‹ Hygiène des pays chaudsChapitre 20 sur 49 · IX. — LES INIIUMAT10NS · texte numérisé non relu

IX. — LES INIIUMAT10NS

Embarras qu’elles ont causés. — Leurs défectuosités. — Le forage des fosses pour mesurer leur profondeur. — Appréciation de cette mesure.

a Une prévision triste, mais nécessaire, dit M. Michel Lévy, s’applique aux inhumations. # Celui qui a vu le choléra de la Basse-Terre comprend mieux que personne la justesse de ces paroles de l’éminent hygiéniste. A Paris même, en 1832, les moyens de transport firent un instant défaut, et l’on vit les cercueils s’accumuler dans quelques rues. Nous ne pouvons pas être surpris, après cela, si, à la Guadeloupe, dans une épidémie incomparablement plus meurtrière, les inhumations devinrent une des difficultés de la situation et presque un danger.

Un des derniers jours du mois de novembre, plus de cent cinquante cercueils entassés sur la roule assiégeaient la porte du cimetière où il n’y avait pas de fosses prêtes à les recevoir. La prompte inhumation de tant de cadavres était urgente. Les fossoyeurs et la plupart des hommes requis après eux pour creuser les fosses et enterrer les morts avaient succombé ; c’est alors qu’on s’occupa de creuser une large tranchée qui a englouti plus de douze cents cadavres.

Par une de ses extrémités elle aboutit au ravin qui sépare le cimetière des places concédées à perpétuité, du cimetière commun, dit cimetière des pauvres ; elle circonscrit celui-ci à l’E. en décrivant une courbe à concavité tournée du côté de la mer et vient se terminer dans un second ravin qui limite au N. ce dernier cimetière ; une maçonnerie en talus ferme la tranchée à chacune de ses extrémités.

Que les vivants sont oublieux I aucun signe religieux ou autre ne consacre la place de cette nécropole si pleine, qui a englouti en quelques jours plus du dixième de la population. Il faut espérer que ce n’est qu’un retard, et que la mémoire des victimes d’une des plus épouvantables épidémies dont l’histoire nous ait légué le souvenir sera protégée contre l’injure du temps, par un signe quelconque, dans le lieu même où elles reposent.

Un homme d’un grand courage et d’un égal dévouement, M. Bouzeran, capitaine au long cours, s’offrit spontanément

pour diriger les travaux du cimetière, à une époque où personne n’osait en approcher. Dignement secondé par M. Thomas, lieu- ' tenant de la Compagnie indigène du Génie, il imprima à ces périlleux travaux une si active impulsion, qu’au bout de quelques jours, tous les cercueils furent inhumés.

Dans toutes les communes fortement éprouvées, les inhumations ont présenté les mêmes difficultés. Il était impossible de transporter au cimetière tous ceux qui mouraient au loin ; tout ce qu’on pouvait faire, c’était de les enterrer auprès de l’endroit où ils mouraient. Les gardes champêtres et la gendarmerie avaient fort à faire pour assurer les inhumations dans les campagnes. La terreur était si grande qu’on s’enfuyait bien souvent des cases où il y avait un mort, sans prendre le temps de l’inhumer. Chaque habitation, chaque maison éloignée du bourg, qui avait le malheur d’être gravement atteinte, était obligée de se creuser des fosses dans le voisinage. On enterrait où on le pouvait, auprès des maisons, dans les ravins, en plein champ; la nécessité commandait; les règlements sur la police des inhumations étaient inexécutables, on ne peut faire un reproche à la population de ne pas s’y être conformée. Il est seulement regrettable que dans l’ignorance des dangers qui peuvent résulter d’inhumations mal faites ou mal situées, on donnât rarement aux fosses la profondeur nécessaire et qu’on les plaçât quelquefois au vent et trop près des maisons habitées.

