MOBILIER
La transformation du mobilier scolaire ne peut se faire sans dépense; c est pour ce seul motif que de nombreux fabricants ont eu intérêt à créer une agitation autour de cette affaire. C'est probablement pour résister à cette tendance que la Commission a institué une Sous-Commission spéciale pour étudier une question d'aussi minime importance et que M. le Vice-Recteur s'est rendu régulièrement aux séances de cette Sous-Commission.
Il est dit, dans le rapport rédigé par M. Vacca , que « la Sous-Commission, ne se considérant pas comme chargée d'édicter un règlement..., a pensé qu'elle devait surtout indiquer l'idéal que l'on doit chercher à atteindre ou dont au moins on doit se rapprocher le plus possible ». Et en effet, le rapport est consacré à la description d'un mobilier type dont il donne les formes et les dimensions; ces indications seront reproduites plus loin.
La tâche du rapporteur général étant d'établir de l'homogénéité dans l'exposition des diverses questions confiées à i'étude de la Commission, il lui incombe de donner les raisons des préférences de la Sous-Commission pour tel ou tel système et de poser des conclusions.
On a vu plus haut (chapitre IV, p. 45) les conditions que le mobilier doit satisfaire dans l'intérêt de la conservation de la vue des enfants; ces conditions sont aussi les meilleures pour prévenir les mauvaises attiludes; mais l'hygiène de la vue et des attitudes n'est pas la seule considération qui doive guider le constructeur de mobilier scolaire.
La propreté exige que le mobilier ne soit pas un obstacle au net* toyage facile du parquet, et, sous ce rapport, un mobilier mobile est évidemment préférable ; si d'autres raisons amènent à choisir des modèles fixes, il faut que leur attache au sol se fasse avec précision et en évitant les angles, et c'est ce qui a engagé ia Sous-Commission à recommander des pieds en fonte. Les pieds métalliques sont surtout nécessaires si l'on adopte le mobilier a une place, dont la stabilité est insuffisante
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quand on le constrait tout en bois. Nous disons donc : Sartout dam le système à une place, il est préférable que les supports du hanc et de la iahie soient en fonte.
Si Ton veut éviter les mécanismes, soit coûteux, soit fragiles, qui permettent de donner de la mobilité au siège ou à. la tablette, on est conduit à n accepter que les mobiliers à une ou à deux places, pour que rélève, lorsqu^il doit se lever, puisse sortir de son banc, car Fadoplion de la distance native ne lui permet pas de se tenir debout a sa place. La 2" et la S"* Sous-Commission ont donné la préférence au mo-
bilier à une place, en faveur duquel on a fait valoir l'avantage d*isoler plus complètement les enfants, et d'arrêter ainsi, dans une certaine mesure, la propagation des maladies contagieuses. D'autre part, on a remarqué que le chacun pour soi n'est pas sans inconvénient quant à la formation des caractères, et beaucoup de membres sont, pour ce motif, partisans résolus du mobilier à plusieurs places. Les avantages de Tune ou l'autre solution ne sont donc pas assez nets pour permettre d'imposer formellement l'un ou l'autre système; nous nous bomons à exprimer une préférence pour le mobilier k une place. Nous dirons donc : On préférera le mobilier a une ou à deux places. Quand onfen usage du mobilier à plus de deux places, le siège ou la tablette ser(ml mobiles.
. Il ne faut pas se le dissimuler: plus un mobilier répond aux desiderata de l'hygiène de la vue, plus l'élève s'y trouve enclavé, et c'est là un grave inconvénient ; il est extrêmement fatigant pour les enfants de garder une immobilité absolue, témoin la difficulté de les photographier. Il faut donc, dans la mesure du possible, leur laisser un peu d'espace libre, et c'est pour ce motif que le dossier ne doit pas être notablement ploi haut que la tablette à écrire. Pendant les moments de repos, les élèves ne manquent pas de profiter de cette disposition pour appuyer an bras sur le dossier en se mettant plus ou moins de côté. L'emploi des mobiliers nouveaux serait intolérable si l'on n'exécutait pas les prescriptions relatives aux interruptions qui doivent couper la classe et si l'on ne permettait pas quelques changements d'attitude aux enfants; il sera sage de grouper les élèves debout autour du tableau ou d'une carte de géographie toutes les fois que eela pourra se faire sans inconvénient»
Dans les écoles primaires supérieures et surtout dans les écoles normales, la discipline est assez bonne pour qu'on puisse donner aux jeunes gens des chaises mobiles. La i" et la 2* Sous-Commission sont unanimes à préconiser cette disposition, avantageuse à tous égards. Nous dirons donc que dans les écoles normales oh fera usage de tables de haatear uniforme, fixes ou mobiles, à une ou plusieurs places ; des chaises ordinaires de deux hauteurs différentes setvnt mises à la disposition des élèves.
