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Fondions tin sang : composition, température

Le sang, tel qu’il coule dans le système vasculaire, se compose d’un liquide, le plasma, et d éléments figurés microscopiques : — Corpuscules rouges, ou globules sanguins, disques circulaires bi-concaves, dont l’épaisseur moyenne est de ëèô de millimètre, et la largeur moyenne de tb de millimètre. — Corpuscules blancs ou globules blancs dont le diamètre est plus considérable de | que celui des globules rouges et dont le nombre dans le sang est, en revanche, beaucoup moins grand, car on n’y trouve en général qu’un globule blanc pour 350 globules rouges. — Corpuscules graisseux, globules gras, très brillants, petits, solubles dans l’éther. — Corpuscules de pigment, globules pigmentés, irréguliers, noirâtres ou brunâtres , très peu abondants dans le sang normal.

Chimiquement, le sang contient de l’eau, de 1 hémoglobine ou matière colorante, de l’albumine, de la fibrine, de la graisse, des sels minéraux, parmi lesquels domine le chlorure de sodium.

Le sang est le liquide nourricier par excellence : c’est lui qui absorbe, à travers les minces parois des capillaires du poumon, l’oxygène introduit dans la cavité thoracique par la respiration ; c’est lui qui charrie les solides et les gaz dont les transformations chimiques diverses, notamment les oxydations, pioduisent la chaleur animale.

Que devient le sang sous la zone torride ? Dire que sa masse diminue après un temps variable de séjour,

que tous ses éléments, en bloc, sont moins abondants; que l’eau toutefois augmente relativement à la quantité des globules rouges, lesquels diminuent en outre, pendant qu’augmentent les globules blancs; que la fibrine diminue, etc., c’est avancer des faits certains à priori, mais dont aucun d’eux n’a été rigoureusement démontré par l’expérimentation. La pâleur du visage des Européens, celle des conjonctives palpébrales et oculaires, la perte de poids, la diminution de l’embonpoint, l’amaigrissement, la dépression de la vigueur musculaire, la moins grande énergie de la respiration, le goût moins prononcé pour les travaux de l’esprit, tout démontre le développement d’une anémie variable d’intensité suivant les individus, générale et définitive chez les acclimatés, plus ou moins rapide chez les nouveaux arrivés; mais la preuve hématologique de cette anémie est encore à fournir (1).

(1) Plusieurs de nos collègues s’occupent, à l’heure qufil est, de donner une solution précise à, cette question intéressante. Déjà le médecin professeur Malié avait donné, -dans son Programme de Séméiotique et d’Etiologie des maladies exotiques , des renseignements pratiques relatifs à l’examen du sang. Depuis l’époque où ces conseils ont été publiés, le Dr Malassez a perfectionné sa méthode, et je crois utile de reproduire ici, d’après cet observateur, la marche à suivre en pareil cas : Compte-globules à chambre humide graduée de Malassez, construit par Verick. Il se compose de :

1° Une lancette spéciale destinée à faire des piqûres superficielles à la peau.

2° Un flacon contenant la dilution à ajouter au sang; une solution de sulfate de soude à 5 p. 100, par exemple.

3° Un mélangeur Potain,

4° Une chambre humide graduée avec porte-objet et couvre-objet spéciaux.

5° Un compresseur porte-lamelle.

6° Des couvre-objots de rechange.

Le mode d’emploi est le suivant : on fait le mélange au moyen du mélangeur et on dépose une gouttelette de ce mélange sur le porte-objet de la chambre humide, puis on place immédiatement

La température du corps humain, étroitement liée à celle du sang, a été l’objet, en revanche, d’observations précises sous la zone torride. Les renseignements que nous possédons sur ce sujet nous permettent de poser aujourd’hui des conclusions suffisamment précises et qui peuvent se résumer dans la proposition suivante : la température du corps augmente un peu pendant les premiers temps de séjour dans la zone intertropicale, et diminue quand ce séjour se prolonge. En voici les preuves.

