ASPHYXIE. — - SIGNES DE LA MORT
§ lO. Des Higsîps de la mort.
C'est clans le chapitre consacré à l'histoire de l'asphyxie, qui est la suspension de la vie, que l'on doit placer rénumération des signes de la mort, pour mettre à môme le lecteur de distinguer l'un de l'autre ces deux états.
D'ailleurs il est très important que les houilleurs connaissent, au moins d'une manière sommaire, à l'aide de quels signes on peut reconnaître la mort; car dans les campagnes la vérification des décès n'est malheureusement pas encore confiée aux hommes de l'art. Ce sont les parents, les amis, les voisins du défunt qui prononcent d'ordinaire dans ces circonstances.
Je sais que, dans les cas douteux, le médecin est appelé ; j'admets volontiers que l'institution de la vérification des décès est une chose aussi désirable et aussi nécessaire pour les campagnes que pour les villes qui en sont déjà dotées; mais il faut bien reconnaître qu'il y a une grande exagération dans les craintes qui se sont manifestées de tout temps sur les inhumations prématurées.
Qui tôt ensevelit, bien souvent assassine,
Et tel est cru défunt qui n'en a que la mine(l).
Oii a répété la môme chose sous mille formes différentes; des contes fantastiques ont été bâtis là-dessus, et on a réussi à semer l'effroi dans le public.
( I ) Molière, Etourdi, acte II, scène ni.
ibh HYGIÈNE DU HOUILLEUR,
M. Bouchut (1) s'est livré à l'examen des prétendus cas d'inhumation précipitée et ayant pour objet des individus non encore décédés, et il est arrivé à cette conclusion qu'il n'existe pas dans la science un seul fait de ce genre démontré d'une manière positive.
M. Bouchut est peut-être un peu difficile en fait de preuves. J'admets bien que ce n'est pas dans les mémoires et historiettes de Tallemant des Réaux et dans d'autres livres de même farine que la science doit recruter ses observations et ses arguments (-2).
Cependant il est incontestable que les inhumations prématurées sont chose possible. Tout le monde sait l'erreur que commit Yésale, l'un des plus grands anatomistes qui aient existé, erreur qu'il expia si cruellement : il ouvrit le corps d'une femme en léthargie hystérique.
Cette femme, qu'on regardait comme morte, eût été enterrée vivante, si la nécropsie n'avait pas dû être pratiquée. L'erreur est possible. îl faut donc apporter la plus grande attention dans l'examen des personnes décédées.
(1) Traité des signes de la morl et des moyens de prévenir les enterrements prématurés. Paris, 1849.
(2) Le baron de Panât, dit Tallemant des Réaux, était un gentilhomme » huguenot d'auprès de Montpellier de qui on disai! : Le baron de » Panât, plutôt mort que nat, c'est-à-dire plutôt mort que né; car on » dit que sa mère, grosse depuis près de neuf mois, mangeant du hachis, » avala un petit os qui, lui ayant bouché le conduit de la respiration, la » fit passer pour morte ; qu'elle fut enterrée avec des bagues aux doigts, » qu'une servante et un domestique la déterrèrent de nuit pour avoir ses » bagues et que la servante se ressouvenant d'en avoir été maltraitée, » lui donna au hasard quelques coups de poings sur la nuque du cou et » que les coups ayant débouché son gosier, elle commença a respirer, et » que quelques temps après elle accoucha de lui. »