‹ Hygiène des pays chaudsChapitre 23 sur 49 · ILE DE LA GRANDE-TERRE · texte numérisé non relu

ILE DE LA GRANDE-TERRE

Population : 68,945 hab. Décès : 2,534. Proportion pour cent : 3.6753.

Nous avons décrit l’épidémie de la Pointe-à-Pître, il nous reste neuf autres communes à voir dans l’île de la Grande-Terre.

En môme temps que l’épidémie débutait à Marie-Galante par les hommes de la Marie- Athalie, elle se déclarait dans trois autres communes, situées aux environs delà Pointe-à-Pître, les communes des Abymes, du Petit-Canal et du Lamentin. Comme dans l’île de Marie-Galante elle est entrée dans chacune de ces communes, par importation, transmission ou contagion par les hommes ou par les choses, comme on voudra l’appeler.

ABYMES (Mortalité : 3.94).

Cette commune confine à la Pointe-à-Pîlre; il n’y a qu’une ligne fictive de démarcation entre les dernières maisons de la rue du faubourg des Abymes qui appartiennent à la ville et celles qui sont situées sur le territoire de la commune des Abymes. Le sol de cette commune est une plaine basse et calcaire parsemée de monticules; le sous-sol, une argile fine, jaunâtre: c’est par conséquent une localité très-marécageuse, mais elle a été un peu assainie par la culture.

Les trois premiers cas de choléra se sont déclarés dans la partie de la commune des Abymes qui est contiguë à la ville, non loin des deux foyers primitifs de l’épidémie situés, comme nous l’avons vu, l’un sur les bords du canal Yatable, l’autre sur le chemin du cimetière. Le premier cas de tous a eu lieu dans uue maison située en face du chemin dit de la Gabarre, dans ce même faubourg des Abymes où il y avait déjà eu plusieurs victimes.

Ce n’est cependant pas par ces malades que l’épidémie a pénétré au cœur de la commune. Un cas de choléra se déclarait quelques jours plus tard dans le quartier des Grands- Fonds, sur l’habitation Double, à 7 kilomètres de la Pointe-à- Pitre, chez une femme qui revenait de la ville, puis la propagation s’est faite comme à l’ordinaire autour de cette malade.

D’autres foyers se sont ensuite développés sur divers points de la commune, soit par les personnes qui fréquentaient la ville, 1 1 soit par celles qui avaient des relations avec les malades de la commune.

PETIT-CANAL (Mortalité : 1.58).

Un jeune médecin de la marine, plein d’ardeur et qui a donné maintes preuves de dévouement pendant l’épidémie. M. Lacascade, m’a communiqué les renseignements suivants, sur l’origine du choléra dans cette commune :

« Le 4 novembre 1865, un détenu pour amende, relaxé de » la prison de la Pointe-à-Pître, tombait sur la route près du » bourg du Canal; transporté dans une case de l’habitation Co- » mette, à un kilomètre du bourg, il succombait le même jour » au choléra.

» Deux autres amendiers, venus comme le premier de la » Pointe-à-Pitre, mouraient deux jours plus tard de la même » maladie sur cette habitation.

» Le lendemain de ces derniers décès, plusieurs personnes de » l’habitation, qui demeuraient dans des cases voisines de » celles où l’on avait transporté les cholériques, étaient atteintes » et succombaient à leur tour au choléra. »

Voilà un premier foyer allumé par les malades de la Pointeà-Pître. Le 17 novembre, un enfant du nom de Lolo, qui était allé plusieurs fois sur l’habitation Cornette, mourait du choléra au bourg du Canal; plusieurs cas se déclarent dans le bourg, les jours suivants, et l’épidémie est bientôt répandue dans toute la commune.

MORNE-A-L’EAU (Mortalité : 4.03).

Une femme venue de la Pointe-à-Pitre était malade du choléra le 8 novembre sur l’habitation Garnier, elle mourait le 10; vingtquatre heures après, un enfant succombait dans la même case. Ce sont là les premiers cas de la commune. Le développement de l’épidémie a suivi de près.

Le 8 février', le hameau Boy vin jusque-là préservé par son isolement présentait les premiers cas de choléra à la suite d une importation.

COMMUNES DU PORT-LOUIS, DE L’ANSE BERTRAND, DU MOULE ET DE SAINTE-ANNE.

Je n’ai pu obtenir aucun renseignement positif sur le mode d’origine de l’épidémie dans ces quatre communes. Les documents officiels qu’il m’a été possible de consulter n’en parlent pas. Mais si les faits d’importation dans ces communes ne sont pas arrivés à ma connaissance, je n’ai vu non plus nulle part de traces d’une autre origine de la maladie, et nous verrons plus loin M. le docteur Gustave de Poyen, praticien distingué, reconnaître incidemment par une lettre qui a été publiée dans le journal ï Avenir de la Pointe-à-Pitre, que l’épidémie a été portée dans toutes les communes et a commencé par les détenus pour amendes, relaxés de la prison de la Pointe-à-Pître, ce qui donne lieu de penser que telle a été son origine dans les quatre communes ci-dessus, où M. de Poyen est très-répandu comme praticien. MM. les docteurs Emile de Poyen, Gustave de Poyen et Duchassaing ont soigné avec un grand dévouement les malades de ces communes et ont obtenu de beaux succès.

