HYGIÈNE nr nom. leur
I! a été de nouveau lavé à l'eau distillée et séché à l'étuve. H pesait 10 grammes 85.
Cette matière noire a été traitée par les acides suif urique et chlorhydrique; elle n'a point été attaquée et ces acides n'ont point été colorés. Délayée dans l'eau distillée et soumise à un courant de chlore, elle n'a point été altérée.
Ces diverses opérations prouvent ce que du reste nous n'avions pas besoin de démontrer, à savoir que cette matière est du charbon, mais ces 10 grammes 85 représentent-ils la quantité exacte de charbon contenue dans le poumon?
Je sais que cette analyse est incomplète et imparfaite ; mais je la crois suffisante pour le but que je me propose. Sans doute, il reste encore de la matière organique, mais en très faible proportion, et je pense que le résultat obtenu peut être considéré comme à peu près exact.
Je regrette de n'avoir pas opéré sur la totalité des poumons, afin d'avoir une donnée approximative de la quantité de charbon que peuvent contenir ces organes.
M. Tardieu, dans son ouvrage sur Y Hygiène des mouleurs en cuivre, que j'ai déjà cité, a rassemblé à peu près ions les faits connus d'altération analogue des poumons (1). Je vais les rapporter.
iutopsie de Desquerlin (soixante-cinq ans, fondeur en cuivre . — Les poumons adhèrent dans toute leur étendue par des adhérences étroites et anciennes. Toute la surface est parsemée de taches
(1) M. le professeur Bouillaud vient de présenter à l'Académie de médecine les poumons d'un fondeur en cuivre, mort dans son service à 1 hôpital de la Charité, et présentant les mêmes caractères. (Bulletin de /' Académie de médecine, t. XXVI, p. 372.)
MALADIE DE POITRINE DES BOUILLEURS. 2ûS
noires de plusieurs centimètres. Tissu dense résistant, offrant à la coupe, dans les parties indurées, une surface nuire, assez sèche, sur laquelle on aperçoit les bronches dilatées; dans un grand nombre de points des premières et secondes divisions les bronches capillaires sont oblitérées. Une rougeur livide et noirâtre se rencontre dans les bronches et la trachée, là où le tissu pulmonaire n'est pas induré. Celui-ci, mis dans l'eau et fortement malaxé, fournit une petite quantité de matière noire qui tache les doigts et les linges en noir. Plusieurs concrétions calcaires existent au sommet du poumon gauche. On remarque aussi sur le bord antérieur de l'emphysème intra-vésiculairc. Rien au cœur. En résumé, on note l'absence de tubercules en voie de ramollissement, l'oblitération des bronches dans leurs derniers ramuscules et une disparition de leur tissu dans une masse indurée, infiltrée par une matière noire, saline, à angles et à bords aigus, sans cristallisation régulière, innombrable, mais non encellulée. [Observation inédite, recueillie par M. le docteur Monnerel, médecin de l'hôpital Necker.)
Autopsie de Rigaud (trente-neuf ans, mouleur en cuivre). — A l'ouverture de la poitrine, les poumons sont maintenus en place par des adhérences anciennes celluleuses, assez lâches à gauche, où elles occupent la moitié supérieure du poumon, ellessont beaucoup plus courtes, peu serrées, plusépaisses au ni veau du lobe supérieur droit qu'elles entourent presque en entier ; la plèvre droite ne contient pas de liquide ; la gauche renferme deux verres de sérosité citrine.
Le poumon gauche est de couleur violacée à l'extérieur; à son sommet, dans un espace delà dimension d'une petite pomme, le parenchyme est converti en un tissu très dur, ne criant pas sous le scalpel, lisse à la coupe, d'un beau noir, communiquant cette couleur aux doigts qui sont en contact avec lui. Mis dans l'eau, il précipite; traité par la cochon, il perd de son brillant, mais conserve sa coloration ; soumis à la macération pendant vingtquatre heures, il donne au liquide dans lequel il a séjourné une
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teinte analogue à celle de l'encre de Chine. A peu près an centre de cette altération, se trouve une petite excavation pleine de liquide gris noirâtre; elle n'est tapissée d'aucune fausse membrane; elle communique avec une bronche qui paraît taillée à pic dans le point où elle pénètre clans son intérieur. La partie inférieure du lobe supérieur et le lobe inférieur tout entier sont gorgés d'une assez grande quantité de sang; ils présentent à la coupe un grand nombre de petites masses noirâtres variant entre le volume d'une noisette et celui d'une lentille; leur composition est en tout semblable à celle du tissu décrit ci-dessus. Les bronches sont universellement d'un rouge vif, qui ne disparaît pas par le lavage ; leur membrane muqueuse n'est pas ramollie; la pression exercée sur le poumon fait affluer dans leur intérieur une grande quantité du liquide rougeàtre.