1° Observations d'Eydoux et de Souleyet. — Dix hommes de l’équipage de la Bonite ont été observés du mois 'd’avril 1836 au 6 novembre 1837. Le nombre des observations particulières s’élève à plus de 4,000. En avril 1836, le navire se trouvait à Rio-Janeiro, mais entre cette date et celle du retour en France, novembre 1837, les caps de Horn et de Bonne-Espérance ont été doublés, ce qui conduit à établir que l’équipage du navire n’a pas constamment séjourné

le couvre-objet. Peu d’instants après les globules tombent à la face inférieure de la cellule, et, si on examine la préparation, on voit les globules en même temps que la division micrométrique. Si l’on s’est servi d’une chambre humide graduée au 5e et d’un mélange au 100e, on compte tous les globules rouges compris dans un des réseaux du rectangle ; il suffit d’ajouter quatre zéros au nombre trouvé pour avoir le nombre de globules par millimètre cube de sang. Si le mélange est au 200e, au 300e ou au 400e, on compte les globules dans 2, 3, 4 rectangles, et à la somme on ajoutera toujours quatre zéros. Pour les globules blancs, on compte dans une rangée de dix carrés, c’est-à-dire dans la 100e partie, d’un millimètre cube avec un mélange au 100e, et l’on ajoute trois zéros au chiffre trouvé. — Nous ne saurions engager trop instamment nos jeunes collègues à se familiariser avec ces opérations de technique microscopique qui doivent être la base de recherches des plus intéressantes sur la constitution histologique du sang des trois races humaines dans la zone torride, soit dans l’état de santé, soit dans l’état de maladie.

dans la zone torride et qu’il n’y a jamais éprouvé les effets d’un long séjour, Or, il résulte des expériences d’Eydoux et de Souleyet « que la température moyenne donnée par les hommes observés au cap Horn, par 59° de latitude sud et par une température extérieure de 0° centigrade, ne présente qu’une différence approximative d’un degré avec la température moyenne donnée par les mêmes hommes dans le Gange, près de Calcutta, par une température extérieure de -f-40° centigrades. Une variation de 40° dans la température extérieure n’a donc donné lieu qu’à une différence d’un degré, à peu près, dans la température des hommes observés. » Nous pouvons conclure de ces recherches que la température humaine s’élève quand on passe des zones froides dans les régions torrides.

2° Observations de John Davy (1845). — Elles ont été faites dans les mêmes conditions que les précédentes, c’est-à-dire pendant la durée d’un voyage analogue de Southampton à la Barbade. D’après J. Davy, la température organique s’élève, quand on passe d’un climat tempéré dans la zone torride, et cette élévation ne dépasse pas 1°,5.

3° Observations de Brown-S equard. — Cet observateur a noté la température d’officiers et de passagers partis de Nantes au mois de février et passant sous l’équateur quelques semaines après. La température a été prise sous la langue. Au départ de France, elle était de 36°, 6; sous les tropiques, elle atteignait 37°, 9 d’où une différence de 1°,3 en faveur des tropiques.

4° Observations de Montegazza. — Elles ont été faites en prenant la température de l’urine excrétée et reçue dans des vases échauffés préalablement à 36°. Dans ces conditions, l’urine a de 1 à 2 degrés de plus

que sa température normale, c’est-à-dire que celle des régions profondes du corps, 37°, 5 environ. Mais je ne puis omettre de faire remarquer combien ce procédé d’examen est susceptible d’être entaché d’erreur.

5° Observations de Rattray (1872). — Recueillies pendant un voyage d’Angleterre à Bahia, avec retour, elles sont confirmatives des résultats fournis par les précédentes. D’après Rattray, le thermomètre placé sous la langue donnait 36°, 3 en Angleterre et 37°, 7 dans la zone intertropicale, d’où une différence de 1°,4 pour cette dernière région climatique.

6° Observations de Guéguen (1877). — Celles-ci, faites à la Guadeloupe, sur l’auteur lui-même, pendant la première année de son séjour, ont fourni des résultats qui sont, en quelque sorte, une transition entre ceux que nous avons enregistrés déjà et ceux qui sont relatifs à un séjour prolongé. Guéguen n’admet pas que les différences signalées par Eydoux, Souleyet, Davy, Brown- Sequard, Montegazza et Rattray, soient aussi considérables que ces auteurs le prétendent. Il a trouvé que la température de l’Européen aux Antilles n’excédait celle que l’on observe en France que de 0°,35. Mais n’est-ce pas un acheminement vers les effets hypothermiques produits par un séjour prolongé, et les conditions de séjour de quelques mois à la Guadeloupe, dans lesquelles se trouvait Guéguen, n’étaient-elles pas bien différentes de celles que crée un passage rapide d’une zone tempérée dans les climats brûlants, c’est-à-dire des conditions d’observation dans lesquelles se trouvaient les observateurs que j’ai cités avant Guéguen.