PORT-LOUIS (Mortalité : 3.46).

L’ANSE BERTRAND (Mortalité : 0.18).

Cette commune située à l’extrémité N. de la Grande-Terre et au vent par rapport à toute la colonie a été presque entièrement épargnée, on n’y compte que huit décès du choléra, tous ont eu lieu dans la race noire.

L’immunité si remarquable dont a joui l’ Anse-Bertrand peut s’expliquer par la position topographique que je viens d’indiquer et par quelques autres circonstances également favorables. Cette commune très- retirée,. éloignée de la Pointe-à-Pître, des autres foyers de l’épidémie et des grandes voies de communication, a une population très-disséininée et point de cours d’eau; ses relations avec la ville sont rares; placée en dehors des routes que suivaient les émigrants, presque complètement isolée en un mot, les malades et les objets contaminés n’y arrivaient point. Elle a été protégée dans ces jours de malheur par ce qui est un désavantage dans d’autres temps. Une autre circonstance, non moins heureuse pour elle, c’est que l’épidémie ne l’a atteinte

que très-tard, elle a eu ainsi le temps de se précautionner et a pu profiter des leçons puisées dans le malheur des autres.

LE MOULE (Mortalité : 2.03).

SAINTE-ANNE (Mortalité : 0.63).

SAINT-FRANÇOIS (Mortalité : 0.42).

Après la commune de l’ Anse-Bertrand, celle ci a été la moins éprouvée de toute l’île. Une note de M. le docteur Jaspard, publiée dans le livre de M. Marchai (de Calvi) (ouv. cité p. 420), nous apprend comment l’épidémie a été introduite dans la commune de Saint-François. * La maladie a éclaté deux fois dans cette # commune; la première fois elle s’est introduite par un homme » qui fait la Désirade décimée; la seconde fois, ce sont des » travailleurs du Petit-Bourg qui y portent l’agent toxique. »

L’épidémie est restée très-discrète ; le nombre des décès signalés officiellement est de 24 seulement.

LE GOSIER (Mortalité : 5.28).

Dernière commune de la Grande-Terre dont il me reste à parler, située entre celle de Sainte-Anne et la Pointe-à-Pître; c’est une des portes de la ville, une des communes qui contribuent le plus à alimenter son marché; l’épidémie s’y est déclarée de bonne heure et elle y a pris un grand développement. Point de faits précis de transmission. On sait seulement que les premiers malades ont été des personnes qui fréquentaient la ville, et que c’est autour de ces personnes que se sont développés les premiers foyers.

Nous avons suivi l’épidémie dans toutes les communes de la Grande-Terre ; elles se partagent naturellement en deux groupes, dans chacun desquels le fléau a présenté une intensité bien différente. Le premier groupe comprend la grande agglomération de la Pointe-à-Pitre, qui a reçu le choléra du dehors, et les trois communes qui en sont les plus rapprochées, les Abymes, le Morne-à-l’Eau, le Gosier. C’est celui où l’épidémie a le plus fortement sévi. Le second groupe se compose des six communes les plus éloignées de la ville : le Petit-Canal, le Port-Louis, l’Anse- Bertrand, le Moule, Saint-François et Sainte-Anne.

Remarquons encore que dans ce dernier groupe ce sont les communes qui ont le plus de relations avec la Pointe-à-Pitre et

où l’on trouve les agglomérations les plus considérables, le Canal, le Port-Louis et le Moule, qui ont été les plus maltraitées. Les trois autres communes, Saint-François, Sainte-Anne et l’Anse-Bertrand, se sont peu ressenties de l’épidémie, et la plus retirée, la moins fréquentée de toutes, f Anse-Bertrand, a été presque complètement épargnée. Autant de faits qui militent en faveur de la contagion.

Population : 63,247 hab. Décès : 8,583. Proportion pour cent : 13.5706.

Un mot sur la topographie est encore nécessaire.

Au côté oriental de la Guadeloupe volcanique, se déploie une iarge bande de terres alluviales, basses et marécageuses, qui forment à l’O. les rivages de ces deux culs-de-sac, dont j’ai parlé au chapitre de la topographie. C’est un sol tout argileux,- dont la lisière maritime est couverte de palétuviers. Nous avons vu aussi que cette argile n’est pas autre chose que le détritus des roches volcaniques désagrégées par les agents atmosphériques et entraîné ensuite par les eaux pluviales.