Le poumon droit est violacé à l'extérieur, dur au toucher. Au sommet, on trouve une vaste excavation* capable de loger une orange; elle communique avec une petite bronche; elle ne présente pas débride dans son intérieur, mais elle est tapissée, dans presque toute son étendue, par une fausse membrane blanchâtre, molle, d'un quart de ligne d'épaisseur, qui s'enlève avec la plus grande facilité quand on promène le scalpel à la surface; ses parois sont constituées en dehors parles adhérences anciennes et par la plèvre, épaissie en dedans par une couche de tissu noirâtre, en tout semblable à celui décrit au sujet du poumon gauche. Celte couche de matière noire varie d'épaisseur à la partie supérieure de l'excavation ; elle n'a pas plus de trois lignes. La caverne ne contient dans son intérieur qu'une petite quantité de liquide gris noirâtre. Le lobe moyen droit tout entier est converti en un tissu d'une coloration et d'une nature identiques avec celui que nous avons déjà décrit. Enfin le lobe inférieur présente exactement les mêmes altérations que le lobe correspondant gauche. Les bronches contiennent un mélange de liquide rougeàtre spumeux; elles sont d'un rouge vif; leur membrane (celle des troncs les plus volumineux) a un peu perdu de sa consislance. Un examen attentif de la plus grande partie du pou-
mon ne m'a luit reconnaître ni tubercules, ni granulations grises, niais un fragment du tissu altéré ayant été présenté à la Société anatomique, un de mes collègues (M. Guéneau de Bfussy) a trouvé au centre du tissu noir une masse de volume de l'extrémité du petit doigt, jaune, friable, tuberculeuse en un mot. Je dois ajouter qu'on n'a pas rencontré de traces de tubercules dans une autre portion du poumon, qui, soumise à l'analyse chimique, a été divisée en fragments multipliés.
Le péricarde ne contient pas de liquide, on voit une tache laiteuse sur le feuillet viscéral qui revêt le cœur droit. Le cœur, mesuré avec soin, offre une légère hypertrophie des ventricules droit et gauche et une diminution dans le calibre des orifices aurieulo-venlriculaire gauche et aortique. L'endocarde est lisse, transparent, les valvules souples, saines; les oreillettes et les ventricules contiennent une grande quantité de caillots noirâtres.
Autopsie de Courteille (quaranle-cinq ans, fondeur en cuivre). — Cœur hypertrophié, caillots nombreux et organisés dans les côtés gauches ; épanchement citrin peu abondant dans les cavités péricardiques et péritonéales.
A l'ouverture du thorax le poumon droit ne revient pas sur lui-même, il fait saillie, comme les poumons emphysémateux. Adhérences nombreuses. Le poumon droit présente une surface moutonnée, irrégulière ; son volume est considérable ; sa couleur d'un gris (verdàtre) foncé noirâtre. Quelques pseudo-membranes déformation récente se remarquent au niveau des lobes supérieur et moyen. Ces deux lobes, dans toute leur partie postérieure, ont perdu leur élasticité. La base du lobe inférieur et le bord antérieur des lobes supérieur et moyen sont encore élastiques : on y produit facilement la crépitation. Les scissures interlobaires sont effacées par des pseudo-membranes qui les remplacent entièrement; au niveau du sternum la coloration du parenchyme pulmonaire est moins altérée, elle est d'un gris rosé. De nombreuses coupes pratiquées dans toutes les parties du
poumon droit, ont donné les résultats suivants : dans le lobe supérieur et le moyen, en arrière, apparence granitée, parenchyme dense, résistant, d'une couleur gris foncé, noirâtre, verdâtre, persistance des ramifications bronchiques; tubercules disséminés, cavernes considérables. Lobe inférieur : mômes caractères dans ses deux tiers supérieurs. La base du lobe inférieur, le fond antérieur du poumon sont altérés dans leur couleur, mais non dans leur structure et leur densité. Poumon gauche recouvert d'une coque pseudo-membraneuse, ancienne, épaisse d'une ligne et demi environ. A la coupe, il présente le même aspect, la même couleur vert noirâtre; le même défaut d'élasticité au bord antérieur et à la base que le poumon droit. Tubercules plus nombreux, à une période plus avancée, cavernes nombreuses et vastes.
En froissant entre les doigts le bord antérieur des poumons, on sent des noyaux durs, de volume variable, quelques-uns gros comme des noisettes ; à la coupe ces noyaux sont d'un gris vert; ils paraissent compactes et homogènes. Ganglions bronchiques grisâtres, ramollis, se réduisant facilement en bouillie, non hypertrophiés.
Autopsie de Couvert (cinquante-huit ans, bouilleur). — A l'autopsie ou trouva les deux poumons transformés en masses noires dans lesquelles on ne voyait plus aucun vestige de leur couleur naturelle. Ils étaient de plus creusés de cavernes qui contenaient en grande abondance du liquide noir, semblable à celui qui avait été expectoré pendant la vie.
