Groupe central. — Les îles Marshall au nombre de
deux, RaJik et Radak, sont peu importantes et ne paraissent appelées qu’à fournir des travailleurs à gage. Les Gilbert sont peu connues ; Lesson n’y a pas signalé le paludisme.
Nous manquons également de renseignements au sujet des îles Phénix, situées dans le N.-E, de l’archipel des Ellice, par 5° environ de latitude australe. Ellesappartiennent au gouvernement des États-Unis.
Les Wallis (1) constituent un petit archipel entouré presque complètement de récifs madréporiques d’une forme régulièrement elliptique, à grand axe nord et sud. Uvéa est le principal îlot de ce groupe par 13° environ de latitude sud. D’après Reynaud (2), le climat d’Uvéa possède une salubrité qui ne peut être mise en doute : les températures de ses périodes saisonnières ne sont jamais excessives à cause du rafraîchissement qu’apportent à l’atmosphère les brises de l’Océan : au thermomètre, la température moyenne de l’année serait, au dire des missionnaires, de 26° centigrades ; mais il faut distinguer entre les effets thermiques enregistrés par un instrument nécessairement placé à l’abri du vent, et ceux produits sur l’organisme par des températures même élevées que corrigent les influences de la brise. Celle-ci souffle aux Wallis, pendant presque toute l’année sous forme d’alizés d’E.-S.-E., et surtout pendant la saison sèche, de mai à novembre ; pendant la saison chaude et pluvieuse, de novembre à mai environ, les vents de nord sont assez fréquents et concourent à élever la température atmosphérique. En somme, sauf quelques rivages, quelques embouchures de ruisseaux, où la fièvre pa-
(1) Les Wallis sont placés sous le protectorat français.
(2) Rapport sur la campagne de l'aviso le L’Hermitte. Arch. de Méd. nar.y 1876.
pl. xvn
lustre peut trouver ses éléments de genèse, le sol d’Uvéa et des autres îles de l’Archipel est généralement très sain : là encore des altitudes peu éloignées des côtes constituent des points parfaitement salubres et favorables à l’acclimatement. Ici, en outre, la race blanche n’a pas à compter avec des indigènes féroces ou anthropophages comme dans les archipels situés plus à l’ouest; les habitants des Wallis, comme presque tous ceux des îles orientales de la Polynésie, sont doux, hospitaliers, de moeurs paisibles. La population de ces îlots tend, dit-on, à augmenter, par une exception qu’expliquent des mœurs plus sévères dans cet archipel que dans les autres groupes polynésiens.
Les îles Samoa ou des Navigateurs forment un archipel composé de trois îles qui sont, de 1 ouest à 1 est, S avaï, Upolu, Tutu-ila, et de quelques îlots, par 14° environ de latitude australe. Apia est la ville principale de l’île la plus importante, Upolu. La salubrité de cet archipel serait, au dire des navigateurs, analogue à celle de Taïti, quoique un peu inférieure. Le nombre des indigènes y diminue toutefois de jour en jour, ce qui ne tiendrait pas au paludisme, mais aux diverses manifestations de la scrofule, à la syphilis et aux abus des liqueurs fermentées. Reynaud n’y a observé qu’un très petit nombre de cas de fièvre intermittente parmi les marins de l’équipage du YHermitte (i).
L’archipel des Tonga ou des Amis se compose de 150 îles environ, dont la plus importante est Tonga- Tabou, l’île Sacrée, située par 21° de latitude sud. L’année s’y partage en deux saisons principales, l’hivernage avec des températures maxima de 33°, la saison sèche pendant laquelle le thermomètre peut des-
(1) Reynaud, Campagne de l’aviso le L’Hermitte Arch. de Mèd. nav., 1876.
cendre à + 18°. Le sol est très accidenté, dépourvu de paludisme, et les indigènes parmi lesquels on a constaté de nombreux exemples de longévité, jouissent en général d’une constitution vigoureuse.
Nous ne connaissons rien de précis au sujet des îles Ellice, mais on est mieux renseigné sur l’archipel important des Yiti ou Fidji situé dans le sud des Ellice, entre le 18e et le 20e degrés de latitude australe et placé sous le protectorat des Anglais. Obalaou est salubre, sans paludisme, fertile et abondante en eaux fraîches et potables. Viti-Liébou passe pour ne pas être aussi salubre. La petite île de Mélar est palustre. En somme, le climat de ces îles n’est point défavorable aux gens issus de l’Europe, grâce à la brise de terre, comme à la brise de mer, à la présence de montagnes, à l’inclinaison des rivières : la moyenne annuelle sur le littoral n’en varie pas moins « entre 25 et 27 degrés » (O. Reclus). Les Anglais australiens, les Américains et quelques Allemands qui se sont établis comme planteurs aux îles Fidji, n’y subissent pas de graves atteintes dans leur constitution, toutes les fois que leur hygiène est bonne. A la longue cependant les influences torrides peuvent être débilitantes dans cette région comme dans les autres, si on ne combat pas leurs effets par le séjour aussi continu que possible dans les altitudes, par la crainte salutaire de l’alcool et par des habitudes hygiéniques régulièrement observées.