Les communes de l’île volcanique les plus rapprochées de la Pointe-à-Pître, savoir : une partie de la commune de la Capesterre (la section de Sainte-Marie), la Goyave, le Petit-Bourg, la Baie-Mahault, le Lamentin, une partie de la commune de Sainte- Rose, se partagent cette longue bande de terre du côté de la mer, tandis que vers l’intérieur de l’île, leur territoire se prolonge sur des pentes plus ou moins inclinées jusque dans les montagnes, en formant des plateauxégalement argileux, que séparent de profonds ravins et des collines escarpées.

Celte partie de la zone littorale de la Guadeloupe est sujette aux mêmes fièvres que file calcaire de la Grande-Terre; les plateaux intérieurs sont beaucoup plus salubres et, à une hauteur de 150 ou 200 mètres, les fièvres disparaissent presque complètement.

C’est dans la zone inférieure, où régnent les fièvres, que le choléra a sévi avec le plus de violence. Voilà un fait complètement opposé à cet autre fait plus général que j’ai précédemment constaté, à savoir, la distribution topographique inverse du choléra et de la fièvre sur le sol de la colonie, considéré dans son ensemble; ici, antagonisme apparent, là, affinité apparente

des deux maladies. Ces faits contradictoires dans la théorie de l’affinité comme dans celle de l’antagonisme topographiques de la fièvre et du choléra, suffisent pour montrer le peu de fondement de ces deux hypothèses. II faut chercher ailleurs l’explication de ces rapports différents qu’ont offerts la fièvre et le choléra, selon que l’on considère la distribution des deux maladies dans l’ensemble de la colonie ou bien seulement dans cette partie de la Guadeloupe volcanique qui répond aux deux culs-de-sac.

Remarquons que c’est dans la région littorale que se trouvent ici les centres les plus populeux, les bourgs, les grandes habitations, les voies de communication nombreuses et fréquentées, les cimetières, rendez-vous des morts; enfin, c’est aussi dans cette partie que les cours d’eau sont susceptibles de contenir le plus d’éléments contagieux, autant de circonstances favorables au développement intense de la maladie.

Si donc le choléra a régné avec intensité dans les localités de la Guadeloupe volcanique où la fièvre sévit fortement, c’est qu’il y a rencontré des causes d’aggravation différentes de celles qui y entretiennent les fièvres. Mais cela ne prouve pas qu’il y ait aucune espèce d’affinité topographique entre les deux maladies, pas plus que leur distribution inverse à la Grande-Terre et à la Guadeloupe ne prouve leur antagonisme. Du reste, il y a dans cette dernière île des localités à peu près exemptes de marécages et de fièvres, comme les communes des Trois-Rivières, de Gourbeyre, de Saint-Claude, qui ont été bien plus maltraitées par le choléra que les parties de l’île les plus marécageuses et qui sont les plus éprouvées par les fièvres, ce qui montre d’une autre manière que le développement de chacune de ces deux maladies n’est pas soumis aux mêmes influences topographiques.

LE LAMENTIN (Mortalité : 13.13).

Le sieur Bocage, patron de pirogue, faisait de fréquents voyages à la Pointe-à-Pitre pour y porter et en rapporter des voyageurs, des marchandises et divers autres objets.

Un des derniers jours du mois d’octobre, il rapporta, dit-on, un paquet de linge sale qu’il déposa chez lui et qui fut lavé par sa femme. On m’a affirmé d’un autre côté que le linge de Charles Tudor avait été envoyé au Lamentin pour y être lavé et que Bocage fut chargé de cette commission. Je lis dans une lettre d’un habitant du bourg qui m’a été communiquée :

« On a toujours pensé, sans pouvoir rien préciser à cet égard,

» que la contagion a eu lieu par des effets arrivant de la Pointe- » à-Pître et déposés chez Bocage. »

Plusieurs motifs ont empêché à la Guadeloupe les faits d’importation de ce genre d’être mieux connus. Les premiers malades, qui étaient ordinairement les mieux renseignés, mouraient presque toujours, et les personnes qui avaient envoyé du linge contaminé à laver ne le réclamaient pas, quand elles voyaient les malheurs que ce linge avait causés.

Quoi qu’il en soit, c’est dans la maison de ce Bocage, qui fréquentait la Pointe-à-Pître, maison située à l’extrémité du bourg, près de l’embarcadère, que la maladie a éclaté. Sa femme est atteinte le 1er novembre et meurt le 4.

Du 6 au 8 novembre quatre personnes sont foudroyées dans la maison de Bocage, et trois y mourront les jours suivants, ce qui porte à sept le nombre des victimes. On en a compté neuf en comprenant les personnes du bourg qui sont venues soigner les malades et dont deux aussi sont mortes des premières.

