ET LES FONCTIONS DE LA PEAU
Nous avons dit, dans un précédent ouvrage, que de tous les organes de notre corps, la peau était celui qui offrait le plus de surface, le plus d’étendue, et qui accomplissait plusieurs fonctions des plus importantes pour la vie et la santé.
Plusieurs philosophes ont avancé que, chez les - peuplesanciens, la santése trouvait moins souvent altérée, parce que ces peuples faisaient un très-fréquent usage des bains et des frictions. Il est, d’ailleurs, hors de doute que les personnes qui soumettent journellement {eur peau à des soins hygié-
SÉDRES
niques éclairés, sont exemptes d'une foule de ces petites affections qui frappent Îles personnes oublieuses des soins de propreté.
La peau, vue au microscope, apparaît criblée d'une infinité de petits trous nommés pores, dont les uns, sous le nom de vaisseaux exhalants, jettent au dehors l'humeur transpiratoire ou excrémentitielle; les autres, appelés vaisseaux absorbants, servent aux diverses absorptions et résorptions : et, enfin, les conduits sébacés, qui versent à | la surface de la peau une humeur onctueuse que les physiologistes considèrent comme concourant à la formation et à la renovation de l'épiderme. Outre ces trois genres de vaisseaux, la peau recèle, dans son épaisseur, une énorme quantité de cryptes, follicules ou petites glandes, ainsi qu’un réseau vasculaire et nerveux, formé par l’entre-croisement des artérioles, veinules et filets nerveux.
Ainsi, la peau accomplit trois importantes fonctions : l’exhalation, l'absorption et la sensibilité tactile *. -
4 Dans un ouvrage des plus utiles, intitulé Hygiène médicale du visage et de la peau, troisième édition, se trouve la description physiologique et les curieux phénomènes d’absorp-
POS |: ea Les expériences de Lavoisier et de Séguin ont permis d'évaluer les pertes que fait le corps, par la transpiration pulmonaire et cutanée, à 2 kilogrammes 500 grammes au maximum, en vingtquatre heures.
4 kilogramme 2 à 300 grammes au minimum, également en vingt-quatre heures.
Relativement aux phénomènes de l'absorption, on a expérimenté que les substances gazeuses, fluides et même solides, sont prises par les vaisseaux absorbants et charriées dans le torrent circuculatoire. Le célèbre Fontana fit, à ce sujet, de curieuses expériences. Magendie a calculé qu’un jeune homme immergé jusqu'au cou dans un bain d’eau tiède avait absorbé quatorze grammes d’eau au bout d’un quart d'heure, — trente-six gramtion et d’exhalation de la peau. Cette intéressante description, mise à la portée des gens du monde, jette une vive lumière sur les importantes fonctions de l'organe cutané, et apprend au lecteur qu'il faut se garder de l’usage de cette foule de cosmétiques, prônés par l'industrie, donc l’action est aussi nuisible à la santé qu'à la beauté. On trouve aussi dans le même ouvrage, un choix de formules et recettes cosmétiques avoués par la science, et des plus efficaces pour obtenir le ré-
sultat désiré. 1 vol. gr. in-18. 2 fr. 50 cent. Chez Garnier frères, libraires, au Palais-Royal, à Paris,
mes après trois quarts d'heure, — et quarante-six grammes cinq décigrammes, après y être resté une heure, |
Devant ces faits, le lecteur doit juger que l’exhalation et l'absorption cutanée sont deux fonctions actives, incessantes, et qui ne sauraient éprouver d'arrêt ou de retard sans de graves inconvénients pour la santé, | |
L'humeur transpiratoire, à mesure qu'elle se volatilise, laisse sur la peau un enduit composé de matières animales et salines qu'elle tenait en dissolution. Cet enduit, en S’épaississant, finirait par boucher les pores et intercepter la transpiration, d’où résulteraient des désordres dans l’économie : il peut aussi irriter la peau et donner lieu, comme dans l’'empoisonnement miasmatique, à de graves symptômes pathologiques, si les prmcipes morbifiques qu’il contient sont absorbés et reportés dans le sang. Or, dans ces divers cas, le neltoyage de la peau par le bain est indispensable au maintien de la santé.
Relativement à la sensibilité de la peau, le bain et le nettovage sont également indispensables pour la débarrasser de toutes les maüères irritantes,
dont le contact prolongé pourrait irriter le vaste épanouissement nerveux cutané et développer une exaltation de sensibilité morbide qui amène toujours des accidents plus ou moins graves. Et ce n'ést pas seulement par son action dissolvante des impuretés attachées à la surface de la peau, que le bain prévient les maladies, l'absorption de l'eau détend les organes intumescents, combat la sécheresse de la peau et calme les douleurs nerveuses. = Enfin, le bain et les ablutions sont encore nécessaires à l'exécution normale de la circulation capillaire du dérme, à la souplesse de l'épiderme, qu'attaquent le froid, le chaud et les Corps envi-
ronnants.