‹ Hygiène de LyonChapitre 29 sur 62 · CIMETIÈRES · texte numérisé non relu

CIMETIÈRES

Le Conseil d’hygiène a été plusieurs fois consulté pour l’extension à donner aux cimetières ou leur translation sur un autre emplacement. Nous donnons ici l’extrait des rapports qu’il a adressés à l’autorité à ce ce sujet.

Cîmciâcre de Valse.

( Séance du 21 août 1851, extrait du procès-verbal).

M. Tisscrant, au nom d’une Commission composée de trois membres, MM. Lccoq, Polton et Tisscrant, lit un rapport longuement et soigneusement motivé sur un projet présenté par M. le Maire de Vaisc, au sujet du cimetière de la commune, qu’il désire transférer sur le plateau de la Duchère, dans un tellement de terrain dépendant de la propriété de M. Rivcricux de Yarax. — M. le Rapporteur décrit d’abord l'état du cime ticrc actuel de Vaisc ; il énumère les nombreux et graves inconvénients qui résultent: 1° de sa situation très-rapprochée des habitations; 2° de son peu d’étendue qui le rend insuffisant aux besoins de la population ; 3° de la nature de son sol argileux et humide qui se prête mal à une décomposition rapide des cadavres, et qui d’ailleurs est sursaturé de matières organiques. 11 en fait ressortir la nécessité de changer ce cimetière, nécessité que, du reste, la commune de Vaisc avait déjà sentie des 1836, puis-

qu’elle a fait depuis cette époque plusieurs tentatives dans ce sens. Mais scs efforts ont toujours été infructueux, ils ont échoué devant les oppositions de l’Administration départementale, communale ou du génie militaire.

Apres cet exposé, M. le Rappoi leur examine le lieu désigné par M. le Maire pour en faire le cimetière futur de Vaise, cl il déclare, au nom de la Commission, que la plupart des conditions que l’on doit rechercher, que la loi exige, se trouvent réunies dans remplacement choisi. Le nouveau cimetière aura une superficie de 13,000 mètres, il pourra suffire à une populalion doi blc de la population actuelle, tout en respectant les prescriptions de la loi. 11 est élevé, battu par tous les vents ; le sol est profond, de composition et de consistance moyenne. Sa distance est do près de 3 kilomètres.

Il y a cependant des oppositions très-sérieuses que M. le Rapporteur ne peut moins faire d’indiquer. Il regarde comme parfaitement molivée celle de M. Pme-Dcsgranges, qui possède une propriété d’agrément sur le plateau même de la Duchèrc, au nord-ouest du cimetière projeté ; il considère comme incontestable la dépréciation que devra subir sa propriété ; mais il s’en rapporte à la sagesse de l’autorité supérieure pour apprécier la portée de ses réclamations. — Le génie militaire fait aussi valoir des raisons sérieuses d’opposition , mais, dit M. le Rapporteur, ces difficultés ne sont pas de la compétence du Conseil. Enfin, M. le Rapporteur, rappelant la délibération du Conseil de fabrique de la paroisse de Vaise en date du 6 juillet 1851 , et le Rapport du juge de paix du 5e arrondissement, qui tous deux approuvent le choix du lieu, propose au Conseil, au nom de la Commission, de déclarer :

1° Que le cimetière actuel de Vaise est insuffisant, et qu’il y a urgence de le fermer au plus tôt ;

2° Que sa situation auprès de la ville, près d’un ruisseau, la nature de son sol s’opposent absolument à son agrandissement.

3° Que le point indiqué sur le coteau de la Duchèrc, dans la propriété de M. de Varax, convient par sa situation et par la nature du terrain à l’établissement du nouveau cimetière;

4° Que son existence dans cet endroit ne peut être d’aucun danger pour le voisinage ;

5° Qu’il ne peut être pour le fort de la Duchèrc particulièrement une cause d’insalubrité ;

Le Conseil approuve :

Rocgieh, vicc-Président,

Glènard, Secrétaire.

Cimetière de Loyasse.

(Extrait du procès-verbal de la séance du 11 août 1853).

M. Devay (I) lit sur cette question importante, un rapport très-circonstancié, plein (le détails d’un haut intérêt, qu’il termine par les conclusions suivantes :

1° L’emplacement désigné par l’Administration (clos Targe et Naclmry) pour l’agrandissement du cimetière de Loyasse, présente tous les avantages requis pour cet usage. Sous aucun rapport la propriété du Petit-Séminaire ne convient. Le Conseil est d’avis néanmoins, vu les raisons alléguées dans le Rapport, que cette extension donnée au cimetière général soit sur le plateau, soit sur le versant de la montagne, soit la dernière.