Autopsie de Dun (soixante-deux ans, bouilleur). — On trouva à l'autopsie cette même madère noire infiltrant les poumons et remplissant les bronches. A gauche, il existait une caverne également pleine de liquide noir. [Observation recueillie par M. le docteur Marshall. r
Les laits qui nous sont propres, analogues sur certains (joints à ceux que nous avons empruntés à l'ouvrage de M. Tardieu, en diffèrent sur certains autres.
Les poumons des mouleurs en cuivre et des mineurs contiennent du charbon en grande quantité. Voilà l'analogie; mais ce charbon n'est pas disposé de la même manière chez les uns et chez les autres.
Les poumons des mouleurs offrent à leur surface des taches noires disséminées, qui correspondent à des masses indurées, noires elles-mêmes, et qui semblent comme enkystées au milieu du parenchyme. Mais ces taches, ces masses hétérogènes plus ou moins étendues, plus ou moins nombreuses, laissent aux parties qu'elles n'ont point envahies leur couleur et leur structure normales. Chez les houilleurs, on ne rencontre point de ces tumeurs ; les poumons, le plus ordinairement brunâtres, très souvent noirs, offrent dans toute leur étendue et dans toute leur substance la même couleur uniform e
Cette différence est d'une grande importance. Nous voyons, par l'observation de Mandaroux, que l'encombrement pur et simple du charbon est encore compatible avec la presque régularité des fonctions respiratoires. Le tissu pulmonaire semble altéré seulement dans sa couleur. Chez les mouleurs en cuivre, au contraire, les poumons contiennent des tumeurs qui se forment au détriment de leur parenchyme , l'envahissent et le détruisent en partie.
Une autre différence capitale, c'est que les trois mouleurs en cuivre dont M. Tardieu relate l'autopsie, portaient, celui-ci des tubercules, ceux-là des cavernes, tan-
208 HYGIÈNE DU 1IUU1LLEUK.
dis que nous n'avons jamais rencontré, chez des bouilleurs atteints d'encombrement charbonneux, aucune des lésions appartenant à la phthisie.
Que conclure de là? Que faut-il penser de l'action du charbon ? L'atmosphère que respirent les mouleurs contient, comme celle des mineurs, de la poussière de charbon, mais elle contient en outre diverses matières impures.
« Si nous récapitulons, dit M. Tardieu (1), pour en mieux juger, l'influence, les conditions dans lesquelles s'opère le travail des mouleurs, nous voyons qu'ils sont le plus ordinairement réunis dans des ateliers souvent trop peu spacieux, eu égard au nombre des ouvriers, debout devant des établis, pressés les uns contre les autres, exposés à la fois aux poussières diverses employées dans les différentes opérations du moulage: poussier de charbon, poussier sableux, farine impure, et aux fumées qu'exhalent les fourneaux de la fonderie et les métaux en fusion, etc.-»
Est-ce au sable et à la farine que doivent être attribués les désordres si graves qu'on observe chez les mouleurs? Je ne sais.
Mais, lorsque d'une part on voit des poumons comme ceux de Mandaroux fonctionner d'une manière passable, ou comme ceux de Coulon. suffire pendant plus de douze ans, à l'entretien de la \'w, on est tenté de considérer l'encombrement du charbon comme une cause morbide peu active, — et si l'on songe d'autre part que cette cause a dû exercer son action, chez les bouilleurs, peu -
(I) Ouvrage cité.
MALADIE DE POITMiNE DES MOUILLEURS. 200
liant, une durée souvent très longue ( trente ans quelques fois, comme chez Coulon), sans aboutir à la phthisie, ne doit-on pas conclure qu'à elle seule elle ne détermine pas le développement de cette affection?
J'ai dit tout à l'heure que je n'ai pas rencontré encore de mineurs atteints en même temps d'encombrement charbonneux et de phthisie. — Je ne prétends pas, pour cela, qu'il ne s'en trouve pas, car la phthisie n'est ni plus rare ni plus fréquente chez les bouilleurs que chez les autres hommes. D'ailleurs, le docteur Marshall en relate deux observations que j'ai moi-môme citées plus haut. Je constate seulement que le fait n'est pas fréquent, et je suis d'avis que les ouvriers exposés à la poussière de charbon ne doivent pas être assimilés aux ouvriers qui travaillent l'émeri ou la silice.
Certains auteurs prétendent même que la profession de bouilleur est un préservatif contre la phthisie. Récemment le docteur Hervier (1), de Rive-de-Gier, a établi dans une statistique que ce pays, dont la population est en grande partie composée de bouilleurs, ne paye qu'un tribut insignifiant à cette affection. Enfin on est allé jusqu'à proposer l'intérieur des mines comme habitation aux personnes menacées ou déjà atteinles de phthisie.
