DU TABAC
L'usage du tabac s'est répandu parmi les mineurs comme dans toutes les classes de la société. Il s'est immiscé dans tous les actes de la vie et s'impose aujourd'hui de telle façon, que, impuissants aie réprimer, nous devons seulement songer à le diriger.
Quelques auteurs, très recommandables du reste, en ont exagéré les inconvénients; on les a laissés dire et on a continué à fumer.
D'autres, juges indulgents pour leur propre cause, se sont efforcés d'innocenter le tabac de toutes les accusations portées contre lui.
Nous allons analyser, pour la mieux comprendre, l'action du tabac sur les organes les plus importants de la vie, et chercher au milieu de ces opinions contradictoires à dégager la vérité.
Action du tabac sur les organes de la digestion. — L'usage du tabac à fumer fait affluer dans la bouche une grande quantité de salive qui le plus souvent est rejetée au dehors ; or, la salive est essentielle h l'accomplissement d'une bonne digestion, en outre cette déperdition, quand elle est considérable, a l'inconvénient d'épuiser l'organisme.
Il y a des fumeurs qui ne crachent pas; la salive alors est avalée, mais avec elle, une certaine proportion d'un principe narcotico-âcre propre au tabac (la nicotine).
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Ce poison a sur les organes de la digestion une action irritante, très manifeste chez les personnes qui n'y sont point habituées. Tout le monde sait que les débutants qui s'initient à l'art du fumeur, éprouvent des coliques atroces, des vomissements affreux et d'autres accidents encore, tels que céphalalgie, torpeur, etc.
Cette action peut à la longue être moins sensible, mais elle s'exerce continuellement. Les grands fumeurs mangent très peu. Privés accidentellement de leur pipe ou de leur cigare, ils sont pris de constipation, constipation qui disparaît dès que l'habitude a repris son empire. Ces faits et d'autres encore variables, suivant les prédispositions individuelles, indiquent que l'économie est toujours sous l'empire de cette influence. Il faut que les organes digestifs soient robustes pour y résister.
Aussi la dyspepsie, avec ses formes variées, qui semble être, par sa fréquence, une des maladies de notre époque, est-elle habituellement la conséquence de l'abus du tabac. Comme la relation de cause à effet est quelquefois obscure, on la méconnaît, on la nie; il n'y a rien de plus difficile que de persuader à un fumeur que le tabac est la cause de ses maux.
Les pharyngites chroniques, si fréquentes et si rebelles, ne reconnaissent le plus souvent pas d'autres causes que l'usage du tabac. La muqueuse qui tapisse l'arrièrebouche, souvent en contact avec une fumée chargée de principes irritants, finit par s'enflammer; et cette inflammation s'aggrave par la persistance de la cause productrice.
Les personnes qui en sont atteintes savent très bien