ALIMENTATION ET VETEMENTS
Tout autant que Thomme de Tatelier ou des champs, l'homme decibinet a besoin d'une nourriture saine et abondante; son genre d'alimen tatîon peut être différent, mais il doit être également réparateur, cir s'il est nécessaire que l'un conserve la vigueur de ses muscles, il n'es: pas moins nécessaire que l'autre entretienne ses forces et que, de plm. il refasse, pour ainsi dire, chaque jour, la matière cérébrale qui suk par le travail de la pensée, comme la matière musculaire s'use par It travail du corps.
Si cela est vrai des hommes faits, combien cela n'est-il pas plasvTii
încore des enfants et des adolescents qui, pour suffire à leur développement physique, doivent recevoir plus qu'ils ne dépensent et dont le ;orps et le cerveau, également sollicités et également fatigués, ont besoin Tune nourriture qui répare et accroisse leurs forces 1
Malheureusement cette partie de l'éducation échappe le plus souvent i faction des maîtres. On peut cependant leur demander de veiller, dans a mesure du possible, à ce qu'elle ne soit pas sacrifiée et d'user de leur redit auprès des familles pour combattre des erreurs ou des négligences lont le développement intellectuel de Fenfanl aurait autant à souffrir [ue son développement physique.
D'autre part, comme il arrive fréquemment qu'un certain nombre rélèves prennent à Técole leur repas de midi, il faut dire aux maîtres ît aux maîtresses qui dirigent ces écoles que cest un devoir impérieux )Our eux de s'assurer que les aliments consommés sous leurs yeux sont uÛisants comme qualité et comme quantité, et qu'ils sont tenus, s'il est lécessaire, d'adresser de discrètes remontrances à qui de droit.
Quant aux directeurs et aux directrices d'écoles normales et de penionnats primaires élémentaires ou supérieurs, leur responsabilité est diectement engagée à ce que les pensionnaires que TEtat ou les familles mr confient jeçoivent, au point de vue de l'alimentation, tous les >ins qu'ils trouveraient dans leurs familles et souvent même des soins lus attentifs. Enfermés la plus grande partie du jour dans un air confiné, slreints à un travail régulier et parfois intense, ces jeunes gens ont esoin, bien plus encore que ceux qui jouissent des avantages de i'exîmat, d'un régime fortiGant.
La manière dont ces jeunes gens sont vêtus n'est pas indifférente non lus à leur santé et les maîtres et les maîtresses doivent, autant qu'il déend d'eux , leur faire contracter à cet égard de bonnes habitudes.
Pour ces différentes raisons, il a paru que quelques prescriptions très 3nérales sur l'alimentation et le vêtement seraient le complément utile e toutes celles qui précèdent sur l'hygiène scolaire.
Alimentation. — Grâce à la libéralité des conseils municipaux ou des Iministrateurs des caisses des écoles, on a pu installer, auprès des :oles primaires de quelques grandes villes, des cantines où un certain ombre d'enfants trouvent, les uns complètement, les autres en partie,
leur repas de midi. C'est une excellente institution qu'on voudrait voir se propager et qu'il serait désirable d'améliorer encoi'e. Là oh elle existe, il suffit de rappeler aux maîtres que, plus encore que les eufants delà campagne, les enfants des villes ont besoin d'une alimentation fortifiante, et de leur recommander de veiller attentivement, d'une part, à ce que les aliments fournis par la cantine soient préparés avec soin et, d'autr? part, à ce que les provisions apportées par les élèves soient saines et en quantité suffisante.
Ce qui importe, c'est que les enfants prennent des aliments chauè à chaque repas : ce n'est pas là un excès de délicatesse, mais une règt d'hygiène qu'on ne saurait éluder longtemps sans que les fonctions dt l'estomac en soient troublées.
Aucun élève, et particulièrement aucun de ceux qui sont obligés de parcourir une distance assez considérable pour se rendre à l'école , of devrait quitter la maison paternelle sans avoir mangé une soupe chaude.
Quant à ceux qui doivent prendre leur repas de midi à Técole, ib devraient être munis d'un de ces vases clos dont on se sert communément à la campagne pour porter les repas aux travailleurs des champs. Ce vase renfermerait encore une soupe ou un potage et, autant que leur nature le comporterait, les autres provisions destinées au dîner.
