‹ Hygiene de la voix parlée ou chantéeChapitre 33 sur 107 · Les COSMÉTIQUES sont des substances des · texte numérisé non relu

Les COSMÉTIQUES sont des substances des

tinées à agir sur la peau ou ses dépendances, à savoir le système pileux et les dcnls, dans le but de leur conserver leurs qualités ou de remédier aux altérations qui surviennentaccidcntcllcmentou par les progrès de l'âge. Ils diffèrent suivant les parties du corps sur lesquelles on les applique. Les cosmétiques qui intéressent l'hygiène de la voix sont ceux qui favorisent l'exhalation cutanée en débarrassant, comme les savons, la peau de saletés amassées, ou en entretenant, comme le font les huiles et les pommades, sa souplesse et sa finesse.

Nous mentionnons ici aussi quelques autres cosmétiques, souvent employés par les artistes.

Les graisses, pures ou aromatisées, servent à peu prèsaux mêmes usages que les huiles ; elles forment la base de différentes^jommfli/es. Les mucilages, incorporés à l'axonge, constituent les pommades émollientes qui adoucissent la peau, l'assouplissent et la préservent de l'action de l'an-. Cependant les graisses ne tardent pas à rancir, à irriter la peau et à déterminer des affections de la peau souvent graves et rebelles ; aussi les huiles (d'amandes douces , d'olive, etc.) sont-elles préférables.

Les savons, durs ou mous (crèmes), nettoient la peau eu enlevant les substances étrangères qui la souillent et favorisent ainsi l'exhalation pulmonaire ; ils ne doivent pas irriter la peau.

Les eaux cosmétiques (eau de Cologne, eau de Portugal, etc.), stimulent et activent doucement les fonctions de la peau. D'autres sont destinées à calmer les irritations de la peau et les démangeaisons ; ou les prépare le plus souvent avec de Vacide acétique (vinaigre) et des végétaux odorants, par infusion , macération ou distillation. La pre-

paration que j'ai employée avec le meilleur succès est la lotion épidermique.

Le tannin et les sulDstances qui en contiennent (noix de galle, feuilles de noyer, de myrte, de roses, etc.), sous forme de poudre, souvent imbibées de vinaigre aromatique, en sachets ou pommades, donnent à la peau du ton et de la fermeté.

Les principales matières colorantes sont rouges : ce sont le carmin , le cartharae (rouge d'Espagne) et l'orcanette ,. mélangés à du talc de Venise , réduits en poudre impalpable et employés en poudre, en solution gommeuse ou en pommade. Leur usage trop fréquemment répété rend la peau rongeuse et en altère la souplesse et la douceur.

On emploie des poudres, telles que la fécule et l'amidon aromatisés , la poudre de riz , comme absorbants de la sécrétion trop abondante des aisselles et des aines. La poudre d'iris est trop excitante. La pâte d'amandes en poudre facilite l'enlèvement des matières grasses de la peau.

Une excellente poudre dentifrice consiste en un mélange et par parties égales de poudre de quinquina et de charbon pulvérisé.

La plupart des cosmétiques préparés avec des substances minérales altèrent le tissu de la peau sur laquelle ils sont appliqués ; absorbés par le tégument , ils peuvent déterminer des accidents parfois forts graves. Parmi ces cosmétiques, nous rangeons le rouge préparé avec dn vermillon (mercure) , les eaux qui teignent les cheveux par le nitrate d'argent, le blanc fait avec la céruse (carbonate de plomb) , diverses préparations de plomb pour donner aux cl evcux une couleur noire, les poudres épilatoires faites avec de l'arsenic, etc. Les fards blancs, dans la composition desquels entre l'oxyde de zinc ou le sous-nitrate de bismuth, ne sont pas toxiques, mais leur usage prolongé irrite la peau, la rend plus dure et quelquefois y fait développer des aflections spéciales.

G. Conseils hygiéniques.

L'hygiène de la peau, par rapport aux organes de la voix, doit avoir pour but de favoriser la respiration et l'exhalation cutanées normales et de rendre la peau moins susceptible aux refroidissements. La première condition est remplie par les vêtements et les bains chauds, la seconde par l'eau froide.

1 . Les VÊTEMENTS doivcut conserver la chaleur du corps et favoriser l'évaporation lente et insensible de la transpiration cutanée. Les tissus qui permettent une évaporation brusque et rapide de la transpiration exposent au refroidissement. Les vêtements imperméables, dont nous nous couvrons par exemple pour nous garantir contre la pluie, ont le grave inconvénient de condenser la transpiration à leur paroi interne et d'entretenir autour du corps une humidité que l'abaissement de la température peut rendre fort dangereuse. Les tissus qui pompent l'humidité et se dessèchent lentement, comme par exemple la laine, la flanelle, peuvent donc être recommandés, surtout si la peau est exposée au refroidissement.

a. Les jeunes gens en général sont peu sensibles à l'abaissement de la température ; ils ont toujours chaud. Aussi des vêtements plus légers leur conviennent-ils mieux qu'aux vieillards.

qui ont toujours froid. Dans l'âge adulte, les vêtements sont en rapport avec les habitudes prises.

b. Le SEXE modifie profondément l'emploi des tissus et la forme des vêtements. La femme résiste moins au froid ; il est nécessaire de couvrir les petites filles de vêtements plus chauds; les femmes âgées ont souvent recours à l'usage de chaufifrettes, cependant, à l'âge adulte, l'empire de la mode fait disparaître cette différence et les femmes paraissent, dans les soirées, poitrine et bras tout nus ; des précautions sérieuses doivent être prises, dans ce cas, contre le refroidissement par l'emploi de vêtements chauds et légers, serrés sur les épaules (voy. Refroidissement).