En définitive, le charbon nous a toujours semblé manifester son action de la même manière sur les poumons. — En effet, toutes les fois que nous avons rencontré l'encombrement charbonneux, nous avons observé en même temps les lésions propres au catarrhe et à l'emphysème
(I) Gazette médicale de Lyon, 1859.
R1EMB\ULT. — HYG. 14
210 HYGIÈNE DU IIOU1LLEUR.
pulmonaire. — C'est au développement de ces lésions qu'aboutit l'encombrement charbonneux. — Nous rapporterons plus loin des faits à l'appui de cette assertion. Je le répète, en finissant ce passage qui a trait aux désordres anatomiques , le fait qui frappe le plus quand on examine des poumons noirs, c'est que les fonctions respiratoires soient compatibles avec de tels désordres ; c'est que des organes d'une si grande délicatesse puissent parvenir à une pareille transformation sans que les sources de la vie semblent taries !
Marche et pyiiiptômefe «le in siaala«Eic.
Je distinguerai deux périodes dans cette maladie. Les désordres qui appartiennent à la première période sont susceptibles de guérison; ceux de la seconde sont incurables.
Première période. — Le début de cette affection est le plus souvent obscur. — Aucun des malades que nous avons interrogés n'a pu assigner une date précise à l'origine de son mal. C'est qu'en effet la dyspnée est d'abord à peine sensible. — L'ouvrier commence à tousser un peu le soir, quand il est fatigué; — -après un exercice musculaire un peu prolongé, il est essoufflé. — Du reste, la santé générale est bonne, et ces désordres passent inaperçus ; d'abord, parce qu'ils sont de médiocre importance ; ensuite, parce qu'ils sont momentanés et ne reviennent qu'à des intervalles souvent très éloignés, et enfin, parce que des hommes endurcis par de rudes travaux s'écoutent peu. Cet état peut durer pendant plusieurs années sans s'aggraver et sans interrompre le travail; — ■
puis, insensiblement, l'oppression revient plus fréquemment;— elle s'exaspère sous l'influence de fatigues, par la respiration d'un air mélangé de gaz délétères. — La toux est plus opiniâtre, — des douleurs aiguës se font sentir dans certains points de la poitrine. — Enfin, de véritables accès d'asthme surviennent Dès lors, le mineur s'aperçoit qu'il a la respiration courte et qu'il a besoin de ménagements. — Le mal a pris racine. — Ce n'est plus une incommodité passagère, c'est déjà une infirmité qui fait à tout moment sentir sa menaçante influence. — Le travail est souvent interrompu. — C'est pendant l'hiver, pendant les mois de novembre et de décembre surtout, que les accès reviennent plus fréquents et plus pénibles. Le médecin peut constater alors, par l'auscultation, des râles sibilants, ronflants, muqueux et sous-crépitants.
— D'ordinaire, les râles secs s'entendent dans toute l'étendue de la poitrine, tandis que les râles humides se perçoivent seulement en arrière et à la base des poumons.
— Sur certains points, il y a diminution et môme absence complète de l'expansion pulmonaire et en môme temps un retentissement exagéré de la voix. — A la percussion, on obtient quelquefois une sonorité exagérée. Enfin, très souvent il y a une expectoration de matières noirâtres.
Cet état est, jusqu'à un certain point, compatible avec lasanlé. — Mandaroux, ce mineur assassiné, qui avait les poumons noirs et emphysémateux, jouissait d'une force et d'une vigueur peu communes. — D'ailleurs, à ce degré, la maladie est susceptible de guérison ; mais c'est à la condition que ceux qui en sont atteints changent de profession ou du moins modifient complètement les con-
212 HYGIÈNE DU HOUILLEUR.
ditions de leur travail. — Ils sont à la limite où les désordres vont devenir plus tranchés et incurables.
Deuxième période. — Arrivés h la deuxième période, de cette maladie, les ouvriers ont constamment la respiration haute et courte. ■ — L'oppression est habituelle, la toux devient opiniâtre, elle est continuelle ou quinteuse. — Le travail est pénible ; il est souvent interrompu. — Alors les accès reviennent bien plus fréquemment, tantôt sous l'influence des causes ordinaires, comme la respiration de l'air impur des travaux, un exercice musculaire prolongé ou violent ; tantôt sans cause appréciable, et au lieu de durer quelques heures, comme au début, ils se prolongent pendant plusieurs jours. En outre, l'état catarrhal des bronches se prononce davantage et, à certaines saisons, à l'entrée de l'hiver notamment, offre des exacerbations qui forcent le malade à garder le lit pendant plusieurs semaines, quelquefois plusieurs mois, et laissent après elles les désordres toujours augmentés.
A cette période de !a maladie, la poitrine est souvent déformée; elle présente des voussures qui occupent quelquefois les deux côtés de la poitrine; bien plus souvent, elles sont limitées à un point plus ou moins circonscrit.
