 unions consanguines : 5 entre cousins germains, 3 1 entre cousins issus de germains, 10 entre cousins au quatrième degré. Les mariages entre cousins germains ont produit 23 enfants tous sains. Les mariages entre cousins issus de germains ont produit 120 enfants, dont
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aucun n'est atteint d'affection ou infirmité congénitale. Les mariages entre cousins au quatrième degré, ont donné naissance à 29 enfants tous bien portants. Sur ces 172 enfants, 29 ont succombé plus tarda des maladies aiguës ou accidentelles. Leurs pères et mères jouissaient d'une santé excellente. Ragut cite les habitants d'Uchisy, que l'on considère, comme une colonie de Sarrasins, (d'autres disent d'Illyriens ou de Pannoniens), qui repoussent toute alliance avec les étrangers. Villeneuve dit que les gens d'Istres mettent de l'affectation à ne point se mélanger avec leurs voisins, afin de conserver sans altération leurs caractères originels. Gautier remarque que les habitants de Longèves sont presque tous parents, et ne forment pour ainsi dire qu'une seule famille. Lombroso cite la bourgade de Quistello, dans le Mantouan, dont les habitants sont tous de la famille Valvassini. Aucun de ces cas n'a donné les tristes résultats attribués aux unions consanguines.
Il y a encore d'autres observations contradictoires : En 1849, nio'-'rait à Widah, au Dahomey, un traitant Portugais nommé Da Souza, bien connu de tous les navigateurs qui ont fréquenté la côte occidentale d'Afrique. Personnage important dans le pays qu'il habitait .depuis de longues années, Da Souza avait acquis une grande fortune par la traite des nègres, A sa mort, il laissait après lui, une centaine d'enfants issus de 400 femmes renfermées dans son harem. La politique ombrageuse des rois de Dahomey, hostile à l'établissement d'une race métisse, a parqué cette nombreuse progéniture dans une enceinte particulière, sous l'autorité d'un des fils Da Souza. Mal vus dans le pays, surveillés
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par les agents du roi le plus despotique de tous les monarques de la terre, ces métis ne peuvent que s'unir entre eux, ou pour mieux diré, ils vivent dans la plus honteuse promiscuité. En 1863, on comptait des enfants de la troisième génération. La couleur de leur peau revenait rapidement au noir foncé, tout en conservant quelques-uns des traits de l'européen leur ancêtre. Il n'y avait parmi eux, ni sourds-muets, ni aveugles, ni crétins, ni infirmes de naissance. En revanche, ce troupeau humain va décroissant, et est menacé d'une extinction prochaine. (Thibault).
Cet exemple, sur lequel s'appuient les consanguinistes, le regardant comme décisif, n'a en réalité aucune valeur. Il démontrerait plutôt les inconvénients de la consanguinité. La mortalité effroyable qui décime les descendants de Da Souza, explique suffisamment pourquoi il n'y a parmi eux, aucun individu atteint d'infirmité congénitale. En effet, cette catégorie de nouveau-nés, fournit toujours une mortalité supérieure à celle des enfants du même âge. Ici, tous les infirmes, faute des soins que seule prodigue la civilisation, doivent avoir succombé dans les premiers mois de la vie. Rien d'étonnant que l'observateur n'ait pu en voir aucun d'un âge plus avancé.
Dans la statistique du D'* St-Martin de Madrid pu-, bliée par V Union médicale (6 Juin 1876), sur 161 mariages consanguins,. 12 sont sans enfants; les 149 autres en ont eu 551, dont 300 bien portants, 2^6 morts et 15 malades. Ces derniers comprennent cinq sourds-muets, deux idiots, six scrofuleux, rachitiques ou tuberculeux, et deux hémiplégiques.
Des documents rassemblés par le D'" Hartmann
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en 1 880, sur 6515 sourds-muets dont 4 790 de naissance, il ne s'en est trouvé que j 3 6 nés de parents consanguins, soit 5,2 0/0 par rapport au nombre total, et 7 0/0 par rapport au nombre des sourds-muets de naissance. De son côté, se fondant sur les obstacles que la législation et les croyances religieuses opposent en Russie aux mariages consanguins, le Bensengue, dans un mémoire sur les sourds-muets de Moscou (1880), nie l'influence de le consanguinité sur la- surdimutité. Notre savant confrère, M^" Ladreit de Lacharrière, médecin en chef de l'Institution Nationale des sourds-muets de Paris, croit aussi que l'on a exagéré cette influence sur cette infirmité (1884).
Conclusions. — ■ Après avoir pris connaissance des documents pour ou contre la consanguinité, un esprit impartial ne peut s'empêcher d'arriver logiquement à ces conclusions pratiques :
1° Il existe un très grand nombre de faits qui démontrent péremptoirement la possibilité^ pour des époux consanguins dans un état de santé irréprochable, d'engendrer des enfants infirmes.
2° La consanguinité exerce en pareil cas une influence tout à fait distincte de l'hérédité. Comme le remarque avec raison Chipault pour certaines affections, la surdi-mutité par exemple, l'hérédité joue un rôle presque nul; le contraire arrive pour la consanguinité.
3*^ Les observations des consanguinistes prouvent que les unions consanguines n'entraînent pas toujours de mauvaises conséquences pour les enfants, mais rien de plus.
4"" Des faits admis sans conteste par les deux camps il résulte que, lorsque deux parents contractent une
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union, sans être parfaitement sains, leurs enfants sont exposés aux plus graves infirmités.
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Bibliographie.