Le 4 novembre, jour de la mort de Mme Bocage, sa maison avait été récurée par la nommée Véronique, de l’habitation Dulciat, appartenant à la commune voisine de la Baie-Mahault. Véronique mourait dans la nuit du 6 au 7 et quelques jours plus tard l’habitation était envahie. Les jours suivants l’épidémie se déclarait sur l’habitation Dupuy, voisine du Dulciat, importée par des travailleurs qui fréquentaient celle-ci. En même temps elle se répandait dans le bourg du Lamentin, où elle avait aussi commencé par des personnes qui avaient fréquenté la maison de Bocage. Une importation provenant d’une autre source a eu lieu dans le bourg à la même époque : un détenu pour amende, relaxé de la prison de la Pointe-à-Pitre, mourait du choléra un ou deux jours après son arrivée.

La terreur s’empara des esprits et la population se mit à fuir dans la campagne. Les malades étaient abandonnés de tout le monde. « Deux gendarmes, dit un rapport, sont les seuls qui » aient osé frictionner une jeune fille qui mourait le 9. t À cette époque la moitié de la population du bourg s’était déjà retirée à là campagne. L’épidémie éclate bientôt sur tous les points de la commune, portée par les émigrants qui fuient les lieux envahis et surtout par ceux du bourg qui sont les plus nombreux. On peut juger de la violence de l’épidémie par ce fait

que l’ambulance du bourg s’est remplie et vidée trois fois dans la même journée. ■ U

La commune du Larnentin a été une des plus cruellement éprouvées; l’épidémie y a duré longtemps; elle a présenté quelques recrudescences, dont la dernière, commencée dans les premiers jours du mois de mai, s’est terminée le 21 de ce mois.

Ce sont là les derniers décès qui ont eu lieu dans la colonie. Cette commune, la première atteinte après la ville de la Pointeà-Pitre, est celle où l’épidémie a régné le plus longtemps.

Les recrudescences ou reprises épidémiques qui ont prolongé si longtemps la durée de l’épidémie au Larnentin doivent être attribuées aux causes que j’ai déjà signalées et qui ont amené des effets semblables à la Basse-Terre et ailleurs, savoir, le retour trop prompt dans les cases où il y avait eu des malades, sans qu’elles eussent été préalablement désinfectées, l’imprudence des parents ou des étrangers qui s’emparaient du linge qui avait servi à des cholériques, sans s’occuper de le soumettre à aucune désinfection avant de s’en servir, ou bien le lavage de ce linge non désinfecté.

A la Basse-Terre et dans plusieurs communes rurales, il y a eu un grand nombre de vols commis dans des maisons que l’épidémie avait fait abandonner. Plus d’un voleur de linge ou d’effets contaminés a été victime de son méfait, car il y a pris le germe de la contagion. Des maisons que l’épidémie avait vidées de leurs habitants ont été ensuite dévalisées par les voleurs, qui emportaient jusqu’aux meubles.

On a accusé les exhalaisons du cimetière, où les fosses n’avaient pas une profondeur suffisante, d’avoir prolongé la durée de l’épidémie dans la commune du Larnentin, mais cette assertion me paraît tout à fait hypothétique et je ne connais pas un seul fait précis qui autorise à croire qu’elle soit fondée.

A propos de la recrudescence du mois de mai dans la commune du Larnentin, alors que toute la colonie avait payé son tribut à l’épidémie, on a fait à la Pointe-à-Pitre la proposition d’établir un cordon sanitaire autour de cette commune contaminée pour empêcher la propagation du fléau dans les autres communes. Une nouvelle généralisation de l’épidémie était peu à craindre après le désastre que le pays avait essuyé; on a vu, en effet, cette recrudescence s’éteindre sur place sans cordon sanitaire, les deux ou trois importations qui ont eu lieu, à cette

époque, dans les communes voisines, n’ont point amené non plus de propagation ultérieure. C’est autour des premières cases infectées de la Pointe-à-Pitre qu'il aurait fallu jeter un cordon sanitaire et deux au besoin. Cette mesure bien exécutée eut alors sauvé le pays; au mois de mai elle n’avait plus d’opportunité.

Plusieurs exemples de contagion par les effets cholérisés ont été cités dans cette commune. Une couverture de laine qui avait servi à envelopper un cholérique est jetée à Peau et reste accrochée aux branches d’un buisson ; une femme la ramasse et la lave, elle meurt le lendemain du choléra. Un matelas sur lequel était mort un cholérique, reste renfermé pendant plusieurs semaines dans la maison mortuaire, un homme l’emporte chez lui, il est atteint du choléra et en guérit, mais sa femme et ses enfants meurent. Les faits de ce genre ont été très-nombreux pendant l’épidémie. C’est par là qu’ils sont un témoignage en faveur de la contagion; car tant que l’épidémie règne dans les localités où ils se produisent leur signification reste douteuse, comme faits isolés.

BAIE MARAULT (Mortalité : 15.31).