De son côté, l'instituteur devrait trouver le moyen de faire réchauffer soit à l'école, soit dans le voisinage, les aliments apportés par les élèves. Ce n'est pas là une difficulté que ne puisse vaincre une ingénieuse sollicitude. Quant aux provisions qui peuvent composer ce repas, il faui recommander, outre la soupe, les légumes cuits, les œufs, le laitage, les fruits mûrs et , autant que possible, les viandes fraîches. Il faudrait encore veiller aussi à ce que ces provisions ne fussent pas trop copieuses a certains jours et insuffisantes à certains autres.
Dans les campagnes, on est généralement prodigue de la boisson, vin, cidre ou bière, et il n'est pas rare de trouver dans les paniers des enfants quelqu'un de ces breuvages non mélangé d'eau et en plus grande qujmtité qu'il n'est nécessaire. De jeunes enfants ne peuvent pas boire impu nément une telle boisson : leur cerveau en est surexcité et, à la longue, leur système nerveux peut en être ébranlé. Les maîtres s'assureront donc que le vin , le cidre ou la bière ont été convenablement coupés d'eau.
En été, ils veilleront également à ce oue leurs élèves ne boivent pâ*
d'eao froide, smioot qoand ils soot éihauffé^ par le jea. Loe dëcocdoii de houblon ou de réglisse oa de caff constitue oce boîs^oo agréable , peu roQtease et saine. En géoéral, il sérail dcrâîrabi*^ que Feaa fut toujours fiitrée, quand eDe n a pas bouilli.
A la campagne surtoat, les élères oot la mauvaise habitude de manger des fmils verts et même certains l»:r-,?umi» crus : rien ne contribue davantage à fatiguer Testomac et a donner naissance aux maladies vermine uses si fréquentes et parfois si redou tables chez les jeunes enfants. Ln maître vigilant corrigera ses eieves de cetfe habitnde; il veillera aussi à ce qo^ils mangent le moins possible de socreries.
11 s^opposera de tout son pouvoir et par tous l»-s movens à ce qu^ils prennent lliabitnde de fumer.
C^est dans les écoles normales et dans les pensionnats primaires, on \a somme de travail est plus grande et où les élevés jouissent d^une moindre liberté, que le régime alimentaire doit être l'objet de soins tout particuliers. Tout porte à croire qu'à cette heure il est encore insuffisant comme qualité et comme quantité. Il importe au plus haut point de Taméliorer là où il laisse à désirer et il serait désirable qo*un règlement 3Ldminis(ratif en déterminât les bases.
Les dispositions générales de ce règlement pourraient être les suivantes :
Le premier déjeuner consistera en une soupe grasse ou maigre, lait, thé, etc.
Les deux principaux repas se composeront d^un plat de viande et d'un plat de légumes. Au repas de midi , on ajoutera une soupe ou un potage. Le repas du soir sera plos léger que celui de midi.
La quantité de viande attribuée à chaque pensionnaire variera suivant Tàge et snrlout suivant le développement physique de chaque élève. Sauf exceptions, les bases de cette répartition pourraient être arrêtées comme snit:
Pour un élève de dix à douze ans, 60 grammes de viande cuite à chaque repas ;
Pour un élève de douze à quatorze ans, 70 grammes ;
de quatorze à seize ans, 80 grammes;
de seize ans et au-dessus, de 90 à 100 grammes.
Le pain sera distribué à discrétion , et on évitera de servir des aliments réchauffés.
On s'efforcera de varier les menus de chaque semaine et on» exercera
la plus active surveillance sur la qualité de la viande et sur la prépara tion des aliments.
L'eau sera filtrée, et les boissons fermentées ayant été soumises à um analyse préalable, toutes celles qui sont frelatées seront rigoureusemenl écartées. Si un marché a été conclu avec un fournisseur, un échantiUno sera conservé par la direction de l'école et chaque livraison sm vérifiée.
Il sera accordé vingt-cinq minutes au moins pour chacun des deoï principaux repas.
Vêtements, — En ce qui concerne le vêlement, on ne peut , même jxiur les pensionnats primaires et pour les écoles normales, que poser de» principes généraux et recommander aux maîtres et aux maîtresses qui ont particulièrement à s'occuper de cette partie de Thygiène de se conformer le plus possible aux règles suivantes :
Pour les vêtements qui sont en contact immédiat avec la peau, che mises, caleçons, pantalons, la toile de coton doit être préférée à la toik de chanvre. Quand cette dernière est mouillée parla transpiration, elJf se refroidit plus rapidement et son refroidissement peut occasionner de maladies des voies respiratoires. Toutes ces parties du vêtement doiveDi être renouvelées fréquemment. Chaque élève doit avoir une chemin spéciale pour la nuit.
