DES BAINS FROIDS
Les bains froids les plus généralement en usage sont les bains de rivière et les bains de mer. — L’immersion du corps, en entier, dans une baignoire ou un bassin rempli d'eau froide, les affusions et douches d’eau froide ne sont employées que par la médecine, pour combattre certaines ma- Jladies.
La température des bains froids et frais a été ainsi limitée :
Bain très-froid..,, de 0 à 10 degrés au-dessous,
2 Je
Bain froid..... .. de 0 à 15 degrés au-dessus,
Bain. frais. . 1. … de 16 à 20 degrés au-dessus.
Les bains froids, pendant l'été, sont des plus bienfaisants aux personnes bien portantes ; les su- Jets faibles et débiles en retirent encore de plus grands bénéfices. La crainte des conséquences funestes de l’eau froide est sans fondement; car le bain froid, pris avec les précautions hygiéniques dont nous allons parler, ne peut qu’être salutaire.
… PHÉNOMÈNES QUI RÉSULTENT DE L’IMMERSION DU CORPS DANS L'EAU FROIDE. — Ces phénomènes sont de deux ordres: les premiers ont pour cause la pression du liquide sur toute lasurface du corps ; celte pression, “qui est onze cent fois plus grande que celle de Vair, oecasionne une gêne de respiration, un malaise qui disparaît dès qu’on s’est habitué à la pression de l’eau. Du reste, ce phénomène s’observe en petit lorsqu'on entre dans une baignoire.
Le second ordre de phénomènes dépendent de Ja température de l’eau. Dès que le corps se trouve plongé dans l’eau, il éprouve une vive impression de froid, un saisissement général suivi d’un frisson. Ge frisson est causé par la soustraction d’une portion du calorique de la peau et par le refoulement
RO des fluides de la périphérie du corps au centre La respiration S’entrecoupe, la peau se contract etoffre un aspect mamelonné vulgairement nomm chair de poule. Mais, ces phénomènes disparaissen bientôt devant la réaction circulatoire qui ramèn le sang et la chaleur du centre à la circonférencé alors, la respiration ainsi que la circulation re prennent leur cours normal, et le bain devier agréable.
PRÉCAUTIONS HYGIÉNIQUES À PRENDRE AVANT D'ENTRE DANS LA RIVIÈRE OU LA MER. — Le baigneur dev rester quelques minutes sur le rivage, avant de: eter à l’eau et attendre que toute transpiration & cessé.
Il existe deux manières d'entrer dans l’eau l'immersion graduelle et l'immersion brusque. L’in mersion graduelle est peu hygiénique et fort dés: gréable ; car, bien que la température de l’eau so assez élevée en été, elle l'est toujours beaucou moins que celle du corps. Il résulte de limmes sion graduelle une sensation d'autant plus pénihl que le baïigneur reste plus longtemps à s'imme: ger complétement. C’est surtout lorsque l’eau cor! mence à atteindre le bas-ventre et Pépigastre, qu
US Le le saisissement peut être accompagné de gêne respiratoire et quelquefois de cerispations, d'anxiétés épigastriques si vives, que le baigneur est forcé de se retirer. Il est facile à concevoir qu'en s’immergeant d'abord les pieds, puis les jambes, et en arrivant peu à peu au reste du corps, il doit s’opérer un refoulement progressif des fluides vers la poitrine et la tête, refoulement qui peut occasionner des congestions dangereuses. Or tous les médecins proscrivent, d’une manière absolue, l’immersion graduelle.
Immersion BRusQuE. — Cette manière est la plus convenable et la moins pénible; elle consiste à S'élancer subitement dans l’eau, à plonger ou à nager quelques brasses entre deux eaux. Les personnes qui ne savent point nager entreront en courant dans la rivière ou la mer, et s’assiéront brusquement dès qu’elles auront de l'eau jusqu’audessus du genou. On peut alors, en se servant des mains, se tourner et se retourner plusieurs fois, battre et agiter l’eau. Après ce premier saisissement on est à l'abri de toute impression pénible. L'action du bain froid sur les vaisseaux capillaires est très-sensible ; leur calibre se resserre au
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point de faire refluer le sang dans les gros vaisseaux et d’occasionner une pléthore momentanée ; mais cet état disparait à mesure que le corps se: met en équilibre avec le milieu dans lequel il est plongé. S
PRÉCAUTIONS A PRENDRE PENDANT LE BAIN. — On ne doit jamais rester immobile dans le bain froid ; les: personnes qui ne savent point nager exécuteront avec les bras et les jambes divers mouvements, frapperont l’eau, s’avanceront, reculeront, ete., de manière à mettre le système musculaire én action. Il est prudent de s’abriter la tête contre le soleil et de mouilier le front et le visage de temps en temps; la vaporisation, qui a lieu à la surface: de la peau mouillée, y entretient la fraicheur.
