DES PREMIERS SECOURS A DONNER AUX BLESSÉS
J'ai, dans les chapitres qui précèdent, exposé quelques-uns des moyens propres à remédier à certaines blessures auxquelles sont exposés les mineurs. Dans cet article, j'insisterai sur les secours à donner aux hommes atteints de lésions graves et compliquées, telles que fractures multiples, écrasement des membres, etc.
J'ai déjà dit avec quel empressement, plus généreux que réfléchi, les secours étaient administrés. Quand un ouvrier vient d'éprouver un accident, ses camarades accourent, le dégagent et se hâtent de l'emporter comme ils peuvent, malgré ses cris, vers le puits, pour le faire remonter au jour. Or, toutes les fois que l'état des lieux le permet, c'est-à-dire quand l'air n'est pas irrespirable, quand des éboulements ne sont pas menaçants, quand l'envahissement de l'eau n'est pas à craindre, il faut laisser le blessé sur place.
On devra tout d'abord s'occuper de trouver un matelas ou de la paille, qu'on déposera su." un plan horizontal.
On déshabillera le malade en coupant les vêtements, si l'on ne peut l'en dépouiller sans provoquer des mouvements douloureux.
On soulèvera le malade avec tous les soins que j'ai
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déjà indiqués, et que je vais décrire de nouveau (p. 12*2 et 123), pour glisser sous lui le matelas ou la couche de paille, ou bien encore pour le transporter à une petite distance.
Si, d'une part, il n'y a pas d'hémorrhagie grave ni aucun des accidents dont nous avons parlé plus haut et qui réclament des soins immédiats; si, d'autre part, le médecin ne doit pas tarder longtemps à arriver, on ne devra pas toucher à la blessure ni faire aucun pansement important ; on se bornera à appliquer quelques compresses sur le point douloureux; on fera prendre au blessé quelques gouttes d'une boisson cordiale; on le couvrira d'étoffes de laine et on attendra le médecin, qui disposera sur les lieux mêmes l'appareil d'une manière définitive, et épargnera au blessé les douleurs et les autres inconvénients d'un deuxième pansement. Il fera en outre, avec une méthode et des précautions bien entendues, ce que des mains inexpérimentées font avec tout le dévouement et la bonne volonté possibles, mais avec l'inhabileté inséparable du défaut d'habitude.
Cependant il y a des circonstances très nombreuses qui ne permettent pas d'attendre; il faudra alors que les personnes qui entourent le blessé s'appliquent à le mettre dans des conditions qui lui permettent de remonter au jour sans courir le risque d'aggraver ses blessures. Pour arriver à ce but, on aura recours aux gouttières et aux appareils qui en dérivent.
a. Gouttières. — Les gouttières tirent leur nom de leur forme. Elles sont construites généralement en fils de fer, convenablement matelassées à l'intérieur et munies de distance en distance de fortes courroies. Elles doivent