Nous n'avons considéré jusqu'ici que les hauteurs relatives de la tablette et du siège: la hauteur minima du siège au-dessus du sol a été définie par la quatrième condition formulée au chapitre IV, page 4i; mais rien n'empêche de surélever d'une même quantité la table et le banc, et il est utile de le faire pour deux raisons :
D'abord l'air qui passe sous les portes vient s'étaler en nappe froide sur le parquet; pour peu que les chaussures soient humides, les enfants ne tardent pas à avoir les pieds glacés ; cet inconvénient est plus sensible encore dans les classes à rez-de-chaussée , dont le sol est inipossible à chauBer au même degré que l'air ambiant; on est loin de la condition idéale : pieds chauds et "tête fraîche. Pour peu qu'on surélève le mobilier,' le mal est atténué; il faut alors ajouter un appui pour les pieds : cet appui ne pourra être qu'une planchette, horizontale ou inclinée, suivant sa distance du banc. ^
La seconde raison qui engage à surélever le mobilier sera fort appréciée par les maîtres quand ils circulent d'un élève à l'autre pour corriger les devoirs: plus le mobilier est haut, moins il est besoin de se baisser.
Au surplus, le mobilier haut présente encore l'avantage de se prêter plus aisément aux modifications : la même hauteur de table peut servir à tous les élèves, à condition de régler la hauteur des bancs et des traverses, tandis qu'il n'existe aucun moyen d'asseoir de grands élèves dans un mobilier bas.
Il est donc désirable qu*en tenant compte de toutes les indications relatives à la situation respective et aux dimensions du banc et de la tablette, on s'attache de plus à élever Vensemble du mobilier au-dessus du parquet.
Voilà notre mobilier construit d'après de bons principes. Comment le disposera-t-on dans la classe ? Il va sans dire que, dans les écoles mixtes, on ménagera forcément au milieu de la classe un passage longitudinal. Avec le mobilier à une place, à moins de donner à la classe une
largeur exagérée, on ne peut mettre que six élèves de front, trois de chaque côté du passage. Admettons en effet o",6o pour la largeur du mobilier, o",6o pour les passages le long des murs, o",45 pour les passages longitudinaux entre les bancs et o"',7o pour le passage central, oq a : 0,60 + o»6o + 0,45 + 0,60 + Oi45 + 0,60 + 0,70 -f" ^^^o + 0.45 + 0,60 + o»45 + o»6o + 0,60 == 7",3o. Avec le mobilier à deux places, on peut arriver à mettre huit élèves de front au lieu de six; en effet, admettant o,™5o pour les passages longitudinaux et donnant i.™,io de longueur aux tables, il vient: 0,60 -}- 1,10 + Oi^o + 1,10 + 0,70 + 1,10 + Oi5o + i»io + Ot6o = 7°',3o. Enfin, avec le mobilier traditionnel, rien n'empêche de mettre de chaque côté une longue table pour cinq élèves, donnant à chacun o",4i. La table mesure 2",20 et on a : 0,60 + 2,20 -J- 0,70 + *^20 -f- 0,60 = 6"*,3o. Dans ce dernier système, on a dix élèves au premier rang au lieu de huit ou de six qu'on a eus dans les systèmes à deux ou k une place; il est évident que cette disposition présenterait des avantages sérieux pour l'enseignement des matières où il est nécessaire d'éviter les classes profondes, et cela d'autant plus que la continuité des bancs permet aux enfants des derniers rangs de se déplacer un peu latéralement pour voir entre les tètes de ceux qui occupent les premiers bancs. Nous la recommandons pour les classes destinées spécialement à l'enseignement du chant et de la géographie dans les écoles normales. Dans ce dernier cas, il est mieux de ne pas ménager de passages transversaux, et les tables peuvent servir de dossiers aux bancs qui les précèdent. D'ailleurs, dans les écoles normales, les chaises sont préférables aux bancs. La 2* Sous-Commission a adopté la rédaction suivante : Dans les classes destinées spécialement à renseignement du chant et de la géographie, il est préférable d'avoir un mobilier à plusieurs places sans qu'il soit nécessaire d* adopter des sièges ou des tablettes mjobiles.