Durée pu Bas. — La durée du bain froid, quoique n’ayant point de règles fixes, peut néanmoins être mesurée ainsi qu’il suit : |
10 à 15 minutes pour les enfants; 20 à 30 minutes pour les adultes :
40 à 50 minutes pour les personnes faites.
La durée du bain sera d’autant moins longue que la température de l’eau sera plus froïde.
Et JR CE.
Règle générale. — On doit sortir du bain aussitôt qu'on éprouve un frisson. Pour les personnes raisonnables, ce frisson est le coup de sonnette qui leur indique la sortie du bain.
… PRÉCAUTIONS APRÈS LE BAIN. — Après la sortie du bain, il est dangereux de rester exposé nu au soleil, parce que la volatilisation de l’eau à la surface de la peau se fait au détriment de la chaleur intérieure du corps ; et lorsque la peau est tout à fait sèche, si l’on s’obstine à rester au soleil, alors une insolation est à craindre.
Or, après la sortie du bain, l'hygiène conseille de s’essuyer de suite et de s'habiller promptement. Un léger exercice après le bain, comme la promenade à pied ou à cheval, est très-salutaire. S'il arrivait que le baigneur doué d’une faible santé fût resté trop longtemps dans l’eau, et que la réaction de la chaleur centrale eût de la peine à s'établir à la périphérie du corps, s’il éprouvait des frissons, du malaise, il serait nécessaire de frictionner tout le corps avec un. tampon de flanelle ou avec une brosse, afin d'exciter la peau et d'y rappeler la chaleur; on lui fera prendre, en outre, quelques cuillerées d’un vin généreux. Les
frictions avant et après le bain ne peuvent qu'être favorables au baigneur. Voyez le chap. x1 de cet ouvrage, qui traite particulièrement des fricuons et autres pratiques utiles à la suite du bain.
ILest des personnes à peau fine et très-délicate qui, après quelques bains de mer, sont atteintes d’une éruption sur tout le corps: cette éruption, plus ou moins abondante, ne doit nullement les inquiéter, il suftit de remplacer les bains de mer par quelques bains d’eau douce pour la faire disparaitre. | |
EFFETS CONSÉCUTIFS DES BAINS FROIDS SUR NOTRE OR- GANISATION. — L'action du bain froid se manifeste par le raffermissement des tissus, par une vitalité plus grande des organes et par un surcroît de forces dans le corps entier. Lorsque le bain de rivière et surtout celui de mer est répété dans la mesure prescrite par l'hygiène, il étend ses bienfaits sur toute notre économie ; les membres sont plus agiles, plus robustes, les fonctions organiques s’exécutent plus facilement, la santé se fortifie, la peau acquiert plus de ton et de force de résistance contre les variations atmosphériques, source de tant de maladies. Cette dernière circonstance est si-
AT RES gnalée par les médecins qui ont observé que les effets stimulants de l’eau froide, et particulièrement de l’eau de mer, sur le réseau vasculaire de la peau, prévenaient ou du moins modifiaient l’action débilitante du froid. En effet, les marins s’enrhument moins facilement que les mariniers d’eau douce, sans doute parce que l’eau salée se vaporise plus lentement que l’eau douce, et que la couche saline qu'elle dépose sur la surface de la peau possède une action stimulante qui rend l’enveloppe cutanée moins impressionnable.
Jusqu'ici nous n'avons considéré le bain froid qu'en général, c’est-à-dire sous le rapport de la température, et nous avons confondu le bain d’eau douce ou de rivière avec le bain de mer. Ces deux sortes de bains, qui se rapprochent par leur température, s’éloignent l’un de l’autre quant à leurs effets sur le corps humain atteint d’affections chroniques. Nous allons maintenant discourir sur chacun d’eux en particulier.
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SECTION II