‹ Hygiène des ouvriers mineurs dans les exploitations houillèresChapitre 5 sur 59 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

Bon ou mauvais, ce livre répond à un besoin. Les ouvriers mineurs exposés à des dangers que la science est souvent impuissante à conjurer, éloignés la plupart du temps des foyers de civilisation qui développent l'intelligence, domptent les mesures routinières, et apportent le progrès ; ces ouvriers, aujourd'hui fort nombreux, attachés à une industrie qui fait la richesse du pays, méritent un intérêt particulier.

« La condition malheureuse de ces artisans, dit Ramazzini (1 ), dont les travaux, quoique vils et méprisables en apparence, sont si nécessaires et si avantageux pour le bien de l'État, n'exige-t-elle pas des études sérieuses? et n'est-ce pas une dette qu'a contractée envers eux, cet art, le premier de tous, qui, comme Ta dit Hippocrale dans ses Préceptes, donne ses secours sans intérêt et s'occupe aussi bien des pauvres que des riches? »

Les traités d'hygiène générale ne suffisent pas pour le bouilleur. Il faut être initié à ses mœurs, à ses travaux, pour être à mémo de formuler d'une part les préceptes spéciaux que nécessitent les conditions spéciales au milieu desquelles il vit, et de discerner d'autre pari ce que ces ouvrages contiennent d'applicable à sa position, ta ses besoins.

Cette double tâche que je me suis imposée, je ne sais si je m'en suis bien acquitté. Si je n'ai pas réussi, j'aurai le mérite, du moins je l'espère, d'appeler l'attention sur ce sujet et de susciter des travaux mieux inspirés que les miens, et j'aurai de toute manière ma part dans l'exécution d'une chose bonne en soi.

(1) Ramazzini, Traité des maladies des artisans.

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