‹ Hygiène des Européens dans les pays intertropicauxChapitre 3 sur 41 · PL. H · texte numérisé non relu

PL. H

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que les climats « se classent comme les habitations en salubres et insalubres, suivant l’apport plus ou moins large, plus ou moins constant, d’un oxygène actif, par les courants généraux de l’atmosphère, courants facilités ou gênés par la configuration du sol. » C’est là, à notre sens, un point de vue bien exclusif. Les courants jouent sans doute très fréquemment un rôle puissant de salubrité, mais ils peuvent être très nuisibles dans des circonstances communes sous la zone torride, spécialement lorsque, ayant passé sur des terrains à malaria, ils apportent dans les régions sous le vent les effluves telluriques. Tels les alizés d’est, qui passent sur les districts méridionaux de la Martinique, transportent avec eux dans tous les quartiers sud et sousventés de l’île la malaria et la fièvre. Il serait facile de multiplier ces exemples. En outre, les courants atmosphériques trop vifs rendent plus fréquentes, dans un grand nombre de localités, les maladies dites à frigore; trop secs et trop chauds, ils ont un effet contraire, et toutes ces causes de nocuité sont bien des influences de climat. J’ajouterai que nombre d’affections endémiques, l’éléphantiasis, la lèpre, toutes les maladies parasitaires, l’héméralopie, la pinta, etc., n’ont rien à voir avec le régime atmosphérique, au point de vue du moins de la nature et de la direction des vents, et qu’elles n’en constituent pas moins des effets plus ou moins évidents des influences hygiéniques de tel ou tel

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climat partiel. La fièvre jaune, le choléra, la peste et la dengue sont encore des endémies que ne paraît pas influencer le régime des vents : or, qui contestera leur rôle dans l’hygiène et la pathologie des régions où elles apparaissent ?

Pour Fonssagrives, il n’y a pas lieu d’établir définitivement la classification des climats généraux. Il n’y a d’autre climat pratique que celui des localités. Les climats partiels doivent donc être, avant tout, caractérisés, et c’est en accomplissant ce travail, auquel se vouent aujourd’hui un grand nombre de médecins et d’intrépides explorateurs, que l’on arrivera à établir des formules hygiéniques et thérapeutiques réellement utiles. Or, les éléments caractéristiques d’un climat partiel, réduits à la météorologie, sont pour Fonssagrives : La température,

L’humidité,

La nature des vents,

L’état du baromètre,

La luminosité,

La constance ou l’inconstance de ces différents éléments. Pour prendre un exemple dans la zone tempérée on pourrait donc dire, en se conformant aux idées de Fonssagrives, que Brest est un climat mésothermique, humide, venteux, à vents d’ouest prédominants, à pression variable, peu lumineux, constant annuellement, mais variable dans le nycthémère.

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Ne s aperçoit-on pas toutefois qu’en traçant ce signalement, on se trouve dans la nécessité d’omettre l’élément typhoïgène dont la présence n’est pas douteuse à Brest, et qui vient soit du sol, soit de l’agglomération humaine? De même, dans une définition analogue du climat de Rochefort, comment justifierait-on l’absence de l’élément tellurique palustre ? N’est-ce pas cependant la caractéristique de ce climat, bien qu’elle ne soit pas, au fond, de nature météorologique? Les mêmes lacunes se retrouveraient dans la caractérisation d’un grand nombre de climats partiels de la zone torride. Il n’en a pas moins été établi, par Fonssagrives, que l’idée d’abandonner l’étude des climats généraux au profit de celle des climats partiels est une des plus fécondes qui aient été avancées en climatologie pratique.

En résumé, nous ne trouvons, dans aucun des essais de classification des climats qui se partagent la surface de la terre, aucune donnée naturelle qui nous permette de séparer nettement la zone torride des autres climats. La moyenne thermique et la situation géographique sont encore, à tout prendre, les deux éléments les moins artificiels qui soient à notre disposition pour limiter cette zone. L’altitude d’une localité viendra fréquemment donner un démenti à ces principes de climatologie générale, car elle modifiera profondément, dans un grand nombre de cas, l’un de ces élé-

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ments, l’état thermique, mais la caractérisation des climats partiels redressera l’erreur. J’adopte donc, en résumé, avec Lombard, Proust, Lacassagne et la majorité des climatologistes modernes, la classification de J. Rochard, et j’entends par climats torrides les pays situés entre les deux lignes isothermes de + 25° centigrades, c’est-à-dire les régions intertropicales, et je me propose de les étudier au quintuple point de vue de leur géographie, des modifications physiologiques qu’ils provoquent, de leur influence sur la production des maladies diverses, de l’acclimatement obtenu ou refusé, des règles d’acclimatation qui sont applicables aux hommes de la race blanche qui se proposent d’y séjourner.

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