Nous avons vu la maladie importée sur l’habitation Dulciat par une femme qui Pavait prise au Lamentin, puis nous l’avons vue transmise ensuite à l’habitation Dupuy par des travailleurs qui fréquentaient l’habitation Dulciat.

A la même époque un cas de choléra se déclarait sur un autre point de la commune. Un vieux nègre du nom de Polydor, qui habitait une case située auprès du chemin de la Gabarre, succombait le 7 novembre à la maladie qui régnait à la Pointeà-Pitre. Polydor avait contracté sa maladie auprès d’une femme de la Pointe-à-Pître qui en était atteinte. La frayeur causée par cette mort était si grande aux environs que les tra-

Ivailleurs de l’habitation sur laquelle demeurait Polydor, refusèrent de l’enterrer, quatre cultivateurs étrangers qui passaient par là consentirent à se charger de cette corvée moyennant une forte rétribution.

Une autre habitation importante de la commune celle de M. de Jabrun, a été infectée par deux négresses qui revenaient de la Pointe-à-Pître; elles furent les premières victimes de l’habitation; celle-ci a perdu 46 travailleurs, dont 14 à l’ambulance sur 14 malades qui y ont éCé envoyés. Les autres malades

ont été traités sur l’habitation même et plus de la moitié ont guéri.

Le transport aux ambulances éloignées, avec les souffrances cjui en résultaient pour les malades et les pertes inévitables de temps qu’il entraînait, devait être souvent mortel dans une maladie qui marchait si vite. Deux grands propriétaires, MM. de Jabrun et de Reiset, voyant les effets désastreux du transport des malades aux ambulances prirent le parti de les soigner sur leurs habitations. Ils obtinrent de bons résultats et leur exemple fut bientôt suivi par d’autres habitants et par la masse des petits propriétaires.

L’ambulance communale établie dans le bourg y avait semé la contagion. Quand il fut question, un peu plus tard, de créer une autre ambulance dans un quartier nommé le Calvaire, où il était difficile, à cause de son éloignement, de porter des secours, les habitants s’y opposèrent. Il importe de rapporter ces faits, car ils nous apprennent à quelles conditions une ambulance peut être utile dans les campagnes contre une épidémie de choléra. Elle ne doit recevoir que des malades des localités voisines et elle doit être en même tèmps isolée autant que possible des centres habités.

PETIT-BOURG (Mortalité : 10.32).

Située à l’O. de la rade de la Pointe-à-Pître, cette commune entretient avec la ville de nombreuses communications par mer et par terre.

Au commencement du siècle dernier, le Petit-Bourg était le premier port commercial de la colonie, il ne reste plus aujourd’hui que des vestiges de ce port, la Pointe-à-Pitre a pris sa place. Fait géologique digne de remarque, les anciens quais du Petit- Bourg sont maintenant sous l’eau et la mer baigne le pied des maisons en ruine, qui les garnissaient autrefois. Le sol s’est affaissé sur ce point de la côte, et il paraît s’être élevé au S. à quelques kilomètres de là.

M. leDrJaspard, médecin de la marine, démissionnaire, a été chargé du service médical dans la commune ; il y a recueilli un grand nombre de faits intéressants au point de vue de la contagion, qui ont été consignés dans le livre lumineux de M. Marchai (de Calvi) : Lettres et propositions sur le choléra , page 415.

J’emprunterai les faits d’origine de l’épidémie dans la coin-

mune du Petit-Bourg, à M. le Dr Jaspard. Ce médecin s’est distingué entre tous par une appréciation indépendante et éclairée des choses, rion moins que par un dévouement relevé encore par le sacrifice de ses intérêts, car M. Jaspard était déjà démissionnaire, et il allait quitter la colonie, quand il a accepté une périlleuse mission qui ne pouvait lui rapporter que l’honneur des services rendus.

Nous assistons ici à l’origine de la maladie et à la formation successive de ses foyers, toujours par importation. 1 1 faut regretter que les recherches de cette nature n’aient pas été plus nombreuses. Mais, heureusement, assez de faits épars ont été recueillis pour qu’on puisse déduire avec certitude, de la manière connue dont la maladie a procédé dans un grand nombre de cas, comment elle l’a fait dans ceux où son mode de propagation n’a pas été aussi bien observé.

* Le premier cas de choléra s’est présenté chez un homme qui venait de passer la nuit à la Pointe-à-Pître, dans un quartier de la ville où l’épidémie sévissait avec rigueur. »

« Une négresse, qui demeurait dans une case voisine et sous le vent, est atteinte ensuite, les deux malades succombent. »

« Un nègre robuste qui les dépose dans le cercueil meurt deux jours après. Une femme déshabille et lave les trois morts selon fa coutume du pays, elle prend en outre part à la veillée auprès des deux derniers, cette femme est lu quatrième victime. »

Ces faits se passent sur l’habitation Versailles située dans la section N. de la commune. « Dès lors la propagation sur l’ha- » bitation suit une marche progressive. »

Voilà un premier foyer, voici le second.