Le caleçon doit être obligatoire pour les garçons, comme le pantab pour les filles.
Le linge non empesé est préférable au linge empesé*
Ce n est que sur Tindication du médecin qu ou doit faire porter aui élèves des gilets de flanelle. Ce vêtement a le grave inconvénienl d'en> pêcher la peau de s'accoutumer à l'action vivifiante de l'air ; il rend d'aiileurs le corps plus impressionnable aux variations de la température; enfin, comme il est relativement coûteux , on n'en change que de loin en loin et, devenu bientôt le réceptacle de la sueur, de la poussière, des nu tières grasses ou virulentes que la transpiration entraine avec elle, no: seulement il ne protège plus contre le froid , mais il peut devenir un dangrf pour la santé. Si des élèves sont obligés de porter ce vêtement, il fau. qu'ils en changent fréquemment et qu'ils en aient un spécial pour a nuit.
Ce tricot porté sur la chemîse est un exrelleMt vêtement ; il sera de faine en hiver et de coton en été.
Le co! de la chemîse pour les garçons doit être large de manière à ne ps géner la respiration et la circulation du sang; il devrait être toujours rabattu. La cravate de soie ou de colon doit remplacer la cravale de laine. Le mieax serait que les jeunes garçons s'habituassent à s'en passer dans rintérîeur de rétablissement.
Tous les médecins s'accordent à reconnaître que rien n'est plus funesle au développement physique des jeunes filles que la détestable habitude qu elles contractent de bonne heure de porter des corsets. C'est à la fois UQ instrument de supplice, un obstacle au développement normal du buste et une cause malheureusement trop fréquente de désordres graves dans le siège des principaux organes de la vie.
11 faut le proscrire absolument dans les pensionnats de jeunes filles, et, autant que possible, dans les écoles primaires. Un corsage ajusté, en forte toile et sans baleines, suffît, dans tous les cas, pour maintenir la taille et sauv^arder les convenances.
Les élèves porteront, en hiver, des bas de laine qu'ils ne doivent pas quitter trop tôt, et, en été, des bas de coton ou des chau settes qu'ils conserveront le plus tard possible.
Les vêtements de dessus seront amples dans toutes leurs parties, de fflanière que le corps s'y sente à l'aise et que rien ne gêne les fonctions
internes de l'organisme. Pour les garçons, il faut absolument renoncer à la tunique, qui est condamnée même dans' l'armée. Un veston ou une vaï^use est un excellent vêtement d'écolier.
Le pantalon ne doit pas être serré à la ceinture , mais être porté avec àes bretelles élastiques ou retenu par une large ceinture ou une. écharpe. D convient encore qu'il ne soit pas trop long, autrement il empêche la circulation de l'air et amasse la poussière et la boue.
De la mauvaise confection des chaussures résultent des inconvénients graves, dont les principaux sont l'inaptitude de la marche, la déformation des pieds et des souffrances parfois intolérables. Les familles et les maîtres qui ont qualité pour le faire ne sauraient donc apporter une trop grande attention dans le choix de cette partie de l'habillement.
Une bonne chaussure doit être faite sur mesure : les talons en sont plats et larges; les extrémités sont carrées; les semelles débordent quelque
peu l'empeigne; sa longueur dépasse de i5 millimètres environ la lon^ gueur du pied et la forme en est légèrement cambrée , de manière qne Taxe passe par le centre du talon et le milieu du gros orteil.
Quelle que soit la coiffure adoptée, elle ne doit jamais serrer la lele. Les coiiTures les meilleures sont les bonnets ou bérets pour Thiver, les casquettes de coutil ou les cbapeaux de paille pour Tété. Le Icépi rigidf est une mauvaise coiffure. Il convient dailleurs d'habituer les enfants, jeunes garçons et jeunes filles, à coucher tête nue et à ne porter decoil fure que dans la rue ou par les mauvais temps.
Les recommandations qui précèdent peuvent se résumer ainsi qui! suit :
i" Les instituteurs et les institutrices qui dirigent des écoles prinimw veillej'ont, autant quil dépend d'eux, à ce que les élèves qui prennent leurs repas sous leurs yeux reçoivent une alimentation saine et suffisamment abondante,
2° Si la qualité ou la quantité faisait défaut, ils s* efforceraient , par èi remontrances discrètes, de faire comprendre aux parents négligents le ton quils font à leurs enfants , ou, par tels moyens que leur suggérerait leur se licUude, de venir en aide aux familles impuissantes,
3° Le repas de midi doit nécessairement comprendre des aliments chaais.