Pendant les tristes journées, où l’on ne pouvait à la Basse- Terre enterrer tous les morts, la grande route qui passe auprès du cimetière, était véritablement empestée par les exhalaisons qui s’échappaient des cadavres en putréfaction. On a trouvé sur cette route des hommes morts, dont il a lallu brûler les cadavres sur place. C’est du reste bien à tort, selon moi, que l on a attribué ces deux ou trois morts qui ont eu lieu sur la route auprès du cimetière à l’effet des exhalaisons cadavériques ; celles-ci ne sont pas dangereuses à ce point, quand elles se dégagent à 1 air libre ; il s’agissait plutôt de moribonds en voyage se rendant aux ambulances ou ailleurs, qui n’ont pas pu aller plus loin, ou bien de cadavres abandonnés là par les personnes qui les poitaient au cimetière pour se décharger sur l’autorité du soin de les faire inhumer. Cela n’attestait qu’une seule chose, la terreur profonde de la population, car elle est généralement respectueuse envers les morts.

L’autorité s’inquiéta des dangers que pouvait entraîner pour la santé publique le mauvais état des inhumations.

Une commission présidée parM. Brugère, chef de bureau à la direction de l’intérieur, un de ces hommes qui se sont tenus sur la brèche aussi longtemps qu’a duré le fléau, et qui ont payé de leur santé compromise ou perdue par l’excès de la fatigue, l’accomplissement du devoir, fut chargée de visiter quelques-unes des communes qui avaient été dévastées, de procéder à la destruction des objets contaminés, à l’assainissement des cases où il y avait eu des malades, à la vérification de la profondeur des fosses et à l’amélioration des inhumations défectueuses.

La commission visita les communes de la Désirade, de Petit- Bourg et du Lamentin ; ses membres sondèrent plus de deux mille fosses à l’aide d’une tige en fer. On ne peut pas, à mon avis, exiger une meilleure preuve de l’innocuité des exhalaisons qui s’échappaient des fosses.

Le forage des fosses a été l’objet de quelques critiques dans la presse locale. On a attribué à cette opération les nouvelles recrudescences épidémiques qui sont survenues dans quelques communes, pendant qu’on la pratiquait. Cette opinion me paraît erronée. En tous cas, pour être accueillie, il faudrait qu’elle fût appuyée sur des observations nombreuses et bien circonstanciées, qui n’ont pas été produites; il faudrait, par exemple, que le choléra eût frappé particulièrement les personnes qui habitaient au voisinage et sous le vent des cimetières où l’on sondait les fosses ; c’est ce qui n’a été nullement établi, et de plus, il paraît qu’aucune des personnes qui pratiquaient les sondages ou de celles qui y assistaient n’a été malade.

Après cela, il est certain qu’au point de vue des notions élémentaires de la physique, une pareille opération ne saurait être approuvée et qu’elle est de nature à être plutôt nuisible qu’utile. Si les exhalaisons des fosses sont infectieuses ou contagieuses, les malheureux opérateurs peuvent être foudroyés.

En effet, lorsque vous ouvrez une fosse pendant la période active de la putréfaction, si ténu que soit votre outil, les fuites de gaz sont inévitables, pendant les mouvements alternatifs de va-et-vient que vous lui imprimez, à moins que la tension gazeuse intérieure ne soit pas plus forte que la pression de l’air, mais alors il n’y a rien à craindre et votre opération est tout à fait inutile. Les gaz emprisonnés dans la fosse ont-ils au con-

traire une force élastique supérieure au poids de l’atmosphère, quelque soin que vous preniez, vous leur ouvrez une issue di- I recte, vous augmentez le danger, si ces gaz sont dangereux, et l’opération peut être alors extrêmement nuisible. Mieux vaut laisser ces gaz se dégager par une filtration lente, à travers le sol qui les décomposera s’ils ne sont pas trop abondants, et, dans le cas contraire, ne les livrera à l’atmosphère, que dans un état de très-grande division et en très-petite quantité à la fois, c’est-àdire dans les conditions les moins nuisibles.

