VI
Traitcmeut et Guérison «les Cor».
Le traitement des cors, a dit un médecin distingué, a été abandonné à des empiriques, aussi ignorants en anatomie que rusés industriels, et plus effrontés qu’intelligents. De là vient que cette partie de l’art est restée fort en arrière des progrès de la chirurgie. Cependant si l’on s’en rapporte à toutes les affiches dont, chaque jour, on tapisse les murs de la capitale, et à ces nombreuses annonces qui remplissent les journaux, on doit trouver chez tel ou tel pèses fonctions, dans V Hygiène du Visage et de la Peau. Chez Denlu, libraire, Palais- Royal.
dicme un spécifique éprouvé contre les cors. Ici, c’est un onguent vert; là, c’est un onguent jaune; ailleurs, il est rouge, brun, noir; partout c’est un remède secret qui produit des merveilles ; il est infaillible, achetez et vous ne guérissez point. J’ai visité presque tous ces marchands de secrets; j’ai fait emplette de leurs spécifiques, je les ai soumis à l’expérience et je n’ai jamais eu à m’en louer ; il en est qui auraient produit des effets pernicieux si je ne me fusse empressé d’y rémédier. Tous ces prôneurs de secrets infaillibles certifient que leur spécifique ronge, dévore, consume le cor jusque dans ses racines. Hélas! il faut qu’ils aient affaire à des gens bien crédules; car, celui qui aurait la plus légère notion de la nature du cor, reconnaîtrait dans ces mots leur ignorance et leur imposture.
En effet, la racine du cor étant beaucoup plas dure que les chairs environnantes, comment leur spécifique pourrait-il dévorer la racine sans intéresser la peau qui l’en-
toure? Le contraire arrive toujours, c’està-dire que le tubercule ou racine du cor, d’un tissu très-dur, n’est nullement attaqué par le prétendu spécifique, tandis que les parties saines, étant molles, sont rongées. Nous ne saurions trop engager nos lecteurs à se défier des guérisseurs de cor, lorsque leurs prétentions ne sont point étayées d’un titre scientifique.
Le traitement des cors se distingue en palliatif et en curatif :
§ vu.
Le traitement palliatif consiste à couper ou à limer le cor, lorsque la douleur se fait trop vivement sentir. Cette douleur, occasionnée et entretenue par l’épiderme durci qui recouvre le tubercule, cède presque toujours à ce moyen. On taille ordinairement le cor avec un rasoir ; on enlève, lamelle par lamelle, la couche d’épiderme durci, en ayant bien soin de ne pas aller
jusqu’au vif, puis, avec la pointe d’un grat- . toir, on creuse doucement l’endroit où existe le tubercule, afin d’en enlever le plus qu’on pourra. Cela fait, on recouvre la partie d’une mouche de sparadrap-baudruche. Le diachylon ainsi préparé est le meilleur, le plus efficace de tous les onguents que l’on puisse employer pour les cors.