7° Les observations de Chisolm à Demerari, de Huillet à Pondichéry, de Celle aux Antilles, de More-

head dans l’Inde anglaise , sont toutes relatives à l’influence du séjour prolongé de l’Européen dans la zone torride. Dans ces conditions, la température organique s’abaisse de 1°,5 Farh., dit Chisolm pour Demerari, chez les colons hollandais. Ces résultats sont parfaitement en rapport avec la diminution des combustions respiratoires et l’affaiblissement du travail de nutrition. Au début du séjour, l’organisme lutte difficilement contre les températures élevées de l’atmosphère, le corps s’échauffe donc, et d’autant plus facilement que ces températures sont supérieures à 37° centigrades, car dans ces conditions « les rayons émis par le corps sont moins puissants que ceux qu’il reçoit » (Guéguen). Mais plus tard l’évaporation cutanée, qui est le modérateur de la chaleur corporelle, a pris droit de fonction, et de fonction réglée suivant les besoins : dès lors, l’organisme reste soumis aux conditions originelles de sa chaleur propre, c’est-àdire aux fonctions bio-chimiques qui la produisent; les combustions diminuant par le fait d’une alimentation moins abondante et d’une respiration moins active, la température organique s’abaisse parallèlement; il ne pouvait en être autrement.

5. Fonctions de la lymphe. - — Le liquide contenu dans les réseaux originels, les vaisseaux, les ganglions et les troncs terminaux du système lymphatique, provient de deux liquides composants, le chyle et la lymphe proprement dite. Le chyle est puisé périodiquement dans l’intestin, après chaque digestion, par les vaisseaux lymphatiques du canal intes tinal et du mésentère ; la lymphe, proprement dite, est puisée dans les liquides de tous les tissus par les réseaux lymphatiques de toutes les autres régions. La lymphe complète que l’on recueille dans la partie Nielly. 2

terminale du canal thoracique est donc un liquide mixte.

Cette lvmphe complète, liquide blanchâtre, est constituée au microscope : l°par des corpuscules lymphatiques, cellules lymphatiques, leucocytes ; 2° par des cellules graisseuses ; 3° par de très rares globules sanguins. Chimiquement elle se compose d’eau, de matières grasses, d’albumine, de matières fibrinogènes, de sucre, d’urée et de sels minéraux, spécialement de chlorure de sodium. Le chyle se différencie de la lymphe des autres régions par sa plus grande richesse en albumine, en graisse et en sels, tous éléments qu’il a reçus des substances alimentaires.

Ce que nous savons au sujet de l’influence des climats torrides sur les fonctions du système lymphatique, de la composition et de la quantité de la lymphe qui circule dans ce système, tant chez les gens de la race blanche, qui comptent un certain temps de séjour dans la zone intertropicale, que chez les individus appartenant aux races jaune et noire, ce que nous savons, dis-je, se borne à des assertions dont l’exactitude est probable, mais dont la démonstration rigoureuse n’a jamais été fournie. Le lymphatisme est commun chez l’Hindou ; tous nos collègues l’ont remarqué à bord des navires chargés du transport des immigrants, et Plomb en a fait ressortir les caractères, ainsi que la prédisposition qu’elle crée pour le béribéri, dans le groupe. Collas, Huillet et nos confrères de la marine et de l’armée anglaise ont signalé ce même tempérament, à terre, chez les peuples de l’Hindoustan. La même signature constitutionnelle est fréquemment visible, sinon toujours, chez les Indo- Chinois et dans presque tous les groupes de la race nègre. Le Dr Mazaé-Azéma y voit, pour les trois races

humaines, une prédisposition à l’éléphantiasis et aux tumeurs lymphatiques. Mais, je le répète, tous ces faits sont jusqu’à ce jour des affirmations sans preuve de nature positive, et nous ne possédons aucun renseignement rigoureusement exact sur la question. Remarquons, en passant, que cette prédominance fonctionnelle du système lymphatique produite par l’appauvrissement du sang et la torpeur des actes de dénutrition, n’infirmerait en rien la doctrine parasitaire de l’éléphantiasis et des varices lymphatiques, car on peut toujours soutenir que l’infection filarienne se propagera avec plus de facilité dans un système devenu prédominant par la quantité extra normale du liquide qu’il contient, qu’elle ne le ferait dans les conditions normales.