4° // est indispensable que les boissons fermentées soient étendues dean.
5" Autant que possible. Veau sera filtrée et on veillera à ce que les eleit'i échauffés par le jeu ou par la pfomenade ne boivent pas d'eau froide.
6° Les directeurs et les directrices d'écoles normales ou de pensionnats pr> maires, dont la responsabilité est directement engagée dans l'état sanitaire à leurs élèves, doivent s'occuper avec un soin tout particulier de la quantité, à ^ qualité et de la variété des aliments j ainsi que de la qualité des boissom. L'inspection portera toujours, dans ces établissements, sur cette importante partie de ï éducation physique,
7° Les fonctions de la peau ne se font convenablement que si le linge d* cojps est fréquemment renouvelé, c'est-à-dire deux fois au moins par semaw- On doit changer de linge pour la nuit. L'usage de la flanelle ne doit r nf qu'exceptionnellement autorisé.
8" Tout vêtement qui gène les mouvements, la respiration ou la W^
circalation du sang arrête le développement naturel- des organes et du corps et doit être rigoureusement proscrit.
9^ La chaussure et la coiffure doivent être, comme les vêtements, larges et commodes. Il convient d! ailleurs d^ habituer les jeunes garçons et les jeune: filles à rester le plus possible tête nue.
yU£ ET AUDITION.
Le nombre des écoliers qui voient mal devient de plus en plus considérable et si les maîtres n y prennent garde, le mal , déjà grave à Theure présente, peut prendre des proportions désastreuses, surtout parmi les enfants des villes.
C'est ane erreur de croire que les enfants naissent myopes : ils peuvent apporter en naissant des dispositions plus ou moins grandes à la myopie; mais c'est à Técole qu'ils contractent le plus souvent cette infirmité.
U n'est pas vrai de dire, du moins au début, qu un élève se penche sur sescaliiers ou sur ses livres parce qu'il est myope; ce qui est vrai, c'est qu'il devient myope le plus souvent parce qu'il se penche sur ses cahiers ou sur ses livres , et aussi parce qu'on lui fait lire ou écrire trop tôt des caractères trop fins , ou encore parce que , dans les premiers temps , on prolonge trop ces exercices.
Les précautions les plus minutieuses doivent être prises pour empocher la vue de s'altérer, car aucun organe n'est plus délicat que celui de la vision. Il importe d'abord que les classes soient bien éclairées et que le Baobilier soit proportionné à la taille des élèves; il n'importe pas moins de ne mettre entre les mains des enfants , pendant les premières années de la scolarité, que des livres imprimés en gros caractères et de n'arriver que par une lente gradation aux livres imprimés en caractères ordinaires.
U convient , en outre^ de les exercer longtemps à écrire en moyen , d'exiger que leur écriture soit toujours pleine et nourrie, et surtout de les habituer à écrire le corps droit, sur papier droit.
Si, malgré ces précautions, des élèves deviennent myopes ou s'ils entrent à l'école ayant déjà la vue basse, le maître leur assignera toujours la place la plus voisine du tableau noir, sur lequel il aura soin d'écrire lui-même très lisiblement.
Si enfin la vue d'un enfant est affaiblie au point qu'il ait absolument
besoin de recourir aux verres coacaves, il faudra prendre garde, sauf avis contraire d*un spécialiste , de lui laisser contracter Thabitude de porter constamment des lunetteis ou un pince-nez. Les lunettes et les pince-nez seraient très utilement remplacés par le lorgnon, dit face à main, que le myope porte à ses yeux de la main gauche pour voir momentanément de loin et qu'il doit quitter ensuite pour lire ou pour écrire. Dans un autre ordre d'idées, il importe que les instituteurs sachent que certaines maladies inflammatoires des paupières sont contagieuses. Lors donc qu'un ou surtout plusieurs enfants paraîtront atteints de ces sortes d'affections, Tavis du médecin devra être demandé et, si le mal est contagieux, les enfants seront rendus à leurs familles jusqu'à complète guérison.
11 convient également d'appeler l'attention des maîtres sur les élèves qui entendent mal et dont le nombre est plus grand qu'on ne le croit communément.