2. Groupe oriental. — L’archipel des îles Marquises (1) est situé entre le 8e et le 9e degrés de latitude nord, par 142° de longitude occidentale, à 1,300 kilomètres
(l) V. Arch. de Méd. ?iav 1865 ; Rapports de Maillié, chirurgienmajor de La Durance. — Même recueil, 1880; Rapport de Savatier, médecin principal.
PL . ^vni
environ de Taïti et des Tuamotou. Onze îles, dont Nouka-Hiva et Hiva-oa sont les principales, constituent cet archipel. La température moyenne annuelle de ces régions paraît être de 24° centigrades. Dans la baie de Taï-o-aé, mouillage de Nouka-Hiva, où a été fondé notre premier établissement, les saisons ne se succèdent pas d’une manière régulière, de sorte que si pendant le cours de telle période annuelle, on pourra observer un hivernage et une saison sèche avec des mois plus ou moins bien caractérisés par des phénomènes météorologiques de transition, le plus souvent ces coupes de l’année, générales dans la zone torride, se trouveront modifiées par des événements atmosphériques inattendus Le sol des rivages, à Nouka-Hiva, est constitué par du galet et du sable, puis il s’élève en s’éloignant de la côte et s’accidente de vallées riantes et fraîches. L’argile qui le constitue en partie étant de nature perméable, les eaux stagnantes n’existent nulle part, et le paludisme ne s y constitue pas. Aussi la population est- elle naturellement belle : si elle .diminue tous les ans, cela tient à une mauvaise hygiène internationale, ou individuelle, ou sociale, qui laisse pénétrer la variole, la syphilis, l’alcoolisme et favorise la genèse de la tuberculose et de la dysenterie. En fait, il n’y a pas d endémie spéciale aux Marquises, et le travail de la terre y est sans aucun danger pour la race blanche. On peut donc affirmer que, placée dans de bonnes conditions d’hygiène et de colonisation, cette race y obtiendrait aisément l’acclimatement.
Les îles Tuamotou, Iles Basses, anciennes Pomotou, constituent un archipel de 79 îlots placés sous le protectoratde la France et situé à l’est de T archipel de la Société. Ce sont surtout, jusqu’à nouvel ordre, des écueils
dangereux pour les navires et ne se prêtant guère qu’à la pêche des huîtres perlières et du corail. Mais ces îles sont salubres ; en outre, 'il s’y forme en plusieurs points des dépôts d’humus qui ont pour première origine les végétaux provenant des îles voisines, apportés par les courants marins et échoués sur les rivages des Iles Basses : il se peut donc que, dans un temps qu’on ne peut préciser, on arrive à y fonder des établissements basés sur le travail de la terre.
L’archipel de la Société se divise en deux groupes d’îles, celles du S.-E. et celles du N. -O. : les premières, Iles du Vent, qui reçoivent, avant celles du second groupe, les brises des alizés, sont au nombre de cinq, et Taïti en est l’île principale ; les secondes, Iles et Ilots sous le Vent, sont au nombre de six.
Taïti, l’île la plus importante du protectorat français qui s’étend sur l’archipel de la Société, les Marquises, les Iles Basses, les Toubouaï et les îles Gambier, est située entre 18°, 30' et 17°, 53' de latitude sud, entre 151°, 26' et 151°, 57 de longitude occidentale. Deux régions circulaires, la grande et la petite Taïti, séparées par l’isthme de Taravao, lui donnent la forme générale de ses contours. Papeete, capitale de l’île, est située sur la côte du nord-ouest, sur le bord d’une rade hospitalière»
La température moyenne de l’année n’y atteint pas 23° centigrades. L’hivernage y règne de novembre à mai, et pendant sa durée, le thermomètre ne dépasse guère 29 degrés. La saison sèche s’étend de juin à octobre, avec des températures minima voisines de de 19°, et exceptionnellement chiffrées au-dessous. L’humidité y est extrême : la pression atmosphérique n’y subit que de très faibles oscillations saisonnières.
Au point de vue pittoresque, « vue du large, la reine