2° Qu’il est nécessaire de donner aux cimetières des anciennes villes de la Guillotière, Vaisc et delà Croix-Rousse une extension en rapport, tant avec leur population respective qu’avec celle des quartiers de Lyon qui font aujourd’hui partie des mêmes arrondissements municipaux.

3° Comme d’après les calculs faits par le Conseil, le cimetière proposé ne donnerait un espace suffisant pour les sépultures que pour un laps de deux années, le Conseil est d’avis qu’il y a lieu, vu les éventualités cpii peuvent survenir, de s’occuper immédiatement de la création d’un nouveau cimetière.

Cimetière «Se Saint-Georges «le Rencins.

( Séance du 29 mai 1859).

Messieurs ,

Désignés par M. le président, M. Brévard et moi, à l’elïet de visiter le terrain proposé pour remplacer le cimetière actuel de Saint-Georges de Reneins, nous nous sommes rendus dans cette commune, le 29 mai 1853, pour constater si cet emplacement pouvait convenir à la destination ; 1° par sa situation, 2° par la nature du sol. Nous avons soigneusement examiné les lieux, mesuré la profondeur des fosses, fouillé les diverses parties du terrain; et c’est après cette investigation, après avoir pris connaissance des diverses pièces du dossier et notamment de l'avis très-explicite du Conseil

(D Au nom d'une Commission composée de MM llougiep, Dardel, Dctay, Atlhaud.

de salubrité de Villcfranche, que nous venons vous exprimer noire avis motivé.

Le terrain proposé est dans une situation parfaitement convenable, à l’est tirant un peu au nord du bourg. A peu près à son niveau et à la suite, toujours à l’est, ce terrain va en desccndantjusqu’à la Saône cl laisse dans quelques parties basses éloignées du cimetière en question des espaces marécageux. En conséquence, les eaux peuvent facilement être dirigées et s’écouler de ce côté, par les chemins latéraux, sur les bords desquels on pourrait pratiquer des fossés sans difficultés ni dépenses importantes.

La nature du terrain, ainsi que le Conseil en Ipourra juger par l’échantillon que nous avons pris au fond de la fosse la plus profonde, à 2 mètres 50 au-dessous du niveau général, est un sable légèrement argileux, le sable dominant dans une forte proportion, il est donc très-convenable pour les sépultures.

La vérification des fosses faites dans la saison pluvieuse et le jour même d’une forte pluie nous a donné la conviction qu’une nappe d’eau devait exister au-dessous du terrain, à la profondeur moyenne de 2 mètres 30 centimètres. Il devient donc indispensable de pourvoir à cct inconvénient au moyen d’un remblai, consenti d’ailleurs par les habitants et que nous jugeons indispensable pour rendre le terrain propre à sa destination. Etabli sur une hauteur de 50 à 60 centimètres dans les points les plus bas, il permettra facilement de donner aux fosses, et dans tout leur périmètre, la profondeur légale de 2 mètres.

Les maisons d’habitation sont à de grandes distances, ainsi que vous pouvez le voir d’après le plan que nous vous soumettons, la plus rapprochée a été construite depuis l’acquisition du terrain, et le propriétaire est venu en pleine connaissance de cause chercher ce fâcheux voisinage.

On trouverait difficilement dans les environs du bourg un emplacement plus convenable pour un cimetière, les terrains environnants élant beaucoup plus argileux et même marécageux sur quelques points. Du côté ouest la chose serait à peu près impossible, attendu la barrière formée par la chaussée du chemin de fer et l’exposition moins bonne, vu la fréquence des vents d’ouest dans nos contrées. Au sud ce serait enfreindre les lois et les usages ainsi que toutes les règles de salubrité. Au nord il faudrait aller à de très-grandes distances pour trouver une localité convenable.

Quant au cimetière actuel, placé à côté de l’église, au centre de la population, en contre haut de toutes les rues et des maisons qui l’entourent, il renvoie des eaux imprégnées de miasmes putrides, produits de la décomposition des corps sur la voie publique et contre les murs des maisons. C’est une cause incessante d’insalubrité, cct état de chose est intolérable, nous pensons qu’il y a urgence à y remédier

En conséquence nous avons l’honneur de vous proposer de répondre que sous le rapport delà situation, de la nature du sol et de la proximité, il y a lieu d'autoriser la commune de Sl-Gcorgcs-dc-Rencins à établir un cimetière dans remplacement proposé et que l’intérêt de la salubrité publique exige que cette translation s'effectue dans le délai le plus rapproché.

Lyon, 29 mai 1853.

Ont signé: MM. Brévard, d. m.; Dardel, architecte en chef de la ville (rapporteur).

Le Conseil approuve les conclusions de ce rapport.

Le Vice-Président, Le Secrétaire,

Signé: Uougier. A. Gi.énaud.

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