MALADIES PROPRES AUX MINEURS
Les bouilleurs sont sujets a des maladies qui sont inhérentes à leur état et (fui en dépendent.
Celte proposition, fondée sur l'observation, n'a rien qui doive surprendre, si Ton se souvient de rémunération des nombreuses causes morbides que nous avons consignées dans la première partie de cet ouvrage.
11 stiiiît de rappeler l'analyse que M. Moyle fît de l'air des mines du duché deCornouailles (voy. p. 17).
Certes, pas un médecin n'admettra qu'un homme puisse passer sans inconvénients la moitié de sa vie plongé dans un milieu aussi malsain et aussi propre à altérer la santé ; personne ne dira qu'un ouvrier condamné à respirer un air aussi impur, ne sera pas dans des conditions hygiéniques incomparablement plus mauvaises que le scieur de long ou le laboureur.
Du reste, l'observation nous apprend qu'en effet les bouilleurs sont susceptibles de contracter certaines affections, qui leur sont spécialement propres, ou qui sont du moins plus fréquentes chez eux que chez le reste des hommes.
Je n'ai point fait de recherches statistiques qui viennent appuyer mon dire. Je n'ai point compté combien de fois j'ai donné mes soins à des mineurs atteints d'emphysème,
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d'anémie, etc.; mais j'ai remarqué d'une manière générale que chez eux certaines maladies s'observaient beaucoup plus souvent que d'autres. Ces maladies sont :
Étiolement (anémie des mineurs);
Maladie de poitrine des houilleurs;
Hydarthrose du genou;
Éruption furonculeuse ;
Rhumatisme.
Après tout, pour les personnes qui veulent absolument fonder leurs opinions sur des chiffres, je citerai ce passage de la Gazelle médicale de Lyon, u° du 1G octobre 1860 :
« ïl a été établi par une statistique récente que parmi les ouvriers employés aux mines de Coruouailles, il en meurt 61 sur 100 de maladies de poitrine, tandis que dans le reste de la population, il n'en meurt pour cette cause que 31 sur 100. »
On pourrait encore tous les jours, à l'Hôtel-Dieu de Saint-Etienne, compter combien les salles (service des fiévreux) renferment de mineurs, et rechercher dans quelles proportions sévissent les maladies que nous avons dit leur être spéciales (1).
Tout en reconnaissant l'utilité des recherches statistiques dans certains cas, je ne crois pas qu'elles soient destinées à éclairer d'une vive lumière la question qui nous occupe. Il ne suffit pas de compter, il faut encore
(1) Au commencement du mois de janvier I 860 se trouvaient couchés dans mon service de l'Hôtel-Dieu de Saint-Étienne, onze mineurs. Sept sont atteints de la maladie de poitrine des Jiouilleurs, parmi eux trois ont des complications graves du côté du cœur; un est atteint d'anémie ; un d'hémorrhagie cérébrale ; un de fièvre intermittente ; un de rhumatisme.