La percussion donne au niveau des saillies produites par ces voussures une sonorité exagérée. Sur certains points on perçoit quelquefois une matité presque absolue. Ce signe est rare.
L'auscultation permet de constater tous les râles que nous avons indiqués plus haut; mais, en outre, on entend dans toute l'étendue delà poitrine, des râles sous-crépi-
tanls et muqueux; à certains endroits des poumons, il y a absence complète du bruit respiratoire. Ce symptôme est rare.
Enfin l'expectoration plus ou moins abondante est généralement composée de matières noirâtres sur lesquelles nous reviendrons tout à l'heure.
C'est à ce moment qu'on voit survenir rapidement comme complication, des affections organiques du cœur avec tout le cortège de symptômes qui leur appartiennent : enflure des extrémités, embarras général de la circulation veineuse, etc. Bientôt les fonctions digestives ellesmêmes s'altèrent profondément; l'appétit disparait; les vomissements deviennent fréquents à la suite des quintes de toux; l'épigastre et le ventre sont douloureux; le malade maigrit, et dès lors la marche du mal se précipite. En effet, après un intervalle qui peut varier, mais généralement fort court, la difliculté de respirer augmente; la face devient livide; à l'auscultation on ne perçoit plus le murmure vésiculaire, mais seulement de gros râles et une forte résonnance de la voix; enfin la circulation devient de plus en plus embarrassée et la vie s'éteint.
Les malades arrivés à la seconde période portent sur toute leur personne l'empreinte du mal qui les mine. Ils ont la face pâle, l'airanxieux ; leur démarche est lente et pénible. Les muscles du cou qui se contractent énergiquement pendant l'inspiration , sont très développés chez eux et forment des saillies qui contrastent avec l'amaigrissement général.
Joignez à cela une oppression continuelle et vous aurez un ensemble de signes qui frappent de loin l'observateur
21 h HYGIÈNE DU HOUILLEUR.
et lui permettent souvent de diagnostiquer à distance l'affection qui nous occupe.
Cette seconde période dure un temps plus ou moins long; il serait difficile de lui assigner une limite, car tout dépend des causes au milieu desquelles l'ouvrier séjournera. Au début de cette période, c'est-à-dire quand les signes du catarrhe et de l'emphysème sont nettement caractérisés par les voussures de la poitrine, par les râles dont nous avons parlé, et enfin par la toux, l'oppression continuelle et les crachats noirs, mais alors que les fonctions digestives et circulatoires se font encore d'une manière régulière, la maladie, si elle est traitée rationnellement, par les moyens propres à soustraire les causes qui l'ont produite et qui peuvent activer sa marche et son développement, la maladie, dis-je, restera quelquefois plusieurs années sans empirer, tout en permettant un travail modéré. Mais si, au contraire, l'ouvrier persiste à conserver son état et continue à s'entourer des mêmes conditions qui ont concouru à altérer sa santé, les progrès seront très rapides et l'on verra survenir en quelques mois des lésions et des désordres qui ne permettent plus l'activité musculaire. Dès lors, les fonctions de la circulation se font mal. Tout travail est impossible, et la vie n'est compatible avec cet état qu'au prix de cruelles souffrances et pour un temps limité.
Un mot sur le crachement noir qui est un des signes pathognomoniques de la maladie qui nous occupe.
Ordinairement les crachats expectorés par les mineurs même en bonne santé sont noirs; c'est alors du mucus transparent tenant en suspension de la poussière de char-
bon très tonne; il suffit en effet de séjourner pendant quelque temps dans l'atmosphère d'un chantier où se lait la taille, ou dans tout autre lieu envahi par la poussière de charbon, pour que les crachats deviennent noirs. Mais au bout de quelques heures, les bronches se sont complètement dépouillées du charbon qui avait été entraîné par la respiration, et les crachats reprennent leur couleur habituelle.
11 faut donc, pour que ce signe ait une valeur, que les ouvriers qui le présentent, aient quitté leurs travaux depuis quelques jours.
Les crachats noirs n'ont pas toujours le môme aspect. Quelquefois c'est du mucus transparent contenant de la matière noire disposée par stries; le plus souvent, c'est une matière épaisse homogène qui semble purulente, d'une teinte gris-noirâtre parfaitement uniforme.
Cette teinte peut varier un peu ; elle est quelquefois d'un noir brun; d'autres fois verdâtre; mais la couleur noire domine et se distingue toujours.
Cette coloration noire n'empêche pas les crachats de revêtir les divers caractères qui leur sont propres. Quoique le plus ordinairement ils soient épais, visqueux, adhérents au fond du vase, on les trouve dans certains cas aérés, spumeux, fluides.
