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BAINS DE RIVIERE OU D'EAU DOUCE

La plupart des médecins hygiénistes pensent

que le bain de rivière produit, chez l’homme en santé, à peu près les mêmes phénomènes physiologiques, c’est-à-dire les mêmes effets que le bain de mer, à un degré moindre seulement. C’est ce que nous avons démontré plus haut dans le para graphe qui traite de l’immersion du corps dans l’eau froide.

Le bain de rivière possède des propriétés tontques, Stimulantes et rafraichissantes ; il est particulièrement ordonné aux constitutions molles, empâtées et gorgées de sucs blancs, aux coustitutions épuisées par l’abus des plaisirs où débilitées par de tristes flueurs blanches, si communes aux femmes sédentaires des capitales. Le bain de rivière est en: core ordonné dans une foule de circonstances qu'il serait trop long d’énumérer; il nous suffira de dire que le docteur Thouvenel, auteur d’un excellent traité d'hygiène qui n’est malheureusement pas as-

ENT sez lu, pense que beaucoup de personnes pourraient éviter les frais d’un déplacement et trouver dans les eaux de la rivière qui coule près de leurs foyers une grande partie des avantages du bain de mer. En effet, le corps étant plongé dans un milieu plus résistant que l'air, qui s'oppose à la transpiration cutanée, acquiert-au lieu de perdre; c’est pourquoi la personne affaiblie, fatiguée par les chaleurs débilitantes de l'été, trouve dans le bain de rivière un: prompt délassement et une nouvelle vigueur. Avant le bain, elle était nonchalante, accablée de lassitude ; après le bam elle se trouve alerte et disposée à marcher, à agir.

La population des villes, et surtout la classe riche, serait mieux portante et plus vigoureuse si, au lieu de charger leurs enfants d’épaisses coùvertures, de les entortiller dans Ix soie, la laine ou le coton, de les calfeutrer dans des appartements où Île plus souvent circule un air épais, chargé d’émanations animales, on les accoutumait dés le bas âge au grand air, aux vêtements légers, aux exercices physiques ; si on les habituait à l’usage de l’eau froide, soit en bains, demi-bains ou ablutions; en observant toutefois les gradations

23260. -— exigées par l'âge et la’ constitution du sujet; ces enfants seraient, sans nul doute, plus vigoureux et mieux portants. Qu’on se rappelle les Spartiates, les Romains, les Celtes, les Germains, et nos aïeux les Gaulois : c’est au bain froid qu'ils durent leur force et leur vigueur.

Mais, il faut le dire à la gloire des institutions modernes, quelques faibles rayons de lhygiène publique ont éclairé une partie de la nation; les habitants des grandes villes de France, et en particulier de la ville de Paris, ont enfin compris tout ce qu'il y avait de salutaire et de favorable à la santé dans le bain froid. De nombreuses écoles de natation pour les hommes et les femmes se sont établies sur la Seine; un superbe #ymnase nautique s'est élevé sur ses bords, et la jeunesse des deux sexes les remplit du matn au soir, Des troupes de jeunes demoiselles s’exercent a la nage, rivalisent d'adresse, plongent avec au= dace et fendent le flot aussi rapidement peut-être que ces fières filles de Lacédémone qui traversaient plusieurs fois de suite le courant de l'Euro: tas.

Aujourd'hui toute personne qui à reçu un peu

NET de d'éducation sait que’ la gymnastique du bain froid, autrement dit la natation, est un excellent moyen de fortifier la constitution des jeunes filles, et d'exempter ou de guérir les jeunes femmes de certaines affections particulières à leur sexe, affections malheureusement très-communes, qui les pàlissent, détériorent leurs organes, influent toujours défavorablement sur les fonctions de la génération et souvent les rendent stériles *.

SECTION III

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