« Tout près de Versailles est l’habitation Trinité. Un travailleur de cette dernière habitation, trompant la surveillance du géreur, va passer la nuit auprès de la femme qui venait de succomber, victime de l’habitude de changer le linge et de faire la veillée des morts, il meurt du choléra et l’épidémie frappe après lui treize nègres de l’habitation et en tue onze. »

Un troisième foyer indépendant des deux premiers s’allume dans le bourg, c’est encore de la Pointe-à-Pitre qu’est partie la contagion. « Un homme qui arrivaitde la ville et deux blanchisseuses qui avaient reçu du linge contaminé meurent les premiers dans le bourg. La propagation épidémique fut très-rapide ; elle rayonna dans les habitations voisines, atteignit toutes les

parties basses de la commune et quelques localités écartées où vivaient de petits propriétaires. »

L’épidémie paraissait presque terminée lorsque le 15 février survint une recrudescence. M. Jaspard a soin de nous en signa-' 1er les causes; elle est conforme à tout ce que nous avons vu à la Guadeloupe des allures de choléra.

« Un journalier du nom de Céran, qui habitait les hauteurs du Daubin où l’épidémie n’avait point pénétré, vient travailler à la fabrication de sucre sur une habitation qui avait eu des malades, il retourne chez lui et meurt deux jours après ; son frère, sa mère et une voisine sont ensuite atteints et succombent. La mère va mourir chez sa sœur qui demeure à Ù00 mètres delà; la sœur sera malade aussi et seule elle guérira; trois autres personnes du voisinage qui ont soigné les Céran ont succombé comme eux. »

Voilà l’histoire d’un grand nombre de recrudescences ; seulement, il est rare qu’elle nous ait été donnée aussi fidèlement.

Une reprise de l’épidémie a eu lieu aussi au bourg ; celle-ci coïncide avec l’arrivée de quelques malades de la campagne, qui sont venus y mourir, et avec la reprise du travail des blanchisseuses qui recevaient du linge de la Pointe-à-Pitre. Le lavage du linge de la ville avait été interdit au Petit-Bourg pendant l’épidémie ; quand on a repris ce travail, le choléra a reparu et la première victime a encore été une blanchisseuse.

M. Arthur Durand, dentiste renommé de la Pointe-à-Pitre, qui dirigeait l’ambulance du bourg en l’absence de M. Jaspard, y a obtenu plusieurs succès. M. Léon Gros a rendu aussi de grands services en traitant des malades à la campagne et en portant des secours de tous côtés. Dans cette commune, comme dans toutes celles qui ont eu beaucoup de malades, les personnes dévouées se sont faites médecins par nécessité, et, il faut le dire, elles ont souvent réussi. Sur l’habitation du Pérou, entre autres, M. de La Quinlinerie, géreur de l'habitation, a sauvé beaucoup de malades.

LA GUYAVE (Mortalité : 9.69).

Une petite fille de dix ans, qui habitait depuis quelque temps la Pointe-à-Pitre, en était revenue depuis peu de jours pour fuir la maladie, elle mourait le 6 novembre après douze heures de sout-

frances, « subitement atteinte hier à cinq heures de l’après-midi,

» écrit le maire de la commune, de coliques, de diarrhée, de » vomissements, de refroidissement du corps qui continue jus- » qu’à l’heure de la mort... » — « Selon l’appréciation deM. le » maire, dit un autre rapport, on croit qu’elle était atteinte du » choléra ; c’est sans doute une erreur, elle a dû succomber à » un accès de fièvre algide... » Voilà un exemple de la situation des esprits et de l’état de l’opinion en présence de l'épidémie. Ces incertitudes se comprennent à la Goyave, où il n’y avait pas de médecins. Malheureusement, l’opinion du maire n’était que trop fondée, comme on va le voir. Deux autres cas suivent celui-là ; l’un est celui d’une jeune fdle de 19 ans, d’une forte constitution, qui a guéri. Le maire, l’honorable M. Hippolyte Rousseau, s’était fait le médecin des premiers malades, il tomba victime de son dévouement auprès de cette dernière malade qu’il venait d’arracher à la mort, et mourut le 22 novembre. Les cas se multiplient rapidement, d’abord dans le bourg, qui a été le premier atteint, et bientôt dans la campagne.

La commune manquait de médecin et il était impossible de lui en envoyer. Un médecin est nécessaire, dans ces grandes calamités, non-seulement pour soigner les malades, mais aussi pour rassurer les populations et soutenir leur énergie morale.