6. Fonctions «le la peau. — Une coupe verticale de la peau permet de constater, de l’extérieur à l’intérieur, les éléments constituants qui suivent : 1° les cellules superficielles constamment renouvelées de l’épiderme ; 2° les cellules profondes dont les plus intérieures, celles qui confinent au derme, contiennent le pigment abondant du nègre ; 3° le derme ou couche résistante qui contient les glandes sécrétant la sueur ou glandes sudoripares ; celles qui produisent le sébum cutané ou matière grasse, dites glandes sébacées ; la racine des poils ; des vaisseaux, des nerfs, du tissu conjonctif.

Au début du séjour sous les tropiques, la peau augmente d’épaisseur sous l'influence de la turgescence de ses vaisseaux capillaires et de l’augmentation des produits des glandes sudoripares et sébacées. L’étroitesse des vêtements et surtout des chaussures, a été observée par tout le monde. Plus tard la peau s’amincit, elle prend une coloration brune par production plus abondante du pigment ; fréquemment

elle devient exsangue et pâle, ce qui tient à l’anémie progressive et à la diminution de la masse du sang.

La sueur est sécrétée en abondance sous les tropiques ; c’est un fait banal que Rattray s’est efforcé de rendre plus précis en établissant par des calculs, déduits de ses expériences, que la capacité vasculaire de la peau et sa sécrétion sudorale croissaient de 24 p. 100, tandis que la capacité vasculaire des reins et la sécrétion urinaire diminuait de 17, 5 pour 100.

Le rôle de la sueur, sous la zone torride, est des plus importants. Ce liquide, en effet, répandu surtoute la surface du tégument externe, s’y évapore en empruntant de la chaleur latente à l’organisme et en rafraîchissant par conséquent ce dernier. Sans ces phénomènes, l’accumulation de la chaleur organique serait continue, le rayonnement du corps étant faible, sous la zone torride, dans les circonstances ordinaires, et nul quand la température est très élevée. L’exagération de fonction des glandes de la sueur rend compte du développement des bourbouilles, et de ce fait découlent des règles hygiéniques appropriées. Nous les formulerons ailleurs.

La sécrétion du sébum est beaucoup plus abondante que dans les climats tempérés, et c’est là encore une accommodation au climat torride, car cette matière grasse protège en partie le tégument externe de Linfluence nuisible de rayons solaires trop ardents (1).

La pigmentation quelquefois très intense delà peau du blanc est liée à l’action stimulante du soleil, car

(1) On peut fournir, à ses dépens, une démonstration évidente de l’influence bienfaisante de la matière sébacée du visage, si par imprudence, au milieu d’une course de jour dans la zone torride, on enlève cette matière par un lavage à l’eau fraîche. Les nègres des Antilles ne manquent pas de mettre en garde les Européens contre cette pratique : sinon, un fort coup de soleil est inévitable.

elle disparaît par le retour en Europe, de même qu’elle diminue progressivement, chez le nègre qui vient habiter les zones tempérées.

7. Fonctions des reins. — L’urine normale contient essentiellement de l’eau et de l’urée, et cette dernière substance représente le plus important des produits qui résultent de la destruction des albuminoïdes introduits dans l’organisme par l’alimentation.

Avant les recherches précises de Moursou publiées dans les Archives de Médecine navale de septembre 1881, les notions relatives aux modifications que subit la fonction urinaire dans la zone torride se bornaient à la constatation de la diminution, en quantité, de l’urine sécrétée en vingt-quatre heures, de la concentration de ce liquide et de l’augmentation de sa densité, Moursou a éclairé la question d’un jour tout nouveau, comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire à propos de la fonction hépatique dans ses rapports avec l’élimination de l’urée par les urines ; il a dirigé des recherches sur lui-même pendant toute une traversée de Toulon à Saigon avec retour et s’est astreint, pour se placer dans les meilleures conditions possibles, à un régime et àdes occupations journalières uniformes.