Dans les amphithéâtres, les gradins seront étages suivant les courbes théoriques de Lâchez. Employée il y a trente ans* pour ramphithéàtre de physique du Collège de France, introduite en Allemagne il y a plus de dix ans par Czermack, pour la construction de la salle de cours de son laboratoire à Leipzig, la formule de Lâchez a été appliquée, entre autres, à la construction de l'amphithéâtre de la faculté de médecine de Wûrzburg. L'expérience est concluante : l'ascension
des gradins doit se faire suivant une courbe telle que chaque assistant puisse voir la table du maître par-dessus la tête du précédent, en admettant que tous les élèves soient de même taille. Les inégalités individuelles sont compensées par la possibilité de profiter de i espace laissé entre les têtes (voir p. 62).
Après avoir indiqué les conditions théoriques d'un bon mobilier, il faut dire un mot des transformations qui suffisent pour rendre utilisables les mobiliers existants.
Dans la plupart des vieux mobiliers, les bancs sont très loin des tables et il est impossible aux enfants de s'y bien tenir en écrivant. Tous les mobiliers à distance dite positive doivent être réparés sans délai.
Le plus souvent, dans les mobiliers anciens, les sièges sont trop bas relativement aux tables. Ce défaut peut se corriger du même coup que le précédent : il suffit de clouer sur les sièges des planches dont Tépais* seur et la largeur seront mesurées de manière à atteindre le double but proposé. On se bornera d'ailleurs ici à obtenir une distance nulle, telle que le fil à plomb passant par le bord de la table vienne toucher celui du banc. Le plus souvent, après la transformation que nous venons d'indiquer, les pieds des enfants ne poseront plus à terre; il faudra donc poser une planchette d'appui à une hauteur convenable. Il faudra souvent aussi doubler les dossiers d'une traverse d'appui pour les reins.
En suivant ces indications, on peut, presque sans dépense, rendre suffisant le mobilier le plus mal proportionné.
Voici maintenant la description du mobilier type préféré par la Spus- Commission :
« Article premier. Les tables-bancs seront à une place. Quatre types seront établis pour les écoles des communes dans lesquelles il n'existe pas de sdle d'asile (écoles à classe unique] :
« Le type I, pour les enfants dont la taille varie de i mètre à i",io;
« Le type II, pour ceux de i"",! 1 à i%20 ;
tLe type m, pour ceux de i"',2i à i",35;
« Le type IV, pour ceux de i°',36 à i°*,5o.
* Trois types seulement, les types II, lU, IV, seront adoptés dans les écoles qui ne reçoivent les enfants qu'à sept ans , c'est-à-dire au sortir de la salle d'asile (écoles à plusieurs classes).
« Un cinquième type pourra être établi pour les enfants dont la taille excéderait i*,5o. On inscrira sur chaque tabie-banc le numéro du type auquel elle appartient, avec indication de la taille correspondante. (Exemple: III, l^2l à i^35.)
« La taille de chaque élève sera mesurée à son entrée à recelé; cette mesure sera prise une deuxième fois dans Tannée et les chiffres seront itiscrits chaque fois au registre matricule.
« L état de la vue de chaque élève sera également constaté aux mêmes époques que la taille, et Tinscription en sera également faite au registre matricule.
«Art. 2. La tablette à écrire aura, au-dessus du plancher, mesures prises au bord de la table, lesdimeusions inscrites au tableau ci-dessous. L'inclinaison variera de i5 à 18 degrés, sans être inférieure à i5 degrés.
« Art. 3. Le siège, prenant la forme du siège de Tescabeau, sera formé d'une tablette en bois soutenue par un pied en fonte cylindrique, fixé, à Taide d^un large cercle, au plancher comme au siège et à la table. Le dossier, relié au siège par un montant métallique , devra être formé de deux traverses en bois et devra avoir une hauteur : de o°*,4o au-dessus du siège pour le type d** 5, de o"',38 pour le type n** 4, de o™,36 pour le type n* 3, de o™,33 pour le type n* 2, de o"*,3i pour le type n"* 1. « Le siège fixe, légèrement incliné eh arrière, aura les dimensions cidessous :