CLAIRETTE BORDELAISE
Raisins secs 4 kilogrammes.
Sucre 3 —
Acide tartrique 100 grammes.
Coriandre 100 —
Alcool 1 litre.
Roses trémières 250 grammes.
Eau 100 litres.
Eau de Seine 100 litres.
Mélasse de cannes 4 kilogr. 500 grammes.
Son fin 15 litres.
Pommes sèches concassées. . 7 kilogr. 500 grammes.
Raisins secs broyés 1 kilogramme
Acide tartrique 10 grammes.
Tannin 6 —
Fleurs de tilleul 300 —
Fleurs de mauve 300 —
Levure de bière Quantité suffisante.
Houblon 3 grammes.
Sucorée 5 —
Chicorée 5 —
Acide tartrique 30 —
Cassonade 4 kilogramme.
Esprit de vin 1 décilitre.
Caramel 25 grammes.
Eau 20 litres.
HYMODGÈME.
Eau 1 00 litres.
Baies de genièvre 325 grammes.
de l'alimentation. 299
Sucre 4 kilogrammes.
Raisins secs 2 —
Houblon 60 grammes.
Coriandre 500 —
Acide tartrique 50 — ^
MIUTHILÈNE.
Eau 4 00 litres.
Baies de mirthilène 250 grammes.
Sucre 2 kilogrammes.
Raisins secs 1 kilogramme 500 grammes.
Acide tartrique 50 grammes.
Vin du Midi 4 5 litres (4 ).
Café. — Le café n'a pas les effets pernicieux qu'on lui a reprochés. Fontenelle, Voltaire et bien d'autres en faisaient abus et sont néanmoins parvenus à une vieillesse très avancée. Du reste, le café a conquis le monde, en dépit des médecins, et aujourd'hui il fait en quelque sorte partie de notre civilisation, comme le dit fort bien M. Michel Lé vy (2).
L'infusion de café chaude et sucrée est extrêmement agréable, nourrissante, tonique et stimulante. Elle augmente la chaleur, accélère la circulation et vivifie tout l'organisme ; le bien-être général qui se répand dans toute l'économie après l'ingestion de l'infusion de café, indique que les fonctions se font avec régularité, que la digestion est aisée et rapide.
Le café relève les forces morales, suscite dans l'esprit une douce exaltation qui nous rend moins lourd le poids
(1) Ces recettes sont empruntées à l'ouvrage de M. Vernois, Traité a" hygiène industrielle et administrative. Paris, 1860, t. 1.
(2) Traité dliy/iè ne publique et privée, 3e édition.
300 HYGIÈNE DU UOUILLEUK.
de nos misères, nous inspire le courage nécessaire pour les supporter, et l'espoir d'un avenir meilleur.
Précieuse et admirable plante dont l'effet spécial sur le cerveau est si heureux, et que rien ne peut remplacer! Non, aucun excitant n'a le pouvoir, comme le café, d'ériger toutes les facultés de la pensée, imagination, mémoire, attention, etc., tout en les rendant plus nettes ; de relever le moral sans troubler les sens et sans amener après lui comme réaction, la torpeur, le malaise et le dégoût.
J'ai dit toutà l'heure que le café était nourrissant. C'est un fait que l'analyse a mis hors de doute et que l'observation est venue justifier.
Les mineurs de Charleroi, au dire de M. de Gasparin, se soumettent à un régime alimentaire insuffisant, puisqu'il ne contient qu'une quantité d'azote représenté par 15 grammes au lieu de 20 grammes, et cependant ces hommes conservent une bonne santé et une grande vigueur; c'est qu'à chacun de leurs repas ils font usage du café ; qu'on explique comme on le voudra l'action du café, le fait existe. La dose de 15 grammes d'azote est complètement insuffisante, surtout pour des hommes qui ont un travail pénible, et représente une nourriture inférieure à celle que s'imposent, par esprit de pénitence, les religieux les plus austères, qui, après tout, livrés la plus grande partie du temps à la méditation et à la prière, ne font pas de pertes aussi considérables que les mineurs. Le café est donc nourrissant.
Les médecins militaires nous apprennent que le café est un puissant préservatif des maladies ordinaires des camps; que depuis que l'usage en a été adopté dans l'armée, on en a obtenu des résultats excellents.
de l'alimentation. 301
Mais il ne faut pas oublier que c'est un excitant, qu'on ne doit, par conséquent, pas en abuser, et surtout ne pas le prendre à jeun, quand l'estomac est vide. Les mêmes inconvénients que nous avons indiqués pour le vin, se représenteraient ici; les fonctions digestives seraient excitées inutilement et sans profit pour la nutrition; il en résulterait une fatigue qui se traduirait d'abord parla perte de l'appétit et bientôt par une paresse des organes, par la flatulence, la dyspepsie, etc.
De plus, le café ne convient pas à tous indistinctement. Aux enfants, aux jeunes gens et aux femmes nerveuses, l'usage doit en être rigoureusement interdit. 11 convient, au contraire, d'une manière spéciale aux personnes à constitutions molles, phlegmatiques, appauvries par la maladie, par l'influence de l'humidité, etc.
ARTICLE V. —Du régime.
L'administration de la guerre, prenant pour base les données physiologiques que j'ai exposées plus haut, a établi ainsi la ration alimentaire de l'armée :
Viande fraîche 123 grammes.