La durée de l'expectoration de matières noires est souvent fort longue. Nous voyons dans les observations que nous rapportons plus loin, des hommes qui ont abandonné la profession de mineur depuis deux ans, sept ans et même douze ans, rendre encore, non pas accidentellement, mais constamment, des crachats noirs comme de l'encre.
Quand le parenchyme pulmonaire est encombré de charbon, il faut, un temps très long pour que l'élimination de ce charbon soit complète. La persistance des crachats noirs n'a rien qui doive surprendre, quand on a vu les poumons de ces malheureux atteints de la maladie des houilleurs et la quantité vraiment prodigieuse de charbon qu'ils contiennent.
J'ai dit plus haut avoir réduit un morceau de ces pou< mous en tranches minces et l'avoir malaxé pendant plus d'une heure; les 5 litres d'eau employés pour le laver étaient boueux, tant il contenait de charbon ; et après cette opération il est resté aussi noir qu'il l'était auparavant.
Ainsi les douze années pendant lesquelles Coulon, n'étant plus exposé à la poussière de charbon, avait rendu des crachats noirs, ne semblaient pas avoir diminué sensiblement l'énorme quantité de charbon que contenaient ses poumons; car ils paraissaient en être encore complètement saturés.
Ces crachats, quand ils persistent pendant quelque temps après la soustraction de la cause, indiquent que les poumons ont déjà atteint un certain degré d'infiltration charbonneuse.
Ils n'existent pas toujours dans la maladie des bouilleurs; très fréquents dans le bassin de Saint-Étienne, où on les observe dans la proportion de huit sur dix, à peu près, ils sont au contraire très rares dans le département de l'Allier et probablement dans les autres bassins où la houille est maigre.
Comme conséquence pratique de ce (pie nous venons de dire de la maladie des houilleurs, nous proclamons que
les premières atteintes de dyspnée chez nn ouvrier sont pour lui un avertissement sérieux d'avoir à renoncer à son état.
On recule devant une détermination aussi radicale par des motifs de valeur différente. Un homme qui toute sa vie a travaillé dans les mines, qui sait et qui aime son état, quand il arrive à l'âge de quarante-cinq ou cinquante ans, est peu disposé à apprendre un autre métier; il y est d'ailleurs peu apte, car c'est pendant qu'on est jeune qu'on apprend, et pendant l'âge mûr qu'on met à profit ce que l'on a appris. D'autres fois ce changement de travail exige des sacrifices qu'on n'est point en mesure de pouvoir faire; enfin, le plus souvent, l'insouciance, l'imprévoyance seules, empêchent de prendre une détermination salutaire.
Pour moi, je me fais un devoir, toutes les fois que je donne mes soins à un mineur arrivé à la première période de la maladie dont je m'occupe, de l'avertir qu'il doit changer de profession, sous peine de perdre complètement sa santé déjà menacée.
Je tâche de lui faire comprendre le danger. Sur le moment môme il déclare qu'il suivra mes conseils. Mais les impressions sont fugaces chez des gens qui vivent au milieu des périls de toute sorte. Le lendemain, tout est oublié; l'habitude et l'insouciance le ramènent à ses travaux ordinaires, et le mal suit sa marche ascendante.
Au commencement de la seconde période, les forces et la santé sont à jamais perdues; mais la vie peut être conservée, et même un travail modéré, peu fatigant est encore possible. A ce moment tout semble conspirer pour
218 HYGIÈNE DU HOUILLEUU.
montrer au malade le danger qui le menace et les moyens de l'éviter. Sitôt qu'il entre dans les travaux un peu profonds, l'oppression survient avec une intensité enrayante; le moindre effort l'abat.
Si les ingénieurs ou les directeurs, éclairés par les médecins pouvaient alors refuser du travail à ces malheureux, ils leur rendraient le plus grand des services, car ils leur conserveraient la vie.
Le plan de cet ouvrage ne me permet pas de donner de plus longs développements à ce chapitre. Je me propose dans une note à part d'exposer d'une manière plus complète l'histoire de la maladie des houilleurs.
lrc" Observation. — Salle Saint-Pierre, n°25. Durieux (Jean), soixante-quatre ans, mineur depuis quarante et un ans. — A quitté cette profession depuis quatre ans.
Aujourd'hui (novembre 1860), il ressent une douleur épiyastrique qui le fait vivement souffrir.
Il tousse un peu et rend des crachats muqueux chargés de matière noire. La poitrine est bien conformée. Le bruit respiratoire se fait entendre dans toute la poitrine; on perçoit quelques râles muqueux. Rien au cœur. Les fonctions digestives se font bien, et, en somme, la santé générale est bonne.
Encore un fait qui prouve que les crachements noirs, autrement dit l'encombrement charbonneux des poumons est jusqu'à un certain point compatible avec la régularité des fonctions respiratoires.