Le manque de soins de propreté est la cause la plus fréquente de cette infirmité. Les maîtres ne sauraient donc trop se souvenir des recommandations qui leur ont été faites ailleurs au sujet des soins à donner aux oreilles.
La faiblesse de l'ouïe se constate moins facilement que la faiblesse de la vue; cependant un maître attentif reconnaîtra bien vite ceux de ses élèves dont l'ouïe est défectueuse. En général, quand le moment d'écouter est venu, ces élèves sont distraits ou bien ils font visiblement un effort pour entendre; s'ils écrivent sous la dictée, ils questionnent leurs camarades à droite ou à gauche, et, malgré cela, ils confondent des mots et des syllabes avec des mots et des syllabes d'assonance analogue (^) ; s'ils sont interrogés, ils ne répondent pas toujours du premier coup à la question qui leur est adressée ou bien ils répondent de travers. Ces fautes, attribuées d'ordinaire à Tétourderie, ne sont très souvent que le fait d'une audition défectueuse.
Lorsqu'à ces signes et à d'autres encore un instituteur aura constaté
^0 Les maîtres savent tons que certaines consonnes et diphtongues ne se distingaent pas aisément èi Taudition et que les âéves écrivent : entière pour ïwitière, connaùtance pour reconnaissance, caïue pour clause, noyer pour lojer, 6oiu^ pour monde, tindéftendumêe poqr la dépendance, etc. G^est à eux d*y faire attention.
que quelques-uns de ses élèves entendeat moins bien que les autres, il usera pour eux d'uue indulgence particulière, car c'est peut-être au manque d'égards dont ils ont été l'objet qu'il faut attribuer, en partie, les défauts de caractère qu on remarque parfois chez les sourds.
En classe, il les placera le plus près possible de lui; de plus, il s'imposera et il imposera à tous les élèves l'obligation de parler toujours très distinctement.
C'est ici le lieu, et pour d'autres raisons encore que celles qui intéressent les mal-eiitendanls, de recommander aux instituteurs de ce jamais permettre à leurs élèves de lire assis, le livre étant posé sur la table. Un élève qui lit haut doit se tenir debout, la tête droite, les épaules effacées, le livre à la main; c'est affaire non seulement de politesse, mais encore de diction et d'hygiène.
Il faut, de plus, exercer longuement les enfants à lire posément, à ne pas laisser tomber la voix à la fin des mots ou des phrases, à articuler nettement les syllabes et particulièrement les syllabes muettes, à ouvrir la bouche et à desserrer les dents. La voix est un instrument admirable; encore faut-il apprendre à s'en servir.
En résumé, les instituteurs doivent retenir les faits et les conseils suivants :
i° La myopie fait des progrès alarmants parmi les écoliers, et le nombre des nal-entendants est relativement considérable,
2* Les élèves atteints de lune ou de Vautre de ces infirmités ont droit, de 'a part des maîtres, à des soins tout spéciaux, et Von est tenu d* user d* indulgence envers eux pour tous les manquements qui peuvent être imputés à i'im- }erfection de leur ouïe ou de leur vue.
3° C'est dès les premières années de la scolarité que les débuts de la myopie e déclarent; et si F on ny porte remède, le mal ira en s' aggravant a mesure }ae les études demanderont plus de temps et plus d'application,
4" Pour prévenir la myopie, il faut habituer les enfants à prendre une tonne attitude, soit qu'ils écrivent, soit quils lisent; les faire écrire longtemps n moyen et les faire lire d'abord dans des livres imprimés en gros caractères tour les amener graduellement et à mesure que leur organe se fortifie à lire lans les livres ordinaires. En conséquence, tout livre, tout atlas, toute carte mprimée en caractères trop fins doivent être proscrits de l'école.
5** Il faut surtout, dès le début, obliger les enfants à se tenir le plus loin possible de leur livre ou de leur cahier: ce n'est pas en faisant effort pour voir de loin (les marins et les paysans ne sont pas myopes J, maisenfaisam effort pour voir de trop près que la vue s'affaiblit et que la myopie commence,
6° Lorsque la myopie est constatée, il faut recourir le moins possible aux verres concaves et seulement sur V indication d'un spécialiste.
7^ Quant aux mal-entendants , il faut veiller à ce qu'ils prennent soin de leurs oreilles, les faire visiter par un médecin et, tant que dure le mal, prendre toutes les précautions pour que leur infirmité ne soit pas pour eux une cause de souffrance morale ou de retard dans leurs études.