CHAPITRE III
HYDARTHROSE.
Les cavités articulaires sont recouvertes par une membrane séreuse qu'on appelle synoviale, qui sécrète un liquide visqueux destiné à entretenir la souplesse des tissus et à faciliter le glissement des surfaces.
Ce liquide, sous l'influence de certaines causes, peut devenir très abondant, élargir la cavité séreuse et former une tumeur plus ou moins considérable, qu'on appelle h yd arthrose.
Tout ce qui peut produire l'irritation de ces capsules, augmenter la sécrétion de la synoviale, de manière que l'équilibre entre la puissance exhalante et la puissance absorbante soit rompu, peut être considéré comme une cause de l'hydarthrose. Ainsi les contusions, et pour ne parler que de ce qui nous concerne, les contusions légères et souvent répétées que les ouvriers bouilleurs supportent pendant leur travail quand ils sont agenouillés, l'humidité à laquelle l'articulation du genou est exposée, peuvent nous rendre compte du siège fréquent de l'hydarthrose dans cette articulation chez les houilleurs.
Pour moi, je crois que l'humidité doit être considérée comme la cause la plus active de cette affection, et que la position qui consiste à être appuyé sur l'un des genoux, tous les jours pendant un temps plus ou moins long, ne
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suffirait pas toujours pour déterminer celte affection (1). Eu effet, les frotteurs qui travaillent constamment dans cette position, contractent, non pas une hydarthrose, mais un hyg$oma, c'est-à-dire l'hydropisie d'une bourse séreuse qui se trouve au-devant de la rotule.
L'hydarthrose du genou chez les mineurs est presque toujours chronique; le début en est obscur et ce n'est que lorsque l'épanchement est déjà abondant qu'il provoque l'attention de celui qui le porte.
Cependant la marche est le plus souvent gênée et même douloureuse.
Je n'ai pas à faire l'histoire complète de cette affection ; je ne touche que les points qui regardent mon sujet, renvoyant aux ouvrages spéciaux pour de plus amples détails.
Le traitement de l'hydarthrose chronique doit avoir pour but de combattre les causes qui ont activé l'exhalation ou diminué l'absorption de la synoviale. Le repos et l'immobilité sont les premières conditions du succès.
La compression méthodique de l'articulation et l'application successive de plusieurs vesicatoires, suffisent le plus souvent pour amener la guérison.
Quelquefois cependant l'hydarthrose est rebelle à ces moyens de traitement et l'on est obligé de recourir à
(I) Dans un passage du livre IV des Epidémies, Hippocrate dit : « L'homme des mines : hypocondre droit tendu; rate grosse; ventre tendu, un peu dur ; difficulté de respirer ; décoloration ; chez lui, le mal se porta au genou gauche, récidive, il fut jugé complètement. » [OEuvres d' Hippocrate, traduites par E. Littré. Paris, 1845, l. V; Epidémies, livre IV, § 2S, p. 167.)
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d'autres moyens plus énergiques dont je n'ai point à m'occuper ici.
Quand les malades seront guéris, ils auront bien soin de porter quelque temps au moins, une genoujjlère de flanelle, et de se prémunir, pendant le travail, contre l'humidité, cause productive du mal. en ayant soin de disposer sur la partie du sol où doit s'appuyer le genou, une basane ou une étoffe quelconque.