ÉTABLISSEMENTS INSALUBRES
Abattoirs, tueries.
Une de plus grandes réformes opérées dans notre ville, celle peut-être dont la salubrité publique a le plus profité, c’est la mesure qui a supprimé les boucheries existant presque dans divers quartiers et les tueries de porcs qui se rencontraient dans chaque rue. Quatre boucheries fonctionnaient pour le service de la ville: celles de l’Hôpilal , des Terreaux, de Saint-Paul et de Saint-Georges ; l’aspect général de ces divers quartiers a été heureusement changé par la suppression de ces hideux établissements que traversaient des ruisseaux de sang, dont les dalles étaient recouvertes d’excréments et de détritus animaux et dont les alentours étaient constamment infectés par les industries insalubres qui suivent l’abattage et le dépeçage des animaux. Nous avons vu s’élever à la place de l’Hôpital un spendide passage qui le dis-
pule en élégance architecturale à ceux de la capitale ; celle des Terreaux avec la sordide rue qui l’avoisinait complètement rasée a été remplacée par une immense agglomération de maisons commodes et bien distribuées, limitée au nord par la rue d’Algérie, au midi par la rue de Constantiue. Les boucheries de Saint-Paul et de Saint- Georges restent encore à peu près ce qu’elles étaient, mais, assainies depuis que les animaux n’y sont plus abattus, ce sont aujourd’hui des rues étroites et insignifiantes qui n’offrent plus, du moins, l’aspect rebutant qu’elles présentaient et qui attendent avec tout ce côté de la ville le moment de leur régénération. Ainsi partout dans ces quartiers désolés auparavant par une atmosphère fétide et nauséabonde, la salubrité a été rétablie et l’on en est à se demander comment on a pu laisser subsister pendant tant de siècles un état de chose si préjudiciable à la santé publique.
Celte grande mesure fut la conséquence de la création d’un abattoir public à Perrache, établissement communal dans lequel devait être exclusivement pratiqué l’abattage des animaux employés pour la boucherie et la préparation des nombreux produits qu’on en peut tirer.
Conquête presque récente de l’hygiène publique, les abattoirs n'ont été établis à Paris qu’à une époque peu éloignée delà nôtre. En 1810, un décret impérial décida que cinq abattoirs seraient institués, trois sur la rive droite de la Seine, deux sur la rive gauche, et ce ne futqu’en 1818 qu’ils purent recevoir leur destination. Depuis lors leur nombre s’est accru et tend à s’accroître encore par le nouvel agrandissement que vient de recevoir la capitale. A Lyon, l’abattoir de Perrache a été
ouvert en 1840. Placé sur les bords du Rhône, ayant les eaux du fleuve à sa disposition, jouissant par sa position en plaine d’une aération facile il réunit aussi, par ses dispositions intérieures, de bonnes conditions d’hygiène et de salubrité. Il ne fut pendant longtemps destiné qu’à l’abattage des animaux de boucherie ; en 1853, on pensa à y établir la tuerie des porcs et déjà à cette époque les triperies et les fonderies de suif qu’il contenait soulevaient de nombreuses réclamations dans son voisinage, ainsi que le constate le rapport suivant du Conseil consulté sur l’établissement des porcheries.