Les émanations cadavériques du choléra ne paraissent susceptibles de transmettre la maladie que pendant un laps de temps très-court. Les expériences de M. Thiersch assignent à l’activité de l’agent morbifique renfermé dans les déjections et les cadavres des cholériques, une période de temps qui commence trois jours après la mort et finit neuf jours après. Ces expériences ont été faites à Munich. Il s’agit sans doute ici des déjections laissées à l’air libre, car il paraît bien prouvé que le linge contaminé par les déjections cholériques conserve pendant un temps trèslong le pouvoir de transmettre la maladie.

Les observations du médecin bavarois paraissent plus concluantes dans leur signification positive que dans leur sens négatif, c’est-à-dire que si elles établissent la propriété contagieuse des cadavres et des déjections des cholériques, il ne faudrait pas trop se fier aux limites quelles assignent à la durée de cette propriété, car cette durée doit nécessairement varier avec les influences extérieures qui accélèrent ou retardent la putréfaction, comme la température, l’humidité, le degré d’ozonisation de l’air et il n’est pas possible de calculer exactement à priori les effets de ces diverses influences.

La commission a rempli jusqu’au bout sa difficile mission avec un zèle infatigable, et je partage complètement l’opinion émise dans son rapport, à savoir que les inhumations défectueuses ont été étrangères à la prolongation de l’épidémie dans les communes. Je ne crois pas non plus que le forage des fosses ait donné lieu à aucune recrudescence. Mais cette opération n’en est pas moins injustifiable à tous les points de vue, et ce n est pas sans raison qu’un correspondant du journal / Avenir de la Pointe-à-Pître s’est élevé contre une pratique qui pouvait avoir pour effet, comme il le dit dans un langage pittoresque, de * poignarder les morts » qui n’av.aient pas eu 1 honneur d un ceicueil.

La putréfaction est si rapidement destructive dans certains terrains de la Guadeloupe, qu’un cadavre y est réduit à l’état de squelette en moins de quinze jours. Je me souviens d’avoir procédé, il y a quelques années, dans le cimetière du bourg du Petit-Canal à la Grande-Terre, à cinq ou six exhumations de cadavres, enterrés tous depuis moins de quinze jours. Chez tous ces cadavres les parties molles étaient à l’état de putrilage et la plupart des os déjà dénudés. Il s’agissait d’une constatation juridique de coups et blessures. Comme le lieu de l’inhumation de l’individu qui avait succombé à ces blessures, ne put être reconnu avec certitude, il fallut ouvrir successivement plusieurs fosses et plusieurs cercueils. Les cadavres inhumés depuis cinq ou six jours seulement étaient méconnaissables et aucune recherche de la nature de celle qui m’était demandée ne pouvait être faite. Ce cimetière est situé dans un bas-fond marécageux, dont le sol est une marne argileuse. Pas une seule des fosses ouvertes n’avait plus d’un mètre de profondeur.

Le nombre des morts de l’épidémie à la Basse-Terre est nécessairement incertain. Des employés de la police, postés sur le chemin du cimetière, comptaient les cercueils qui passaient ; c’était le meilleur moyen qu’on eût trouvé pour connaître le nombre des morts, car il n’y avait de déclarés que le plus petit nombre des décès qui avaient lieu à domicile. Ce moyen exposait à bien des erreurs, parce que les cercueils qui venaient des ambulances contenaient souvent plusieurs cadavres, et que tous les morts n’étaient pas portés au cimetière. Pour éviter les exhalaisons qui sortaient, à une époque, de ce champ de la mort et surtout pour ravir à la fosse commune la dépouille d’une personne chère, on enterrait ailleurs, quand on le pouvait. Lorsque j’ai quitté la Basse-Terre un an environ après la fin de l’épidémie, on trouvait çà et là, aux environs de la ville, des croix sépulcrales élevées à la place où reposaient des victimes de l’épidémie, mais la terre seule en recouvrait un grand nombre, et la végétation herbacée des tropiques, qui pousse avec tant d’énergie, avait déjà effacé, au bout de quelques semaines, la place aujourd’hui inconnue où elles dorment du dernier sommeil !

§ X. — SITUATION PHYSIQUE ET MORALE DE LA BASSE-TERRE PENDANT L’ÉPIDÉMIE.

