‹ Hygiène des gens du mondeChapitre 42 sur 51 · GOLFE DE GASCOGNE · texte numérisé non relu

GOLFE DE GASCOGNE

ce que Ton nomme la côte ou le bain des Basques, et de Tautre la Gôte-des-Fous; or il ne se passe pas de saison sans que des accidents graves n'arrivent en ces endroits. Pendant mon séjour à Biarritz, j'ai vu plusieurs baigneurs emportés par les courants, et Tun deux périr malgré les gourdes dont il était muni et malgré les prompts secours des marins préposés par la Société de sauvetage. Cette société, fondée par quelques habitants de Biarritz, rend beaucoup de services, mais de plus grandes précautions, des avertissements plus sévères sont encore nécessaires pour prévenir de pareils malheurs. Dans rintérêt de l'humanité et dans l'intérêt du pays, on ne saurait prendre trop de soin pour donner toute sécurité aux étrangers qui affluent à Biarritz et dont le nombre augmente chaque année.

Mais comment peut-on se noyer ainsi à quelques pas delà côte, en présence de tout le monde, sous les yeux des marins prêts à vous porter secours et armés de tous les moyens de sauvetage ? C'est ce que ne peuvent comprendre les personnes qui ne connaissent pas la mer, qui n'ont pas l'expérience de l'eau, qui ne savent pas combien il faut peu de chose pour être entraîné, et combien l'asphyxie arrive promptement. C'est cette ignorance qui fait commettre tant d'imprudences. On voit une belle plage, un beau

ubie fia, à peine fecoavert de quelques pieds d'eau, et sur lequel le flot vient mourir doucement; on se confie à cet élément, on le bnve même par le gros temps, on se fait un jeu d'attendre la vague que 'on voit arriver de loin comme une montagne mole, el qui de son cboc vous roule sur le sable, o(i elle TOUS laisse à sec en se retirant ; on s'est baigné ier en toute sûreté dans ce même point, el l'on ne nçoil pas quel danger pourrait vous y menacer niird'bui.

Mais \e sable sur lequel on repose est mobile, il se lace d'un jour à l'autre sous les efforls de la mer, et les courants perfides qui existent au sein des eaus se déplacent avec lui. Tel courant qui ne se faisait sentir hier qu'à cent pas de distance, s'est rapproché dans l'intervalle d'une marée à l'autre, et, si l'on y tombe, on est emporté au large ; les efforts des plus vigoureux nageurs sont quelquefois impuissants en présence de cette force; que peuvent contre elle des baigneurs inexpérimentés?

C'est ainsi qu'en moins d'un mois, sur quatre personnes au secours desquelles les patrons de garde se sont précipités, munis de la corde de sauvetage et suivis par la chaloupe, deux ont été ramenées à terre sans connaissance ; l'une d'elles n'a pu être rappelée à la vie, malgré les soins empressés et in-

telligents, et l'autre est restée longtemps malade des suites de l'asphyxie.

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