‹ Hygiène des gens du mondeChapitre 19 sur 51 · EXERCICE · texte numérisé non relu

EXERCICE

GYMNASTIOUE

Les exercices gymnastiques sont tellement à la mode aujourd'hui, surtout pour la jeunesse, que je n'aurai ni à les recommander, ni même à en parler, voulant me borner à appeler l'attention sur ce qui est négligé, sinon ignoré, de beaucoup de personnes en fait d'hygiène sur des points mal interprétés, ou des ressources naturelles dont on ne tire pas un assez grand parti.

Si je traitais de la gymnastique dans nos collèges, j'aurais à recommander d'en étendre l'usage, de rendre les exercices plus fréquents, car il ne suffit pas d'une heure ou deux par semaine pour donner aux muscles une vigueur qu'ils né peuvent acquérir sur les bancs de la classe ou dans les jeux sans animation des récréations. Tout est dit, éloquemment dit, sur la nécessité de développer le

GYMNASJIQUE. 37

physique ea même lemps que le moral, pour éviter rétiolement des géaérations doat nous sommes menacés. Les familles doivent se préoccuper de ce soin en vue de la force et de la sanlé de leurs enfants, mais ce soin revient également à l'État, car c'est un cas d'hygiène publique ; c'est le devoir surtout du chef de l'Université, ]a morale n'étant pas moins intéressée que la santé au bon emploi et à la bonne direction des forces dans la jeunesse. II y veille et des gymnases sont établis dans la plupart de nos lycées et de nos collèges.

Mais ce n'est pas assez de cet exercice auquel on ne peut consacrer que bien peu de temps, il faudrait y joindre des excursions un peu lointaines propres ù intéresser l'esprit, en même temps qu'à fatiguer le corps. De tous les exercices, la marche est le meilleur, mais ce n'est pas marcher que de se promener, comme font les élèves de nos collèges, une ou deux fois par semaine pendant quelques heures. Il faut» une marche libre, excitée par un but et dans laquelle le corps suive ses allures sans contrainte. Ce pian n'est pas facile à réaliser, je le sais, et pourtant il faut y songer.

On ne^oue plus dans nos cours de lycées, on se promène en causant, tout au plus lance-t-on ur.c balle de temps en temps contre la muraille, mais plus

DosNÉ, Hyg. G. M. ^

de ces bonnes parties de barres dans lesquelles les corps ruisselaient de sueur.

Déjà quelques maisons d'éducation ont inauguré des excursions pittoresques, à la fois curieuses et instructives, faites dans les montagnes, le sac sur le dos, au milieu des grands spectacles de la nature. Ah I si nos collèges pouvaient être organisés à la manière anglaise, si l'exigence de nos études classiques pouvait s'accommoder avec le régime libéral de l'éducation britannique ! si, par exemple, nos établissements d'instruction étaient institués sur le modèle d'une pension élevée par nos voisins d'outremer, près de Vevey, sur les bords du lac de Genève ! La plage sert de cour aux élèves, ils s'y livrent librement à tous les jeux les plus violents, le ballon, la course» le cricket; chaque couple a sa barque dans laquelle il va naviguer sur le lac, tantôt à la voile, tantôt à force de rames. Voilà comment on fait des hommes vigoureux, sachant payer de leur personne dès leur entrée dans la vie, prêts à braver les tempêtes humaines aussi bien que celles des éléments.

Mais celte éducation virile, cette véritable école du self-government ne nous irait pas, elle ferait IremWer les mères et serait repoussée •par les familles. Et puis nous avons le baccalauréat auquel il faut songer avant tout !

Page 1