2e Observation. — Salle Saint-Joseph, Wh. Etienne Rocher, âgé de quarante ans, entré à l'hôpital le 5 janvier 1861. Il est mineur depuis vingt ans; prétend n'avoir jamais été malade ni même oppressé, jusqu'au mois de septembre dernier, où il ressentit dans le ventre des douleurs lancinantes très vives.
État du malade à son entrée : hydropisie, aseite; un peu d'œdème aux jambes; le foie dépasse (ris peu les côtes, semble être le siège de tumeurs; mais l'examen en est très difficile et ne donne que des résultats très obscurs. Pas de diarrhée, pas de vomissements; maigreur extrême ; teint cachectique.
La respiration , à part quelques râles muqueux et sibilants rares, se fait bien; toux légère; peu d'oppression; crachats muqueux contenant des stries charbonneuses.
Les désordres s'aggravent très rapidement et, en quelques jours, la mort survient.
Autopsie. Masses caméreuses dans tous les organes de l'abdomen, foie, estomac, pancréas, rate, intestin, péritoine; la plèvre elle-même dans son feuillet pariétal , est infiltrée de masses cancéreuses. Les poumons et le cœur en sont seuls dépourvus.
Les poumons sont brun noirâtre dans toute leur étendue et toute leur épaisseur, ils présentent quelques bulles d'emphysème.
3e Observation. — Salle Saint-André, n° 15. J.-B. Cizeron, âgé de trente-huit ans, mineur depuis dix-sept ans, d'un tempérament mal défini, mais robuste, n'a jamais été malade, si ce n'est qu'il a éprouvé quelques douleurs rhumatismales à la jambe droite, il va deux ans. Depuis six mois dressent de l'oppression, surtout le soir après sa journée; il y a trois mois, il a été obligé de quitter son travail; après le plus léger effort, il était essoufflé.
État actuel (novembre 1860) : en haut et en avant, sonorité exagérée; râles secs et humides dans toute l'étendue de la poitrine. Les crachats qu'il rend sont formés de mucosités ayant un aspect purulent et une teinte uniformément grisâtre tirant sur le noir.
Du reste, pas de déformation du thorax. Rien au cœur. Fonctions digestives régulières.
Cizeron présente les signes de l'emphysème compliqué d'un état eatarrhal des bronches. Il est encore à la première période du mal. S'il veut quitter son état, il peut encore guérir; sinon
dans un temps plus ou moins prochain, il arrivera au deuxième degré du mal, c'est-à-dire au terme où il est incurable.
W observation. — Salle Saint-Joseph. Germain Farat, quarante-deux ans, mineur pendant vingt ans. Ressent de l'oppression depuis une dizaine d'années environ. Fut obligé de quitter sa profession il y a quatre ans.
Etat actuel (décembre 18(50) : respiration haute et courte; toux continuelle très pénible. Dans toute l'étendue de la poitrine on entend des râles sibilants, sous-crépitants et muqueux. Les crachats ont été noirs, dit-il, pendant deux ans après la sortie des mines ; aujourd'hui ils ne le sont plus.
La poitrine n'est pas déformée ; il n'y a nulle part de sonorité exagérée.
Cet homme a la face pale ; il e^t très maigre. Les fonctions digestives se font d'une manière imparfaite. Le sommeil est très agité.
Farat est au commencement de la deuxième période.
5e observation. — Salle Saint-Joseph, n° 2. Imbert Chàtelart, âgé de quarante-quatre ans, a fait l'état de mineur pendant vingt-cinq ans. — D'une robuste constitution, n'a jamais eu d'autres maladies que quelques douleurs rhumatismales. Ace biijet il prétend que ses douleurs ont été guéries par le séjour qu'il fit dans un chantier très chaud ; mais il commença en même temps à être oppressé. Depuis douze ou quatorze ans, dit-il, il ressentait quelques atteintes d'asthme, lorsque l'an dernier il fut obligé d'abandonner sa profession.
État actuel (décembre 1860) : la face est pâle, les lèvres sont bleues. La respiration est très courte, très pénible. Il y a de l'œdème général. Il rend des crachats muqueux d'une teinte grisâtre tirant sur le noir.
L'examen de la poitrine permet de constater une voussure très marquée à la partie inférieure de la poitrine, surtout à gauche ; on y perçoit une sonorité exagérée. A l'auscultation, on
entend des râles sibilants ronflants et sous- crépitants. Les bruits du cœur sont sourds et tumultueux.
Quoique jeune encore (quarante-quatre ans), cet homme est arrivé à un degré de l'affection où elle est incurable (1).
