‹ Hygiène des ouvriers mineurs dans les exploitations houillèresChapitre 40 sur 59 · CAISSES DE SECOURS. — SOINS MÉDICAUX · texte numérisé non relu

CAISSES DE SECOURS. — SOINS MÉDICAUX

Je ne veux pas entrer dans de grands détails à ce sujet.

Je le répète, ces caisses ont déjà rendu et rendent encore de très grands services; mais, comme toutes les institutions des hommes, elles sont susceptibles d'améliorations. Nous appelons de nos vœux le moment où l'on pourra généraliser davantage les secours et fonder des caisses de retraite pour les ouvriers mineurs arrivés à un âge où ils ne peuvent plus continuer leur état.

Dùt-on augmenter et même doubler la retenue faite sur les salaires, pour l'établir, celte institution serait un grand bienfait pour les ouvriers bouilleurs.

Elle les rendrait plus stables, plus attachés à leurs devoirs; elle remédierait à bien des misères, causées souvent par l'imprévoyance, mais néanmoins dignes d'intérêt; elle assurerait l'avenir de ceux à qui leurs charges ne permettent pas d'économies ; en un mot, elle apaiserait bien des besoins et calmerait bien des inquiétudes.

11 serait à souhaiter que chaque houillère éloignée d'un grand centre, pût avoir un médecin, résidant sur les lieux, qu'une salle contenant deux ou trois lils fut disposée sur la mine même, pour recevoir les blessés qui ne pourraient être transportés sans inconvénients.

De cette façon il serait plus facile de pourvoir aux accidents et d'y apporter de prompts et utiles secours.

C'est une mission bien pénible et parfois bien difficile, que celle de médecin chargé d'un service médical dans les ho uillères.

23'] IIY&Ï&NE DU HOUILLEUR.

D*oi'dinaire relégué dans un petit village, éloigné de tout confrère, le médecin des mines est souvent obligé de faire seul des opérations très graves. Il n'est point entouré d'aides instruits qui abrègent et facilitent sa besogne; il est seul et la plupart du temps, chez des malheureux qui manquent de tout, linge, charpie, etc.

Pour être à la hauteur des circonstances, il faut qu'il soit courageux, habile, ingénieux; qu'il sache se passer de ce qui manque ; adapter à ses besoins ce qu'il a à sa disposition. Ce n'est pas tout, il a des préjugés à vaincre, des résistances à dompter; il faut qu'il remonte le courage du patient et des gens qui l'entourent; qu'il impose la confiance par la persuasion.

Quelle différence entre le médecin de mines et le médecin chargé d'un service dans un grand hôpital! Pour ce dernier, tous les moyens de traitement surabondent. Se présente-t-il un cas difficile, embarrassant : de savants et habiles collègues lui viennent en aide au premier appel. Quant au premier, il doit toujours être prêt à tout faire, tout seul, depuis une simple saignée, jusqu'à la ligature des artères, depuis l'avulsion des dents jusqu'au débridement de l'étranglement herniaire.

Et encore ce n'est pas, comme dit M. Baudens en parlant du médecin militaire, dans les opérations, quelque importantes quelles soient, que se trouvent les plus grandes difficultés qu'il ait à surmonter. Pour faire une amputation, une ligature artérielle, les règles sont connues, établies d'avance; cent fois il a pu s'exercer, et gagner une certaine habitude demain, pour des opérations toujours semblables.

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