Pain de munition 750 —
Pain blanc de soupe 516 —
Légumineuses 200 —
11 ne faudrait pas prendre trop à la lettre ce que j'ai dit touchantlaquantitéd'alimentsnécessairesài'entretiendela vie. On doit tenir grand compte de l'exercice qui, selon qu'il est plus ou moins considérable, détermine une plus ou moins grande déperdition dans l'économie; puis de la température: quand elle estélevée, l'homme doit consommer moins
302 HYGIÈNE DU HOUILLEUR.
d'aliments et surtout d'aliments carbonés; parce qu'il n'a pas besoin de produire une aussi grande quantité de chaleur et de brûler par conséquent autant de carbone que quand la température est basse. Enfin, il faut avoir égard surtout aux différences individuelles: pour tel homme, le régime du cavalier français serait insuffisant; pour tel autre, il serait excessif.
On cite partout l'exemple du Vénitien Cornaro (1), qui se contentait de 12 onces de nourriture solide et \!x onces de nourriture liquide. À l'âge de trente-cinq ans environ, il était si affaibli, si usé par le genre de vie qu'il menait, à l'exemple des jeunes gens riches de son âge, que ses médecins durent l'avertir que s'il persévérait dans ces désordres, il ne devait pas compter vivre longtemps encore. C'est alors que, prenant cet avis au sérieux, il réforma sa conduite et s'imposa le régime qui l'a rendu célèbre et lui a valu un siècle de vie.
Douze onces de nourriture solide ! Vous voyez qu'il était loin de la ration du cavalier français; plus tard même il diminua, il arriva à faire un repas d'un seul jaune d'oeuf. Si, par condescendance pour sa famille ou ses amis, il augmentait un peu son régime, il perdait sa gaieté, devenait lourd, pesant, malade en un mot; et il revenait bien vite à sa vie sobre, source de tout bien.
Des imitateurs mal avisés sont morts prématurément pour avoir voulu suivre leur modèle de trop près.
Cela revient à dire que nous devons, avant tout, con-
(4 ) Voyez son Traité de la sobriété, traduit sur la dernière édition italienne, à la suite d'une traduction nouvelle de Y Ecole de Salerne. Paris, 1860,in-18.
de l'alimentation. 303
sulter nos besoins, et que tel régime fort bien approprie" à la constitution de celui-ci ne conviendra nullement à la constitution de celui-là.
La sensation de la faim nous excite à manger autant qu'il est nécessaire ; mais c'est à nous de choisir avec discernement la qualité et la variété d'aliments qui seront à notre disposition.
J'espère que ce que j'ai dit dans les pages qui précèdent, facilitera beaucoup votre tâche.
Rien n'est moins compris, en général, dans toutes les classes de la société que l'utilité, la nécessité d'un régime convenablement réglé ; c'est de là souvent que dépend la santé.
L'enfant à la mamelle doit faire un nombre de repas presque illimité , c'est-à-dire qu'il doit teter environ toutes les deux heures pendant le jour, et deux fois pendant la nuit; dans la seconde enfance, cinq repas sont nécessaires; quatre dans l'adolescence; trois dans l'âge adulte ; l'homme fait se contentera de deux repas et enfin le vieillard doit se borner à un seul.
L'habitude qui règne dans une grande partie de la France, et notamment à Saint-Etienne, de faire à midi le repas principal, est fort bonne au point de vue de l'hygiène.
Les vieillards chez qui l'estomac est devenu paresseux mais patient, se borneront à ce seul repas. Ils auront tout le temps dont ils ont besoin pour que l'acte de la digestion soit complètement terminé avant l'heure du sommeil. Le matin, pour attendre le dîner patiemment, à peine prendront-ils une lasse de bouillon ou de lait.
304 HYGIÈNE DU HOUILLEUR.
L'homme fait soupera le soir à sept heures environ. Enfin l'adulte déjeunera à six , sept ou huit heures du matin, dînera à midi, et soupera à sept heures du soir.
Dans ce que je viens de dire sur les vieillards, les adultes et les hommes faits, je me garde bien de parler d'âge. Tel homme de trente ans a des organes digestifs paresseux, fatigués, malades, tandis qu'un homme de soixante ans fait gaillardement et sans fatigue deux ou trois repas copieux.
C'est le premier qui est vieux et qui a besoin de précautions et de soins; c'est l'homme de soixante ans qui est jeune et qui, tout en se souvenant que les excès lui seront, plus qu'à tout autre , préjudiciables , peut et doit ordonner son régime d'après ses besoins et l'exercice qu'il fait.
Il faut que la raison l'emporte sur le plaisir de manger, il faut être sobre; si vous êtes bien pénétré de cette vérité, vous serez à vous-même votre meilleur médecin, en ce qui concerne le régime, et vous braverez les incommodités et les maladies.
Du reste, les houilleurs ne pèchent pas d'ordinaire par l'excès de nourriture ; excepté les jours de chômage, où quelques-uns d'entre eux passent un temps destiné au repos et aux joies de la famille dans l'air empesté des cabarets, où ils perdent leur santé, leur argent et quelquefois plus encore, d'ordinaire, je le répète, ils sont sobres de nourriture et ils ont seulement besoin d'être dirigés dans le choix des aliments.