Le corset n'est usité que chez les femmes ; son emploi a été très-vivement critiqué et même proscrit. Le corset, pour ne pas être nuisible, ne doit pas comprimer, mais seulement contenir et sou- . tenir; il doit permettre la liberté des mouvements à la base du thorax et n'empêcher en rien la plénitude delà respiration ; il doit être par conséquent souple et principalement garni de baleines. S'il comprime la base du thorax, les fonctions du foie, de l'estomac et du cœur sont gênées, de môme que le libre jeu des poumons ; le type abdominal de la respiration devient impossible, les cavités de la poitrine et de l'abdomen sont réduites, l'émission de la voix, surtout dans le chant, est entravée.

Les troubles apportés dans lasanté générale sont encore plus considérables si le corset est employé avant l'âge de la puberté.

c. 11 est d'une bonne hygiène d'adapter la nature des vêtements à la saison et au climat. Ainsi par un iem'ps froid et rigoureux, on fera usage de vêtements épais, de fourrures, etc., qui s'opposent à la perte de la chaleur et à l'évaporalion rapide de la transpiration cutanée; dans la saison des chaleurs, on se revêt d'étoffes de toile, de fil ou de coton, qui favorisent l'évaporation; dans les saisons intermédiaires, on changera les vêtements par transition.

d. L'occupation, habituelle ou temporaire, est en rapport avec le choix des vêtements. Les femmes qui se livrent à la danse, au salon ou sur la scène, portent des costumes très-légers et qui laissent une grande partie du corps à nu. Aussi, lorsque la danse cesse, doit-on se couvrir de vêtements plus chauds, si l'on ne veut subir l'effet souvent désastreux d'un refroidissement.

Les artistes lyriques ou drama tiques sont quelquefois obUgés de porter, conformément au rôle représenté, un costume trop chaud ou trop léger, par rapport à la température ambiante. Dans aucun cas il ne doit gêner la respiration et l'émission de la voix. Des précautions particulières sont aussi exigées lorsqu'on quitte ses vêtements.

L'habillement des ecclésiastiques, des religieux ou des soldais n'est pas toujours en rapport avec les conditions climalériques de nos contrées; il n'influence les organes de la voix que par la garantie plus ou moins parfaite qu'il offre contre le refroidissement.

e. Beaucoup de personnes ont l'habitude de recouvrir avec de la flanetle le tronc et les membres. Cette étoffe a l'avantage de favoriser les fonctions de la peau (p. 117), de s'imbiber de la sueur et d'empêcher ainsi son évaporation rapide; mais dans la saison chaude, son usage devient souvent fort pénible, et il est imprudent de l'abandonner, l'habitude une fois prise. Aussi est-il préférable de ne pas habituer la peau à l'usage de la flanelle, mais de la rendre moins susceptible aux refroidissements (p. 126).

Faut-il laisser le cou à découvert ou porter des cravates? Il est certain qiie l'habitude de couvrir le cou rend cette partie tellement impressionnable que lorsqu'on vient à le découvrir on contracte facilement une inflammation de l'arrière-gorge ou du larynx. Les cravates trop dures, les cols d'uniforme neufs, roides, trop serrés, déterminent souvent, comme l'a constaté le baron Larrey, le gour flement des glandes cervicales. Il faut donc, dès l'enfance, prendre l'habitude de ne pas couvrir le cou.

2. Los personnes qui prennent des BKms, froids ou tièdes doivent, en les quittant, éviter le refroidissement à l'air libre. Le bain chaud, le bain russé, doit être court, pour ne pas exposer aux congestions pulmonaires ; après l'avoir pris, on doit s'entourer de couvertures et s'étendre sur un lit, en attendant que la sueur cesse. On en fait usage comme moyen thérapeutique, tandis que les bains tièdes sont, pour les organes de la voix, purement hygiéniques, favorables à l'exhalation cutanée.

L'eau froide, dans ses apphcations diverses, est • un des moyens les plus -puissants pour rendre la peau moins susceptible au refroidissement par les variations de la température. Nous recommandons particulièrement le drap mouillé (voy. Formulaire). Il faut quitter le bain froid dès qu'il se déclare un frisson.

Tout le monde sait que le travail de la digestion doit être terminé quand on se plonge dans un bain quelconque.

3. Les COSMÉTIQUES qui sont employés pour nettoyer la peau sont seuls hygiéniques ; parmi les autres et principalement lesfards, il faut repousser ceux dont l'absorption peut déterminer des effets toxiques ou qui altèrent la peau (p. 120).

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