Un jeune homme courageux, M. Le Merle, commis de l’enregistrement, se propose pour soigner les malades de cette commune, et, muni des instructions de M. le docteur de Bonneval, de la Capesterre, il reste intrépidement sur la brèche, médecin improvisé de l'ambulance et des malades à domicile. M. Le Merle a rempli cette mission pendant la période la plus violente de l’épidémie et s’en est acquitté avec succès, remplaçant les connaissances techniques, qui lui manquaient nécessairement, par les leçons de l'expérience actuelle et les inspirations du dévouement. « Ce « jeune homme montre beaucoup de zèle et d’activité, écrivait s au directeur de l’Intérieur le nouveau maire, M. Marcellin, » je viens donc vous prier d’intercéder auprès de M. le gouver- » neur pour avoir un médecin ou M. Le Merle. » 11 fut répondu qu’on laissait M. Le Merle. Son dévouement, il faut le dire, ne fut pas imité par tout le monde. L’administration se vit dans le plus grand embarras pour trouver des personnes qui voulussent bien soigner les malades de l’ambulance. Sur cinq femmes af-

fectéesà ce service, deux étaient mortes, une troisième était gravement malade, la quatrième était rentrée chez elle, la cinquième ' avait pris la fuite. Il faut voir dans de semblables faits, qui se sont produits dans plusieurs communes, un témoignage de la conscience publique en faveur de la contagion. La situation heureusement commençait à s’améliorer. Le calme revint dans les esprits, et 1 épidémie se terminait, dans cette commune peu peuplée, le 14 février.

SAINTE- ROSE (Mortalité : 8.90).

Cette commune comprend deux territoires, tout à fait différents au point de vue de la topographie médicale. Une plaine basse, marécageuse, qui concourt à former le rivage occidental du grand cul-de-sac, une partie montagneuse. Les fièvres régnent endémiquement dans la première partie; sans être absentes dans l’autre, elles y sont moins fréquentes.

Une autre différence entre ces deux parties de la commune, qu’il faut signaler, parce qu’elle a exercé une grande influence sur la marche et l’intensité de l’épidémie dans chacune d’elles, c’est que les grandes habitations, les voies de communication faciles et fréquentées sont dans la première, les petites propriétés isolées et peu accessibles dans la seconde. La première a été en peu de temps dévastée par le choléra; dans la seconde, la marche du fléau a été lente, son intensité moindre, il a mis un long temps pour atteindre successivement les diverses localités.

La remarque déjà faite à propos de la commune du Lamentin est applicable à Sainte-Rose, comme à toutes les communes de la Guadeloupe riveraines des deux culs-de-sac. Si le choléra et la fièvre ont affecté, à Sainte-Rose, une distribution à peu près parallèle, on ne peut y voir une preuve d’affinité entre les deux maladies ni de prédilection pour les mêmes lieux. Ce qui s’est passé dans les deux principales îles de la colonie s’oppose à cette manière de voir, et pourrait au besoin la réfuter. La réunion dans les mêmes lieux des conditions favorables à la fièvre et au choléra rend compte de la similitude de distribution des deux maladies dans la commune, mais ces conditions sont dillérentes pour chacune de ces maladie. La nature marécageuse du sol fait régner la fièvre dans la partie basse et alluviale de la commune; les agglomérations, la facilité des communications et

l’abondance des eaux courantes, qui ne font rien à la fièvre, ont été, dans la même partie de la commune, éminemment favorables à la propagation du choléra.

Nous allons encore trouver ici des faits bien observés, qui ont une signification claire et précise. Voici en quels termes le maire de Sainte-Rose rapporte l’invasion de l’épidémie dans sa commune : « Le fléau a éclaté sur quatre points et presque en même • temps, quoiqu’ils soient distants les uns des autres de six et > même de huit kilomètres, n’ayant entre eux que peu ou point » de communications; sur chacun de ces points il a été directe- » ment importé de la Pointe-à-Pitre.

» Ainsi, le 5 novembre, arrive au hameau Madame le sieur » Cléophas, prisonnier relaxé de la prison de la Pointe-à-Pître, » où l’épidémie sévissait depuis le 22 octobre. Le soir, il est » atteint du fléau et meurt dans 24 heures. La femme qui l’avait » accueilli est frappée le lendemain et succombe. » Après avoir visité le cadavre du premier-mort et la seconde malade, M. le docteur Diavet, médecin de la commune, a affirmé l’invasion du choléra, choléra asiatique, choléra-morbus. Quelques jours plus tard, il informait le directeur de l’Intérieur de l’existence du choléra à Sainte-Rose et au Lamentin, et il déclarait en même temps que la maladie se propageait toujours par des individus qui avaient eu des communications avec les malades.