On espérait aux premiers jours de l’épidémie que la Basse- Terre serait moins maltraitée que la Pointe-à-Pître, les événements ont cruellement trompé ces espérances. Si l’on tient compte de l’effectif de la population dans chacune des deux villes, la première a eu dans ses mauvais jours quatre ou cinq fois plus de victimes que la seconde dans les siens. Dès qu’on vit les ravages du fléau atteindre et dépasser rapidement ceux de la Pointe-à-Pitre, la consternation se répandit en ville; bientôt ce fut la terreur. » La terreur en ville s’accroît d'instant » en instant, 107 morts à six heures du matin, y compris l’hô- » pital, i écrivait le 22 novembre le directeur de l’Intérieur au gouverneur. Je remarque ici que ce chiffre de 107 décès, au 22 novembre, n’est pas celui qui figure sur la statistique officielle de l’épidémie, le nombre des décès de ce jour n’est que de 85, d’après la statistique officielle qui a été dressée après l’épidémie. Pareille observation peut être faite' pour quelques autres journées du début. Du 19 au 20 novembre par exemple, le nombre des morts est de 61 d’après la statistique et dans la grande ambulance du Bas-du-Bourg seulement, il y a eu du 19 au 20 de ce mois, 86 décès. Ces différences peuvent tenir, au moins en partie, à ce que les calculs ont peut-être été arrêtés pour les diverses statistiques à des heures différentes de la journée, par exemple, pour l’une, le matin, et pour l’autre le soir du même jour, de sorte que chacune de ces statistiques, bien que correspondant à une même date, ne correspond cependant pas à une même période de temps. Quoi qu’il en soit, ces défauts de concordance sont fâcheux, parce qu’ils laissent planer le doute sur l’exactitude de ces documents.

La journée du 19 au 20 novembre, qui fut si meurtrière à la grande ambulance, jeta l’épouvante dans les parties voisines de la ville, et l’émigration commença aussitôt vers les communes les plus rapprochées.

La Basse-Terre fut bientôt déserte. Les magasins se fermèrent, les affaires furent suspendues ; les denrées delà campagne n’arrivaient plus au marché. La vie devint difficile et pleine de pri-

vations. La famine menaçait de se joindre aux autres maux. La farine et le pain, la viande de boucherie, les médicaments furent sur le point de manquer.

On ne rencontrait dans les rues’ silencieuses et désertes que des personnes effarées courant aux pharmacies ou bien après les médecins et les prêtres, puis des malades et des morts que l’on portait à l’ambulance et des charretées de cercueils vides qui suivaient la même route. La nuit était encore plus lugubre que le jour, on s’endormait et on se réveillait au bruit du marteau clouant des cercueils et des tombereaux funéraires-roulant vers le cimetière ; on entendait des gémissements, des voix éplorées sortir des maisons mortuaires; spectacle navrant qui serrait le cœur et auquel les âmes les plus fortement trempées n’auraient pu résister longtemps.

Les médecins trop peu nombreux tombaient sous la fatigue ; l’un d’eux, le jeune Déproge, venu de la Martinique pour combattre avec ses collègues et partager leurs périls, paya de sa vie l’accomplissement du devoir, plusieurs autres ont été malades. Les prêtres confessaient jusque dans la rue, deux d’entre eux sont aussi tombés victimes de l’épidémie. La jeunesse la plus légère, frappée de stupéfaction, revenait avec ferveur aux pratiques religieuses.

Après l’épidémie, toute la ville était en deuil ; on aurait dit d’un convoi funèbre, quand la foule sortait de l’église, après chaque cérémonie du dimanche ; on ne voyait que des costumes noirs, et la couleur noire aussi de la plupart des figures ajoutait à ce tableau un effet saisissant.

Raconterai-je de lamentables épisodes ? Des malades nus comme des vers, se traînant au milieu de leurs déjections, dans des cases abandonnées ; d’autres couchés à terre au-devant de leurs demeures, où ils ne voulaient pas entrer, parce qu’il y avait eu ou qu’il y avait encore au dedans des malades ou des morts ; ces jeunes enfants, seuls gardiens du cadavre de leurs parents qu’ils croyaient encore vivants ; ces mères, en proie à l’algidité, avec un enfant en bas âge qui criait la faim, en suçant un sein glacé 1 !

