SUEURS FÉTIDES
C’est aux aisselles et surtout aux pieds qu’ont lieu les sueurs fétides, infirmité repoussante et qu’on ne saurait détruire sans porter atteinte à la vie. Naturelles à certaines constitutions, ces sueurs n’ont de palliatifs que dans l’usage de pédiluves multipliés, le changement fréquent de bas et de chaussure, enfin dans l’emploi non interrompu de tous les moyens de propreté les plus recherchés. On conseille de saupoudrer les pieds avec les poudres d’iris de Florence ou de lycopode aromatisé ; ces poudres ont l’avantage d’absorber la sueur et de protéger, pendant quelques heures, les bas et la chaussure. Les sueurs fétides, regardées jusqu’ici comme incurables , cesseraient de l’être si les faits insérés par
un médecin dans le Journal de Chimie
médicale, étaient confirmés. Ce médecin
assure avoir combattu les sueurs fétides, chez plusieurs individus, en leur faisant boire une décoction de racines d’artichauts, à la dose d’une pinte par jour. Cette boisson apporterait aux reins le principe fétide des sueurs; les urines devenues très-abondantes, se chargeraient de l’odeur repoussante, et les sueurs en seraient désormais débarrassées. Du reste, ce secret était connu de l’antiquité ; Dioscoride etOribasius en font mention comme d’un remède sûr, et Wecker l’a consigné dans son Livre des Secrets.
SECTION V
Avant de terminer ce chapitre, nous écrirons quelques lignes sur la déplorable infirmité congéniale qui défigure l’être humain et lui enlève le libre exercice de scs pieds, nous voulons parler de l’infirmité dénommée PIED-BOT.
ï*ied-I*ot. — Pied tordu.
Celte difformité affecte quatre formes principales que les gens de l’art ont nommées :
1° Varus, — torsion du pied en dedans ;
2° V aigus , — torsion en dehors ;
3° Talus , — torsion en avant ;
/l° Er/uinus, — torsion en arrière.
Ces graves difformités nécessitent toujours une opération chirurgicale ou un traitement orthopédique. On ne saurait trop répéter aux parents que moins l’enfant est âgé, plus il y a de chances de le redresser. Au contraire, les chances diminuent avec les années, et plus tard, le redressement devient impossible. Nous ne saurions mieux faire, pour convaincre le lecteur de la facilité avec laquelle on peut redresser les pieds contrefaits, que de transcrire un passage du Manuel U’Ortho-
IGO —
pédie , du docteur Mellet, directeur d’un grand établissement orthopédique :
« C’est une vérité que nous avons bien souvent constatée, que la déviation ou torsion des pieds consiste dans la conversion des os du tarse sur leur petit axe ; qu’il n’y a ni luxation, ni ankylosé ; que les muscles et ligaments destinés à maintenir et à faire mouvoir l’articulation sont, les uns tendus et raccourcis, les autres allongés ou relâchés et, par conséquent, incapables de maintenir le pied dans la position normale. Ces vérités une fois reconnues, il devient facile d’en tirer les indications curatives suivantes ;
« 1° Ramener graduellement d’une manière lente et continue le pied dans le sens contraire de la difformité, et lui donner la forme que doit avoir un pied bien conformé.
«2° Rétablir l’équilibre dans l’action des muscles destinés à faire mouvoir le pied; suppléer à l’action des muscles allongés ou
relâchés el vaincre la résistance des muscles opposés de façon à détruire l’obstacle aux mouvements de flexion et d’extension ;
« o° Maintenir par un brodequin orthopédique les parties qu’on a replacées, jusqu’au jour où l’équilibre musculaire sera rétabli, sans possibilité ultérieure de rétraction capable de produire une nouvelle déformation. »
Ajoutons que les moyens orthopédiques, pour être couronnés de succès, doivent être dirigés avec modération ; qu’ils doivent agir lentement et ne jamais produire de meurtrissures. Les appareils orthopédiques doivent être enlevés chaque jour, pendant le temps nécessaire aux manipulations qu’il faut exercer sur l’articulation. Ces manipulations seront renouvelées aussi fréquemment que possible ; car, elles sont une des conditions essentielles du succès. Les frictions violentes, les tiraillements subits, loin de déterminer le redressement,
produisent reflet contraire, c’est-à-dire la rétraction et le roidissement des parties qu’on veut redresser.
La conclusion de ce qui vient d’être dit est : que le redressement des pieds-bots est possible ; mais, qu’il est de toute nécessité de confier l’enfant, dès le bas âge, aux soins éclairés d’un médecin orthopédiste.