Sitôt que le docteur Diavet eut constaté la nature de la maladie, * toutes les précautions furent prises pour éviter la conta- » gion. La maison, le linge, tous les objets qui avaient servi aux » deux malades du hameau Madame furent brûlés. L’épidémie » s’arrêta sur ce point, et ce n’est qu’un mois après qu’elle y » reparut, apportée, cette fois, du bourg. »

i Le 6 novembre, la fille Marie Adeline, qui était allée à la » Pointe-à-Pître donner des soins à sa tante, revient à son domi. » cile au Morne-Rouge, section E, dite des Anceraux. Elle » était déjà malade à son retour, son état s’aggrava rapidement,

» elle mourut le lendemain 7. La femme Jeannille, sa voisine, » est atteinte, elle meurt le 10. A partir de ce moment, l’épidé- « mie s’étend sur tout le hameau du Morne-Houge. »

• Le 10, le sieur Portai lier (Paul), marin, revenant de la o Pointe-à-Pitre, débarque au bourg de Sainte-Rose, d’où il » était parti bien portant la veille; sitôt son retour, des douleurs » de ventre qu’il avait ressenties en ville augmentent, la diar-

» rhée, les vomissements, le refroidissement se déclarent, il » meurt en quelques heures. En 24 heures, le bourg est entière- - » ment contaminé. Du bourg, l’épidémie se répand sur les habi- » tâtions Le Viard , Le Boyer , section Yiard , voisines du » bourg.

» Le 12 novembre, toutes les habitations et tous les hameaux t de la section Grande-llivière, partie S.-E. de la commune,

» étaient encore intacts , aucun cas de choléra ne s’était, mon- » tré dans cette partie de la commune, mais à cette date du *12 novembre, le sieur Henri d’Arbaud, patron de pirogue,

» qui était allé le matin à la Pointe-à-Pitre, revenait le soir avec » tous les symptômes de la maladie. Les cultivateurs de l’habi- > tation Bonne-Mère, qui s’approvisionnaient à sa boutique, sont » les premiers frappés. En quelques jours, toutes les habitations » voisines étaient visitées par le fléau. Comme on le voit, lama- » ladie a été importée de la Pointe-à-Pitre à Sainte-Rose. Elle t éclate dans cette commune sur quatre points différents, et à » chaque fois sur un individu arrivé de cette ville. De chacun » de ces points elle a rayonné dans la commune, semant la » ruine et la désolation partout. »

Trois ambulances ont été établies dans la commune, mais elles nepouvaient suffire; un grand nombre de malades furent traités sur les habitations par les propriétaires ou les administrateurs, qui montrèrent dans ces tristes circonstances autant de dévouement que d’abnégation. C’est aux dépens de leurs faibles épargnes, si nécessaires pour eux et leurs familles, qu’ils venaient en aide à tous ces infortunés. Il n’eût été que juste de les exonérer de ces dépenses, prises souvent sur le nécessaire, avec la somme considérable que la générosité de la métropole avait versée dans la colonie à la suite du choléra. II n’en a pas été ainsi à Sainte- Rose, non plus que dans d’autres communes. Après l’épidémie, nombre d’habitants qui avaient épuisé leurs ressources personnelles pour secourir les malades, se sont trouvés en face des besoins matériels et des privations.

Nulle part, il n’a été déployé plus de zèle, d’activité et d’intelligence contre le fléau; nulle part, il n’a été combattu par des mesures mieux appropriées à sa nature.

Si ce qui a été fait au hameau Madame, où 1 épidémie a été étoulïée par des mesures etlic.ices et énergiques lors de sa première apparition, l’eût été à la Pointe-à-Pître, après les deux ou

trois premiers décès, la colonie eût sans doute été préservée, mais cet exemple du hameau Madame nous montre aussi le peu d’efficacité, dans les grandes épidémies, des mesures partielles, si sages qu’elles soient, quand une direction commune et générale fait défaut. C’est en vain que la première apparition du choléra a été étouffée dans la commune de Sainte-Rose, il éclate bientôt sur une foule de points, toujours par importation, et il revient apporté du bourg dans ce même hameau, où on l’a étouffé une première fois.

Le maire de Sainte-Rose, l’honorable M. de Mauret-Nollivier, s’est acquis des droits éternels à la reconnaissance de sa commune, par l’initiative intelligente, la vue juste et le courage, on peut dire héroïque, dont il a fait preuve. Frappé un des premiers dans ses plus chères affections de famille par le fléau, qui lui ravissait à la fleur de l'âge une de ses filles, la douleur du père fut inconsolable, mais elle n’empêcha pas le magistrat de porter avec un courage sans égal le lourd fardeau que lui imposaient les malheurs publics.

Le nom de M. le docteur Diavet se place à côté de celui du maire, dans la reconnaissance des populations, pour l’infatigable activité et le dévouement sans bornes que ce médecin a montrés durant l’épidémie. Ce juste hommage rendu à ses services et à son mérite, je dois à la cause de la vérité de rapporter un fait qui touche à une grave question de doctrine.

Après avoir reconnu et annoncé le choléra de la manière la plus formelle, cet honorable confrère est revenu plus tard sur cette opinion. La note suivante a été publiée dans le livre de M. Cuzent. ( Épidémie de la Guadeloupe, page 63.)

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