De cette expérimentation si bien conduite, on peut conclure avec l’auteur : 1° qu’en passant d’un climat tempéré à un climat chaud, la densité des urines a augmenté ; que leur poids a diminué d’un peu plus du quart ; que la quantité des matières extractives a été moins élevée, d’un huitième environ, la diminution portant tout entière sur l’urée, tandis que le poids des autres matières solubles est resté à un chiffre stationnaire ; 2° que le passage subit du corps humain des zones torrides où il était resté plus de deux mois

à un climat relativement froid a produit sur la quantité des matières extractives, et en particulier de l’urée, la diminution des autres matières extractives ; d’où il suit que l’urée étant un produit de combustion plus avancée que les autres matières extractives, l’oxydation des tissus, par le fait du passage de la zone torride dans une zone relativement froide, a été plus complète et plus profonde. Nous avons dit ailleurs, à propos des modifications que subissent les fonctions digestives, que ces résultats concordent avec la diminution de l’activité du foie, dans les pays torrides, doctrine qui nous paraît démontrée par plusieurs ordres de faits.

8. Nutrition générale. — De l’ensemble des phénomènes que nous venons d’étudier en passant en revue les appareils de la nutrition, il découle naturellement que cette fonction générale est amoindrie dans les pays torrides. Les preuves de ce fait se trouvent dans la perte relative de l’appétit, la moins grande ingestion d’aliments, la digestion moins active de ces substances, l’énergie moindre de la respiration, le défaut de résistance du pouls et l’abaissement de la température du sang, au bout d’un certain temps de séjour, la diminution du chiffre de l’urée dans les urines. L’amaigrissement ou au moins la perte légère de l’embonpoint et la diminution du poids du corps constatée par Rattray achèvent de démontrer que l’organisme subit, sous la zone torride, une sorte de déchéance nutritive contre laquelle il est indispensable de se tenir en garde.

9. Innervation. — Fatigue rapide, goût de la sieste, c’est-à-dire de cette somnolence inutile et pernicieuse, quoiqu’on ait dit, qui supprime fréquemment l’appétit du soir et le sommeil nocturne, tels sont les effets de

la chaleur tropicale sur l’innervation motrice. Une hygiène bien entendue combat aisément cette tendance de l’organisme à se déclarer tous les jours vaincu par la chaleur torride.

La sensibilité générale subit également des atteintes, si on n’y prend garde ; mais ici, il n’y a pas un effet direct des influences thermiques ; c’est par la voie détournée de l’anémie que le système nerveux se révolte, et dès lors apparaissent les diverses manifestations du nervosisme, malaises, douleurs vagues, névralgies localisées, formes nerveuses des maladies communes. Quant aux sens spéciaux, l’abus des épices affadit le goût, la trop vive excitation lumineuse conduit aux troubles de la vision : c’est toujours affaire d’hygiène mal réglée.

Les travaux intellectuels sont incontestablement plus pénibles que dans les climats tempérés ; mais sous la zone brûlante il est aussi des heures pour le travail et une hygiène de l’esprit qui aplanit bien des obstacles dus au climat, et particulièrement à la chaleur. Que d’œuvres de toute nature, récits et notes de voyage, observations et travaux d’astronomie et d’histoire naturelle, inspirations poétiques, ont été pensées et écrites sous la zone torride !

10. Fonctions «le la génération. — Les climats brûlants excitent, dit-on, les fonctions génésiques. Je n’y vois pas, pour ma part, une influence de nature météorologique, de la chaleur, par exemple. Les nègres et les mulâtres sont, dit-on, voluptueux à l’excès; je ferai remarquer que l’Européen, dans les climats tempérés, ne leur cède en rien sous ce rapport, malgré les dangers de toute nature qu’il court de ce chef. En fait, cette excitation tient aux mœurs, au contact du blanc avec des races inférieures, toutes

prêtes d’instinct à un métissage qui leur plaît, leur profite ou les honore, suivant l’occurrence. Ce métissage contient-il en germe l’humanité future ? Je suis de ceux qui le croient : quoi qu’il en soit de cette grosse question que nous retrouverons ailleurs, il n'en est pas moins bien établi, qu’en pays torride a fonction de la génération est, pour l’Européen, 1 une de celles dont il faut impérieusement proscrire l’abus : la conservation de la santé est étroitement hee a cette prescription de l’hygiène individuelle, car l’exces sexuel est une des causes les plus puissantes de la débilitation organique dans la zone inter- tropicale.

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