1. On a dit que le choléra ne tarit pas la sécrétion lactée, mais s’il ne la tarit pas toujours complètement, il est certain qu’il la diminue et que probablement il 1 altèro en proportion de sa gravité, de sorte qu’après la période phlegmorrhéique

II y en a qui font frissonner ou frémir ; on a parlé de personnes qui se sont redressées dans le cercueil qu’on allait fermer 3 sur elles ; ces anecdotes ne sont peut-être pas exactes, mais ce qu’il y a de certain, c’est que dans une épidémie aussi meur- ! trière que l’a été celle-là, le danger des inhumations de personnes 1 encore vivantes est plus à craindre que jamais. Il y a là un grand i sujet de préoccupation, qui ne peut être écarté que par une j constatation régulière de tous les décès. Cette constatation, il faut le dire, était complètement impossible à la Basse-Terre, à cause de l’insuffisance du nombre des médecins et de la nécessité d’une prompte inhumation.

La charité publique a fait d’héroïques efforts. En même temps qu’elle dressait des ambulances, elle instituait des distributions régulières de vivres, pour les faibles, les orphelins, les abandonnés, les convalescents, pour tous ceux, et le nombre en était grand, que la suspension du travail privait de leur pain quotidien. Plus sublime encore, la charité privée complétait l’œuvre d’humanité autant qu’elle pouvait l’être ; elle pénétrait là où l’autre ne pouvait aller, jusqu’à ces misères cachées si poignantes dans un pays à distinctions sociales, fatales et profondes. Le gouverneurM.de Lormel, le procureur général M. Lucien Baffer, le président de la cour impériale M. Fichel, un jeune magistrat M. Féron et beaucoup d’autres, dans des rangs moins élevés, ont donné à tous l’exemple des dévouements qui élèvent et honorent le plus l’homme.

Les colonies voisines s’émurent aux malheurs de la Guadeloupe. « Malheurs presque sans exemple dans l’histoire, » dit très-justement un document officiel. Des souscriptions avaient été ouvertes après l’ouragan, en France et dans plusieurs îles voisines de la Guadeloupe, elles recommencèrent pendant l’épidémie, et de nombreuses offrandes qui s’élevèrent à près d’un million vinrent en aide aux victimes du double fléau.

La Martinique, cette colonie sœur, quelquefois rivale, mais toujours amie et qu’une étroite communauté d’intérêts et de des-

cette sécrétion est à peu près nulle dans le choléra foudroyant. C’est là du moins ce que j’ai plusieurs fois observé à la Guadeloupe. Il est difficile de savoir si la contagion cholérique est susceptible de se transmettre par cette voie . Plusieurs cas d’immunité que j’ai vus chez des enfants qui avaient pris le sein pendant la maladie de leur mère, donnent lieu de penser que le lait maternel ne contient pas le virus cholérique.

tinées unit à la Guadeloupe, fut des premières à la secourir. Les navires fuyaient la malheureuse colonie depuis qu’on la savait en proie au choléra, les denrées les plus indispensables allaient manquer, quand heureusement elle fut ravitaillée par des secours de toute espèce envoyés de la Martinique.

Cinq médecins, MM. Berquin, Déproge, Arnaud, Miorcec et Hallais qui appartenaient tous au service de santé de la marine, à l’exception de M. Arnaud, médecin civil, sollicitèrent l’honneur de porter à la Guadeloupe le secours de leur dévouement. Deux jeunes hommes de cœur, MM. Léon de Hell et Eugène Ruffin, qui s’étaientproposés comme aides volontaires, furent envoyés en même temps.

Il vint encore de la Martinique plusieurs sœurs hospitalières de Saint-Paul de Chartres. L’une de ces nobles femmes, sœur Marie Romaine, comme le jeune médecin Déproge, tomba frappée à mort au milieu des malades qu’elle soignait.

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