6e observation. — Salle Saint-Pierre, n" 20. X... est depuis six mois à l'hôpital; âgé de cinq Liante ans, il est mineur depuis vingt-cinq ans ; il y a une dizaine d'années qu'il tousse et qu'il ressent des douleurs dans la poitrine. A l'auscultation, on trouve le bruit respiratoire puéril dans toute l'étendue des poumons, ainsi que des râles sibilants et sous -crépit an ts< La sonorité du thorax est normale. Le symptôme le plus saillant chez lui, c'est l'expectoration d'une grande quantité de crachats noirs. Ces crachats, comme dans les observations précédentes, sont puriformes et d'une couleur gris noir. Il vient de sortir (novembre 1860). Son état, qui s'est amélioré très lentement, est encore aujourd'hui loin d'être satistâisant.
7e observation. — Salle Saint-Joseph, n" 11. Antoine Roche, trente-huit ans. Mineur pendant vingt et un ans. Il y a cinq à six ans qu'il commence à ressentir de l'oppression, et qu'il est obligé de temps en temps d'interrompre son travail. Ne peut plus travailler depuis trois mois.
Etat actuel (6 décembre 1860): (ace pâle, teint plombé, muqueuses un peu bleues. Respiration haute et courte ; oppression ; toux assez fréquente ; voussure de la poitrine eu haut et en
(1) Chatelard est mort le 5 janvier 1 861 . A i'aufopsie on a trouvé les poumons emphysémateux, emplissant la cavité thoraciqoe, après qu'elle eut été ouverte. Le poumon droit présentait des bulles d'air grosses comme des œufs de pigeon. Les poumons étaient noirâtres dans toute leur étendue et dans toute leur épaisseur, teignant d'un noir violet les corps mis en contact avec eux.
Pas d'adhérences; pas de tubercules; pas de cavernes; cœur très volumineux.
Épanehement séreux considérable dans l'abdomen. La muqueuse des bronches était d'un rouge violacé.
222 HYGIÈNE DU IIOUILLEUR.
avant. Sonorité sur ces points, râles ronflants, râles sous-crépitants, surtout à gauche. Crachais gris noirâtre; quelquefois ils contiennent un peu de sang.
OEdème des jambes ; mouvements lents et pénibles. Les fonctions digestives se font mal; sommeil pénible.
Mort le ÏU décembre 1880. L'autopsie est rapportée plus haut.
8e observation. — Salle Saint-André, n° 12. P. Guillaume, âgé de cinquante-huit ans , mineur depuis quarante-deux ans , ne, travaille plus depuis sept ans; il offre la plupart des symptômes de l'emphysème; mais ce qu'il y a de remarquable chez lui, c'est qu'encore actuellement il a des crachats noirs ; il rend des mucosités transparentes, visqueuses, renfermant des masses noires disséminées par stries.
9e observation. — Salle Saint-André, n° 3. Louis Sagnol, âgé de cinquante ans, mineur depuis trente-cinq ans. Il y a longtemps déjà (il ne peut préciser la date) qu'il ressent de la gène dans la respiration ; il ne travaille plus depuis un an.
État actuel (novembre 1860) : le devant de ia poitrine présente en haut un excès de convexité très notable.
A la percussion du thorax on perçoit une sonorité exagérée des deux côtés ; il a la respiration très courte et il est sujet à des exacerbalions d'une gravité alarmante; à l'auscultation, on entend dans certains endroits des râles secs et de gros râles humides; dans d'autres on constate l'absence de bruit respiratoire ; les battements du cœur sont sourds ; la toux est fréquente et les crachats sont abondants.
Ces crachats sont purii'ormes et d'une couleur gris de fer noirâtre ; la matière noire n'existe point par plaques; elle est distribuée d'une manière uniforme dans toute la masse expectorée.
Chez Sagnol, les membres inférieurs et même les parois du ventre et les lombes sont œdématiés.
Les muqueuses sont bleues ; les fonctions digestives se font mal. Le catarrhe qui accompagne ici l'emphysème épuise les
MALADIE DE TOITRINE DES HOUJLLEURS. 223
forces du malade et rend [.lus rapide la marche de l'affection, qui
est actuellement incurable.
10e observation. — Salle Saint-Joseph, n"12. François Cou- Ion, âgé de soixante-sept ans. 11 a travaillé dans les houillères pendant trente-cinq ans environ, et depuis douze ans il a quitté sa profession .
Cet homme est tellement malade à son entrée à l'hôpital, le h décembre, que je ne crois pas devoir lui faire subir la fatigue d'un examen minutieux. Le docteur Béroud a constaté les signes de l'emphysème et du catarrhe pulmonaire. La respiration est entièrement embarrassée ; les muqueuses sont livides ; il y a de l'œdème, et il est baigné de sueur ; le pouls est misérable. Le symptôme frappant chez cet homme, c'est la couleur et l'abondance de ses crachats. Ils sont composés d'un mucus très peu épais, abondamment chargé d'une matière extrêmement noire ; on dirait du noir de fumée. Cet homme a quitté les mines depuis douze ans, et il a rempli de ces matières expectorées deux crachoirs dans la journée. J'ai rapporté plus haut les détails de l'autopsie. Les poumons étaient complètement noirs.